Archives mensuelles : février 2016

La PSY pour aider au TDAH mais… Psychiatre ? Psychologue ? Psychothérapeute ? Psychanalyste ?

psy has tdah

Le TDAH

Le Trouble du Déficit de l’Attention avec ou sans Hyperactivité

Février 2015  – France

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Nous tenons dans un premier temps à vous avertir qu’une trop grande « mauvaise information » peut encore être véhiculée sur le WEB et dans la littérature et pour preuve un ouvrage (dont vous trouverez dans l’article la critique) vient de voir le jour il y a peu et pour cela, que vous soyez professionnel ou un particulier, nous vous invitons à la vigilance .

A savoir que le TDA/H, par exemple chez  les enfants : c’est le trouble qui a des répercutions sur la famille et pas la famille qui a des répercutions sur le comportement de l’enfant alors ne vous laissez pas endoctriner  que vous soyez concernés de près ou de loin et ne laissez pas les gens parler à tord et à travers car il en va de l’avenir de trop nombreuses familles, enfants, adolescents et adultes. Alors regardez plus loin et dites-vous « Pourquoi la France n’avance-t-elle pas  ? Qui profite de toute cette mauvaise information ? Qui veut garder cette patientèle déboussolée, mise plus bas que terre par des suppositions et accusations plus qu’horrifiantes et arriérées. Alors avançons, soutenons-nous et ne continuons pas à subir ! Et pour ce qui est de l’augmentation de prescriptions, il faut savoir que la France a  40 ans de retard sur la bonne prise en charge du TDAH, alors l’augmentation des diagnostics et des prescriptions est même moindre proportionnellement pour les personnes qui sont en souffrance, qui, nous vous le rappelons n’ont pas plus de déficience intellectuelle qu’une autre personne et qui peuvent être élevées dans une famille monoparentale, famille recomposée, famille avec des parents homosexuels, avec des soucis familiaux… sans pour autant en être la conséquence. Nous sommes dans une société qui avance, qui s’ouvre à la différence, au changement, à la tolérance …. Alors ne laissons pas certaines personnes détruire tout cela et soyez de ce fait très vigilants en tant que parents, car qui veut vous aider n’est peut être pas toujours celui ou celle que vous croyez !

Alors oui l’environnement et les événements de la vie peuvent impacter  une personne avec ou sans trouble, mais il ne faut pas s’écarter quand il y a besoin du diagnostic clinique et scientifique.

Nous vous demandons juste une chose, c’est de ne pas lire sans réfléchir à tout cela …

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Avant de commencer, nous tenons à vous présenter cette vidéo qui vous explique très bien ce qu’est le TDAH avec ou Sans Hyperactivité 

Le diagnostic est posé par  des professionnels en structure de santé mais vous pouvez aussi faire appel à des spécialistes exerçant en libéral avec par la suite si besoin une demande de prise en charge au près de la MDPH si votre enfant y est reconnu. Ce qui peut vous permettre de choisir le ou les spécialistes qui s’occuperont de votre enfant.

  1. Neurologue ou

  2. Neuropsychiatre ou

  3. Pédopsychiatre ou

  4. Pédiatre qui se spécialise en TDAH.

Il est conseillé de bien choisir votre médecin traitant puis votre spécialiste comme point de départ et pour cela n’hésitez pas à vous renseigner auprès de parents d’enfants TDAH. Sachez que si votre enfant est diagnostiqué avec un TDA/H il peut être envisagé dans un accompagnement multimodal la prescription si besoin d’un traitement adapté (methylphénidate :  Quazym, Ritaline, Concerta) par un spécialiste faisant partie d’une structure hospitalière mais aussi par des spécialistes en libéral  rattachés à une structure hospitalière. 

Et contrairement à ce que prétendent certains détracteurs, en France, la délivrance du méthylphénidate est une procédure très cadrée et surveillée . 

Le bilan neuropsychologique (TDAH, TDA, tous les dys)

Il vise à repérer les processus cognitifs et mentaux propres à la personne. Dans le cadre de la recherche de l’efficience intellectuelle, il met en évidence les modules déficitaires et les modules de bonnes compétences. Faisant parfois apparaître certaines dissociations qui participent de façon essentielle à la pose du diagnostic.Il concerne les fonctions cognitives que sont : la mémoire à court et à long terme, l’attention, le langage oral et écrit, les fonctions exécutives ainsi que toutes les fonctions instrumentales.

Le bilan neurologique pédiatrique (Tous les dys, TDAH…)

Il se déroule sous forme d’entretien avec un examen clinique et des tests de dépistage. Des bilans complémentaires neurobiologiques ou génétiques peuvent être aussi demandés.

Le psychiatre :

Actuellement, les deux professions les plus réglementées en France sont celles de psychologue et de psychiatre, ce qui parfois peut rendre la consultation d’autres spécialistes plus réservée même si l’aide psychologique est aussi professionnelle.

Le psychiatre est souvent consulté dans le cadre de pathologies plus importantes et dans des domaines bien particuliers.

Le psychiatre est un médecin spécialisé en psychiatrie, psychothérapie (malheureusement la psychothérapie renvoie presque toujours à la psychanalyse) et thérapie comportementales. Il traite des troubles psychiques, mais aussi des troubles cognitifs et mentaux et son statut de médecin lui confère le droit de délivrer des médicaments ou de prescrire des examens médicaux.

La consultation d’un psychiatre s’impose :

  • en cas de troubles du comportement sévères
  • en cas de troubles de la personnalité.

À l’heure actuelle, en France, son statut est reconnu et sa profession très réglementée au même titre que la profession de psychologue. Personne ne peut donc se dire psychologue ou psychiatre s’il n’a pas suivi un cursus très rigoureux, validé par un diplôme d’État. Beaucoup de psychiatres sont d’obédience psychanalytique en France. Il est conseillé la consultation d’un psychiatre qui a des compétences dans le domaines neurologique, et donc préférez consulter un neurologue.

Le psychiatre peut se spécialiser dans certains domaines :

  • s’il se spécialise dans l’enfance : on le retrouvera sous l’appellation de pédopsychiatre ;
  • s’il se dédie à un suivi des personnes âgées : on le retrouvera dans les services de gérontopsychiatrie … (renseignez vous sur le psychiatre, sur ses références…)

Conseil :

  • renseignez-vous sur les références du psychiatre en psychologie : est-il psychanalyste, et si oui de quelle branche ? est-il comportementaliste ? est-il neuropsychiatre ?
  • demandez au psychiatre s’il assure une psychothérapie au-delà du diagnostic et de la prescription de médicaments ;
  • si vous n’êtes pas à l’aise avec le psychiatre que vous avez rencontré, cherchez-en un autre. La parfaite confiance est indispensable pour une thérapie.

C’est un médecin qui a étudié la médecine et s’est par la suite spécialisé dans les troubles psychiatriques. Il propose souvent des entretiens thérapeutiques au même titre que le psychologue.

Il peut également prescrire un traitement lorsque cela s’avère nécessaire (psychostimulants, antidépresseurs, anxiolytiques, psychotropes divers).

Dans un service, le psychiatre est pris dans un rôle hiérarchique et ne peut de facto effectuer des supervisions ou des groupes de parole pour les soignants.

Il peut également proposer ou imposer (dans de très rares cas) une hospitalisation dans un centre spécialisé.

Le psychologue :

Il existe différents psychologues. Celui que vous consultez pour des  » problèmes  » psychologiques est un psychologue clinicien. C’est un psychologue qui a fait un DESS ou un DEA assorti d’un stage (diplôme de 3eme cycle) en psychologie clinique (et généralement pathologique). Étymologiquement « clinique » signifie au chevet du malade, au lit du malade.

Le psychologue clinicien peut vous proposer des entretiens à visée thérapeutique (psychothérapie de soutien, psychothérapie d’inspiration psychanalytique, psychothérapie cognitivo-comportementale), des tests divers (de personnalité, d’intelligence ou de développement, neuropsychologique, etc..)

Le psychologue propose également parfois des séances pour couples, ou pour groupes (supervision, groupes de parole, groupes Balint, etc…)

Cette formation universitaire porte essentiellement sur l’étude du fonctionnement biologique du cerveau, sur les symptômes liés aux pathologies et troubles mentaux, et sur les « tests et outils de diagnostics ».

Il intervient dans plusieurs domaines comme l’éducation, le travail, le sport, pour améliorer le bien-être de l’individu et son équilibre psychique. Par conséquent, selon sa formation, il utilise des méthodes d’intervention spécifiques basées sur des approches théoriques variées.

Maintenant, il n’existe pas un seul et même programme pour toutes les universités nationales. Selon les universités, les disciplines dites « scientifiques » comme les statistiques, la méthodologie ou les neurosciences pourront être très représentées ou presque pas. C’est pour cela que dans certaines universités, la psychologie clinique sera imprégnée de l’approche psychanalytique alors que les étudiants de l’université voisine n’en entendront quasiment pas parler. Alors il est préférable de se renseigner avant consultation si vous ne souhaitez pas vous retrouver dans un processus se rapprochant de la psychanalyse sauf si c’est cela que vous recherchez mais pour le TDA/H par exemple cette approche n’est pas à privilégier.

Le psychothérapeute :

La psychothérapie s’adresse aux personnes éprouvant des difficultés psychologiques, comportementales, sexuelles ou encore des troubles psychosomatiques. Le psychothérapeute aide le patient à résoudre ses conflits psychologiques. Les thérapies mises en œuvre sont uniquement psychiques: thérapie individuelle ou familiale, cure psychanalytique, thérapie cognitive et comportementale, etc.

Le psychothérapeute n’est pas en droit de prescrire des médicaments.

Depuis le 1er juillet 2010, l’usage du titre de psychothérapeute est réglementé

Peuvent ainsi se prévaloir du titre de psychothérapeute :

  • Les médecins spécialistes en psychiatrie, sans condition de formation
  • Les médecins non spécialistes en psychiatrie, après validation d’une formation comprenant 200 heures de cours théoriques et 2 mois de stage pratique
  • Les psychologues ayant accompli leur stage professionnel validant leur diplôme
  • Les psychanalystes régulièrement enregistrés dans leurs annuaires professionnels, après validation d’une formation comprenant 200 heures de cours théoriques et 2 mois de stage pratique
  • Les professionnels justifiant d’une pratique de la psychothérapie mais n’appartenant à aucune des catégories précédentes, après validation d’une formation comprenant 400 heures de cours théoriques et 5 mois de stage pratique.

On peut définir le psychothérapeute comme étant celui ou celle qui offre des services de psychothérapie. Une psychothérapie est une pratique essentiellement psychologique qui permet d’obtenir des soins, de l’aide et/ou un soutien face à des situations ou symptômes.

Depuis le 20 mai 2010, le titre de psychothérapeute est protégé. Désormais, seuls les docteurs en médecine et les titulaires d’un master 2 en psychologie ou d’un master 2 en psychanalyse ayant accompli une formation complémentaire en psychopathologie, complété par un stage conventionné de 5 mois peuvent obtenir le statut de psychothérapeute. L’ARS (Agence Régionale de Santé) leur remettra alors un numéro Adeli.

Il faudra donc être très attentif à la formation, parcours et expérience de ceux ou celles qui se définissent comme thérapeutes. Un numérologue ou un professeur de yoga ne sont pas par exemple des psychothérapeutes.

Le psychanalyste :

Les psychanalystes quant à eux, ne disposent pas d’un diplôme d’Etat mais doivent théoriquement, sans obligation légale néanmoins, remplir trois conditions pour poser leur plaque: avoir eux-mêmes été analysés, avoir été formés à la théorie analytique par le biais d’associations psychanalytiques, et, enfin, être supervisés dans leur pratique par un « contrôleur », lui-même analyste. Lorsque l’on entre en « analyse », il faut savoir que l’on démarre un processus de plusieurs années, durant lesquelles on est sur le fameux divan. Il ne s’agit pas d’un échange, mais vraiment d’une introspection personnelle, que le psychanalyste va accompagner, la plupart du temps en silence.

Les psychanalystes occupent une place particulière dans le monde psy. Beaucoup d’entre eux sont diplômés en psychiatrie ou psychologie, mais beaucoup aussi sont enseignants, chercheurs, sociologues, artistes… Bien qu’il existe un diplôme universitaire de psychanalyse, son obtention ne permet pas d’exercer. Il est indispensable d’être soi-même passé sur le divan pour apprendre le langage des rêves, des symptômes, de l’inconscient. Entreprendre une analyse est un travail de longue haleine, qui s’étend sur six ou sept ans, à raison d’une à trois séances par semaine. Le prix d’une séance varie de cinquante à cent vingt euros, et dépend de plusieurs facteurs : la notoriété de l’analyste, les moyens du patient, son rapport particulier à l’argent. Elle dure de vingt à cinquante minutes.

C’est une personne qui utilise comme théorie et comme technique la psychanalyse née de Sigmund Freud (ex : « La psychanalyse est la science de l’inconscient. En fait, les objectifs de la psychanalyse lacanienne sont identiques à ceux de la psychanalyse freudienne(1) »). Là encore il convient d’être vigilant sur la qualité de la personne ( soit psychologue, soit psychiatre, soit membre d’une société psychanalytique reconnue (SPP,SFP,ELP,Cause freudienne, API,etc…) Le développement personnel est en plein essor et nombreuses sont les chapelles qui vous ouvrent leurs portent en vous garantissant un mieux être et une harmonie retrouvée…

N’oubliez pas également que la Mission Interministérielle de Lutte contre les Sectes met en garde contre les nombreuses dérives sectaires des psychothérapies nouvelles…

En ne consultant qu’un psychologue ou un psychiatre, vous limitez les risques de vous retrouver pris dans des thérapies parfois douteuses et vous vous assurez les services d’une personne réellement formée.

Un psychiatre ou un psychologue peut aussi être psychanalyste. En revanche, si la personne ne possède que le titre de psychanalyste, il convient d’être prudent.

Si vous souhaitez en apprendre plus sur le TDA/H par la littérature, nous préférons vous conseiller la littérature venant de spécialistes médicalement reconnus et spécialisés dans le trouble pour ne pas risquer de vous retrouver dans un ouvrage à mouvance psychanalytique , donc de « Psychanalystes » qui peut aussi se retrouver chez certains psychiatres et qui ne vous apportera rien, ces personnes n’étant pas des fervents croyants des avancés scientifiques et internationales sur le sujet. Exactement ce que nous avons connu jusqu’à il y a quelques années pour l’Autisme.

 

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Analyses du livre « Tous Hyperactifs » édité chez Albin Michel,

 du Dr Patrick Landman, psychiatre et psychanalyste qui vient de sortir !!

 

Analyse par Baudouin Forgeot d’Arc, (psychiatre, chercheur affilié à l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal) :

L’auteur dénonce des limites de la psychiatrie actuelle (mais semble suggérer qu’elles discréditent l’ensemble) :

–  » l’industrie pharmaceutique a une vision commerciale du TDA/H ». (Réponse : l’industrie a aussi une vision commerciale du SIDA, de l’Ebola, de la grippe.)

– « Le DSM-5 a abaissé les seuils d’inclusion » : la question du seuil d’inclusion pour un trouble qui est un extrême de distribution est un enjeu. c’est vrai aussi pour le diabète de type II, l’HTA, l’hypercholestérolémie… etc.

Au passage, on comprend vite que le propos est plus polémique que constructif : l’adversaire est disqualifié à l’aide d’un vocabulaire péjoratif : La domination du DSM c’est « la pensée unique » (tandis que la domination psychanalytique, c’était « la lune de miel entre la psychanalyse et la psychiatrie »). Les enfants ne sont pas diagnostiqués, mais « étiquetés » TDA/H…

L’auteur dénonce les limites de la psychiatrie actuelle et reconnait du bout des lèvres les limites du modèle alternatif français. Il semble avoir autour de cette dénonciation construit une sainte alliance allant de Allen Frances (board du DSM-IV, qui préface son livre!), les psychanalystes de tout poil, le centre Sèvres (centre jésuite de formation) qui héberge une présentation du livre… On se demande alors quel est le programme commun de tout ce monde, mais, sans se laisser aller à ces procès d’intention, on se concentre sur les questions essentielles qu’amènent inévitablement les critiques soulevées par l’auteur :

– Le TDA/H existe-t-il ou n’est-il qu’une invention ?

– Quelle est sa véritable prévalence ?

– Quelle est l’intervention appropriée ? Quel est le juste usage des psychostimulants ?

À ce stade, on a compris que les psychanalystes n’étaient pas assez neuro, le DSM trop neuro et qu’il nous fallait un « juste milieu ». C’est alors que l’alternative nous est proposée dans une annonce inspirée : « L’avenir pour la psychiatrie appartient au refus de ces extrêmes, au bon sens, à la clinique du sujet et à l’approche psychiatrique humaniste, ouverte aux découvertes scientifiques » Mais de réponse à nos questions, aucune… Ruse commerciale pour nous faire acheter le livre, où se trouveraient toutes les réponses ? On aimerait tout de même un petit indice qu’il existe un contenu, mais non. Juste des bons sentiments ? En fait, il y a peut-être un contenu, mais il est codé : pour beaucoup, « clinique du sujet » c’est le nom codé pour « psychanalyse ». La psychanalyse « injustement discréditée » par les TCC, c’est Douste Blasy promettant aux psychanalystes, après le rapport accablant de l’INSERM sur les psychothérapies « vous n’en entendrez plus parler ». Ce qui laisse le lecteur sur cette interrogation. Ce livre est-il vide, ou résolument antiscientifique et rétrograde ?

En tout cas, si on cherche des connaissances et des outils face aux défis que pose le TDA/H dans la réalité, il vaut mieux passer son chemin et aller voir par là (conflit d’intérêt : je suis coauteur de ce livre-là).

Baudouin Forgeot d’Arc

Analyse par Pascal Diethelm (Titulaire d’une Maîtrise universitaire des Sciences (économie) à l’Université de Genève, il a été durant trente ans fonctionnaire de l’OMS, en charge à la fin de sa carrière du service de technologie de l’information) :

Ce livre s’inscrit dans la ligne « dénialiste » fort en vogue aujourd’hui, par laquelle des individus qui autrement seraient restés dans leur médiocre anonymat, peuvent faire parler d’eux dans les médias en s’opposant au consensus scientifique sur une question ayant une portée sociétale. Ainsi, on voit fleurir des livres qui nient l’existence de la maladie d’Alzheimer (les labos auraient transformé en pathologie le vieillissement naturel pour vendre leurs produits), le déni des risques associés à un excès de cholestérol (risques naturellement inventés par des scientifiques à la solde de Big Pharam). Voyez les diapos d’une présentation que j’ai faite l’été dernier devant les étudiants de la Duke University sur le thème du dénialisme, avec le focus sur une forme particulière de dénialisme. Quelques diapos sont consacrées au déni des TDAH. Ces dénialistes sont à traiter comme les dénialistes du réchauffement climatique. La France semble malheureusement très vulnérable et peu armée intellectuellement pour contrer ces faux séducteurs

Pascal Diethelm

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Dossier qui vient de paraître et que nous vous conseillons

De l’hyperactivité au TDA/H (Trouble déficit de l’attention/hyperactivité)

La nouvelle revue de l’adaptation et de la scolarisation, n°68

Auteur(s) : Dossier coordonné par Céline Clément et Christine Philip
Date de parution : 02/05/2015
Vous pouvez retrouver la présentation de ce dossier  en cliquant ICI

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présentation dossier tdah
 Cliquez sur l’image ci-dessus pour l’agrandir

 

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Informations complémentaires

Le bilan pluridisciplinaire

Il fait intervenir : orthophoniste, neuropsychologue, psychologue clinicien, psychomotricien, ergothérapeute ou encore ophtalmologiste, en fonction des symptômes de l’enfant. Il est prescrit par un médecin qui en coordonne la synthèse.

Les personnes concernées sont des familles d’enfants dont un trouble « dys » a été diagnostiqué.

Difficiles à définir et à repérer, les troubles « dys » regroupent différentes difficultés de fonctionnement du système cognitif.

Ils se confondent souvent avec les difficultés liées à l’apprentissage à l’école et sont donc fréquemment découverts dans ce cadre, au moment où l’enfant réalise ses premières acquisitions. Ils sont alors identifiés parce que « quelque chose ne va pas » dans son développement : l’enfant parle mal, a des difficultés à apprendre, à écrire, à dessiner ou à lacer ses chaussures…

  1. La dysphasie s’applique à la parole

  2. La dyslexie à la lecture

  3. La dysgraphie à l’écriture et au dessin

  4. La dyscalculie au calcul

  5. La dyspraxie au geste

  6. La dysorthographie à l’orthographe

Le déficit d’attention fait aussi partie de cette catégorie de troubles cognitifs « spécifiques » du langage et des apprentissages.

On associe à ces troubles le terme « spécifique » pour indiquer qu’ils ne peuvent être expliqués ni par une déficience intellectuelle globale (retard mental), ni par un problème psychopathologique, ni par une anomalie anatomique de l’appareil phonatoire, ni par une altération sensorielle, ni par des facteurs socioculturels…

 Prévention

 

  • Témoignage pour vous inviter à la vigilance car partez du principe que tous les professionnels se proposant de prendre votre enfant en charge ne sont pas comme pour d’autres métiers forcément de bons professionnels.

    N’hésitez pas pour plus d’information à contacter http://www.collectif-parents-tdah-ouest.fr

 

  • Attention à certaines dérives et pour cela nous vous conseillons de lire :

    http://www.egalited.org/Signalement.html . « …Les mères célibataires semblent être particulièrement vulnérables à ces signalements. Si vous êtes dans ce cas, et que vous avez la chance d’être restée en bons termes avec le ou les papa(s) de(s) enfant(s), il faut vous unir, tout confronter niveau dialogue, rendez-vous, car il peut arriver que des propos soient détournés et deviennent quelque chose d’horrible en étant sortis de leur contexte. Tout peut être sujet à interprétation abusive; ainsi l’exemple vécu par une famille dont le père travaille beaucoup (et n’a que 5 semaines de congés comme le commun des mortels); la mère s’est arrêtée de travailler pour accompagner l’enfant à ses prises en charge (comme cela arrive souvent dans le cas de l’autisme) et c’est donc toujours elle qui est présente. Lors de l’enquête il a été insinué que le père abandonnait la « pauvre mère perdue dans le méandre des suivis et du handicap de l’enfant… ».

 

  • La psychanalyse nuit gravement à votre santé… *

    Aujourd’hui, de nombreuses associations se plaignent de la psychanalyse. Citons en premier, la grande majorité des associations de parents d’enfants autistes et ceux souffrant du TDA/H. D’autres encore dénoncent la prépondérance de la psychanalyse au congrès des psychologues scolaires : Lien. A présent, des associations de pères objets de la discrimination massive pratiquée par les  juridictions familiales réalisent qu’ils sont aussi des victimes de la psychanalyse … e : *http://blogs.mediapart.fr/blog/pierre-laroche/301113/la-psychanalyse-nuit-gravement-votre-sante

    On ne compte plus les psychologues, les ouvrages et les sites internet qui dénoncent ensemble l’absence de scientificité du freudisme et parfois même son charlatanisme. Nous rappelons que dans les recommandations de la HAS de 2012 pour l’Autisme, la psychanalyse n’apparaît pas dans la liste des pratiques recommandées.

 

Par Steph et Virginie du Collectif Parents TDAH Ouest

 

Association du TDAH en France :  www.collectif-parents-tdah-ouest.fr

« Je me trouve différente des autres »

Un ado qui se sent différent des autres peut être un enfant surdoué.

Marie DE CAZANOVE.

Iris, 11 ans, s’est toujours sentie « bizarre » par rapport à ses camarades et se demande si elle est normale. Okapi la conseille et la rassure.

Le témoignage d’Iris, 11 ans :

« Je me sens différente : je sais lire depuis la maternelle, j’ai une mémoire immense, je me pose beaucoup de questions, je suis hypersensible, je trouve les autres immatures et eux me trouvent bizarre… Ai-je un problème ou est-ce que ça vient d’eux ? »

Le point de vue d’OkapiMa chère Iris, tes camarades et toi n’êtes juste pas pareils. Et pour cause : dans ta lettre tu décris tout ce qui te rend si spéciale par rapport aux autres. En plus de tout ce que j’ai retenu ci-dessus, tu dis que tu lis beaucoup de romans depuis le CP, que tu arrives à faire quatre choses en même temps, que tu es très curieuse, que tu as une imagination débordante ou encore que tu ne dors pas beaucoup… Je comprends que tu te sentes différente !

Je ne suis pas médecin mais, d’après la liste de tes « symptômes », on peut penser que tu es surdouée. Mais peut-être le sais-tu déjà ? Être « intellectuellement précoce » signifie que l’on a des aptitudes intellectuelles qui dépassent celles des personnes de son âge.

Rassure-toi, la plupart des ados dans ton cas éprouvent la même chose que toi. On les comprend : ça n’est pas marrant de se sentir en constant décalage. Certains surdoués le vivent même très mal. C’est pourquoi, tu dois parler de tes sentiments à tes parents ou à tout autre adulte de confiance. N’hésite pas à aller voir tes profs, surtout si tu t’ennuies en classe ou que tu ne t’y sens pas bien. Ensemble, vous pourrez réfléchir à des solutions adaptées à ta situation. Il y a des associations qui sont spécialisées dans les « hauts potentiels », une autre expression pour parler des surdoués. Elles pourront t’aider, par exemple, en te mettant en contact avec d’autres ados surdoués ou en te donnant des adresses d’établissements scolaires adaptés. Bon courage, Iris !

C’est quoi le QI ?Tu as peut-être déjà entendu parler du « QI » (ou « quotient intellectuel »). C’est le résultat d’un test qui évalue l’intelligence d’une personne. Chez les surdoués, il s’élève au moins à 130, alors qu’il n’est « que » de 94 en moyenne chez les Français. De nombreux tests sur Internet proposent de le calculer, mais attention, ils ne sont pas fiables. Mieux vaut faire appel à un psychologue spécialisé. Par ailleurs, le QI n’est pas le seul indicateur. D’autres critères permettent de détecter les particularités d’une personne intellectuellement précoce. Iris en dresse très bien la liste !

Ouest-France

Objectif Phare, aide aux études pour les dys

« Bonjour,

Nous vous présentons une association étudiante nommée « Objectif Réussite » basée à Roubaix. Le but est d’œuvrer pour l’égalité des chances de jeunes défavorisés de la banlieue lilloise en intervenant dans différents établissements/partenariats.
En parallèle à cela, ils font également parti du programme national PHARES (Par-delà le handicap, avancer et réussir ses études supérieures), programme qui cherche à redonner confiance à des jeunes (lycéens, parfois post-bac) en situation de handicap léger (donc des dys) et de les pousser à faire des études supérieures.
Dans le cadre de ce programme, ils suivent chaque samedi en début d’après-midi un petit groupe de jeunes « dys » (5-6 maximum) et font avec eux des ateliers d’anglais, culture générale, expression orale, avec bien sûr un soutien moral important.
Voici l’adresse du site de cette association si vous voulez en savoir plus : http://www.objectif-reussite-edhec.org ainsi que la plaquette d’information ci-jointe. 
ApedysNPDC/Antenne Nord »

https://dub130.mail.live.com/mail/ViewOfficePreview.aspx?messageid=mg0qoDM23d5RG5JgAhWtmnpg2&folderid=flinbox&attindex=0&cp=-1&attdepth=0&n=36760601

Enfants précoces : une intelligence paradoxale et complexe

Par le 26 février 2016

La définition classique de l’enfant précoce est souvent centrée sur son quotient intellectuel (QI) . Mais pour Monique de Kermadec, psychologue clinicienne et auteure de nombreux ouvrages* sur les petits surdoués, il existe bien d’autres formes d’intelligence à explorer. Elle livre ses précieux conseils à des parents souvent désemparés.

Parents, attention à ne pas investir trop tôt les talents de votre enfant ©DR
Parents d’enfants précoces, ne mettez pas trop de pression sur votre progéniture surdouée… Laissez-lui le temps de trouver sa voie ©DR

Quelle est votre définition de la précocité infantile ?

Pour moi, il s’agit d’un enfant qui possède des aptitudes qui le démarquent nettement des autres enfants de son âge. Ces aptitudes sont généralement associées à l’intelligence cognitive, mesurée à travers un test de QI. On estime communément qu’un enfant au QI supérieur à 130 est surdoué. Mais un enfant peut aussi faire preuve d’aptitudes exceptionnelles dans d’autres domaines, comme les domaines artistiques ou encore sportifs. Je ne me détache pas totalement du QI, mais j’ai toujours soutenu qu’un enfant précoce était plus qu’un QI.

Un enfant surdoué n’est donc pas nécessairement excellent partout comme pourrait le suggérer un test de QI au dessus de la moyenne ?

Einstein était excellent en mathématiques, mais médiocre dans d’autres matières. Il était notamment dyslexique. Un enfant surdoué peut simplement avoir un don particulier dans certains domaines. Le surdoué qui serait bon en tout, une véritable encyclopédie vivante, est un mythe !

 

L’enfant surdoué peut aussi être en échec scolaire !

L’enfant surdoué peut ainsi être en échec scolaire ?

Oui, l’enfant surdoué n’est pas forcément bon élève. Certains se reposent sur leurs acquis et ne travaillent pas suffisamment. Quand il faut se mettre au travail, ils refusent de le faire. D’autres sont en échec pour régler leurs comptes avec leurs parents, c’est une forme d’agressivité passive.  Il arrive aussi que les enfants précoces soient dyslexiques comme nous l’avons vu avec le cas d’Einstein, ou qu’ils souffrent de troubles de l’attention. Certains parents vont justement trop se crisper sur l’aspect scolaire. Ce qui compte, c’est simplement que l’enfant contente sa soif d’apprendre, sans être forcément en tête de classe.

Il s’agit donc pour les parents de ne pas chercher à faire de leur enfant un petit génie, mais d’exploiter aussi ses autres formes d’intelligence ?

Le parent est un allier fondamental, mais il n’est pas un coach.  Son rôle est simplement d’offrir un contexte qui permette à l’enfant de développer ses différentes intelligences, sans trop le pressuriser d’un point de vue scolaire.

 

L’importance de l’intelligence pratique et créative

Quelles sont donc ces autres formes d’intelligence ?

Il y a l’intelligence émotionnelle, et l’intelligence relationnelle, dont on a pas mal parlé ces dernières années, et qui peut faire défaut aux petits surdoués.

Je pense qu’il ne faut pas non plus négliger l’intelligence pratique. Les enfants n’ont parfois pas accès à cet apprentissage de la vie tant ils sont protégés par les parents qui sont de surcroit focalisés sur l’intelligence cognitive. L’intelligence pratique est aussi sous-investie par le système scolaire. Pourtant, apprendre de ses expériences est fondamental pour l’enfant surdoué. Mais on pense que le changer d’école pour qu’il suive un programme adapté à son niveau est suffisant.

Je plaide aussi pour une plus forte reconnaissance de l’intelligence créative. Nous vivons dans un monde où l’on nous apprend à réfléchir de façon formatée. On demande à l’enfant de s’insérer dans ce moule alors qu’il serait plus judicieux de l’inviter à trouver différentes formes de réponses. L’intelligence créative, ce n’est donc pas simplement être bon en dessin, c’est aussi travailler une liberté de penser qui permet d’aborder l’information de différentes manières, et ainsi d’aboutir sur des conclusions précieuses.

 

Aider l’enfant précoce à développer son intelligence émotionnelle et relationnelle

Pourquoi est-ce que l’intelligence émotionnelle ou relationnelle peut faire défaut aux petits surdoués ?

Les enfants précoces sont souvent des hypersensibles. Ils peuvent aussi agacer les autres parce qu’ils sont dans l’excès. Certains parents donnent très tôt les clefs, d’autres non car ils ne les ont eux-mêmes pas reçues. Le danger est de penser que lorsque l’on est brillant intellectuellement, le reste est secondaire. Or, si on travaille seul dans son coin, on ne peut pas faire valoir ses talents. Quand un parent voit que son enfant est doué, il ne doit absolument pas le mettre dans une tour d’ivoire, au motif que les autres enfants ne seraient pas assez intelligents. Il faut au contraire aider l’enfant à gérer ses relations avec les autres, voire lui apporter un petit soutien psychologique dans certains cas, afin de l’aider à dépasser ses peurs.

Est-ce que pour accompagner au mieux un enfant précoce, il faut l’encourager à investir à 100% l’un de ses talents ?

Il faut lui permettre d’explorer différents domaines pour qu’il trouve sa place. Il faut veiller à ne pas investir trop tôt un talent car cela pourrait le bloquer dans une voie qui ne serait finalement pas la sienne. En revanche, si par exemple un enfant est très en demande et ne s’arrête jamais de s’entraîner au piano, il convient de le laisser. Mais il faut réellement que l’enfant soit pleinement passionné et qu’il ne désire pas avant tout faire plaisir aux parents.

*L’enfant précoce aujourd’hui, le préparer au monde de demain, Monique de Kermadec, Albin Michel.

 

A savoir

On estime qu’environ 1 ou 2 enfants par classe peuvent être qualifiés de précoces en France. Leur âge mental est estimé entre 2 et 7 ans en avance sur leur âge réel, d’où des facultés d’apprentissage décuplées. Ils se démarquent aussi par des signes caractéristiques comme la curiosité, la richesse de langage, mais aussi le perfectionnisme, l’hypersensibilité et souvent un sentiment de solitude.

 

 

Comment procéder avec un enfant dyspraxique à l’école maternelle, à l’école élémentaire, au collège ?

Auteur : Françoise Cailloux (enseignante et mère d’un enfant dyspraxique)
Niveau : collège – école primaire
Contact : info@dyspraxie.info

Les problèmes et les solutions à l’école maternelle
À l’école maternelle, le jeune dyspraxique va se retrouver rapidement en difficulté, car on lui propose des tâches essentiellement « praxiques » : nous allons essayer de lister tout ce qui peut lui poser problème, puis nous verrons comment l’aider.
La dyspraxie atteint les enfants de manière différente (selon son intensité, ses particularités et s’il y a des troubles associés). Tous n’éprouveront pas les mêmes problèmes, mais tous auront des problèmes de manipulation.
Les problèmes qui peuvent survenir à l’école maternelle
Le découpage : l’enfant dyspraxique n’arrive pas à utiliser une paire de ciseaux ou n’arrive pas à découper autour, ou sur une ligne.

Le collage : il renverse la colle, perd les dessins qu’il doit coller, place la colle directement sur le dessin et non pas sur l’envers.

Les gommettes : il a du mal à décoller les gommettes et il ne les place pas au bon endroit.

Le coloriage : surtout avec des crayons de couleur, le coloriage lui demande trop d’effort ; même avec des feutres, il dépasse des limites, parfois il ne regarde même pas
ce qu’il fait.

Le graphisme :
– il ne peut repasser sur les modèles en pointillés ni dans des « pistes graphiques » où le crayon doit suivre un circuit (par exemple, en forme de U, de ponts) sans dépasser ;
– il a du mal à reproduire les lettres ; il n’arrive pas à écrire son prénom, tout juste quelques lettres en bâton déformées. Par exemple, mon fils Benjamin reconnaissait très bien le B de son prénom, il pouvait le décrire : « c’est un bâton droit avec deux ventres », mais il n’arrivait pas à placer les deux ventres au bon endroit sur le trait vertical… (mauvaise coordination œil-main) ;
– il ne peut copier un modèle ;
– il n’arrive pas à tracer (et à percevoir) les traits obliques ;
– il n’identifie pas les quatre coins d’une feuille, d’un espace à deux dimensions.

Les labyrinthes : ce jeu, consistant à faire retrouver son chemin à un petit personnage ou un petit animal en traçant une ligne sinueuse à l’intérieur d’une voie conduisant en lacets à une maison ou à un but, parmi plusieurs propositions, est fréquemment pratiqué en maternelle. C’est un exercice difficile pour l’enfant dyspraxique, du fait de ses problèmes de motricité fine, de repérage spatial et de discrimination visuelle ; certains exercices sont impossibles à réaliser pour lui, par exemple quand il s’agit de suivre un fil entrelacé parmi d’autres.

Les puzzles, les jeux de construction : il n’arrive pas à emboîter les pièces entre elles, ni à reproduire les modèles proposés sur des fiches ; il n’identifie pas les coins d’un puzzle.

Le chant : il ne réussira pas à reproduire les gestes et mimes des chansons, il aura des difficultés à chanter en même temps que les autres enfants ; de plus, il peut avoir du mal à mémoriser les paroles, (il mémorise plus facilement ce qui a du sens, mais pas forcément une suite de mots ; mon fils changeait tout le temps les paroles des chansons pour en inventer d’autres !)

L’éducation physique : il aura du mal à participer quand :
– il y a des consignes spatiales : faire tourner les tricycles entre des obstacles ou autour ;
– il y a des jeux de manipulation de ballons ;
– il faut sauter ;
– il faut courir : il est désordonné.
Quand il y a trop d’agitation (danse, carnaval), il peut refuser de participer (trop de bruits, trop de mouvements le déstabilisent et le fatiguent) ; par exemple, quand mon fils était petit, il se couchait par terre et refusait de bouger…

Les mathématiques : il a du mal à compter (il doit à la fois réciter la comptine numérique, pointer ou déplacer les éléments d’une collection). Par exemple, lors des rituels, il n’arrive pas à compter les enfants assis sur le banc, il est distrait par leurs mimiques, leurs réflexions. Il doit à la fois se déplacer, pointer vers chaque enfant, tout en récitant la comptine : il est perdu sans l’aide de l’enseignant.
Comment l’aider ?
Pour le langage :
– ne pas dévaloriser le langage de l’enfant (il fait illusion, c’est un vernis) car ses productions concrètes ne sont pas à la hauteur de ses discours : c’est la nature même de son handicap. Il retient très bien même le vocabulaire compliqué. Il faut donc chercher à valoriser ses connaissances, son langage, sa logique (même si parfois, il a du mal à organiser son propos ; il sait ce qu’il s’est passé, mais ne sait pas le raconter d’une façon organisée) ; par exemple, mon fils tenait toujours des raisonnements extrêmement logiques et pertinents découlant d’observations et de comparaisons judicieuses, mais il ne le disait pas en classe, c’était souvent quand il se retrouvait au calme (en voiture ou à table) qu’il s’exprimait ;
– il peut avoir du mal à se concentrer s’il y a trop de sollicitations visuelles, auditives ; il a besoin de calme et de plus de temps que les autres pour réfléchir. Il faut donc parfois le solliciter par des questions directes, sinon il ne prendra pas la parole devant ses camarades.

Pour le graphisme :
– ne pas insister sur l’apprentissage du graphisme : si vous voyez que l’enfant bloque ou n’a pas envie, c’est qu’il ne peut pas réaliser ce qui lui est demandé ; tout dépend également de l’intensité de la dyspraxie et si elle est visuo-spatiale ;
– ne pas lui donner à tout prix des fiches de graphisme pour qu’il fasse comme les autres, surtout ne pas lui donner des fiches avec, par exemple, des lignes horizontales ou verticales qui s’interrompent et qui continuent un peu plus loin : il lui est impossible de les prolonger ! Il voit les autres réussir l’exercice et vit très mal son échec ;
– on peut utiliser par exemple de la pâte à modeler en relief posée sur une feuille (faire le circuit de la lettre) pour lui faire percevoir le geste à réaliser et toujours commenter le chemin du crayon à l’oral ;
– la peinture doit être un plaisir : lui proposer des feuilles grand format, sur plan vertical. Jouer avec les couleurs permet d’obtenir des résultats intéressants (mais pas trop longtemps, car répéter le même mouvement est fatigant) ;
– lui proposer des coloriages (sans insister s’il dépasse), éviter les crayons de couleur (à moins qu’ils soient gros), préférer les feutres ;
– utiliser les programmes de coloriage et de dessin sur l’ordinateur ;
– quand il dessine : noter ses commentaires sur le dessin et valoriser son projet plutôt que la réalisation elle-même ; veiller à ce que les autres ne se moquent pas de ses « gribouillages » ;
– mais ne pas l’encourager abusivement ou de façon imméritée pour ses « progrès », afin d’éviter qu’il se focalise sur le graphisme ;
– guider sa main tout en commentant verbalement le tracé (on monte tout droit…), en évitant de lui faire regarder ;
– utiliser des outils qui glissent bien (pas de crayon noir) ;
– utiliser des pochoirs fixés avec de la gommefix. Guy Réveillac1 préconise, pour faciliter le graphisme, l’emploi de « gabarit guide » : formes découpées dans du carton, en négatif ou en positif. L’enfant utilise un feutre ou un crayon qui est guidé par le carton. Mais il convient de ne lui donner des « gabarits » que quand il a compris (conceptualisé) quelle était la forme (triangle, carré…) qu’il voulait réaliser. En effet, l’enfant qui a une dyspraxie visuo-spatiale n’apprend pas les tracés de la même façon qu’un enfant ordinaire. Il est capable de concevoir ses tracés (conceptualiser), mais ses tracés, maladroits par rapport à son projet (même et surtout s’il surcontrôle), le découragent. Le cas de la diagonale est classique : certains enfants ont intégré le « concept » de la diagonale et affirment qu’ils sont incapables de la tracer. Ainsi, à la période de Noël, une fillette IMC (infirme moteur cérébral), avec une dyspraxie visuo-spatiale importante, n’arrivait pas à dessiner des sapins. Grâce à l’utilisation d’un gabarit, elle a automatisé en peu de temps les tracés du triangle et s’est passé des gabarits. Pendant une période, tous ses personnages dessinés ont eu un corps en forme de triangle (sans pochoirs).
On peut ainsi constituer une collection de pochoirs adaptés pour aider les enfants porteurs d’une DVS à réaliser des tracés qu’ils conçoivent bien mais ne peuvent réaliser.
Les problèmes et les solutions à l’école primaire
La lecture
L’intégration au primaire de l’enfant dyspraxique sera différente, selon qu’il a ou non des troubles associés (dysphasie, hyperactivité avec trouble de l’attention). Si seuls les troubles praxiques prédominent, il pourra suivre une scolarité normale avec certains aménagements (ordinateur). L’enseignant doit bien comprendre la nature du handicap (par exemple, pour l’enfant DVS qui souffre de troubles de l’organisation du regard) pour analyser d’où viennent ses difficultés et adapter le travail.

Les méthodes pédagogiques les plus pertinentes pour les enfants dyspraxiques visuo-spatiaux ne peuvent que bénéficier aux autres élèves. Le fait d’insister sur les voies auditivo-verbales peut également aider d’autres enfants. Pour conclure, travailler avec des enfants DVS est extrêmement enrichissant et permet de mieux comprendre comment les enfants apprennent certaines notions.

Les enfants dyspraxiques ont généralement une très bonne conscience phonologique et phonémique (surtout si cette compétence a été travaillée dès la maternelle), ce qui va leur permettre d’apprendre à lire normalement en CP.
Cependant, les enfants souffrant de dyspraxie visuo-spatiale (du fait de leurs problèmes d’organisation du regard) vont être gênés pour accéder à la lecture « courante », pour la lecture de textes (difficultés à retrouver les informations).

Comment les difficultés surviennent lors de l’apprentissage de la lecture au CP pour les enfants DVS ? Comment les contourner pour rendre les enfants plus autonomes ? Quelles méthodes pédagogiques d’apprentissage de la lecture sont les plus adaptées aux enfants DVS ? Enfin, quels problèmes vont se présenter quand l’enfant va aborder la lecture de textes au CE ?

Les enfants dyspraxiques visuo-spatiaux et l’apprentissage de la lecture : difficultés et médiation
Difficultés possibles :
. la plupart des méthodes de lecture au CP sont à départ global pour pouvoir rapidement lire des petits textes, les enfants apprennent à reconnaître globalement des mots (en les photographiant) et à mémoriser leur correspondance orale. Les enfants dyspraxiques visuo-spatiaux ne pouvant mémoriser les mots globalement, on utilisera peu la méthode globale sauf pour les mots outils : dans, sur, avec, sous, et, est… et les mots courts : il, elle, son, vous, petit… ;
. les enfants risquent de stagner à un stade de déchiffrage plus ou moins efficace et laborieux. Ils sont très vite fatigués et ne peuvent plus se concentrer car :
– ils confondent les lettres :
. à cause de leurs formes : h/n/r, f/t ;
. de leurs orientations : p/q d/b ;
. selon la lettre qui précède ou suit ;
. selon le type de police utilisée ;
. s’il s’agit d’écriture cursive (liée), ils ont du mal à séparer les lettres.
– ils butent sur les sons complexes : ou, oi, ouin, ain… ;
– ils lisent « na » au lieu de « an », ils voient « ou » au lieu de « on » ;
– ils ont du mal à découper le mot en syllabes alors qu’ils n’ont aucun problème à l’oral ;
– ils oublient des mots ou des lignes.

Comment faciliter la lecture ? :
. en adaptant les textes (selon les besoins de l’enfant) ;
. en utilisant l’ordinateur pour préparer les textes de lecture ;
. en préférant l’écriture script : toujours la même police de caractères (éviter les textes écrits à la main en cursive) ;
. en agrandissant les caractères et les espaces entre les mots ;
. en utilisant des interlignes plus grands ;
. en rajoutant des repères colorés ;
. en marquant le début de la ligne d’un point vert et la fin de la ligne d’un point rouge, ou en mettant un trait vert dans la colonne de gauche ;
. en surlignant chaque ligne avec des fluos de couleurs différentes mais toujours en suivant la même séquence de couleurs pour que l’enfant puisse savoir où il est ;
. en entraînant l’enfant à suivre avec le doigt, mettre le doigt après chaque mot à lire. En utilisant un cache pour séparer les syllabes (pendant l’apprentissage), délimiter le mot, la ligne ;
. en plaçant la feuille à la verticale sur un lutrin ;
. en vérifiant que l’enfant n’a pas un champ de vision restreint (faire un bilan orthoptique).

Faciliter l’apprentissage de la lecture
Quelles sont les méthodes d’apprentissage les plus adaptées aux enfants souffrant de dyspraxie visuo-spatiale ? Quels principes pédagogiques adopter pour faciliter l’apprentissage de la lecture ? Dès la maternelle, favoriser l’éveil de la conscience phonémique et phonologique chez l’enfant dyspraxique, puis adopter une méthode de type syllabique pour qu’il comprenne « le principe de la lecture ». Ensuite, chercher à améliorer la fluidité de la lecture en automatisant la lecture des syllabes et en utilisant l’opposition syllabique en couleur : méthode d’imprégnation syllabique…

Au préalable en grande section :
. faire acquérir une bonne conscience phonémique : par exemple, en jouant avec la méthode de la Planète des Alphas, l’enfant apprend les sons et leur correspondance en lettres (écriture imprimerie, script, cursive) ;
. faire également travailler la conscience phonologique : par exemple, savoir séparer les mots en syllabes (en évitant de taper dans les mains, de compter sur les doigts), pouvoir supprimer une syllabe, percevoir les rimes…

Puis favoriser la voie analytique : déchiffrage du mot syllabe après syllabe :
il apprend les correspondances entre les phonèmes et les graphèmes, puis comment déchiffrer les syllabes : (f et a = fa, ne pas prononcer f mais fffff) ; il faut alors s’appuyer sur la verbalisation pour l’aider à mémoriser : les relations graphèmes-phonèmes, la fusion syllabique, l’orthographe d’usage ;
. insister pour que l’écrit précède la lecture : il doit pouvoir « écrire » les sons, les syllabes avant de pouvoir les lire. Le jeu des Alphas facilite cet apprentissage car il permet de comprendre facilement la fusion syllabique et d’apprendre rapidement comment écrire les syllabes (en utilisant le jeu de carte des Alphas) ;
. prévoir des dictées de syllabes, de mots :
– soit directement sur l’ordinateur en utilisant le logiciel PICTOP, logiciel avec un retour vocal qui permet de faciliter l’accès à l’autonomie ;
– soit en utilisant des lettres magnétiques script que l’enfant dispose sur une ardoise magnétique (j’utilise l’ardoise longue avec un encadrement en bois, ce qui facilite le placement des lettres). C’est pratique car les lettres ne tombent plus, on peut les préparer ensemble à l’avance dans le haut de l’ardoise, séparer les voyelles et les consonnes. Il est intéressant que l’enfant puisse manipuler les lettres car il prend conscience :
. de l’importance de l’orientation : un b tourné vers le bas devient un q, idem pour le p et le d, le u et le n ;
. mais aussi qu’il faut laisser un espace entre les groupes de lettres qui constituent des mots.
– soit en utilisant des étiquettes de syllabes mobiles pour reconstituer des mots ;
. enfin, chercher à automatiser la lecture grâce à la méthode par imprégnation syllabique.
Bien que l’enfant ait compris le système de l’assemblage syllabique, il perd du temps à différencier certaines lettres : la lettre t ou f, il ne perçoit pas immédiatement les digraphes (ou, on, an…) par exemple, pour lire « poule », il commence à lire « po » et ne voit pas immédiatement le « ou ». De ce fait, son déchiffrage est hésitant et va gêner le stockage à court terme des mots. Quand il arrive à la fin de la phrase, il ne sait plus ce qu’il a lu :
– on cherche à automatiser la lecture des syllabes : l’enfant est entraîné à percevoir directement la syllabe en tant qu’entité :
. on lui montre des étiquettes avec les syllabes ; par exemple : fou, rou, sou, cou, gou, jou, tou… ;
. on lui fait lire directement les syllabes sur l’écran de l’ordinateur : « lecture flash » ;
. on lui propose des tableaux de syllabes non-sémantisées. Voir la progression conçue par Dominique Garnier-Lasek2 ;
– on favorise la reconnaissance et la mémorisation des sons di-graphes et tri-graphes, en leur attribuant une couleur. On entoure avec un feutre les groupes di ou tri-graphes jusqu’à ce qu’ils soient mémorisés ;
– on utilise « l’opposition syllabique en couleur » : pour aider à percevoir les syllabes dans un mot, on utilise deux couleurs pour écrire les syllabes. Par exemple, la première syllabe en bleu, puis la suivante en rouge : « opposition syllabique en couleur ». Au début, les lettres muettes sont colorées en gris. Les mots outils ou très connus sont laissés en noir.

Nous continuerons avec les difficultés rencontrées par l’enfant DVS, lors de la lecture de textes…
L’enfant atteint de dyspraxie visuo-spatiale va avoir du mal à rentrer dans la lecture de textes. Que faire pour l’aider ?
La lecture de textes au primaire
Quand on lui propose de lire des textes :
. il ne peut répondre aux questions posées, donnant l’impression qu’il ne comprend pas ce qu’il lit ;
. il est très lent pour retrouver une information dont il a besoin (dans ses cours, dans un livre, dans un texte).

Que faire pour l’aider ? :
. lui lire les textes, chaque fois que c’est possible et le faire travailler à l’oral ;
. lui lire les questions avant la lecture du textes, pour qu’il puisse repérer et surligner de couleurs différentes les extraits correspondant à chaque question.

La présentation est très importante :
. proposer un exercice par page, si nécessaire agrandi en A3 ;
. choisir une typographie et une présentation simples, structurées et prévisibles ;
. pas de mise en page « insolite », l’enfant s’y perd ;
. pas de photocopies de mauvaise qualité.

Ces enfants n’aiment pas lire car cela leur demande beaucoup d’efforts. On peut donc :
. leur faire la lecture ;
. leur proposer des livres adaptés (interlignes plus grands, caractères plus gros) ;
. leur proposer des cassettes livres, des livres sur ordinateur (ce qui évite de tourner les pages) ;
. leur montrer des vidéos adaptées car ils apprennent essentiellement en écoutant et en observant.

Conseils
L’enfant DVS n’a pas les saccades oculaires indispensables à l’apprentissage de l’automatisme de la lecture : ses yeux effectuent un balayage erratique et désordonné sur la feuille, ils se perdent dans le texte ; il peine dans l’exploration et n’arrive pas à fixer de manière efficace.

L’utilisation d’un petit lutrin facilite la lecture car il permet de positionner la feuille à angle droit par rapport au regard (où trouver un lutrin ? Au rayon papeterie des grandes surfaces, on trouve des sortes de demi-sphères en plastique lestées de sable comportant une rainure dans laquelle on peut insérer une page ; on trouve également des lutrins pliants en bois très pratiques dans certaines chaînes nationales d’opticiens, ou encore des présentoirs pour les livres de cuisine : par exemple, en plexiglass transparent).
L’écriture
Certains enfants dyspraxiques parviendront à écrire, surtout s’ils ont suivi une rééducation (en ergothérapie), d’autres auront beaucoup plus de mal, et il faudra alors privilégier l’écriture clavier. Mais il faut toujours être conscient que, pour l’enfant dyspraxique, gérer laborieusement le contrôle du dessin des lettres est une tâche qui absorbe toute son attention, ne lui laissant que peu de disponibilité pour gérer simultanément d’autres informations, plus conceptuelles : écouter ce qui est dit, faire attention à l’orthographe.
. Il faut avoir conscience que l’enfant a des difficultés en écriture :
– à cause de son problème praxique (difficulté à automatiser les gestes) ;
– car il va se contracter (phénomène de paratonie) et être encore plus gêné pour écrire ;
– car il a du mal à se repérer dans l’espace plan et que tous les balisages destinés à baliser cet espace (les lignes, les marges, les carreaux) vont le perturber davantage au lieu de l’aider.
. Il faut limiter l’écriture manuelle autant que possible :
– mots isolés, écritures des chiffres ;
– prévoir des exercices à trous.
. On peut tolérer un graphisme malhabile et agrandi, à condition qu’il soit lisible : l’enfant doit pouvoir se relire.
. Ne jamais encourager les aspects « présentation » ni la qualité de l’écriture manuelle aux dépens de la rapidité d’exécution ou de la lisibilité.
. Éviter de faire copier l’enfant :
Ne pas lui faire copier les leçons, les poésies, les devoirs… car cela engendrerait une fatigue trop importante, copier ne l’aide pas à mémoriser ! Il faut donc :
– fournir à l’enfant des photocopies de qualité (présentation, contraste) ou scanner les textes ;
– noter les devoirs dans son cahier de textes ou désigner un « secrétaire » (enfant, AVS) pour le faire ;
– l’orthographe d’usage doit être apprise oralement (répétition, épellation, étymologie). J’utilise les lettres magnétiques pour travailler l’orthographe, pour renforcer l’apprentissage à l’oral. Cela permet à l’enfant de mieux intégrer la structure du mot et d’effectuer des manipulations sur le mot. Par exemple : le travail sur les homonymes : un saut, un seau, un sot.
. Privilégier l’écriture clavier :
– il faut inciter l’enfant à utiliser le clavier de son ordinateur ;
– il faut valoriser ses productions : présentation, lisibilité, rapidité d’exécution.
. Des conseils pour aider ceux qui arrivent à écrire :
– ne pas faire copier à partir de modèles, « la copie est toxique » ;
– on peut guider la main de l’enfant quand il écrit pour « qu’il sente le geste », il apprend les tracés à l’aide de sa mémoire kinesthésique et non à l’aide de sa mémoire visuelle, il faudra veiller à ce que le tracé des lettres se fasse toujours de la même façon ;
– proposer d’écrire ou de tracer sans regarder ;
– accompagner verbalement les mouvements (on monte, on tourne vers la gauche et on redescend tout droit, puis on tourne vers la droite…) ;
– utiliser des outils qui glissent bien (Velleda, stylo bille gel, feutres…) ;
– penser à varier les supports et leur orientation. Exemple : écrire sur un tableau à la verticale ;
– utiliser des cahiers qui n’ont qu’une ligne, car les lignages sont bien souvent une gêne plutôt qu’une aide (si l’enfant accepte d’avoir des cahiers différents) ;
– si l’écriture cursive est trop difficile pour lui, préférer l’écriture scripte qui élude le problème des attaches entre les lettres, mais en étant vigilant sur les espaces entre les mots qui doivent être plus larges que les espaces entre les lettres (l’écriture scripte est souvent plus facile que l’écriture bâton car il y a moins d’obliques).
Il faut toujours que l’activité d’écriture ait un sens : on écrit pour se souvenir, pour communiquer à distance (correspondance) pour raconter, pour remercier, pour convaincre… C’est important d’en tenir compte pour motiver l’enfant.
Guy Réveillac compare l’apprentissage de l’écriture avec l’apprentissage (praxique) du dribble au basket-ball. « Un enfant ordinaire apprend à dribbler en regardant le ballon rebondir. Petit à petit, il faut qu’il apprenne à dribbler sans regarder, car le but d’un dribble c’est de pouvoir regarder en même temps la position de ses partenaires et adversaires. Donc, il doit devenir capable de ne se fier qu’à ses sensations tactiles et kinesthésiques et non visuelles. L’enfant porteur d’une dyspraxie visuo-spatiale doit apprendre d’emblée à dribbler sans regarder. C’est sans doute plus long, plus difficile, surtout au début, mais l’objectif reste identique ».
Il faut également faire attention à ce que la posture corporelle soit convenable pour éviter que l’enfant ne se contracte en écrivant. Pour un jeune IMC, il faudra peut-être adapter la table selon les conseils de l’ergothérapeute pour faciliter l’écriture (proposer une table évidée au niveau de la poitrine, de manière à permettre un bon appui de l’avant-bras).
Détails pratiques
L’enfant dyspraxique aura amélioré sa dextérité manuelle depuis la maternelle, mais il éprouvera toujours des difficultés pour manipuler et ranger ses affaires.
Quelques conseils :
– choisir une trousse qui se fermera facilement, avec un gros zip plutôt qu’un clip ;
– choisir un cartable à scratch (au besoin fabriquer soi-même des fermetures à scratch passant dans deux gros anneaux) ;
– prévoir un pot à crayon, pour qu’il retrouve ses affaires plus facilement sur son bureau ;
– lui donner des tubes de colle en stick, des feutres plus gros et des crayons triangulaires (mine plus grosse, préhension plus facile) ;
– prévoir des feutres fluos pour surligner et aider aux repérages visuels.

Pour finir, il faut aider l’enfant (c’est le rôle de la famille, de l’AVS) à gérer sa trousse, son cartable, ses différents cahiers… Il faut pallier le manque d’autonomie induit par la dyspraxie. Il ne doit pas être pénalisé parce qu’il oublie ses affaires…
Pour motiver l’enfant à utiliser son clavier, choisir une activité d’écriture qui ait un sens, par exemple : la correspondance sur le Net. Au début, quand l’enfant n’est pas performant pour utiliser le clavier, écrire sous sa dictée et lui faire taper seulement quelques mots. Pour se familiariser avec les touches du clavier, lui faire écrire des prénoms ou les noms de ses héros : cela marche très bien avec les Pokémons.
Les problèmes et les solutions au collège
Au collège, de nouveaux problèmes vont s’ajouter à ceux cités précédemment, tels que les changements de salle à chaque cours, une multiplication des enseignants avec les problèmes d’information qui s’ensuivent, une prédominance des mathématiques en tant que matière qui peut poser des problèmes aux dyspraxiques. L’utilisation d’un ordinateur portable est essentielle afin de pallier les problèmes d’écriture.

Les mathématiques :
. dissocier raisonnement et calculs numériques ;
. éviter les dessins censés représenter la situation-problème, les schémas figuratifs : ils parasitent la réflexion de l’enfant, qui les analyse et les interprète mal :
– s’appuyer sur des descriptions verbales très complètes et très précises (des situations-problèmes, des règles de calcul algébrique, des séquences successives de raisonnement, etc.) ;
– utiliser systématiquement calculette et programmes informatiques spécialisés ;
– éviter les redoublements exclusivement liés aux difficultés en mathématiques et conseiller des orientations vers des voies non scientifiques ;
. accepter les difficultés et les échecs en géométrie et en travaux manuels.

L’écriture :
. l’enfant dyspraxique doit disposer d’un ordinateur portable ;
. la prise de notes par écrit doit être limitée : il faut intensifier l’usage des photocopies et scanner les textes pour les adapter. Prévoir un magnétophone ;
. le dispenser de la réalisation de cartes, schéma, dessins.

Être exigeant :
. à l’oral, sur la qualité des apprentissages (leçons sues et comprises, applications) ;
. en expression écrite (contenu, orthographe, syntaxe).
Il faut préférer des classes à petit effectif et des établissements scolaires où les enfants ne changent pas de salle à chaque cours.

Aider l’enfant (famille, AVS, tutorat) à la gestion du cahier de textes, des différents classeurs et manuels.
Mettre à sa portée une méthode d’organisation qu’il pourra reprendre à son compte ultérieurement (après 14-16 ans) : il s’agit d’une phase d’étayage.

Françoise Cailloux
Enseignante et mère d’un enfant dyspraxique
Présidente de l’association DMF (Dyspraxique mais fantastique)
Site : http://www.dyspraxie.info
Contact : info@dyspraxie.info

Ce document émane du site http://www.dyspraxie.info et a été adapté pour le site http://www.bienlire.education.fr

http://www.cndp.fr/bienlire/02-atelier/fiche.asp?theme=1110&id=1323

La puissance des compliments – les donner, les recevoir

 

Découvrons ensemble une façon simple, efficace et ludique pour :

  • Faire des compliments aux personnes
  • Apprécier la puissance des compliments
  • Rayonner le positif
  • Vous installer dans une dynamique positive

Donner complimentset recevoir un compliment

Il y a quelques années déjà, alors que j’occupais une fonction d’ingénieur, j’ai assisté à une formation en management. Dans ce cadre-là, tous les participants, ont été amenés à réaliser un exercice qui consistait à faire un compliment à chacun du groupe. Un compliment sincère, j’entends.

Je me souviens à quel point, pour la plupart des personnes, c’était difficile de faire un compliment aux autres et encore plus d’en recevoir ! Et oui, c’est étonnant, les compliments ne sont pas ce qu’il y’a de plus facile à faire. Moi aussi, je n’avais pas été très à l’aise d’en recevoir. Il m’arrive encore d’être même parfois plutôt mal à l’aise.

Il faut dire que nous n’y sommes pas souvent habitués. Cela s’apprend !

 

Et pour vous, comment ça se passe ?

Est-ce que vous vous reconnaissez dans ceci ? Prenons un exemple : vous venez d’acheter une nouvelle robe ; une connaissance vous complimente par rapport à votre jolie robe :

  • Vous répondez spontanément : « oh, je l’ai achetée 3 fois rien, dans les soldes. » Là, vous êtes dans l’auto-sabotage.
  • Vous changez de sujet, car vous vous sentez mal à l’aise et vous ne savez pas quoi faire, quoi dire…Vous faites un sourire forcé.
  • Automatiquement, vous vous sentez obligé d’en faire un, à votre tour.
  • Vous vous demandez ce qui se cache là derrière… Est-ce bien sincère ?

Bref, vous vous prenez la tête en vous posant plein de questions … Et si vous essayiez autrement ?

 

Compliment et poisson, quel est le rapport ?

Avez-vous déjà assisté au spectacle de Paul Dewandre : Les hommes viennent de Mars et les femmes de Vénus ?

Voici le lien pour le voir ou le revoir : https://www.youtube.com/watch?v=zaY1BliF8E8

Il nous parle avec beaucoup d’humour des compliments. Comment les faire ? De quoi une femme a besoin, de quoi un homme a besoin ? Et à ce propos, il compare le compliment à du poisson.

 

La puissance des compliments

Encore faut-il savoir les donner avec efficacité. Et oui, apprendre à donner du poisson, ou des compliments, ça s’apprend ! Il y a un minimum de règles :

  • Osez vous lancer
  • Soyez spontané(e), sincère et authentique
  • Soyez juste : le bon dosage : ni trop, ni trop peu
  • Personnalisez votre compliment
  • Souriez
  • Amusez-vous

Et si vous décidiez d’en donner chaque jour à votre entourage : vos enfants, votre partenaire, vos amis, vos collègues ?

Et si, vous décidiez de vous constituer une boîte à compliments ? Dans un article précédent, j’ai parlé de la boîte à gratitude. C’est un peu le même principe. Je lance l’idée suivante :

  • Prenez une boîte qui vous plait, décorez-là
  • A chaque fois que vous recevez un compliment, notez-le sur un papier, avec la date
  • Et puis, lorsque vous en avez envie et/ou besoin, allez piocher dans votre boîte
  • Du bonheur garanti !

compliments

Conclusion

Apprenez à donner du poisson. Soyez  créatif/créative, constituez des poissons sur lesquels vous pourrez noter vos compliments. Au plus vous en donnerez, au plus vous en recevrez.

compliments complimentsEt cela s’applique aux enfants, aussi ! Plus tôt, vous commencez avec eux, plus cela leur apparaît facile et naturel. Proposez-leur, comme activité bricolage, qu’ils confectionnent leur propre boîte à compliments.

 

 

 

Savez-vous aussi que vous pouvez vous faire des compliments ?

Oui, de vous à vous, en ouvrant cet espace de bienveillance envers vous-même. Appréciez ce qui va bien chez vous, ce que vous faites bien ! Donnez-vous du bon, régulièrement.

 

Avec coeur, Françoise SINGER pour l’association OZE

« La machine à lire » lecture auto-guidée web, android, ios

 

Conçu par le laboratoire de recherche CIFODEM de l’université Paris-Descartes, ce nouvel outil est expérimenté depuis mars dernier dans des établissements scolaires du Havre, ville pilote avec le soutien de SNCF Haute et Basse-Normandie.
En savoir plus :
http://www.fondation-sncf.org/index.php/toute-lactu/23-mecenat-competences/432-lecture-citoyenne-mecenat-normandie

Alain BENTOLILA, professeur de linguistique et président du Centre International de Formation à Distance des Maîtres (CIFODEM) de l’université Paris-Descartes, a créé avec son équipe de recherche une application pour tablette qui a pour but d’aider le lecteur à lire sur le long cours et à développer son endurance. La « Machine à lire » vise à ce que les enfants comprennent le sens des textes longs qu’ils décryptent. Ce nouvel outil est actuellement expérimenté dans des écoles et des centres sociaux du Havre, avant d’équiper des collèges et la bibliothèque de la ville.
Voir l’expérimentation au Havre :
http://www.paris-normandie.fr/detail_article/articles/PN-1140632/au-havre-on-experimente-la-machine-a-lire-1140632#.VRFBkY609PU

Le site Web « Machine à lire » :
10 ouvrages Contes et fables (classique, fantastique), Romans et récits illustrés (classique, aventures, policier, fantastique, science-fiction), à l’heure actuelle. Les aventures d’Aladdin, On a volé le Nkoro-Nkoro, Lapoigne et l’ogre du métro, Les trois mousquetaires, Chroniques marsiennes : le martien, Un coup de tonnerre, La potion magique de Georges Bouillon, Kiki la casse, L’Odysée, Stormbreaker : une aventure d’Alex Rider.
Pour chaque ouvrage : trois niveaux (facile, intermédiaire et difficile) avec la possibilité de suivi de lectures (Termine un livre pour voir ta progression).
Une inscription en ligne est nécessaire pour utiliser l’outil.
http://www.machinealire.com/sources/index.html
Les applications Android et IOs :
http://www.machinealire.com/application/

Pour lire en ligne :

La Grande Bibliothèque Numérique en ligne…

Cette sitographie mise à jour régulièrement est composée de trois parties :
1) des livres, BD, encyclopédie, ouvrages scolaires, plans, cartes, revues, etc.
2) Poésie, pièces de Théâtre et dans notre fonds documentaire,
3) des livres à écouter sur tous supports (Web, tablettes…)

Des livres que tu peux télécharger, lire, écouter, échanger, utiliser pour tout ce qu’il te plaira. Tu trouveras des livres utiles, au programme des classes d’école, de collège et de lycée. Et ne manque pas de revenir de temps en temps : nous rajouterons régulièrement de nouveaux textes et de nouveaux compléments. Découvrir la bibliothèque numérique

Et pour ceux qui ont des difficultés avec la lecture : http://crdp.ac-amiens.fr/cddpoise/blog_mediatheque/?p=7066

Pour aller plus loin :

La plateforme Les fondamentaux s’adresse aux élèves, aux enseignants, aux parents, aux animateurs et aux éducateurs.
Elle propose des films d’animation pour favoriser, de façon ludique, l’acquisition des notions fondamentales de l’école élémentaire, liées à l’apprentissage du français, des mathématiques, des sciences et techniques, de l’histoire, de la géographie, de l’instruction civique et des langues vivantes.
http://www.reseau-canope.fr/lesfondamentaux/discipline/langue-francaise.html

Que se passe-t-il pour l’apprentissage de la lecture au primaire ? : une plateforme complète de vidéos et de fiches pédagogiques couvre une année d’apprentissage au CP, à consulter sur le site du CNDP.
http://www.cndp.fr/lire-au-cp/une-annee-au-cp/

La littérature à l’école – Liste de référence cycle 2 & 3 – 2013
http://crdp.ac-amiens.fr/cddpoise/blog_petits_lecteurs/?p=4809

Si votre enfant vous dit en couleurs « Tu sais, je sais lire maintenant ! »
http://crdp.ac-amiens.fr/cddpoise/blog_petits_lecteurs/?p=5394

Conte écrit en collaboration en direct-live de janvier à février 2014
http://crdp.ac-amiens.fr/cddpoise/blog_petits_lecteurs/?p=5688

Prix des jeunes lecteurs de l’Oise 2014-2015
le Prix des Jeunes lecteurs de l’Oise a en effet pour objectif de favoriser les échanges entre l’école primaire et le collège autour du livre, mais aussi de familiariser les élèves de CM2 et de 6ème à la littérature et d’aiguiser leur désir de lire.
http://crdp.ac-amiens.fr/cddpoise/prix_jeunes_lecteurs_oise/

Il était une histoire… Faire grandir le désir de livre
http://crdp.ac-amiens.fr/cddpoise/blog_mediatheque/?p=1567

Manuel pour l’apprentissage de la lecture complet et gratuit pour l’année de CP
http://crdp.ac-amiens.fr/cddpoise/blog_petits_lecteurs/?p=5300

Enseigner à la littérature et aiguiser leur désir de lire.
http://crdp.ac-amiens.fr/cddpoise/blog_mediatheque/?p=4477

Neuf contes de Charles Perrault (pdf, epub)
http://crdp.ac-amiens.fr/cddpoise/blog_petits_lecteurs/?p=5292

Lettres de mon moulin d’Alphonse Daudet (pdf, epub, braille)
http://crdp.ac-amiens.fr/cddpoise/blog_petits_lecteurs/?p=5289

Un mousse de Surcouf – Pierre Maël (e-pub)
http://crdp.ac-amiens.fr/cddpoise/blog_petits_lecteurs/?p=5660

Je Lis Libre : des livres gratuits pour les 10 à 14 ans
http://crdp.ac-amiens.fr/cddpoise/blog_petits_lecteurs/?p=4847