Un élève sur dix est dyslexique en moyenne en Suisse

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http://www.rts.ch/play/tv/36-9/video/dyslexie-les-nouvelles-pistes?id=7664846

Environ 10% des Suisses sont dyslexiques. Même si un tiers d’entre eux sont à haut potentiel intellectuel, ce trouble constitue un handicap. Des solutions existent néanmoins, comme l’énonce 36,9° mercredi.

La dyslexie est un handicap qui touche le processus d’apprentissage de la lecture, l’écriture, l’épellation, l’orthographe et parfois aussi le langage mathématique, selon la brochure de l’Association Dyslexie suisse romande (aDsr). Si ce trouble n’est pas rare, seuls 1% à 2% des enfants en sont sévèrement atteints.

La majorité des enfants dyslexiques sont âgés entre 9 et 18 ans, selon une étude intercantonale romande parue en 2010. Les enfants de plus de 18 ans semblent moins touchés par ce trouble, qui peut être détecté dès l’âge de 5 ans.

La dyslexie ne peut pas être imputée à des troubles psychiatriques ni au fait d’être gaucher, contrairement à ce qui a pu être dit. En revanche, elle est souvent associée à d’autres troubles Dys, comme la dysgraphie (difficulté motrice à écrire), la dyscalculie (incapacité à manier les chiffres), la dysphasie (trouble du langage oral), etc.

Un tiers des dyslexiques ont un haut potentiel intellectuel. Un enfant peut ainsi avoir de l’avance en termes de raisonnement, mais du retard pour le traitement des informations.

Un trouble d’origine biologique

La majorité des dyslexiques souffrent d’un trouble phonologique. Ils ont du mal à différencier des sons du langage trop proches comme un BA et un PA. Ils peinent aussi à assimiler des mots contenant des lettres muettes ou des sons qui s’écrivent de plusieurs manières. Dans ce sens, l’italien et l’espagnol sont plus faciles à apprendre que l’anglais. Le français est d’une difficulté moyenne.

Lors de la lecture, une personne fixe habituellement son regard sur un groupe de 7 à 8 lettres, puis il opère un mouvement de saccade vers le prochain groupe de mots. Chez de nombreux dyslexiques, les saccades sont irrégulières et elles sont accompagnées de rétrosaccades.

La dyslexie trouve sa cause dans l’hémisphère gauche du cerveau. Chez les personnes atteintes, les aires du langage sont moins bien structurées et moins bien reliées entre elles.

Les cartes d’orthographe illustrées et la musique

Grâce à la plasticité du cerveau, des exercices de rééducation peuvent améliorer le fonctionnement et la structure des zones touchées.

La visuo-sémantique consiste à stimuler la mémoire visuelle. Il peut s’agir d’images avec le mot inscrit dessus, comme une sorte de dictionnaire illustré. L’enfant se crée ainsi un lexique de plusieurs centaines de mots qu’il maîtrise. « Après ça va aller beaucoup plus rapidement », précise à 36,9° Martine Jiménez, enseignante spécialisée.

L’enfant va se faire lui-même ses petites histoires pour se souvenir de l’écriture d’un mot

Martine Jiménez, enseignante spécialisée

D’autres approches thérapeutiques existent, comme la rééducation des mouvements oculaires avec des lunettes à prismes. La musique a aussi un effet positif. Des enfants dyslexiques ont ainsi suivi deux ateliers musicaux par semaine durant 6 mois. Résultat: leurs symptômes ont diminué « de manière spectaculaire » pour 60% d’entre eux. « D’une certaine manière, on est parvenu à harmoniser le système auditif avec le système moteur », explique Daniele Schön, chercheur à l’Institut de neurosciences des systèmes à Aix-Marseille Université.

A l’école, mais différemment

Un dyslexique n’est pas anormal et il ne doit donc pas être nécessairement placé dans un établissement spécialisé. Néanmoins, 1% seulement des parents consultés pour l’étude intercantonale de 2010 estime que la prise en charge par l’école est satisfaisante.

En outre, seuls 30% des établissements scolaires proposeraient un accompagnement différencié pour les dyslexiques, selon eux. La mesure la plus fréquente consiste à donner plus de temps pour les contrôles écrits. Certains professeurs proposent aussi de lire les consignes, de donner moins de devoirs, d’adapter les évaluations ou encore de faire les exercices via des logiciels informatiques spécialisés.

Caroline Briner avec Alain Orange

Quelques signes suspects

PREMIERS SIGNES
– difficultés à lacer les chaussures, boutonner la veste, faire du vélo, attraper un ballon avec le pied

A L’ECOLE ENFANTINE
– difficultés de mémoire immédiate, trouble de concentration, ambidextrie
– confusion dans le temps et dans l’espace (passé/présent ou dessus/dessous)
– maladresse et lenteur
– écriture maladroite
– fatigue

Quelques dyslexiques célèbres

Albert Einstein
Bill Gates
Wolfgang Amadeus Mozart
Pablo Picasso
Léonard de Vinci
Walt Disney
Agatha Christie
Jules Verne
Steven Spielberg
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