Article mis en avant

Merci !

Depuis mi-mai 2015, vous avez été nombreux et nombreuses à visiter ce blog qui a pour objectif de partager des informations collectées au fil de mes recherches sur le web essentiellement.

Je suis contente de voir que ce travail de partage est suivi.

En 2017, vous avez  70 442 visiteurs  avec 104 280 visites sans compter les « personnes abonnées » qui reçoivent les articles directement sur leur boîte mail, et ceci dans plus de 100 pays.

Je pense que c’est en comprenant les spécificités de nos enfants, de vos élèves que nous avancerons dans le respect de chacun et pour le bien de tous.

Je reste persuadée que le partage est très important et que les solutions de compensation ou outils que nos enfants utilisent au quotidien peuvent aider d’autres enfants concernés.

Je vous serai donc très reconnaissante de partager vos expériences et vos savoir faire….

Vos commentaires sont les bienvenus: precocedysetserein@gmail.com

Taisy

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Une méditation dansée (et amusante) pour soulager les enfants qui souffrent de Trouble du Déficit de l’Attention avec ou sans Hyperactivité

, blog « Papapositive! » mai 20, 2018

Lidia Zylowska, psychiatre diplômée de la Wayne State Medical School et de l’Université de Californie à Los Angeles, est à l’initiative d’un programme de pleine conscience pour soulager les symptômes du Trouble de Déficit de l’Attention avec ou sans hyperactivité.

Dans ce programme qu’elle expose dans son livre « The Mindfulness Prescription for Adult ADHD », nous trouvons notamment une méditation dansée intitulée « Méditation Secouée et Dansée ». Comme son nom l’indique, il s’agira de bouger son corps pour mieux focaliser son attention ensuite.

C’est une pratique qui vient du Yoga Kundalini. Les enfants vont particulièrement adorer !

PRÉPARATION

Créez une playlist avec :

  • 5 minutes de musique rythmée pour vous secouer
  • 3 minutes de musique qui vous donne envie de danser

La séance sera précédée de une à 2 minute(s) de silence pour se recentrer.

Posez vos pieds bien à plat au sol parallèlement avec un écart qui correspond à votre largeur d’épaule.

Pliez légèrement les genoux.

Détendez vos épaules et votre cou en respirant profondément 3 fois. Gardez les yeux clos ou mi-clos.

SECOUEZ

Quand la musique débute, secouez tout votre corps. Sentez l’énergie monter de vos pieds jusqu’à vos épaules et votre tête.

Laissez-vous aller totalement. Continuez même si vous êtes fatigués.

Quand la première musique se termine, remarquez votre respiration et vos sensations physiques.

DANSEZ

Quand vous entendez les premières notes de la deuxième musique, laissez votre corps bouger comme il veut. Déplacez-vous librement et spontanément.

Si vous vous sentez un peu ridicule, acceptez ce jugement et laissez-le partir en continuant à bouger.

RESTEZ DEBOUT, ASSEYEZ-VOUS OU COUCHEZ-VOUS

Quand la musique stoppe, restez debout, asseyez-vous ou couchez-vous. Portez attention à votre corps et à votre respiration pendant que vous vous détendez.

 

Source 1 : The Mindfulness Prescription for Adult ADHD de Lidia Zylowska

Source 2 : Sens & Santé N°8

A la télé – Méditation une révolution pour le cerveau

Blog « infirmiers.com »

le 16 mai 2018

Le 16 mai, sur France 5, l’émission « Enquête de santé » s’intéresse à la méditation. Comment fonctionne cette gymnastique du cerveau ? Quels sont ses effets sur la santé ? Et peut-on espérer vivre mieux et plus longtemps en méditant ? Un documentaire intitulé « Méditation : une révolution pour le cerveau » sera suivi d’un débat en plateau avec des experts du domaine.

 Les effets de la méditation sur notre santé

S’asseoir confortablement, fermer les yeux et focaliser son attention sur la respiration. C’est le principe de la méditation de pleine conscience qui fait de plus en plus d’adeptes en France. Une pratique ancestrale remise au goût du jour et à l’origine d’une révolution médicale. Capable de modifier le fonctionnement de notre cerveau, la méditation est une thérapie à part entière. A l’hôpital, elle est utilisée dans l’accompagnement des douleurs chroniques, pour lutter contre la dépression ou pour mieux tolérer les traitements contre le cancer.

La méditation est devenue aujourd’hui une thérapie pour soigner

Encore inconnue du public il y a 15 ans, la méditation est devenue un véritable phénomène de société. Conférences, livres, applications pour mobiles, elle a conquis des millions de Français. Car elle serait une protection très efficace contre le stress et ses effets toxiques sur la santé. Plus étonnant encore, la méditation pourrait agir comme une véritable cure de jouvence. Les chercheurs ont prouvé que sa pratique régulière pouvait retarder les effets du vieillissement cérébral. Un espoir pour prévenir certaines pathologies neurodégénératives comme la maladie d’Alzheimer.

Peut-on espérer vivre vieux et plus longtemps en méditant ? La question est posée…

Regarder le teaser du documentaire

Si la vidéo ne s’affiche pas, cliquez sur ce lien

• Mercredi 16 mai 2018, 20h45, sur France 5, « Méditation une révolution pour le cerveau », le documentaire réalisé par Alexandra Combe sera suivi d’un débat en direct animé par Michel Cymes, Marina Carrère-d’Encausse et Benoît Thevenet . Les invités seront : le Dr Christophe André, psychiatre, le Dr Gaël Chételat, Directrice de recherche, Inserm, coordonnatrice du projet Silver Santé Study, Jeanne Siaud-Facchin, psychologue clinicienne, psychothérapeute et le Dr Grégory Baptista, médecin interniste et gériatre, Centre de mindfulness de Montpellier.

Article publié sur www.francetvpro.fr/france-5

 

Les conseils de Haim Ginott pour aider les enfants en difficulté scolaire

| mai 13, 2018, blog « Papa positive! »

Dans le livre « Entre parent et enfant », le célèbre psychologue Haim Ginott prodigue des conseils pour aider les enfants en difficulté scolaire ou ceux qui bloquent pour faire leurs devoirs. Notons qu’il n’est pas question ici de critiquer le fait d’avoir des devoirs ou pas même si des recherches et des exemples d’écoles dans lesquelles il n’y a pas de devoirs démontrent qu’ils ne sont pas un facteur décisif dans le développement intellectuel des enfants. L’avantage principal des devoirs est qu’ils constituent un terrain d’expérience pour favoriser l’autonomie d’apprentissage des enfants. Encore faut-il qu’ils se déroulent dans le calme. Si ce n’est pas le cas, un ancrage négatif face à l’école et à l’apprentissage en général se cristallisera et la confiance en leurs capacités sera dégradée.

Pour justement profiter de l’expérience offerte par les devoirs, Haim Ginott insiste notamment sur l’importance de l‘attitude et de l’intention des parents.

Par exemple, il s’agit de commencer par prendre conscience que la responsabilité des devoirs incombe à l’enfant et à l’enseignant. Ainsi, il est donc contre-productif et néfaste de harceler, menacer ou d’humilier l’enfant à propos de ses devoirs et de finir par faire à sa place, ou pire, de le laisser face à son échec, affublé d’une impression de n’être bon à rien.

À sa demande, et à sa demande seulement, les parents interviendront pour vérifier ou guider.

Si ce rôle n’est pas clair, la responsabilité des devoirs sera sur les épaules des parents (qui seront alors « pris en otage ») et l’enfant ne pourra pas prendre confiance et progresser sereinement en nourrissant une motivation interne.

« Les devoirs sont ta responsabilité et je suis là en cas de besoin«  est le type de phrase qui pose cette règle et le cadre. L’enfant est responsable mais n’est pas ignoré.

Afin que les devoirs s’effectuent dans de bonnes conditions et soient bénéfiques à l’enfant, il sera nécessaire de :

  • s’assurer que le cadre de travail est propice (calme, espace suffisant, éclairé, vue sur la nature serait un plus, …)
  • fournir des livres (ou un ordinateur et une connexion internet sécurisée) pour trouver des ressources
  • veiller à ce que les besoins de base soient remplis : bouger, besoins affectifs, alimentation,…

En ce qui concerne « bouger », il est important d’autoriser les enfants à être en mouvement pour mieux se concentrer pendant les devoirs (avec un ballon de gym par exemple).

Si l’enfant se décourage, nous pouvons l’écouter avec empathie et poser des mots sur ce qu’il ressent et l’encourager. Puis lui rappeler ce qu’il a déjà réalisé dans le passé.

« Je vois que c’est difficile. »

« Tu n’y es pas arrivé pour le moment. Ce n’est qu’une question de temps. »

 

Si l’exaspération et la fatigue se font sentir, ne pas hésiter à ménager des pauses en sortant, respirant, pratiquant un sport,…pendant 10 à 15 minutes. S’obstiner alimente le stress.

« Je vois que tu es fatigué(e). Tu as déjà fait beaucoup d’efforts. Prends quelques minutes pour te détendre si tu veux. »

 

Par rapport à l’école en général, le discours parental est là-aussi primordial.

On évitera de juger négativement les enseignants ou l’école. Cela n’améliorera pas la situation. Au contraire puisque cela ne fournit aucune solution ou méthode.

L’approche constructive consiste à rencontrer les enseignants, à expliquer les difficultés et à émettre des suggestions pour aider l’enfant. Peut-être l’enfant souffre-t-il de troubles d’apprentissage ou de difficultés psychologiques ? Peut-être est-il harcelé sans que vous le sachiez ? Peut-être que ses passions et ses facilités n’ont pas encore été décelées ? Peut-être que des méthodes de travail différentes lui conviendraient mieux (comme les cartes mentales) ? Peut-être qu’un enseignement alternatif sera plus adapté ?

 

Les notes ne sont pas l’enfant

Le dernier point essentiel est de ne pas résumer l’enfant à ses notes. Les notes sont les conséquences d’un enchainement d’actions et de conditions sur lesquelles il est possible de travailler. Rien n’est figé. D’ailleurs, quels que soient les notes, ce sont les forces de l’enfant qui le mèneront vers son « élément ». Identifions ces forces et aidons-le à les développer.

La valeur d’un enfant n’est donc pas une note ou un classement. Il en est de même pour sa vie.

Et la réussite à l’école n’est pas un gage de réussite dans la vie ou une garantie de vie accomplie.

 

L’apparente impossibilité de passer un examen

Chronique publiée le 15/05/18, Journal des Femmes, chronique d’Arielle Adda

Le trou noir qui envahit l’esprit de certains enfants, à l’ordinaire bons élèves, au moment d’un contrôle désarçonne leurs professeurs, ainsi d’ailleurs que leurs parents qui ne savent plus à qui demander de l’aide.

Notre aux lecteurs : Arielle Adda vient de publier « Psychologies des enfants très doués », aux éditions Odile Jacob. Ce nouvel ouvrage, qui compile les chroniques publiées sur Journal des Femmes, s’applique à décrire et comprendre toute la richesse de la psychologie de l’enfant doué, tout en proposant aux parents des clés pour mieux accompagner ces enfants hors normes.

L’enfant lui-même est bien incapable d’expliquer ce qu’il lui est arrivé, quelles idées lui sont passées par la tête, effaçant connaissances et raisonnements,  à ce moment inopportun entre tous.  Il est profondément désolé d’avoir tant déçu ses parents et de donner de lui l’image d’un enfant tellement défaillant qu’il en perd toute crédibilité. Comment ensuite oser exprimer une demande ? Donner un avis ? Émettre une suggestion ? Malgré ce cataclysme,  les enfants doués conservent en toutes occasions, hors examen apparemment, leur finesse et leur perspicacité. Ils restent subtils et sages. Cet élève qui a basculé dans un gouffre quand il s’agissait de ressortir un cours qu’il savait pourtant par cœur leur est pratiquement étranger, ils ne se reconnaissent pas dans ce comportement  catastrophique.

Bien que honteux, ils aimeraient trouver une aide pour les extraire de ce marasme affreux et leurs parents désemparés sont tout prêts à rechercher cette aide. Ils se sentent impuissants face à ce trou noir. Même s’ils n’ont pas été des élèves parfaits, ils n’ont jamais connu ce vertige angoissant.

Toutes sortes d’approches sont accessibles : les thérapies courtes ou plus classiques, des traitements généralement homéopathiques, ou phytothérapiques.  Les effets peuvent tout aussi bien être spectaculaires, sans que le thérapeute en détecte exactement les raisons, ou totalement  décevants sans qu’on puisse incriminer l’enfant en le taxant de mauvaise volonté.

Peu à peu, à force d’essayer toutes les méthodes possibles, l’enfant doué qu’on pense simplement trop émotif passe quelques examens et parvient à les réussir, mais c’est au prix d’une souffrance insupportable.

Quand il est devenu adolescent, on a tenté de véritables médicaments, destinés à diminuer son stress.  Ils sont d’ailleurs souvent prescrits aux adultes qui reprennent des études avec  toute la cohorte d’émotions négatives et angoissantes que cette courageuse reprise entraîne. Ce sont des pis-aller, la menace d’une défaillance absolue persiste.

Pour ces élèves qui sombrent dans un tel état de panique, l’examen représenterait un jugement définitif, à l’image de ce que vit un  sportif lorsqu’il est  battu à un stade de la compétition : il quitte le lieu de tous ses espoirs, on ne parle plus de lui. Il suffirait d’un seul manquement pour que l’horizon s’obscurcisse, précédant un effondrement total.  L’examen représenterait le verdict de la société : pour un enfant qui s’est toujours senti un peu différent sans vouloir parfois le reconnaître, tant cette idée l’effrayait, l’échec confirme cette différence, il la valide, il ôte tout espoir de ressembler un jour aux autres, l’enfant doué avait su donner le change, faire semblant d’être comme les autres, mais il est démasqué, il est incapable de passer un examen, il n’a même pas compris les questions.

Cette idée reste en arrière-plan,  les quelques réussites atteintes ne suffisent pas pour les faire totalement disparaître.  C’est généralement grâce à sa bonne mémoire qu’il a réussi à emmagasiner toutes sortes de données.

Une fois qu’il a bien assimilé qu’il ne suffisait pas de comprendre pour savoir et qu’il fallait aussi apprendre à stoker toutes ces connaissances pour les utiliser, intactes, le jour de l’examen,  son ciel s’est éclaircit, sa scolarité s’est poursuivie de façon toujours un peu chaotique,  certes, avec des déceptions quand il se sentait plutôt satisfait d’un devoir où il avait pu exprimer des idées intéressantes, mais  sa note médiocre sanctionnait parfois trop d’originalité de pensée. Une fois passée  sa révolte teintée d’amertume, il s’était appliqué à rester aussi proche du cours qu’il le pouvait. Il s’essayait aussi à adopter l’attitude et le mode de raisonnement qu’on attend chez un enfant de son âge.

Cette stratégie devient beaucoup plus difficile à appliquer lorsque les examens sont plus complexes et font intervenir un plus grand nombre de facteurs.  Il ne suffit pas de mémoriser un nombre devenu considérable de données, il faut aussi se pénétrer de l’esprit du professeur et, parfois, il n’est plus possible de tenir compte de cet ensemble de contraintes.

Revient alors l’idée d’un jugement terrible porté sur un étudiant persuadé de son incapacité totale à franchir cet obstacle : il est tellement sûr d’échouer qu’il finit par penser inutile de se présenter à cet examen, et s’il y parvient malgré son état d’angoisse indicible, il se sent si mal qu’il est prêt à s’effondrer au sens le plus dramatique, comme une construction qui s’affaisserait sur elle-même.

Il y voit la preuve irréfutable qu’il n’est pas fait pour vivre dans ce monde dont les clefs lui échapperont toujours : chaque tentative, forcément ratée, ne fera que le renforcer dans cette conviction, ce serait même son unique rôle puisque la réussite est totalement hors de sa portée. C’est un vertige qui entraîne celui qui n’ose même plus rêver à une quelconque réussite alors que, d’une façon objective, on le penserait capable de tous les succès.

On ne doit jamais oublier que l’idée d’imposture plane très tôt dans l’esprit des enfants doués, elle est prête à l’envahir à la plus petite hésitation dont elle amplifie la portée d’une façon totalement disproportionnée : une donnée oubliée signifierait que l’image de cet enfant en accusera si rudement le coup qu’elle sera modifiée à jamais, effaçant en une seconde toutes les qualités qu’on lui prêtait.  Cette perspective est à proprement parler paralysante.  Par la suite, il suffirait d’un infime rappel de ce premier choc pour que le processus se déroule dans son implacable parcours glaçant.

La situation est rendue encore plus compliquée lorsque ce premier choc, ce premier trou de mémoire n’a pas été vécu comme comme tel, il a été abordé comme une  distraction anodine sans grande portée, mais elle a fissuré une image un peu incertaine et le sentiment d’imposture s’est engouffré dans cette faille imperceptible au point qu’on ne parvient pas à en retrouver l’origine.

Dans ces conditions, très vite l’examen apparaît comme la porte d’entrée d’un univers rationnel, codifié,  contraignant, où l’adolescent doué s’imagine y trouver de plus en plus difficilement sa place. Tout examen devient alors un défi impossible à relever, comme si on demandait à un promeneur qui se contentait de quelques pas dans son jardin en rêvassant de gravir un haut sommet par sa face Nord.

Peut-être serait-il bon de tenter de retrouver le choc premier, trop infime pour avoir laissé un grand souvenir ; sinon on tente de subtiles thérapies.  Les personnes douées y réagissent assez bien.

Cet état de panique doit  se transformer en un souvenir  lointain un peu douloureux, mais la trace est cicatrisée.

Conseils : ne pas accepter cette situation désolante comme une faiblesse impossible à combattre. Tenter de se souvenir avec précision quand elle a commencé à exercer ses ravages et restaurer l’image malmenée de celui que se pense incapable d’avancer à cause du vertige qui le saisit  avec une telle violence qu’elle efface tout.  Les connaissances étouffées, dès lors bien utilisées, pourront prêter un éclat plus grand à ceux qui doutent d’eux au point de douter de leurs dons bien réels et d’une insondable richesse.

Psychologie des enfants doués

La Tête au carré, mercredi 9 mai 2018 par Mathieu Vidard

Comprendre les spécificités de leur fonctionnement, leur développement psychologique, pour mieux les accompagner au quotidien

Cours de robotique, un professeur aide ses élèves

Cours de robotique, un professeur aide ses élèves © Getty / Hero Images

Une compréhension de la nature profonde d’un enfant doué n’est pas automatique. 

Il a une pensée logique et d’une grande profondeur dont le cheminement et l’abstraction sont surprenantes. Ses réactions parfois surprenantes, ses émotions excessives face à un événement d’apparence anodine, ses remarques d’une maturité impressionnante doivent être expliquées et dédramatisées.

Nourri d’une connaissance approfondie des spécificités de leur personnalité, le travail d’Arielle Adda répond aux nombreuses questions que les parents se posent quand ils découvrent que leur enfant est doué.

Son comportement, ses relations au sein de la famille et avec les autres enfants, sa scolarité, les tests de personnalité et leurs résultats… tous ces domaines sont passés en revue, afin d’aider les parents à mieux accompagner ces enfants hors normes.

Pour réécouter: https://www.franceinter.fr/emissions/la-tete-au-carre/la-tete-au-carre-09-mai-2018

A quoi reconnaît-on un enfant précoce ?

ENFANT PRECOCE

Être surdoué est une richesse, mais aussi une différence que les parents et les enseignants connaissent mal. Voici quelques pistes pour identifier ceux que la psychologue Jeanne Siaud-Facchin appelle les « Zèbres ».

Précoce, surdoué, zèbre, ou plus succinctement, « HP » (haut potentiel), « EIP » (enfant intellectuellement précoce), « HQI » (haut quotient intellectuel)… Les termes sont nombreux pour désigner ces enfants hautement performants ! Cependant, ils ne recouvrent pas tous la même réalité et n’ont pas le même sens. Qu’est-ce qu’un enfant précoce ? Quels sont les traits qui le caractérisent ?

Un Quotient Intellectuel (Q.I) supérieur à la moyenne

Le Q.I. est un indice psychométrique, nécessaire mais non suffisant, afin d’identifier un enfant surdoué. A l’origine, avec William Stern dès 1912, le Q.I. établissait le rapport entre l’âge mental et l’âge réel d’un enfant et permettait de conclure si un enfant était ou non en avance par rapport à sa classe d’âge. Si oui, on parlait de précocité intellectuelle. Avec Weschler, en 1939, ce Q.I. a été délaissé au profit d’un nouvel indice appelé Q.I. standard, permettant de classer les individus d’un même groupe d’âge les uns par rapport aux autres. Il ne permet plus de déterminer une avance ou un retard de développement, mais de classer les enfants par rangs en fonction de leurs performances intellectuelles.

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Le Q.I. standard moyen a pour valeur 100. Chaque niveau intellectuel est séparé par un écart-type d’une valeur de 15 points. Un enfant ayant un Q.I. supérieur ou égal à 130 est identifié comme un enfant surdoué, car son niveau de performance le situe à deux écart-types au-dessus du Q.I. moyen. A l’heure actuelle, en France, 2,3% des enfants sont définis comme étant surdoués.

Un enfant surdoué n’est pas uniquement un enfant affichant un QI supérieur à la moyenne. Il possède également une personnalité différente de celle des autres enfants, tant sur le plan intellectuel qu’affectif.

Un autre mode de pensée pour les enfants précoces

Très souvent, est fait l’amalgame entre les termes « intellectuellement précoce » et « surdoué ». Pourtant, ils n’ont pas le même sens. Jeanne Siaud-Facchin, psychologue clinicienne, membre du Laboratoire de Recherche sur le Fonctionnement Cognitif de l’Hôpital de la Salpêtrière, et Présidente de Zebra (Centre pour les surdoués), affirme dans son livre L’enfant surdoué, l’aider à grandir, l’aider à réussir : « Un enfant précoce serait un enfant en avance sur son âge, les autres n’atteignant son niveau ou ses acquis que quelques années plus tard. (…) Or, ce n’est pas le fait d’être en avance sur les autres qui caractérise l’enfant surdoué mais bien ses particularités de fonctionnement intellectuel, son mode de pensée différent. »

La singularité du mode de pensée de l’enfant précoce est aujourd’hui mieux comprise grâce aux neurosciences. Un enfant surdoué ne perçoit pas les codes implicites de la pensée commune. Il pense autrement, interprète différemment les consignes, prend comme une non-réponse ce qui est pour lui une évidence. Jeanne Siaud-Facchin donne cet exemple d’une adolescente de 13 ans : A la question : « Qu’est-ce qui fait que le fer rouille ? », elle répond : « Je ne sais pas ». La psychologue demande : « Qu’est-ce que c’est que tu ne sais pas ? ». La jeune fille affirme : « Je ne connais pas le processus chimique qui permet d’expliquer l’oxydation ! ». La réponse « oxydation » était pour elle une telle évidence que ce ne pouvait pas être la réponse attendue.

L’enfant surdoué prend les mots au pied de la lettre. Le mot doit donc être employé dans son acceptation la plus précise. Il a besoin de tout comprendre, il enchaîne les pourquoi, comment, à quoi ça sert ? La quête de sens est au centre de son activité intellectuelle et le moteur de sa pensée. Tout doit avoir une logique. Car le moindre doute, la moindre incertitude, introduit un grain de sable, une variable, dans les rouages de sa logique interne. Il ne sait pas gérer l’incertitude : elle l’inquiète et le déstabilise. Et il peut parfois souffrir de ne pas réussir à faire place au doute, de ne pas réussir à lâcher-prise.

Un enfant surdoué possède un raisonnement logico-mathématique inhabituel. Il est très à l’aise avec le calcul mental. Étrangement, cette logique, très utile dans les petites classes, rencontre un obstacle avec l’apprentissage par cœur des tables de multiplication. Si l’enfant n’y arrive pas, ce n’est pas mauvaise volonté de sa part, mais c’est qu’il ne voit pas l’utilité de les apprendre par cœur alors qu’il obtient le bon résultat avec son propre calcul mental hyper-rapide qui utilise l’addition et la soustraction comme structure de calcul de base. Plus tard, il ne suit pas les modèles académiques, et ne sait pas expliquer comment il arrive au bon résultat. C’est pourquoi les mathématiques peuvent se corser au collège lorsqu’on l’oblige à développer son raisonnement et expliquer le résultat. Il a un fonctionnement logico-mathématiques intuitif.

La pensée, chez l’enfant surdoué, est foisonnante, toujours en marche. Elle s’organise en arborescence, chaque idée se divisant et se subdivisant en de nouvelles idées, associations d’idées, analogies… La pensée commune est linéaire, progressive, elle réduit à l’information pertinente chaque étape de la pensée, alors que la pensée de l’enfant surdoué est construite en réseaux, en ramification. Cette particularité, liée de surcroît à une mémoire exceptionnelle, ouvre la voie aux idées géniales, à la créativité, à l’invention. En revanche, cette pensée toujours foisonnante est difficile à organiser, à structurer. Elle s’exprime très difficilement. Car comment réussir à communiquer en quelques mots la multitude de connexions qui se font simultanément dans le cerveau ? L’enfant précoce a du mal à rassembler ses idées, à sélectionner l’information pertinente. Cette difficulté est au cœur de l’adaptation (ou l’inadaptation) aux exigences scolaires.

Une personnalité affective différente

Les enfants surdoués ont des particularités affectives bien repérables, sur lesquelles ils vont ensuite construire leur identité. Voici les 3 données « de base » identifiée par Jeanne Siaud-Facchin :

L’hypersensibilité. Les 5 sens sont exacerbés et il perçoit avec une acuité exceptionnelle tout ce qui se passe autour de lui. L’enfant est constamment bombardé d’informations sensorielles en provenance de l’environnement. Il est particulièrement sensible à l’injustice. Il est souvent confronté à des peurs diverses et souvent intenses, qu’elles proviennent d’un signal extérieur ou d’une expérience intime vécue depuis sa naissance.

L’empathie. L’enfant surdoué ressent avec une grande finesse l’état émotionnel de l’autre. Il arrive que l’enfant capte instinctivement une émotion pas encore consciente chez la personne concernée.

La lucidité. Avec des sens toujours à l’affût et des capacités intellectuelles performantes, l’enfant surdoué porte sur le monde un regard d’une lucidité implacable.

Voici quelques traits caractéristiques de la personnalité de ces « zèbres », « dont les rayures les distinguent des animaux de la savane, mais qui sont cependant uniques comme les empreintes digitales. Le zèbre, seul équidé que l’homme ne parvient pas à domestiquer et qui, lorsqu’il court, devient invisible par l’effet stroboscopique de ses rayures… » (Edito du site Association Zebra, Jeanne Siaud-Facchin, Octobre 2011).

Adultes : comment savoir si on est surdoué ?

Mathilde de Robien | 25 avril 2018    AleteiaBEAUTIFUL WOMAN WORKING

On parle beaucoup de la précocité des enfants. Moins de ces enfants qui deviennent un jour des adultes. Or, les adultes surdoués possèdent une grande force grâce à la richesse de leur personnalité, ce sont en même temps des êtres emplis de doutes, de peurs et de contradictions, qu’il est important de connaître afin de gagner en vérité et en liberté.

Comment savoir si on est surdoué ? Jeanne Siaud-Facchin, psychologue, spécialiste des surdoués, remarque, dans son ouvrage Trop intelligent pour être heureux ? (Odile Jacob), que finalement, rares sont les surdoués qui se posent la question car l’intelligence a comme premier effet de douter de sa propre intelligence. Par conséquent, les surdoués ne s’imaginent absolument pas être surdoués ! De plus, pour se penser surdoué à l’âge adulte, il faut avoir saisi toutes les nuances de la douance : être surdoué n’est pas seulement une histoire d’intelligence, c’est aussi une histoire de cœur, d’émotions, une façon particulière d’être au monde.

« Être surdoué, écrit Jeanne Siaud-Facchin, c’est une personnalité toujours marquée par ce double sceau : une intelligence puissante et une sensibilité intense qui imprègne chaque moment de vie ». Le surdoué ne peut pas arrêter sa pensée, puissante, incessante, qui scrute, analyse, intègre, associe, met en perspective, imagine… Il pense sur tout, tout le temps. Il ne fait pas de généralités ou de simplifications, il privilégie la précision et la dissection.

Une hypersensibilité exacerbée

Tel un enfant, le surdoué conserve une capacité à s’émerveiller, et être envahi par une joie profonde pour un tout petit rien. Il est submergé par ses émotions, aussi bien positives que négatives. Il sera littéralement terrassé par la moindre injustice. Sa sensibilité étant extrême, ses réactions sont parfois démesurées. Il en est ainsi de sa susceptibilité, de son humiliation qui peuvent être démultipliées. Il est doué de beaucoup d’empathie. Il se sent concerné par tout, tout le temps. Il est capable de ressentir les émotions des autres, et cela lui crée des dilemmes : comment être heureux tandis que d’autres souffrent ? Cette compassion intense provoque chez lui un sentiment de culpabilité.

Une lucidité parfois douloureuse

Un surdoué possède une lucidité aiguë, de par son intelligence sans cesse en mouvement et de par son hyper réceptivité émotionnelle. Ces deux composantes engendrent une telle clairvoyance sur le monde qui l’entoure, qu’elles le déstabilisent, lui donnent le vertige, parfois au sens propre du terme. « Tous les adultes surdoués expliquent combien il est douloureux d’être envahis par cette perception grossie du monde », souligne Jeanne Siaud-Facchin.

Lucidité sur le monde, mais aussi sur lui-même. C’est pourquoi un surdoué perçoit très bien ses propres limites et ne sera jamais vraiment satisfait. D’où, parfois, un besoin de changer fréquemment de métiers par exemple. Le surdoué est souvent en proie aux regrets : regret de ce qu’il n’a pas entrepris, regret de ne pas pouvoir tout faire, regret de devoir choisir parmi tous les possibles et donc de renoncer.

Une peur omniprésente

Beaucoup de peurs habitent le surdoué. Tout d’abord dans le quotidien : un surdoué anticipe de façon anxieuse tout ce qui pourrait arriver. Il voit tous les risques et les dangers qui guettent et il veut tout contrôler. La psychologue relate les propos d’une personne surdouée, assise dans une salle de cinéma : « Je n’arrive pas à être absorbée par le film. J’observe autour de moi et je pense à tout ce qui pourrait arriver de grave ou de moins grave : du feu dans la salle à un malaise que je pourrai avoir. Je construis tous les scénarios possibles. Où sont les issues de secours qui m’aideraient, comment se dégager si le plafond s’effondre et, en cas de bombe, quel est le matériau des fauteuils, qui faut-il d’abord prévenir, etc. »

Ensuite, le surdoué a peur de lui-même, de sa pensée qui peut l’entraîner dans des gouffres effrayants, de ses émotions qui l’envahissent de façon incontrôlable. Tout cet engrenage peut l’entraîner vers la peur de la folie : si tout le monde pense autrement, si personne n’est arrivé à ce point de réflexion, comment envisager autre chose que la folie ?

Une soif d’absolu

Le surdoué a soif d’absolu et de perfection, aussi bien dans ses projets que dans ses actes. Tout doit être parfait, irréprochable, totalement abouti ou bien ce n’est pas la peine. C’est pourquoi son perfectionnisme peut tendre vers l’immobilisme, ou l’inertie, lorsque sa quête de perfection lui paraît vaine ou inatteignable.

Le surdoué a de grands idéaux. Pour lui, réussir, c’est faire avancer l’humanité, le monde. Il n’assimile pas l’idée de réussite à une simple réussite professionnelle ou familiale, même si cela y participe. Il a une vision plus transcendantale de la réussite. « Mon projet, vous allez sûrement vous moquer de moi, confie Julien, serait d’aider l’humanité à mieux vivre. »

Une éternelle sensation de décalage

Le surdoué a tout le temps l’impression de ne pas être au même rythme que les autres. Il est en avance, en arrêt ou en retard… En avance, parce qu’il perçoit, analyse, comprend et synthétise beaucoup plus vite que les autres. Résultat : « Il a abouti quand les autres démarrent, il a compris quand la formulation de la question n’est pas terminée, il sait quoi faire alors que chacun s’interroge », explique Jeanne Siaud-Facchin.

En arrêt, lorsqu’il fixe son attention sur un minuscule détail, qui n’intéresse personne, mais qui lui semble d’une importance capitale. Il s’immobilise alors que les autres continuent à avancer. En retard, par rapport à des valeurs qui lui semblent bassement matérielles, telles que la réussite, l’argent, les biens matériels. Selon lui, certains accordent une importance démesurée à des valeurs qui lui semblent subsidiaires. Il a l’impression que de nombreuses personnes courent derrière elles, sans avoir de but véritable, sans donner de sens à leur vie et en omettant de se poser les questions essentielles : où vais-je à cette allure ? Pour quoi faire ? Qu’est-ce que je cherche à obtenir ? Quelles sont mes priorités ? Le surdoué progresse plus lentement, en s’efforçant de trouver des réponses à ces questions et de trouver un sens à sa vie en la mettant en perspective à l’échelle de l’univers. Cela correspond à l’impossibilité pour le surdoué de se détacher du contexte. Sa vie est reliée au sens du monde.

Ce sentiment d’être en décalage peut provoquer une sensation de solitude, à cause de cette distance entre soi et le monde, entre soi et les autres, et ce même au sein de sa propre famille.

Pour en avoir le cœur net : le bilan

Pour confirmer cette petite voix qui vous souffle combien ce portrait du surdoué vous ressemble, le seul moyen pour en avoir le cœur net est de faire un bilan. Le bilan se compose d’un ensemble de tests qui ont pour objectif une compréhension globale de la personne.

À quoi cela sert-il de faire un bilan ? Aux dires des surdoués testés, faire le bilan fait gagner en liberté. La vérité sur ce que l’on est vraiment est source de liberté, dans la mesure où on redevient le maître du jeu. C’est aussi la possibilité de s’autoriser à être qui on est vraiment, sans jouer les faux-semblants. C’est prendre conscience de ses ressources, mais aussi de ses faiblesses. C’est s’approprier une nouvelle force, une très grande force.

Odile Jacob

Trop intelligent pour être heureux ? L’adulte surdoué, Jeanne Siaud-Facchin, éditions Odile Jacob, mars 2008, 320 pages, 23,50 euros.

Une hypersensibilité exacerbée

Tel un enfant, le surdoué conserve une capacité à s’émerveiller, et être envahi par une joie profonde pour un tout petit rien. Il est submergé par ses émotions, aussi bien positives que négatives. Il sera littéralement terrassé par la moindre injustice. Sa sensibilité étant extrême, ses réactions sont parfois démesurées. Il en est ainsi de sa susceptibilité, de son humiliation qui peuvent être démultipliées. Il est doué de beaucoup d’empathie. Il se sent concerné par tout, tout le temps. Il est capable de ressentir les émotions des autres, et cela lui crée des dilemmes : comment être heureux tandis que d’autres souffrent ? Cette compassion intense provoque chez lui un sentiment de culpabilité.

Une lucidité parfois douloureuse

Un surdoué possède une lucidité aiguë, de par son intelligence sans cesse en mouvement et de par son hyper réceptivité émotionnelle. Ces deux composantes engendrent une telle clairvoyance sur le monde qui l’entoure, qu’elles le déstabilisent, lui donnent le vertige, parfois au sens propre du terme. « Tous les adultes surdoués expliquent combien il est douloureux d’être envahis par cette perception grossie du monde », souligne Jeanne Siaud-Facchin.

Lucidité sur le monde, mais aussi sur lui-même. C’est pourquoi un surdoué perçoit très bien ses propres limites et ne sera jamais vraiment satisfait. D’où, parfois, un besoin de changer fréquemment de métiers par exemple. Le surdoué est souvent en proie aux regrets : regret de ce qu’il n’a pas entrepris, regret de ne pas pouvoir tout faire, regret de devoir choisir parmi tous les possibles et donc de renoncer.

Une peur omniprésente

Beaucoup de peurs habitent le surdoué. Tout d’abord dans le quotidien : un surdoué anticipe de façon anxieuse tout ce qui pourrait arriver. Il voit tous les risques et les dangers qui guettent et il veut tout contrôler. La psychologue relate les propos d’une personne surdouée, assise dans une salle de cinéma : « Je n’arrive pas à être absorbée par le film. J’observe autour de moi et je pense à tout ce qui pourrait arriver de grave ou de moins grave : du feu dans la salle à un malaise que je pourrai avoir. Je construis tous les scénarios possibles. Où sont les issues de secours qui m’aideraient, comment se dégager si le plafond s’effondre et, en cas de bombe, quel est le matériau des fauteuils, qui faut-il d’abord prévenir, etc. »

Ensuite, le surdoué a peur de lui-même, de sa pensée qui peut l’entraîner dans des gouffres effrayants, de ses émotions qui l’envahissent de façon incontrôlable. Tout cet engrenage peut l’entraîner vers la peur de la folie : si tout le monde pense autrement, si personne n’est arrivé à ce point de réflexion, comment envisager autre chose que la folie ?