les tests de QI: échelle de Wechsler et loi normale

wisc matrice

Lors de l’évaluation psychologique d’un enfant nous utilisons souvent ce qu’on appelle des tests d’efficience intellectuelle permettant de calculer un quotient intellectuel, le fameux QI. Il s’agit d’une mesure qui fait l’objet de nombreuses croyances et de nombreux fantasmes. Quelle est son utilité dans le cadre de l’évaluation et du suivi de l’enfant ? Cet article à pour but de répondre à ces  interrogations à travers l’exemple des échelles de Wechsler.


En effet, les tests  le plus souvent utilisés pour évaluer le niveau intellectuel sont les échelles de Wechsler, qui se déclinent en plusieurs tests adaptés à l’âge de la personne.

  • La WPPSI est utilisée pour les jeunes enfants (de 2 ans 8 mois à 7 ans 7mois)
  • La WISC est utilisée pour les enfants et adolescents (de 6 ans à 16 ans 11 mois)
  • La WAIS est utilisée pour les adultes.

Ces échelles sont diffusées par L’ECPA, qui est garante du sérieux et de la validité de ces tests.

Il existe cependant d’autres tests de QI comme K-ABC, l’EDEI-R ou les matrices de Raven. Ils peuvent être utilisé de manière indépendante ou pour réaliser des observations complémentaires.

« Comment savoir s’ils sont fiables ? »

Tous les tests utilisés par les psychologues font l’objet d’une standardisation et d’une validation scientifique. Cette obligation est clairement formulé dans le code de déontologie des psychologues.

Chapitre 3, Article 18 : Les techniques utilisées par le psychologue pour l’évaluation, à des fins directes de diagnostic, d’orientation ou de sélection, doivent avoir été scientifiquement validées.

Ils sont passés auprès de plusieurs centaines d’enfants avant d’être commercialisés, dans le but de définir une norme pour chaque épreuve. On obtient alors ce qu’on appelle un étalonnage, c’est à dire la distribution des résultats obtenus en fonction de l’âge de l’enfant. En psychologie, tout score n’a de sens que s’il est comparé à une norme. Les tests sont régulièrement ré-étalonnés pour correspondre au mieux à la norme actuelle.

« Que signifie le score obtenu (QI) ? »

Pour comprendre le concept de QI, il faut comprendre la loi normale. Comme beaucoup de données observables (taille, poids, moyenne scolaire, etc.) chez un ensemble d’individu l’intelligence est répartie dans la population de manière égale de part et d’autre de la moyenne, en suivant cette courbe :

loi normale

Il s’agit d’une courbe normale, ou courbe de Gauss, dans le sens où elle définit une norme à laquelle on peut se comparer. Le QI prend son sens par rapport à cette norme liée à l’âge de l’enfant. La moyenne est à 100, c’est le résultat le plus susceptible d’être obtenu par les enfants de cet âge.

Les écarts par rapport à la moyenne se comptent en écart-type ou déviation standard. Pour le QI, l’écart-type est de 15. Cela signifie qu’entre 85 et 115 (plus ou moins 1 écart-type, déviation standard ou DS), le résultat est dans la moyenne. On parle de score moyen. Entre 0 et -1 DS (entre  100 et 85) on est dans la moyenne faible et inversement entre 0 et +1 DS dans la moyenne forte. Au delà de -1 DS ou +1 DS, l’écart par rapport à la moyenne est important et on parle respectivement de score faible ou supérieur. On parle de déficience intellectuelle en dessous de 70 et de précocité intellectuelle au delà de 130.

Attention : un score moyen n’est pas une mauvaise chose. Cela peut être perçu ainsi dans le milieu scolaire (où un résultat « moyen » n’est pas suffisant), ici c’est tout le contraire, on attend en général que l’enfant soit dans la norme, et donc moyen !

« Quel est le rapport entre le QI et les rangs percentiles ? »

Les rangs percentiles sont une autre manière d’exprimer ce score. Un score à 100 correspond à un rang percentile 50, c’est à dire à la médiane (là ou le nombre de fois ou ce score à été obtenu est également réparti à gauche et à droite). Cela signifie qu’il y a 50% de la population qui a obtenu un score égal ou inférieur à celui là. Plus le rang percentile s’éloigne de 50, vers le haut ou vers le bas, plus il est rare. Plus le rang percentile augmente, moins il est fréquent de trouver des personnes ayant un résultat plus élevé, et inversement.

Exemple : Une personne avec un score supérieur à 130, se trouvera au rang percentile 98 ou plus et aura donc un score supérieur à 98% de la population de référence.

« Utiliser un seul chiffre pour définir l’intelligence d’un enfant, n’est-ce pas réducteur ? »

Oui, c’est absolument réducteur, et c’est pour cela que ce n’est pas ce que les psychologues font ! Le QI total n’a du sens que comme étant un aperçu de plusieurs indices.

Pour la WPPSI IV par exemple, il s’agit des indices suivants :

  • Indice de compréhension verbale : il mesure l’intelligence cristallisée (c’est à dire les connaissances apprises du monde extérieur, qui comprennent le savoir académique, le vocabulaire, la compréhension que l’on a du monde dans lequel on vit) ;
  • Indice de raisonnement fluide : cela mesure les capacités de raisonnement logique sur la base d’indices visuels, mais aussi la catégorisation et l’abstraction ;
  • Indice de raisonnement visuospatial : il appréhende la capacité de l’enfant à manipuler mentalement une image, à établir des relation entre les objets.
  • Indice de mémoire de travail : il s’agit d’observer le nombre d’informations que l’enfant peut retenir et manipuler.
  • Indice de vitesse de traitement : il permet d’observer une éventuelle lenteur dans l’exécution, la compréhension d’une consigne ainsi que les stratégies mises en place pour effectuer une tâche.

Chacun de ces indices est divisé en subtests mesurant des habiletés différentes. Les subtests utilisés sont décrits dans le bilan de l’enfant.

C’est sur la base de ces indices que nous faisons un bilan intellectuel, et le QI n’a du sens que si les scores sont à peu près équivalent (on dit alors que l’enfant à un niveau homogène). Si ce n’est pas le cas, c’est l’analyse de tous les indices qui nous indiquera le fonctionnement de l’enfant, qui est dit hétérogène.

Attention : Le QI n’est pas la moyenne des indices ! Il s’agit d’un score indépendant basé sur les résultats aux subtests principaux, qui recoupent tous les indices.

Lorsque le QI et les scores d’indice sont calculé, il est fréquent que des examens complémentaires soient proposés pour explorer les points sensibles qui ont été dégagés : la mémoire, l’attention ou les fonctions exécutives par exemple font l’objets de tests dédiés et permettent de nuancer et d’approfondir le score de l’enfant.

Les résultats obtenus ne sont jamais une fin en soi. Il s’agit d’une base qui servira à construire un programme éducatif adapté aux compétences et besoins spécifiques de l’enfant. Le but est de comprendre le fonctionnement de l’enfant pour respecter au mieux sa spécificité et l’aider à développer son potentiel !

site « classes ouvertes de neuropsychologie »

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