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Depuis mi-mai 2015, vous avez été nombreux et nombreuses à visiter ce blog qui a pour objectif de partager des informations collectées au fil de mes recherches sur le web essentiellement.

Je suis contente de voir que ce travail de partage est suivi.

En 2017, vous avez  70 442 visiteurs  avec 104 280 visites sans compter les « personnes abonnées » qui reçoivent les articles directement sur leur boîte mail, et ceci dans plus de 100 pays.

Je pense que c’est en comprenant les spécificités de nos enfants, de vos élèves que nous avancerons dans le respect de chacun et pour le bien de tous.

Je reste persuadée que le partage est très important et que les solutions de compensation ou outils que nos enfants utilisent au quotidien peuvent aider d’autres enfants concernés.

Je vous serai donc très reconnaissante de partager vos expériences et vos savoir faire….

Vos commentaires sont les bienvenus: precocedysetserein@gmail.com

Taisy

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Monique de Kermadec : «Le saut de classe ne peut être l’unique réponse à la précocité »

Le Figaro.fr

Etudiant Par Sophie de Tarlé • Publié le

INTERVIEW – Comment doivent être scolarisés les enfants à haut potentiel ? Doivent-ils sauter une classe ? Que propose l’Éducation nationale ? La psychologue Monique de Kermadec répond à nos questions.

Ses ouvrages de vulgarisation scientifique font un tabac. Monique de Kermadec est la psychologue des surdoués. Elle est l’auteur entre autres de «L’adulte surdoué à la conquête du bonheur», et «L’enfant précoce aujourd’hui» (Albin Michel). Le 10 avril dernier, un colloque international* s’est tenu à la Sorbonne sur les enfants à hauts potentiels et leurs difficultés. Mais que propose le système éducatif français aujourd’hui? Un sujet délicat sur lequel Monique de Kermadec a accepté de répondre à nos questions.

* Enfants à haut potentiel: Compétences & difficultés


LE FIGARO- Pensez-vous que les jeunes surdoués ou précoces sont bien pris en compte dans le système éducatif français?

MONIQUE DE KERMADEC– Cela fait longtemps que l’Éducation nationale et les associations de parents d’élèves via l’AFEP et l’ANPEIP sont en contact, depuis 1995 environ. Une circulaire parue en 2007 a permis de faire avancer les choses en termes d’accueil mais aussi de formation des enseignants. Désormais, dans chaque académie, les parents peuvent avoir accès à un référent «élèves intellectuellement précoce», qui peut les orienter vers l’établissement qui sera à même de proposer un accueil spécifique. Mais c’est un travail de longue haleine.

Quels sont les établissements les plus en pointe?

Gerson, établissement privé à Paris, a été l’un des premiers à proposer un accueil spécifique au collège depuis 1995. Le Collège Stanislas à Paris a rejoint ce projet peu de temps après. Dans le public, le lycée de Janson de Sailly dans le 16 ème à Paris a un accueil pour les jeunes précoces. Les jeunes y sont répartis dans toutes les classes et regroupés pour certaines activités.

Nombreuses sont les écoles privées hors contrat à proposer une offre spécifique. Je pense en particulier au Cours Hattemer à Paris dans le 9 ème arrondissement qui s’y intéresse aussi depuis longtemps.


Malgré tout, les enseignants ont souvent une vision très partielle de la situation. Nous avons besoin de communiquer sur les spécificités de ces enfants.

La France est-elle en pointe sur ce sujet?

Certains pays sont bien plus avancés que nous. Je fais partie de l’association internationale World council for gifted ans talented children dont les réunions annuelles permettent de voir les meilleures initiatives à l’étranger. C’est le cas de pays comme Israël et les États-Unis. Ces pays n’ont pas de système éducatif aussi centralisé qu’en France et peuvent plus facilement proposer un programme spécialisé ou des accélérations de rythme dans certaines matières.

«Certains jeunes très intelligents se retrouvent en difficulté, car ils ont des facilités mais n’ont pas eu l’habitude de travailler»Monique de Kermadec, psychologue

Ainsi, les écoles américaines proposent plus facilement des groupes de niveau, ce qui permet par exemple aux jeunes en avance de suivre un cours de maths avancé sans forcément sauter de classe. Le saut de classe ne peut être l’unique réponse à la précocité. Je suis plus favorable à ce qu’on mette plus de souplesse dans l’enseignement traditionnel.

Alors qu’aux États-Unis, les écoliers sont testés très jeunes, la France restant frileuse sur ce point. On a beaucoup avancé en faveur des dyslexiques, mais moins pour ceux qui vont plus vite. On est à l’aube d’une évolution. Toutefois la réflexion ne devrait pas se limiter à une réponse pédagogique quelle que soit l’importance de celle-ci. C’est le fruit d’une alliance entre la famille, le jeune et l’école.


On considère le fait d’être surdoué comme une chance. Quel est le problème?

Des jeunes précoces peuvent avoir des problèmes relationnels. Cela ne veut pas dire que la précocité est la cause de tous leurs problèmes. Et certains jeunes très intelligents se retrouvent en difficulté car ils ont des facilités mais n’ont pas acquis de bonnes méthodes de travail.

Ils vont travailler une matière qui les passionne, l’histoire par exemple. Mais ils vont négliger les autres cours, les études. La réponse est à trouver dans une alliance entre la pédagogie et la psychologie. L’école peut beaucoup de choses, mais ne peut tout résoudre.

9 outils pour faciliter le quotidien d’un enfant dyspraxique

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La dyspraxie est un trouble du geste qui affecte le développement des habiletés motrices. Les personnes dyspraxiques ont des difficultés à planifier et réaliser des gestes du quotidien. Cela peut varier en fonction des tâches a priori simples à réaliser comme « dire au revoir » à des tâches plus complexes comme le brossage de dents. Cependant une personne atteinte de dyspraxie peut apprendre à fonctionner de façon indépendante grâce à la mise en place de méthodes d’apprentissage adaptées et à la pratique répétée de tâches de base. Il se peut également qu’il soit nécessaire de mettre en place une thérapie occupationnelle, physique ou de la parole. La dyspraxie est un trouble permanent, sa gravité et les symptômes peuvent varier d’une personne à l’autre et peut affecter les personnes différemment à différents stades de la vie.

Ci-dessous, découvrez les outils pour faciliter le quotidien des enfants dyspraxiques.

1 -Les repérages visuels de la vie quotidienne

Afin de l’accompagner quotidiennement dans les tâches les plus simples de la vie courante, le Time Timer plus est un outil idéal pour la prise de conscience du temps. Il permet à l’enfant de « matérialiser » le temps grâce à son système unique de représentation visuelle. Nouveautés 2015/2016, découvrez le Time Timer Mod avec des coques colorées de protection !

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2- Les aides à l’écriture

Pour l’aider dans la préhension des outils d’écriture, il existe des outils adaptés pour aider votre enfant dyspraxique dans son apprentissage de l’écriture. Le combi-pack de manchons permet, avec la diversité de manchons proposés, de trouver le manchon le mieux adapté à votre enfant et ainsi lui permettre une meilleure prise en main des stylos et crayons. On adore aussi, les manchons Bumpy Grip et les manchons lestés.

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3 – Les aides au découpage

Pour les personnes dyspraxiques, le découpage peut vite devenir très compliqué… Heureusement des outils adaptés tels que les ciseaux easy-grip (droitiers ou gauchers) sont parfaits pour palier au défaut de motricité fine. Pour accéder à la gamme complète de ciseaux adaptés Hop’Toys, cliquez ici.

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4 – Les aides au graphisme

Pour aider votre enfant dans le processus du dessin ou de l’écriture, découvrez toute une gamme de stylos et crayons ergonomiques adaptés pour les droitiers ou les gauchers. En photo, les crayons de couleurs easy, version droitier.

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5 – Les aides pour la posture

Le coussin Dynair rond ou premium offrent une surface d’assise stabilisée et plus droite grâce à sa surface ergonomique.

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6 -Les aides pour s’habiller

Les lacets Xtenex, sont particulièrement utiles aux personnes ayant des troubles de la motricité fine comme les enfants dyspraxiques, ne pouvant nouer leurs lacets quotidiennement.

Les lacets Xtenex enfant

7- Les aides pour le protéger du bruit

Léger et très résistant, les casques anti-bruit permettent une réduction sonore de 22 dB. Idéal pour favoriser la concentration.

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8- Le protéger des distractions

La barrière pop-up  permet de créer instantanément un espace de travail délimité, facilitant ainsi la capacité de concentration en éliminant du champ de vision les stimuli « parasites ».

La barrière pop-up

9 – L’aider dans l’apprentissage de la parole

Les cartes Vocabular constitue un excellent support pour le développement du champ lexical, la narration et l’évocation de votre enfant.

Le vocabular shull

Du bon usage des résultats au test de QI

Le Journal des femmes

Chronique d’Arielle Adda, 18 avril 2018

On a beau s’évertuer à répéter qu’un test constitue, en premier lieu, une grille de lecture, mais qu’il fournit aussi des indications essentielles sur la façon dont fonctionne un enfant, de nombreux parents ont encore tendance à se contenter du résultat global.

Au vu du chiffre,  leur enfant est considéré comme un « enfant doué », ils peuvent donc, en toute légitimité, s’inscrire dans les associations consacrées à ces enfants et lui permettre de fréquenter des semblables, comme il le leur a été recommandé. Le chiffre du QI leur sert de sésame et aussi parfois d’explications à toutes ses réactions.

Il serait alors normal qu’il refuse certaines activités : sa personnalité est déjà bien affirmée, ses goûts bien prononcés et son caractère, fort et déterminé, laissent penser que ses refus sont définitifs et  absolument irrévocables. Des arguments particulièrement convaincants, persuasifs et surtout étayés par une logique irréfutable, ne sont même pas toujours suffisants pour amener un enfant entêté à accepter de tenter une activité qu’il estime peu attrayante. Lui non plus ne manque pas d’arguments pour démontrer à ses parents que leur insistance est inutile et qu’ils perdent un temps précieux à vouloir l’inciter à se soumettre à leurs suggestions.

On pense en conséquence que toute tentative de persuasion serait vouée à l’échec et on fait confiance à l’enfant doué pour s’arranger avec ses quelques faiblesses qu’il sait si bien compenser en classe.

Persévérer dans des injonctions qu’il ne veut pas entendre  serait s’engager dans un affrontement vite transformé en guerre de tranchée gâchant la vie familiale : si un enfant refuse résolument de faire du judo, ou un sport quelconque, du dessin, du théâtre,ou  de la musique, il s’avère vite inutile de tenter d’infléchir cette attitude obstinée.  Il est plus sage de ne pas appliquer les préconisations du psychologue : après tout, il a vu leur enfant  une seule fois, il ne peut pas le connaître aussi bien que ses parents qui le pratiquent depuis des années. On ne va pas tenter de lui imposer des activités, peut-être utiles à son développement, mais qui ne lui plaisent pas.

Ces parents sont confortés dans ce repli pacificateur   par la conviction que cet enfant trouvera certainement au moment opportun les ressources nécessaires pour compenser une défaillance  sans doute passagère. Sa scolarité se déroule si bien !

La tentation est grande de reléguer au plus profond l’avertissement qui leur a pourtant été répété : quand un enfant doué, tellement habile dans bien des domaines, affirme d’un ton péremptoire qu’il n’aime pas l’activité qu’on lui propose, c’est simplement parce qu’il n’est pas du tout assuré de la réussir et il ne veut pas entamer son image par de piètres résultats qu’il sera bien incapable d’améliorer, même en s’y appliquant avec toute son énergie.  La perspective de se trouver dans cette situation honteuse lui fait horreur.

Ses parents ont oublié que les notes aux différents items du test n’étaient pas parfaitement homogènes, mais ce fléchissement pouvait s’expliquer par l’état émotionnel de leur enfant. Dans cette situation exceptionnelle il était bien naturel qu’il soit un peu perturbé. En état de stress, un enfant sensible réagit de façon amplifiée face à une difficulté imprévue surgie dans un « jeu » dont il ignore tout. Sa note moins bonne répercute une réaction émotive, peut-être encore accrue par sa crainte de décevoir ses parents en se montrant maladroit tandis qu’ils le croyaient plus habile.

Le psychologue avait pourtant insisté sur cette faiblesse ponctuelle, même si la note qui la révélait restait très convenable par rapport à l’ensemble des enfants de son âge et cette alerte avait fini par être totalement oubliée.

Quelques années plus tard, généralement au début du collège, cet enfant à la réussite tellement aisée commence à se déprimer, il répète qu’il est « nul », il perd le goût des choses  au point même parfois d’évoquer son utilité sur terre.  On ne le reconnaît plus. Certes,  ses résultats restent satisfaisants, cependant ils accusent une légère baisse, peu surprenante étant donné son état d’esprit.

L’explication est toute trouvée : cet enfant réussissait sans effort, désormais ils sont devenus nécessaires mais il ne sait pas comment procéder.  Il suffirait  qu’il se concentre davantage, qu’il réfléchisse un peu plus longtemps et tout rentrera dans l’ordre. Il ne tient donc qu’à lui, puisqu’il possède de bonnes capacités intellectuelles.

L’angoisse de cet enfant, pratiquement adolescent, est en réalité incommensurable et d’autant plus incompréhensible qu’elle submerge un enfant jusque-là plutôt détendu et heureux de vivre, persuadé qu’il était né sous une bonne étoile lui permettant de réussir facilement.

Les quelques petites pointes d’inquiétude qui le tourmentaient brièvement quand il avait commis une erreur étaient vite apaisées par l’explication qui les justifiaient : les consignes n’étaient pas si claires, lui-même couvait une grippe ou bien il avait été secoué par un événement inattendu, ou attendu, mais bouleversant, comme l’arrivée d’un bébé au foyer par exemple, tout épisode qu’il fallait prendre en compte pour comprendre les raisons de cet accident.

Au fond de lui, l’élève qui se sent désormais en perdition, pense que le sentiment d’imposture qu’il refoulait soigneusement éclate aux yeux de tous, sa nullité apparaît crûment, tandis qu’il se sent incapable de la combattre.

Cet effondrement l’ébranle tant qu’il commence à douter de sa valeur : autant débarrasser la société d’un individu qui ne lui sera d’aucune utilité. Il se rend bien compte qu’il ne comprend plus certaines explications, que des énoncés de problèmes lui semblent opaques, il se sent perdu parmi tous ces nombres, lui qui savait donner instantanément un résultat exact parce qu’il lui était apparu sur le champ.

Si on lui dit qu’il suffirait d’un léger effort de sa part, il sombre dans un désarroi sans rémission : il a essayé de fournir des efforts, d’approfondir son raisonnement, en pure perte, il reste égaré dans cette jungle de nombres, comme certains de ses camarades qui l’étonnaient par leur incapacité à saisir un énoncé. Il est devenu l’un des leurs et son image ternie lui est insupportable. La faille la plus fréquente consiste en une difficulté à se former une représentation mentale exacte d’une situation, comme le démontre la note plus basse à l’épreuve des « cubes », mais ce peut être une utilisation maladroite de la mémoire ou un langage approximatif dû à une hypoacousie au moment où le jeune enfant doit être immergé dans un bain de langage. Dans tous les cas, le brillant verni de la facilité masque ces faiblesses.

Aidé de façon convenable, cet enfant en perdition retrouvera tout son éclat et saura utiliser ses belles qualités, restées intactes, pour parvenir à la  concrétisation de rêves qu’il pensait  désormais hors d’atteinte.

Conseils : ne jamais négliger les quelques faiblesses, encore discrètes et apparemment sans effet néfaste, révélées par le test.  Ces fêlures ténues, longtemps imperceptibles,   provoqueront plus tard de féroces chutes de résultats, entraînant des conséquences vécues de façon intensément dramatique comme les enfants doués en ont le secret. Surtout ne pas lui dire qu’il peut redresser la situation grâce à quelques efforts.  La faiblesse doit être identifiée et bien cernée à l’aide des résultats de tests et combattue  par des exercices  appropriés.

 

 

Enfant précoce : une étude démontre enfin leur spécificité cérébrale (Lyon)

Médecine, santé, forme et bien-être – ra-sante

Par le

Enfant précoce, pourquoi est-il différent ? Durant près de trois ans, une étude menée au CERMEP (Centre d’Imagerie du Vivant) de Lyon par Dominic Sappey-Marinier et Fanny Nusbaum a analysé l’anatomie et les spécificités fonctionnelles du cerveau des enfants dits à « haut potentiel ». Les résultats sont surprenants…

 

L'enfant précoce au cœur d'une étude au CERMEP de Lyon
Le cerveau de l’enfant précoce ou « HP » fonctionne plus vite et différemment selon l’étude du CERMEP à Lyon ©KTSdesign

 

Les enfants précoces ou à « haut potentiel » présentent un QI d’au moins 130. Mais leur cerveau fonctionne-t-il différemment ? Oui, selon une étude menée durant trois ans à Lyon, co-financée par la fondation APICIL. Décryptage avec Fanny Nusbaum, docteur en psychologie, chercheur en neurosciences et dirigeante du Centre PSYRENE, et Dominic Sappey-Marinier, chef du département IRM du CERMEP-Imagerie du Vivant, enseignant de biophysique à la Faculté de Médecine Lyon-Est, et chercheur en imagerie médicale à CREATIS de l’Université Claude Bernard-Lyon1.

 

Comment est née l’idée de cette étude sur les enfants précoces ?

en bleu et en rouge, les images de connectivité fonctionnelle montrant, par rapport aux contrôles, une baisse de connectivité (bleu) dans le cortex prefrontal des Complexes et dans le cortex orbite-frontal des Laminaires et une augmentation de connectivité dans le cortex occipital-temporal des Complexes.
IRM d’enfants Complexes et Laminaires ©CERMEP

DSM: Fanny Nusbaum avait déjà proposé depuis longtemps les deux profils Complexe et Laminaire. Les deux sont des « hauts potentiels« , c’est-à-dire qu’ils présentent des capacités intellectuelles de haut niveau. Le Complexe montre des capacités plutôt hétérogènes. Il est plus créatif, plus visionnaire, mais aussi plus sujet aux difficultés d’apprentissage et de relations sociales, ainsi qu’à la dyslexie ou la dyspraxie. Le Laminaire montre des capacités plutôt homogènes. Il est plus solide et adaptable, mais aussi plus sujet à l’anxiété de performance, au surmenage et à certaines addictions à partir de la fin de l’adolescence. Aucun modèle ne proposait cette distinction auparavant, mais elle nous paraissait concordante avec la clinique observée.

Avec Olivier Revol (Chef du service de troubles des apprentissages de l’enfant et de l’adolescent de l’hôpital Femme-Mère-Enfant à Bron), nous nous sommes donc dit qu’il serait intéressant de voir si nos observations cliniques coïncidaient avec une réalité neuroscientifique. En 2010, nous avons donc décidé de mener cette étude par neuroimagerie pour mieux comprendre à la fois le fonctionnement cérébral des enfants dits « à haut potentiel », mais surtout les caractéristiques neuronales spécifiques à chacun des profils Complexe et Laminaire, en comparaison avec une population Contrôle (enfants au développement cognitif standard).

Avec l’aide du WISC (1), nous avons sélectionné trois populations composées chacune d’une vingtaine d’enfants : Complexes, Laminaires et Contrôles.

 

Enfant précoce, une activité cérébrale intense

Les IRM pratiquées ont-elle démontrées des différences majeures dans le fonctionnement du cerveau ?

 

en bleu les augmentations de connectiveté structurale (points bleus) des Complexes et des Laminaires par rapport aux Contrôles. On voit sur cette coupe que l’hémisphère droit des Laminaires présente plus de régions augmentées que les Complexes.
IRM avec connectivité cérébrale ©CERMEP

FN: Oui, l’IRM de diffusion réalisée par Dominic Sappey-Marinier a permis  d’étudier le mouvement des molécules d’eau dans le cerveau. Cette technique démontre clairement que les enfants à « haut potentiel » présentent une connectivité cérébrale bien plus importante que les enfants au QI standard dans plusieurs régions cérébrales comme le corps calleux qui relie les deux hémisphères et dans différents faisceaux intra-hémisphériques. Donc, le transfert d’information est plus rapide au sein d’un même hémisphère mais aussi d’un hémisphère à l’autre. Ce premier résultat confirme les résultats des études menées par le passé. De plus, l’étude montre pour la première fois, qu’il existe des différences cérébrales entre les enfants Complexes et Laminaires. Cette meilleure connectivité est plus importante dans l’hémisphère gauche des Complexes et dans l’hémisphère droit des Laminaires.

Par ailleurs, l’IRM fonctionnelle de repos, qui mesure la connectivité fonctionnelle du cerveau quand il est au repos, a montré une diminution de l’activité dans le cortex préfrontal des enfants Complexes et du cortex orbito-frontal des enfants Laminaires. En revanche, on observe une augmentation d’activité dans les cortex insulaire, temporal et pariétal qui correspond à une plus grande sensibilité émotionnelle, une meilleure perception et des capacités accrues de mémorisation et linguistiques.

 

Concrètement, cela signifie que le cerveau de l’enfant à « haut potentiel » tourne plus vite ?

DSM: Il dispose clairement de plus gros câbles, du « haut débit », autrement dit, un meilleur moteur sous le crâne, sans que ce moteur ne tourne forcément en surrégime.

 

Avec un effet turbo dans certains cas ?

DSM: Non, son cerveau tourne en permanence plus vite… Dans le cas des Complexes, il arrive plus souvent que ce moteur s’emballe et perde contrôle, en particulier sous l’effet des émotions.

 

Le Laminaire vit donc mieux sa surdouance ?

FN: Oui, même si son manque d’intériorité et de motivation intrinsèque, ne le met pas à l’abri du « burn-out » ou de la dépression car à force d’être sur-sollicité par son environnement, il finit parfois par se poser des questions identitaires, philosophiques, avec le sentiment d’être en décalage avec lui-même.

 

Enfant HP, « interpréteur » ou « explorateur »

D’autres constatations remarquables ?

DSM: Oui, on s’est aperçu que les Complexes avaient une connectivité plus élevée dans l’hémisphère gauche, l’hémisphère du langage, qui est capable de fonctionner a priori de manière autonome, en circuit fermé, alors que les Laminaires utilisent plus l’hémisphère droit, l’hémisphère qui contrôle les capacités visuo-spatiales et permet une analyse objective.

 

Qu’est-ce que cela signifie concrètement ?

FN: Que les Complexes sont plus centrés sur eux-mêmes, plus indépendants, et donc moins adaptés socialement. En décalage avec la société, ils sont souvent adulés ou détestés. On les appelle les « interpréteurs » car ils interprètent en permanence la réalité pour la faire coller à leur modèle interne. Les Laminaires, au contraire, sont davantage ouverts sur les autres, davantage dans l’empathie. On les appelle les « explorateurs » car ils analysent les informations sans a priori, objectivement, avec une vraie faculté d’adaptation aux contraintes environnementales, qui leur permet de souvent faire l’unanimité. Bref, le Complexe est dans le subjectif, sans filtre émotionnel, sans inhibition, alors que le Laminaire est dans l’analyse objective, le contrôle intérieur.

 

Enfant précoce, artiste ou ingénieur

Les enfants précoces, un sujet passionnant pour Fanny Nusbaum et Dominic Sappey-Marinier
Dominic Sappey-Marinier et Fanny Nusbaum devant le CERMEP ©P.Auclair

L’IRM fonctionnelle en phase de repos cérébral de l’enfant HP ou de l’enfant précoce a-t-elle aussi été riche en enseignements pour les neuropsychiatres ?

DSM: Oui, on s’est aperçu que le cerveau du « Complexe » était moins actif dans la région préfrontale dédiée au raisonnement, à la planification temporelle, alors qu’il est augmenté sur la zone pariétale, celle de la perception, de l’analyse sensorielle. C’est aussi la zone de la pensée automatique. A l’inverse, le cortex orbito-frontal qui gère notamment la motivation est moins proéminant chez les Laminaires. Ils semblent donc moins en mesure d’être motivés sans sollicitation de l’environnement.

 

Comment se traduisent ces différences au quotidien ?

FN: Le Complexe passe rapidement en phase de pensée automatique, avec une faculté d’intégration plus grande mais parfois imparfaite. Le Laminaire, plus réaliste, plus cartésien, est moins centré sur l’émotion, moins à l’écoute de lui-même aussi. De manière caricaturale, le premier est un artiste, le second un ingénieur.

 

Quels sont les effets pervers de tels profils ?

FN: Le Complexe présente des troubles du comportement, de l’apprentissage, de la personnalité, une hyper-sensibilité qui sont essentiellement liés à un manque de contrôle de son attention et de son impulsivité. Le Laminaire, lui, sera davantage sujet à la somatisation, à l’hypocondrie, voire au « burn-out » en cas de sur-sollicitation. Il peut aussi être plus sujet aux addictions comme l’alcool ou la drogue pour suppléer le manque de sensations émotionnelles.

 

Les bienfaits de l’hypnose pour l’enfant précoce

Au final, quelle sera la valeur ajoutée de cette étude de longue haleine ?

FN: Elle permet de mieux comprendre le fonctionnement du cerveau de l’enfant à « haut potentiel ». On a apporté la preuve tangible d’une spécificité du cerveau de l’enfant à « haut potentiel » avec, au sein de cette population, de vrais différences structurelles et fonctionnelles entre Laminaires et Complexes. En tenant compte des conclusions cliniques, comportementales et scientifiques, il sera possible d’affiner le suivi de ces enfants en fonction de leur profil, de l’intégrer aux techniques pédagogiques et le transmettre aux professeurs d’école. La neuroéducation offre ainsi de nouvelles pistes d’amélioration des méthodes d’apprentissage qui seront bénéfiques pour tous les enfants, et pas seulement ceux qui ont des difficultés !

 

C’est à dire ?

DSM: Si on voit, par exemple, qu’une partie du cerveau est en sous-activité, il sera possible de corriger cette déficience avec des exercices précis. Par exemple, un « Complexe » à l’imagination débordante sera plus sensible à l’hypnose, alors que celui qui souffre d’inhibition ou d’un déficit d’attention aura davantage intérêt à faire de la remédiation cognitive. A l’inverse, l’hypnose sera très utile au « Laminaire », pour développer l’imagination, le reconnecter avec son moi intérieur.

 

Est-ce que demain, avec les enseignements d’une telle étude, on pourra intervenir sur le cerveau de l’enfant précoce ?

FN: On travaille déjà avec le Neurofeedback ! Grâce à quelques électrodes disposées sur le crâne pour observer en temps réel l’activité encéphalographique, le sujet peut moduler lui-même son activité cérébrale, une technique notamment utilisée pour les enfants TDAH (Troubles du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité). L’avenir, c’est aussi la TDCS (Transcranial direct current stimulation), une stimulation transcrânienne pour améliorer les capacités cognitives grâce à un léger courant électrique traversant les régions cérébrales à développer. Certains s’en servent déjà pour doper le cerveau des sportifs de haut niveau ou réhabiliter les fonctions cérébrales endommagées par un accident vasculaire cérébral (AVC). Ces usages thérapeutiques sont en cours de développement.

(1) Le WISC (Wechsler Intelligence Scale for Children) est un test standardisé dédié aux enfants de 6 à 16 ans et 11 mois. Ce test permet de situer un élève par rapport à un groupe d’autres élèves de son âge. Le WISC-IV comporte quatre indices (compréhension verbale, raisonnement perceptif, mémoire de travail, et vitesse de traitement) pour déterminer les différentes composantes de l’intelligence d’un enfant ou d’un adolescent.

 

A SAVOIR

L’étude du CERMEP a porté sur près de 80 enfants de 8 à 12 ans de la région Auvergne-Rhône-Alpes répartis en quatre groupes : enfants « Contrôles » au QI d’environ 105, « Laminaires » au QI moyen de 140, « Complexes » au QI moyen de 130 et enfants TDAH (troubles du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité) qui présentent des troubles proches des « Complexes ». Chaque enfant a passé une IRM (Imagerie par Résonance Magnétique) de 50 minutes, technique à la fois non invasive, non irradiante et sans effet pour l’organisme pour étudier à la fois l’anatomie et le fonctionnement du cerveau.

Enfants surdoués: l’école française veut éviter le bonnet d’âne

Libérationle 16 avril 2018

Dans une classe d'un établissement pour élèves précoces, à Nice, le 30 mai 2017

Qualifiés d’intellectuellement précoces, de surdoués ou encore de «zèbres», ils ont un QI nettement supérieur à la moyenne mais leur parcours scolaire peut être chaotique. Malgré une récente prise de conscience, la France peine encore à accompagner ces élèves «hors norme».

La France en est au stade de «la prise de conscience» et n’a pas mis en œuvre des programmes adaptés à ces enfants à haut potentiel intellectuel, déclare la pédopsychiatre Sylvie Tordjman, qui organisait la semaine dernière à Paris un colloque international sur le sujet, à la Sorbonne.

La réflexion sur un enseignement adapté à ces élèves ne date que du début des années 2000 dans l’Hexagone, selon cette spécialiste des enfants précoces, chef de service à l’hôpital Guillaume-Régnier à Rennes. D’autres pays sont bien plus en pointe, souligne-t-elle.

Par exemple, «les Pays-Bas ont généralisé le décloisonnement: quand un enfant est très bon en maths, il reste dans sa classe mais va suivre les cours de maths dans la classe supérieure». Aux Etats-Unis, les enfants à haut potentiel bénéficient de plages horaires dédiées à des activités adaptées à leurs besoins, pendant leur journée de classe.

L’Organisation mondiale de la santé estime à 2,2% la part des élèves à haut potentiel au sein de la population scolarisée (entre 6 et 16 ans). Ces enfants possèdent un quotient intellectuel supérieur à 130 (pour une moyenne fixée à 100).

Au-delà des chiffres, ces jeunes se distinguent par «une façon d’être au monde, avec une intelligence bouillonnante, une émotion et une sensibilité très vives et une grande vitesse de traitement de l’information», décrit Jeanne Siaud-Facchin, psychologue. «Mais cette hyperconnectivité amène parfois l’enfant à dire +ça va trop vite+».

L’école est le «lieu de tous les possibles», selon cette psychologue. «Certains enfants ont des parcours exemplaires, mais d’autres peuvent être en décrochage scolaire».

Car ces enfants peuvent s’ennuyer en l’absence de stimulation intellectuelle suffisante. Ils peuvent aussi exaspérer les enseignants par un comportement perçu comme insolent (ils n’hésitent pas à argumenter avec les professeurs), voire se montrer agressifs quand ils ne comprennent pas tout tout de suite, contrairement à leur habitude.

«Comme tout est facile dans les premières années, les enfants à haut potentiel n’apprennent pas à apprendre», explique Sylvie Tordjman.

– «Passer à la vitesse supérieure» –

Et le décalage avec les autres élèves de la classe conduit parfois à l’isolement. Sans compter que la maturité de ces enfants sur le plan affectif ne suit pas toujours la courbe de leur développement intellectuel.

«Ma fille ne réussissait pas à s’intégrer. On lui reprochait d’utiliser des mots compliqués, elle a passé une année à tenir le mur à la récré. L’année suivante, elle s’est fait harceler», relate la mère de Suzanne, 11 ans et demi, passée par l’école publique puis privée. L’enfant a sauté le CM2 et ses parents l’ont inscrite à l’école (privée) Georges-Gusdorf à Paris, spécialisée dans l’accueil de ces enfants.

Pour Nelly Dussausse, directrice de cet établissement, «les ressources mises à disposition par l’Éducation nationale ne correspondent pas aux besoins de ces élèves».

En 2002, une première étude (le rapport Delaubier) alertait les pouvoirs publics sur les besoins spécifiques de ces enfants à l’école. Des référents ont été nommés dans chaque académie à partir de 2009.

Jean-Marc Huart, directeur général de l’enseignement scolaire, assure que l’Éducation nationale «veut passer à la vitesse supérieure». Il faut notamment repérer plus tôt ces enfants et mieux les accompagner, déclare le numéro deux officieux du ministère.

La réponse de l’école a longtemps été de faire sauter une classe à ces élèves. Mais cette solution est moins prisée des parents et des enseignants qu’il y a quelques années.

Des établissements tentent d’autres pistes, note Mme Tordjman. Elle cite les classes à plusieurs niveaux, le «compactage» (un parcours scolaire où trois années de programmes sont effectuées sur deux ans par exemple). Ou encore le recours à des pédagogies différenciées, qui réclament cependant une formation pointue des enseignants.

Scolarisation des enfants en situation de handicap : un vade-mecum pour anticiper dès à présent la rentrée scolaire 2018-19

   Secrétariat d’État auprès du Premier ministre
chargé des Personnes handicapées

La préparation de la rentrée scolaire des élèves en situation de handicap s’effectue en étroite coopération entre les maisons départementales des personnes handicapées (MDPH), les services de l’Éducation nationale et de l’Enseignement agricole autour de la mise en place des projets personnalisés de scolarisation.

Une bonne anticipation est essentielle, car la prise de décisions tardive sur ces projets complique la mise en place effective des aménagements nécessaires aux élèves le jour de la rentrée.

Il est dès à présent possible de lancer ces travaux préparatoires, en s’inspirant des bonnes pratiques repérées sur le terrain, qui viennent d’être recueillies puis analysées dans le cadre de groupes de travail associant les représentants locaux des MDPH et de l’Éducation nationale.

Leur diffusion est l’objet du « vade-mecum de la rentrée scolaire » que la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA) vient de rédiger et dont Jean-Michel BLANQUER, Stéphane TRAVERT et Sophie CLUZEL saluent la parution.

Approuvé par un panel de professionnels des MDPH ainsi que des autorités académiques, ce vade-mecum met particulièrement l’accent sur la coordination, la planification, l’adaptation de l’activité et la communication vis-à-vis de l’école et des familles.

Renforcer les coopérations territoriales et diffuser les bonnes pratiques constituent des axes majeurs du plan d’action pour l’école inclusive, piloté par le ministère de l’Éducation nationale, le ministère de l’Agriculture et le secrétariat d’État chargé des personnes handicapées.

Le guide, volontairement synthétique, sera diffusé prochainement à l’ensemble des acteurs.

Il est dès à présent disponible en ligneGuide Vadémecum Rentrée Scolaire 2018-2019

Notions et chiffres clés

En 2016-2017, 300 815 enfants en situation de handicap ont été scolarisés dans les écoles et établissements relevant du ministère de l’Éducation nationale (public et privé) : 172 145 dans le premier degré et 128 670 dans le second degré. Soit une augmentation de 7,5% d’élèves en situation de handicap scolarisés en milieu ordinaire par rapport à l’année scolaire 2015-2016.
(source : http://www.education.gouv.fr/cid207/la-scolarisation-des-eleves-en-situation-de-handicap.html )Le projet personnalisé de scolarisation est le document de référence du parcours de l’élève handicapé. Il définit et coordonne les modalités de déroulement de la scolarité et les actions pédagogiques, psychologiques, éducatives, sociales, médicales et paramédicales répondant aux besoins particuliers des élèves présentant un handicap.

Contacts presse :
Cabinet de Sophie CLUZEL : seph.communication@pm.gouv.fr – 01 40 56 88 02
Cabinet de Jean-Michel BLANQUER : spresse@education.gouv.fr – 01 55 55 30 10
Cabinet de Stéphane TRAVERT – cab-presse.agriculture@agriculture.gouv.fr – 01 49 55 59 74