Article mis en avant

Merci !

Depuis mi-mai 2015, vous avez été nombreux et nombreuses à visiter ce blog qui a pour objectif de partager des informations collectées au fil de mes recherches sur le web essentiellement.

Je suis contente de voir que ce travail de partage est suivi. Vous êtes plus de 15 000 visiteurs  et 28 000 visites sans compter les « personnes abonnées » qui reçoivent les articles directement sur leur boîte mail, et ceci dans 103 pays, à ce jour (22 août 2016).

Je suis contente car je pense très sincèrement que c’est en comprenant les spécificités de nos enfants, de vos élèves que nous avancerons dans le respect de chacun et pour le bien de tous.

Je reste persuadée que le partage est très important et que les solutions de compensation ou outils que nos enfants utilisent au quotidien peuvent aider d’autres enfants concernés. Je vous serai donc très reconnaissante de partager vos expériences et vos savoir faire….

Vos commentaires sont les bienvenus: precocedysetserein@gmail.com

Taisy

Les difficultés de la recherche sur le haut potentiel intellectuel

VidéoPublié le 11 juillet 2016 

Nicolas Gauvrit, mathématicien, spécialisé en psychologie et sciences cognitives,  auteur du livre Les surdoués ordinaires, vient de mette en ligne une vidéo de 45 minutes qui reprend son intervention lors d’un séminaire sur le haut potentiel intellectuel qui s’est déroulé cet hiver à Paris.

Cette vidéo particulièrement intéressante s’intéresse aux difficultés de la recherche sur le sujet et propose des solutions. Elle débute avec la question de la définition du haut potentiel, notamment en s’appuyant sur des études américaines.

Selon Nicolas Gauvrit, il est également difficile de définir un échantillon fiable d’enfants à haut potentiel pour mener des études sérieuses car ils ne sont pas facilement détectables dans la population générale. Dans la réalité, les enfants détectés sont souvent ceux qui rencontrent des difficultés, ce qui introduit un biais dans l’échantillon étudié. Le chercheur propose des solutions pour pallier à cette difficulté.

Dans une troisième partie, Nicolas Gauvrit s’intéresse à la représentation des enfants surdoués à travers les médias et l’impact de cette représentation, souvent faussée, sur les décisions politiques, le travail des associations et la perception du grand public.

A travers sa conférence, Nicolas Gauvrit analyse également quelques idées reçues sur les enfants précoces à l’aune des études parues, notamment sur l’anxiété ou l’échec scolaire. Il nous présente ensuite la méthodologie et les résultats d’une étude récente menée dans les règles de l’art.

Il termine ensuite en nous proposant un plan d’action en trois étapes pour permettre à la recherche sur le haut potentiel intellectuel de surmonter ses difficultés et les mauvaises interprétations qui en découlent.

Pour aller plus loin, vous pouvez lire le livre de Nicolas Gauvrit, les surdoués ordinaires, paru en 2014 qui a le mérite de dépasser la simple vulgarisation et de permettre à ceux qui le souhaitent d’approfondir leurs connaissances sur le sujet.

 

Les conseils d’un étudiant surdoué et d’un professeur engagé

9 septembre 2016Catégories L’école et les enfants précoces, L’enfant précoce, Méthodes pédagogiques, Témoignages

Une fois n’est pas coutume, l’information nous vient du Canada et, plus précisément, de la province du Nouveau-Brunswick, par l’intermédiaire du site Acadie nouvelle. J’en profite pour saluer nos membres et visiteurs canadiens, notamment ceux qui sont inscrits au sein du groupe Québec Enfants précoces.

Au détour de deux courts articles, un jeune étudiant surdoué, Guillaume Deschênes-Thériault, et un professeur d’université, Viktor Freiman, nous livrent quelques pistes intéressantes concernant l’épanouissement des jeunes précoces, dans leur vie scolaire ou familiale.

Guillaume, qui a obtenu son bac en sciences politiques avec une moyenne de 4,29 sur 4,3 insiste sur l’importance d’avoir une vie sociale et des activités en dehors des études.

«Il y a des gens qui me disaient “ah, tu dois passer tout ton temps dans tes livres”. Mais non. Ma méthode de travail est que j’organise mon temps et j’essaie de garder un équilibre entre ma vie sociale et mes études», dit-il en entrevue téléphonique.
Guillaume Deschênes-Thériault croit qu’il n’aurait pas eu le même succès s’il n’avait pas pris le temps de passer du temps avec ses amis et de s’impliquer dans des causes qu’il avait à coeur.

Pour le jeune surdoué, le fait d’avoir été reconnu et pris en compte par ses professeurs tout au long de son cursus a également joué un grand rôle dans sa réussite. La mise en place de projets de recherche, l’adaptation des programmes et de leur tempo ont été primordiaux dans son accomplissement.

Ces méthodes, justement, Viktor Freiman les enseigne à un public de professeurs au sein de la Faculté des sciences de l’éducation de l’Université de Moncton. Là, il aide les éducateurs à reconnaître les talents et à les développer.

«On doit observer l’enfant en train de faire une tâche et voir son engagement, son intérêt, sa créativité, ses accomplissements. Est-il autonome ? Est-il curieux ? En se posant ces questions-là, on peut aussi se regarder dans le miroir. Est-ce qu’on propose des tâches aux élèves leur permettant d’avoir cet intérêt, d’avoir cette manifestation de curiosité, d’avoir cette persévérance, cet engagement ?»

Pour l’enseignant, il est vital de proposer des défis à l’enfant surdoué, tout en respectant ses besoins particuliers, si possible en mettant en place des parcours individuels ou des plans personnalisés.

Les parents, eux aussi, doivent prendre la mesure des attentes et des possibilités de leur enfant, en cherchant à les stimuler d’une manière équilibrée, pas uniquement scolairement, et sans négliger leurs limites.

«Il faut un développement harmonieux. Il faut aussi sensibiliser tous les jeunes aux besoins de la société. (…) Oui, il faut leur donner des défis, mais pas seulement des défis académiques. Il y a des défis de s’intégrer dans la société, de mettre ses talents au service de tout le monde.»

Lire l’article sur Guillaume Deschênes-Thériault

Lire l’article sur Viktor Freiman

Je grandis heureux avec Lulu le caméléon

20 septembre 2016Catégories Education positive, Livres, Livres pour EIP

Muriel Lussignol, maman de trois enfants, travaille depuis de nombreuses années auprès des enfants précoces, à travers son engagement au sein de l’ANPEIP. Egalement sophrologue et coach, elle s’intéresse aujourd’hui à la médiation de pleine conscience. Son expérience l’a poussée à concevoir ce cahier d’activités d’un nouveau genre destiné aux enfants de 4 à 7 ans et à leurs parents.

Tout comme les adultes, les enfants subissent le rythme que la vie quotidienne impose et qui laisse peu de place aux émotions et à la prise de conscience de soi.

Savoir écouter et exprimer ses émotions, apprendre à se calmer, à gérer ses peurs, à se concentrer, mieux communiquer… Autant d’atouts précieux que tous les parents aimeraient mettre entre les mains de leur enfant pour l’aider à grandir heureux et serein.

Le cahier d’activités recouvre les 7 thématiques habituelles de la méditation de pleine conscience : La respiration, les émotions, les cinq sens, la patience, la bienveillance, le silence et l’attention. A travers chacune d’entre elles, l’enfant apprend à mieux se connaître et à gérer ses émotion, mais aussi à mieux appréhender les relations avec les autres.

Pour chaque thématique, des activités variées sont proposées, telles que des coloriages, des découpages, des expériences, un origami, un jeu de cartes à créer… Ce sont ses activités qui aideront l’enfant à aborder des concepts abstraits qui, une fois assimilés lui permettront de développer son épanouissement personnel

Je grandis heureux avec Lulu le caméléonUn livret destiné aux parents complète le cahier d’activité. Il permet à ces derniers d’accompagner l’enfant dans son cheminement grâce à des explications claires sur chacun des thèmes abordés, une auto-formation et des objectifs précis. C’est un vrai plus par rapport à beaucoup d’autres livres de ce genre.

En 160 pages, Je grandis heureux avec Lulu le caméléon, offre une approche très intéressante et ludique des principes de la médiation de pleine conscience qui sont, il faut bien le reconnaître, parfois un peu difficile à aborder pour le novice. Cet ouvrage s’adresse tout particulièrement aux parents qui souhaitent aider leur enfant sensible, hyperactif ou timide à bien démarrer dans la vie et à mieux vivre au quotidien.

As-tu rempli un seau aujourd’hui ? : un guide du bonheur quotidien pour enfants

Apprendre à éduquer

PAR · PUBLICATION 6 MAI 2016

As-tu rempli un seau aujourd’hui ? est un livre pour enfants inspirant et positif qui aborde les rapports humains et la nature du bonheur. 

as tu rempli un seau aujourd'huiL’avis de l’éditeur

A travers ces petits et doux mots… ainsi que les illustrations aussi joyeuses, ce livre encourage les enfants à voir comme c’est facile et gratifiant d’exprimer gratitude, appréciation et amour au quotidien.

 

 

J’ai aimé

  • Un livre à lire et à savourer en famille qui rend la vie plus belle et qui donne l’occasion de dire aux personnes qui nous sont chères qu’on les aime

L’auteur explique que c’est une bonne idée de penser que chaque bébé nait avec un seau invisible. Ce seau représente la santé mentale et émotionnelle de l’enfant. On ne voit pas le seau mais il est là. C’est la responsabilité des parents ou autres adultes de remplir le seau de l’enfant. Quand on tient, caresse, touche, berce, chante, joue et aime, donne attention et soin à un enfant, on remplit son seau. Aimer, c’est remplir des seaux.

Heureux qui remplit des seaux : le sien et ceux des autres !

livre pour enfants sur le bonheur

 

Le seau a une signification : celle de porter les bonnes pensées et les bons sentiments vis-à-vis de soi même et des autres. On est heureux et on se sent bien quand le seau est rempli et très triste et seul quand il est vide.

On a besoin des autres pour remplir son seau et les autres ont besoin de nous pour remplir le leur.

livre pour enfants sur le bonheur

 

  • Des idées positives pour remplir le seau

Exprimer son amour, sourire, être gentil avec quelqu’un, dire bonjour au chauffeur de bus, jouer avec le nouvel élève de l’école, dire merci…

Le concept du remplissage de seau est une métaphore efficace pour encourager un comportement altruiste chez les enfants et leur apprendre les bienfaits des relations positives.

livre pour enfants sur le bonheur

 

  • Un livre qui cultive l’empathie, la compassion et l’amour des autres

Les enfants qui apprennent à exprimer la gentillesse et l’amour mènent des vies plus heureuses. Quand on aime et qu’on se soucie de notre prochain, qu’on exprime cet amour en paroles et en action, on se sent bien et on remplit aussi notre propre seau.

livre pour enfants sur le bonheur

  • Le concept de « puiseurs de seau«

On vide le seau de quelqu’un quand on se moque de lui, quand on dit des paroles blessantes ou quand on l’ignore. L’auteur adopte une vision particulière des « puiseurs de seau » : beaucoup de gens qui vident le seau des autres ont en fait un seau vide. Ils pensent qu’ils peuvent remplir leur seau en vidant le seau des autres mais cela ne marche pas. On ne peut jamais remplir son propre seau quand on puise dans le seau du voisin.

On peut en revanche remplir le seau vide du voisin en lui souriant, en jouant avec lui, en lui parlant, en l’encourageant…

livre pour enfants sur le bonheur

 

  • Des illustrations joyeuses et colorées, presque naïves qui ont un impact positif sur l’esprit des enfants

livre pour enfants sur le bonheur

 

  • Un livre écrit en français et en anglais

A partir de 6 ans.

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As-tu rempli un seau aujourd’hui ? de Carol Mc Cloud (éditions Nelson Publishing)

Comment donner le goût d’apprendre à nos enfants ?

L’envie d’apprendre

C'est trop dur
C’est trop dur © Getty / Imgorthand

Comment donner le goût d’apprendre à nos enfants, qui bien souvent, ont la hantise de s’ennuyer à l’école.

Apprendre est une chose exaltante. A condition d’insuffler aux enfants le plaisir de connaître Le goût de découvrir. Le goût du savoir. Car n’oublions pas que savoir provient du latin, sapere,avoir du goût. Nous verrons ce matin qu’il est essentiel de faire confiance dans la capacité de l’enfant à agir par lui-même. Car quels que soient leurs milieux sociaux nos enfants sont dotés d’un énorme potentiel. Mais qui ne s’épanouira qu’au contact d’un environnement favorable. Nous nous demandons ce matin si notre système éducatif freine leurs mécanismes naturels d’apprentissage.

Dîtes nous ce matin comment donner le goût d’apprendre aux enfants.

Que vous soyez parents, profs, et même élève, n’hésitez pas à témoigner sur notre page Facebook à nous écrire ici, sur twitter avec #grandbienvousfasse ou à nous appeler au 01 45 24 70 00

avec :

  • Céline Alvarez, linguiste, chercheuse, auteur des Lois naturelles de l’enfant publié aux éditions des Arènes
  • Catherine Gueguen, pédiatre et auteur du livre Pour une enfance heureuse, publié chez Pocket (et dont le dernier ouvrage paru « Vivre heureux avec son enfant – un nouveau regard sur l’éducation au quotidien grâce aux neurosciences affectives » chez Robert Laffont, 2015).

►►► Reportage Thomas Chauvineau :

Aicha a 4 enfants, le plus grand, Mustafa, a été dans la classe de Céline Alvarez, une seule année en moyenne section. C’était à l’école Jean Lurçat à Gennevilliers, une école classé ZEP. Aujourd’hui Mustafa est en CE1, et avec Aïcha, Thomas est devant l’école, attendant la sortie. Il a demandé à Aïcha de venir avec un souvenir de ce moment, elle est arrivée avec un livre sous le bras.

 

Le décrochage scolaire chez les filles : un phénomène sous-estimé?

Quand on se penche sur la problématique du décrochage, la réflexion est souvent orientée vers le taux élevé d’abandon scolaire chez les garçons. Pourtant, des études montrent que ce phénomène est également très présent chez les filles et qu’il entraine des conséquences souvent plus importantes chez celles-ci. Cette problématique a été soulevée dans un reportage de Myriam Fymbri, sur Ici Radio-Canada Première.

decrochage-filles

Le décrochage des filles est, dans certaines écoles, tout aussi élevé, voire même plus élevé que celui des garçons.

Les causes du décrochage chez les filles

Certaines causes du décrochage scolaire sont communes aux garçons et aux filles, notamment :

      • La pauvreté
      • Le manque de soutien familial
      • L’échec scolaire
      • Le découragement

Or, d’autres causes s’apparentent plus spécifiquement aux filles. La grossesse est un exemple de facteur de risque du décrochage touchant particulièrement les filles, comme l’explique Julie St-André du Carrefour Jeunesse emploi du Sud-Ouest.

Les problèmes de nature psychologiques ou familiaux auraient également une incidence plus grande sur la persévérance scolaire des filles que sur celle des garçons. Les filles seraient aussi plus à risque de vivre une dépression; problème qui demeure sous-estimé selon des spécialistes (FEA, 2015).

Les conséquences du décrochage scolaire féminin

D’un point de vue socioéconomique, les filles souffriraient davantage du décrochage scolaire que les garçons. À titre d’exemple, Lise Gervais, coordonnatrice de Relais-femmes, explique que certains métiers de la construction, plus fréquentés par les garçons, demandent peu de scolarité, mais sont bien rémunérés, tandis que les filles sans diplôme se dirigent plus souvent vers le secteur des services (aide à domicile, ménage, etc.) avec de moins bonnes conditions de travail et peu d’avantages sociaux.

Si les décrocheurs ne sont pas riches, les décrocheuses sont carrément pauvres, et lorsqu’elles ont des enfants à charge, leur situation financière est incontestablement périlleuse.

(FEA, 2015, p. 6)

Les conséquences économiques du décrochage scolaire

Les garçons « raccrochent » plus que les filles

Le retour aux études est également plus rare chez les filles que chez les garçons. Pour celles qui ont un enfant, les responsabilités entourant la maternité sont souvent trop importantes pour pouvoir les concilier avec un retour à l’école. Cette réalité questionne toutefois encore les spécialistes.

Entre 20 et 24 ans[,] une plus grande proportion de garçons que de filles effectue un retour aux études, soulevant […] un questionnement sur les motifs qui tiennent les filles davantage éloignées de la reprise d’un parcours scolaire.

(OCDE et Statistique Canada, rapporté par la FEA, 2015, p. 6)

[Écoutez le reportage]

Pour aller plus loin, le RIRE vous propose :

– Les conséquences économiques du décrochage scolaire

– Un guide favorisant la lutte contre le décrochage scolaire

– La place de l’éducation dans la lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale

Référence : Fédération autonome de l’enseignement (FEA). (2015). Le décrochage scolaire des filles : la possibilité d’agir, la nécessité de le faire! Récupéré du site de la FAE.

Le numérique peut-il lutter contre l’échec scolaire ?

Article de la Croix

Entretien avec Sandra Enlart, chercheuse associée en sciences de l’éducation à l’Université Paris-Ouest Nanterre (1), à l’occasion de la journée du refus de l’échec scolaire, mardi 20 septembre, consacrée cette année au numérique.

Cours dans une école.

ZOOM

Cours dans une école. / Damien Meyer/Afp

La Croix : Quels sont les atouts du numérique pour les apprentissages scolaires ?

i Pourquoi lire La Croix ?

  • La Croix va sur le terrain, et met en lumière des acteurs de l’actualité, célèbres ou modestes.

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Sandra Enlart : Le premier grand avantage du numérique reste la simplicité et la rapidité de l’accès aux ressources. Le deuxième, c’est la personnalisation des processus d’apprentissage, avec la possibilité de comprendre et d’avancer à son rythme. Enfin, le rapport à l’outil numérique permet aussi de sortir de la symbolique habituelle maitre-élève, ce qui peut débloquer des situations chez des enfants ou des adolescents en échec scolaire. Cela ne veut évidemment pas dire que l’élève est isolé avec sa tablette ou son ordinateur. Il est accompagné par l’enseignant et peut aussi avoir accès à des réseaux d’apprenants.

> Retrouvez notre dossier sur le numérique à l’école

Quelles sont les limites de ces outils ?

S. E. : Ce que je dis pour les adultes, dans le cadre des formations que je mène, vaut également pour les enfants : aucun des atouts dont je viens de parler ne garantit un processus d’apprentissage. Apprendre ce n’est pas être confronté à des ressources pédagogiques. Le processus qui fait que je m’approprie des connaissances, au point qu’elles deviennent les miennes et que je sais les utiliser à bon escient dans des contextes de vie réelle, échappe à tous ces paramètres. La question n’est donc pas celle des outils, mais la manière dont on accompagne ce processus d’apprentissage. Comment on permet l’appropriation des connaissances, comment on la facilite et on l’individualise pour qu’elle ait du sens. Or, aujourd’hui, cette dimension n’est pas prise en compte par par le numérique.

L’aspect ludique, souvent mis en avant comme un atout, peut-il faciliter les apprentissages ?

S. E. : La dimension ludique est une modalité intéressante qui existe d’ailleurs en dehors du numérique. Elle peut permettre un engagement dans l’acte d’apprendre, un investissement de l’attention et une dédramatisation, mais le problème reste le même : ce n’est pas parce que l’élève joue qu’il va nécessairement apprendre. Si après avoir joué il se dit « ah, ce que j’ai fait dans le jeu me permet de comprendre ou de faire telle chose », autrement dit, s’il y a un moment de réflexivité et d’appropriation, c’est très bien, mais ce processus n’intervient pas mécaniquement parce que l’enfant joue.

L’outil numérique ne permet donc pas de mieux apprendre ?

S. E. : Si, le numérique peut réellement faciliter et accélérer le processus d’apprentissage, à condition d’être pensé et accompagné. Mais s’il n’y a pas une réflexion pédagogique derrière les nouvelles technologies, elles ne donneront pas plus de résultats qu’un manuel scolaire. Je dirai même qu’elles peuvent entraîner des dérives et renforcer les inégalités en donnant l’illusion d’un apprentissage. Ainsi, ce n’est pas parce qu’un enfant va faire un quiz trois fois qu’il aura compris, même s’il a donné les bonnes réponses. La tablette n’est pas une baguette magique. Et l’oublier peut avoir de graves conséquences, notamment sur les élèves les plus en difficultés. Il ne s’agit pas d’être technophobe, ni technophile d’ailleurs, mais de placer les outils numériques à leur juste place. S’ils ne peuvent à eux seuls résoudre le problème de l’échec scolaire, ils sont susceptibles d’améliorer les conditions d’apprentissage lorsqu’ils sont mis au service d’un objectif éducatif.

> Retrouvez toutes les questions famille

Recueilli par Paula Pinto Gomes

(1) Sandra Enlart est directrice générale d’Entreprise & Personnel et co-fondatrice de DSides, laboratoire d’innovation et de prospective qui traite de l’impact des technologies numériques sur nos façons de penser, de travailler et d’apprendre. Elle a co-écrit avec Olivier Charbonnier l’ouvrage « Faut-il encore apprendre ? », Dunod, 2010.