Archives mensuelles : mai 2016

13 manières d’apprendre les tables de multiplication autrement

PAR · 17 AOÛT 2015, « Apprendre à éduquer »

Je vous propose une sélection de méthodes pour apprendre les tables de multiplication autrement.

 

1. Multimalin : mémorisation efficace, rapide et ludique

Matthieu Protin, professeur des école et spécialiste des techniques de mémorisation, propose une technique simple pour mémoriser définitivement les tables de multiplication, basée sur les images et les histoires.

technique de mémorisation des tables de multiplication

Vous pouvez vous procurer la méthode des Multimalins à ce lien : multimalin.com

 

 

2. Les réglettes Cuisenaire

La méthode Cuisenaire s’appuie sur une représentation physique des manipulations mathématiques que les enfants vont faire, à travers des réglettes en bois.

Chaque réglette est de couleur différente et chaque taille correspond à un nombre.

réglettes cuisenaire

 

Avec les réglettes Cuisenaire, la multiplication devient une question : comment obtenir la même longueur qu’une réglette avec plusieurs autres réglettes d’une autre couleur ?

Par exemple, si je prends la réglette orange (qui vaut 10), combien de réglettes blanches (qui valent 1) je vais poser pour obtenir la même longueur ?

Je peux poser 10 réglettes blanches pour obtenir la même longueur qu’une réglette orange. J’écrirai alors 10 = 1 + 1+ 1+ 1+ 1+ 1+ 1+ 1+ 1+ 1.

On fera remarquer à l’enfant qu’il y a une manière plus rapide d’écrire cette égalité : c’est 10 fois le 1.

Si je pose 10 réglettes blanches pour avoir une réglette orange, ça veut dire que 10 x 1=10.

Au cours des manipulations, on laisse l’enfant essayer plusieurs combinaisons. Il y aura des nombres pour lesquels il n’y a pas de combinaisons :-).

Je vous laisse découvrir dans une vidéo courte et efficace cette autre manière d’apprendre les tables de multiplication :

 

 

3. Le tableau des apprentissages autonomes

Dans son livre Les apprentissages autonomes, John Holt propose une manière de connaître les tables de multiplicationsans les apprendre. Il insiste beaucoup sur la différence

« La meilleure façon de les connaître est de ne pas essayer de les mémoriser, une par une […] mais au contraire de se familiariser avec elles, de voir comment elles fonctionnent et de les utiliser. Au bout d’un moment, on se rend compte qu’on le connaît sans même les avoir apprises consciemment, tout comme on connaît des milliers de mots dans notre langue maternelle sans jamais avoir eu besoin de les apprendre. » – John Holt

La manière proposée est ludique et respecte le rythme de l’enfant – voir le détail ici.

apprendre tables de multiplication

On affiche une grille de 10 colonnes et 10 cases dans un endroit stratégique (par exemple, le réfrigérateur, la porte de la chambre…).

John Holt suggère de débuter avec une grille vide et de laisser l’enfant la remplir à son propre rythme, que cela prenne des semaines ou des mois. Dès que l’enfant trouve le résultat d’un produit, il le reporte dans la bonne case. Il peut en reporter plusieurs d’un coup, puis un seul ou plusieurs au fur et à mesure du temps.

L’enfant va probablement commencer par les tables « faciles » : 1, 2, puis 5 et 10.

John Holt conseille de ne pas corriger les éventuelles erreurs faites par l’enfant lors du remplissage de la grille. C’est à l’enfant de remarquer et de corriger ses erreurs et il y arrivera très bien tout seul à mesure qu’il se familiarisera avec les tables de multiplication. S’il reste des erreurs une fois que l’enfant a fini de remplir sa grille, tanpis : l’enfant sera capable de s’auto corriger lors du remplissage des prochaines grilles.

Vous pouvez imprimer ce tableau :   tables de multiplication apprentissages autonomes

 

 

4. Des applications pour téléphones ou tablettes

Ecole primaire – tables de multiplication (seulement pour Iphone et Ipad) – voir présentation ici

appli table de multiplication

Montessori Maths: Multiplication  (seulement pour Iphone et Ipad) – voir présentation ici

tables de multiplication appli

 

 

5. Tam Tam Multi max

tam tam multi max

Le jeu Tam Tam Multimax propose de reconnaître l’opération de multiplication qui va avec un des résultats de la carte et ce, le plus vite possible par rapport aux autres participants au jeu.

jeu multiplication

 

6. Le tableau de multiplication Montessori

Le tableau de multiplication consiste en un tableau avec des petits trous et des perles rouges (une centaine). L’enfant comprend que faire une multiplication, c’est mettre autant de fois le même nombre de perles. L’apprentissage par cœur se fera par la répétition des manipulations.

Plus de matériel concret inspiré de Montessori pour apprendre les tables de multiplication ici.

 

 

7. Les flash cards

Les flash cards sont des fiches cartonnées avec une question sur la face et sa réponse sur le verso. Pour les multiplications, on pourra écrire d’un côté l’opération et de l’autre le résultat.

Les enfants pourront alors s’auto corriger.

Vous pouvez les fabriquer vous-mêmes en découpant des cartes dans du carton Bristol. L’avantage est que vous pourrez cibler les tables que votre enfant ne connait pas et ainsi cibler les opérations à revoir pour ne pas le décourager en lui imposant de tout revoir.

Si vous préférez un jeu tout prêt, celui-ci reprend le principe des flash cards en ajoutant un code couleur par table pour apprendre en s’amusant :

cartatoto multiplication

Commander Jeu de 110 cartes : Cartatoto Multiplication sur Amazon.

flash cards multiplication

 

 

8. Le cercle des multiplications

Je vous propose de lire cet article sur le blog Montessorimaispasque : Mémoriser les tables de multiplication avec un matériel inspiré des pédagogies Montessori et Waldorf/Steiner.

apprendre tables de multiplication

Vous y trouverez une présentation de l’apprentissage de la table de 4 sur le principe du cercle comme dans la photo ci-dessus (une vidéo d’explication + un fichier de construction du matériel pas à pas).

9. Les dés qui multiplient

Les jeux «6×6»(pour apprendre les tables jusqu’à 6) et le «6×9» (pour apprendre les tables jusqu’à 9) sont des jeux de dés pour apprendre les tables de multiplication rapidement et en s’amusant.

Les faces de ces dés permettent de lire rapidement le résultat de la multiplication. Les créateurs de ce jeu sont français et insistent pour que leur jeu soit produit localement.  De 1 à 9, les numéros sont inscrits sur les faces des dés, dans le même ordre que les dés classiques. Il suffit de lancer les dés et de trouver le résultat de la multiplication des deux chiffres.

les dés de multiplication

Ce produit est disponible seulement sur le site des créateurs : lesdesquimultiplient.com

 

 

10. Multiplier sur les doigts pour la table de 9

On met les mains devant nous et on baisse le doigt équivalent au multiplicateur de 9 en partant de la gauche. Ainsi, si on veut multiplier 9 par 6, on baisse le 6ème doigt en partant de la gauche (soit le pouce de la main droite). On compte ensuite le nombre de doigts à gauche qui correspond au chiffre des dizaines et le nombre de doigts à droite qui correspond au nombre des unités.

 

11. En chanson, une alternative pour les auditifs

Une autre manière d’apprendre les tables de multiplication pourrait être de les réciter en chanson. L’enfant trouve un air qu’il aime bien (même si cela risque de pas forcément vous plaire à vous…) et il peut fredonner les tables de multiplication sur cet air. Cette dernière technique pourra être efficace pour les enfants qui apprennent mieux quand ils entendent et quand ils parlent. Il peut même faire le show des multiplications : chant micro en main, déguisement et danse des multiplications… parce que l’humour et le plaisir sont un bon moyen d’ancrer les informations dans la mémoire :-)

Il existe des vidéos (gratuites sur You Tube notamment) et des CD qui mettent en musique les tables de multiplication.

12. MathSumo, un jeu pédagogique

MathSumo est un jeu pédagogique des éditions Mattika qui a remporté la médaille d’or au Concours Lépine 2011 / 2012.

Le jeu est composé d’un plateau représentant les nombres de 1 à 10, de cartes et de 2 pions sumos. Les pions sumos seront déplacés sur les nombres du plateau en fonction des cartes proposées par chaque joueur.

Ainsi, si je propose la carte 20, les pions sumos seront placés sur les cases 2 et 10 (car 2×10=20) ou 4 et 5 (car 4×5=20). Les cartes représentent ainsi le produit (le résultat d’une multiplication) et les sumos sur le plateau les facteurs (quels nombres je dois multiplier entre eux pour obtenir le nombre affiché sur la carte)

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mathsumo jeu multiplication

Commander MathSumo sur Mattika ou sur Amazon.

 

13. Les multiplications sur le bout des doigts

Une petite vidéo qui explique comment retrouver toutes les tables de multiplication à partir de 5×6 sur nos deux mains :

 

L’ADULTE SURDOUÉ FACE À SES PARENTS

Arielle Adda

 Publié le  13 mai 2016 Le journal des femmes, 13 mai 2016

Quand, après de longues recherches, des tâtonnements, de rencontres pas toujours efficaces avec des personnes sensées l’écouter et l’aider, un adulte découvre qu’il fait partie des personnes douées, il se demande inéluctablement comment se comporter vis-à-vis de ses parents.

Il lui a fallu un peu de temps pour accepter cette idée, mais, avant même d’en saisir véritablement toute la portée, il songe à ses parents. Grâce à l’éclairage fourni par cette découverte, il les voit différemment, il comprend mieux des aspects, parfois surprenants, de leur comportement et il commence à s’interroger sur sa façon d’être désormais avec eux. Il aimerait se hasarder à évoquer avec le plus de tact et de discrétion possibles  l’hypothèse d’un don intellectuel qui les concernerait eux aussi.

Il faut rester d’une prudence de sioux pour tenter d’entamer sans provoquer de dégâts trop meurtriers des défenses échafaudées durant des décennies. Dans le meilleur des cas, cette révélation peut entraîner une nouvelle forme d’entente, plus subtile et complice : ce parent ou ces parents qui ont été révélés à eux-mêmes par leur enfant se réconcilient avec des aspects de leur propre personnalité qu’ils ne comprenaient pas bien, ils savent désormais pourquoi certaines personnes les hérissent et pourquoi ils se sentent si heureux avec d’autres.  Même si ces idées restent floues, s’ils refusent de se reconnaître véritablement,  une modification subtile, pratiquement imperceptible, s’opère, comme un nœud caché qui se dénouerait et c’est leur enfant qui a réussi cette transformation, en se gardant bien d’exprimer des reproches pour les dénis et les aveuglements passés dont il comprendrait finalement  les raisons. Ses parents ont bien dû être alertés par une maîtresse particulièrement perspicace et attentive, ou par un professeur appréciant les qualités de leur enfant, mais ils n’auraient, en réalité, jamais osé envisager un quelconque don intellectuel, comme si cette hypothèse ne pouvait les concerner.

C’est leur enfant, devenu adulte,  qui joue le rôle de révélateur, il peut rarement mener à bien cette œuvre sans être aidé ou, du moins, accompagné, tant cette démarche demande de subtilité, de doigté, de finesse : les places sont inversées, l’enfant accompagne son parent sur le chemin de la révélation à lui-même.

Cette révélation peut s’appliquer à tout âge, même quand on arrive au bout de son existence, le temps qui reste encore  n’a pas la même tonalité, pas la même saveur. Il faut du temps pour s’habituer à cette donnée finalement révolutionnaire. Déjà l’adulte qui a entrepris ces démarches doit réviser son existence passée à la lumière de cette donnée : ses amitiés, parfois surprenantes, le déroulement de sa scolarité, les déconvenues qu’il ne s’expliquait pas ou bien dont il se sentait coupable, en fait tous les événements qui ont jalonné sa vie et qui semblaient parfois désordonnés et chaotiques en l’absence de la grille de lecture adaptée.

Ceux qui entreprennent cette démarche peuvent d’ailleurs être au seuil de la retraite, mais ils leur reste encore de nombreuses années et ils veulent qu’elles soient les plus riches et les plus intéressantes possibles : au contraire, débarrassés des contraintes familiales et professionnelles, quotidiennes et obligatoires, qu’ils ont supportées si longtemps, ils désirent s’accomplir pleinement, heureux de s’offrir une liberté ignorée jusque-là. Tout au long de ce parcours de révélation, ils sont restés maîtres de leur destinée.

Il arrive même que ce soit grâce à leurs petit enfants, reconnus officiellement « doués »,  qu’ils passent l’histoire de leur existence au filtre de cette nouvelle donnée ; c’est alors  une découverte encore plus troublante.

La  portée de cette révélation n’est pas la même quand cette information essentielle, puisqu’elle touche le cœur même de la personne concernée, a été fournie par l’enfant qu’on a guidé, accompagné et éduqué en fonction de ses propres principes. C’est une révision profonde de l’existence toute entière au moment où on aborde la période qui voit  s’amorcer les deuils, réels ou psychologiques, les renoncements de tous ordres,  les pertes auxquelles il faut bien se résigner.

Les enfants, déjà bien adultes, se sentent pratiquement contraints de communiquer cette donnée capitale à leurs parents.  Ils ne se sentiraient pas en paix avec eux-mêmes s’ils se dérobaient, mais il est parfois difficile de trouver le courage d’affronter des réactions bien souvent prévisibles de déni, d’indignation, d’incrédulité totale ou même de colère qu’aucune démonstration ne semble capable d’entamer.

La première étape, consistant à révéler à ses parents qu’on se situe dans une partie très restreinte de la population est déjà délicate.  Des parents y voient un reproche déguisé, ils se justifient alors, parfois par de brutales dénégations, comme d’y voir une excuse maladroite pour expliquer le  parcours scolaire mouvementé et décevant de cet enfant qui leur transmet ces informations tellement perturbatrices et ils s’insurgent contre cette hypothèse les concernant, mais cette position n’est pas tenable très longtemps, sauf exceptions particulièrement entêtées, et l’idée commence à faire son chemin.  On suggère quelques lectures sous le prétexte de mieux comprendre des petits enfants, des petits neveux, des petits voisins particulièrement éveillés.

C’est un travail extrêmement lent, souterrain, cette révélation s’opère peu à peu, à l’image des vestiges d’un très ancien temps profondément enfouis et qu’on met à jour avec de multiples précautions tant ils sont fragiles.

Plonger dans un passé si lointain où les souvenirs s’emmêlent ou bien se confondent parfois  avec l’Histoire est complexe ; il arrive pourtant que cette révélation modifie radicalement la personnalité de celui qui se découvre tel qu’il est véritablement. Lire ou entendre la description fidèle de soi sous un éclairage  qu’on ignorait peut amorcer une révolution tellement profonde que la personnalité toute entière est bouleversée. Le danger le plus dévastateur serait que, seul, l’un des deux parents soient concerné, mais, dans ce cas, il y a plus souvent eu une séparation : dans un couple solide, les deux partenaires doivent fonctionner au même rythme. Malgré tout, entre deux personnes également douées  une mésentente tout aussi destructrice peut s’installer, surtout s’il y a une faille profonde chez l’un d’eux. L’étincelle qui a jaillit lors de la rencontre n’a pas été suffisamment puissante pour dissiper tous les malaises installés depuis longtemps.

Les enfants devenus plus lucides comprennent l’origine de ces désastres, ils se sentent plus forts pour les affronter, ils commencent à connaître la paix.  

Dys-moi comment t’aider

PROPOS RECUEILLIS PAR STÉPHANIE COMBE
CRÉÉ LE 10/10/2014

© Spl / Hemis.fr

Le « dys » n’a pas de déficience intellectuelle. Dyslexique et père d’une fille dyspraxique, Emmanuel Seguier témoigne de la réalité de ce handicap, à l’occasion de la 8e Journée nationale des DYS de Paris, samedi 11 octobre.

Qu’est-ce que la dyspraxie ?

La dyspraxie concerne 3 % des enfants scolarisés. C’est un trouble neurologique qui affecte la planification, la coordination et l’automatisation des gestes. Autrement dit, c’est le petit grain de sable qui, dans votre cerveau, vient gêner la programmation des gestes. Ce petit « bug » fait qu’on évalue mal les distances, et rend difficile le contrôle du muscle. Résultat : j’envoie mon bras trop fort et je renverse la carafe. Le QI est normal, mais le corps ne suit pas. Ce n’est pas une maladie, c’est un handicap. Il faut apprendre à vivre avec.

Les parents de « dys » évoquent souvent un parcours du combattant pour accompagner l’enfant. Cela a-t-il été votre cas ?

Face à un enfant dys, quel qu’il soit (dysorthograpique, dysphasique…) on bascule dans un autre monde ! Il faut oublier le rêve d’une scolarité normale, les années scolaires se multiplient, il peut même y avoir une déscolarisation. On recherche « le » bon spécialiste qui permettra de comprendre ce qu’il se passe. La quête est longue, semée d’angoisses, de doutes, de colère. Ma fille a été diagnostiquée dyspraxique à 7 ans. Comme souvent, le handicap est associé à un autre : elle est aussi dyscalculique.
Une fois le diagnostic établi dans un centre hospitalier (après souvent 2 ans sur liste d’attente…), les parents se tournent vers l’AMDPH, la Maison du Handicap, qui reconnaît le handicap et autorise des aménagements. Alors seulement, l’enfant peut bénéficier d’un ordinateur à l’école, d’une auxiliaire de vie si le budget le permet, d’exercices agrandis afin qu’il puisse déchiffrer plus facilement la consigne, de devoirs adaptés. La lecture et l’écriture demandent beaucoup plus de concentration à l’enfant dyspraxique, et le fatiguent davantage. Ma fille a aujourd’hui 18 ans ; il lui arrive de rentrer le soir et d’aller directement se coucher, épuisée par sa journée.

Quelles pistes suggérez-vous pour encourager les enfants dans leur scolarité ?

Pour accrocher les apprentissages des enfants, il faut partir de leur passion. Même s’il s’agit des tortues Ninja, comme m’a répondu un ami ! Son fils deviendra peut-être moniteur de karaté, peut-être pas, mais la passion suscite leur intérêt et les aide à fournir beaucoup plus d’efforts que d’autres pour parvenir à se concentrer.

Et au quotidien ?

Le recours à l’ordinateur est vraiment une chance pour les dys. Il y a la correction automatique de l’orthographe, on peut jouer sur l’intervalle des lettres. Les dyspraxiques se repèrent difficilement dans l’espace et sont souvent perdus dans la rue ; le GPS intégré au smartphone les aide. Les dyslexiques peuvent dicter leurs messages à leur smartphone qui les traduit en textos.

Lors de la journée nationale des Dys, vous dédicacerez votre livret intitulé Le Secret d’Alexis(éd. Tom Pousse). Pourquoi l’avez-vous conçu ?

J’ai voulu répondre aux questions que se posent les enfants, dyspraxiques ou non. Mais ils s’adresse aussi à un public plus large : enseignants, orthophonistes, etc. Il est résolument optimiste car une prise en charge adaptée aide les enfants à s’en sortir, à être « bien dans leurs baskets » et à travailler.
Les troubles « dys » sont encore très mal connus. Nous souhaitons développer les associations locales, afin de répondre aux parents désemparés, les orienter vers tel psychomotricien, tel groupe de paroles, etc. Nous cherchons aussi à développer une action nationale, afin de sensibiliser les institutions comme le grand public sur la réalité des troubles Dys.

4 à 8 % de la population souffrirait d’un trouble « dys ». Cela n’empêche pas de vivre ?

Je suis dyslexique et j’ai passé ma vie à le cacher ! L’acceptation du handicap est très lente, c’est un long cheminement… Cela fait cinq ans seulement que j’arrive à le dire ouvertement. J’aimerais témoigner aux enfants diagnostiqués « dys », parfois tentés par le découragement, qu’il n’y a pas de fatalité. Moi-même, bien que dyslexique, j’ai fait des études de lettres. L’acteur d’Harry Potter, Daniel Radcliffe, est dyspraxique. Pourquoi a-t-il été choisi parmi tant d’autres ? Je suis persuadé qu’il est arrivé au casting les lacets défaits, les cheveux en bataille et la chemise qui dépassait de son pantalon. Son handicap a fait la différence ! Le monde est vaste, immense ; ils y trouveront leur place, même si cela prendra sans doute plus du temps que la moyenne.

 

> Pour aller plus loin :

On regroupe les troubles DYS en 6 catégories :
– Les troubles spécifiques de l’acquisition du langage écrit, communément appelés dyslexie et dysorthographie.
– Les troubles spécifiques du développement du langage oral, communément appelés dysphasie.
– Les troubles spécifiques du développement moteur et/ou des fonctions visuo-spatiales, communément appelé dyspraxie.
– Les troubles spécifiques du développement des processus attentionnels et/ou des fonctions exécutives, communément appelés troubles d’attention avec ou sans hyperactivité.
– Les troubles spécifiques du développement des processus mnésiques.
– Les troubles spécifiques des activités numériques, communément appelés dyscalculie.
(Source : la Fédération française des Dys)

Cartes heuristiques ou Cartes mentales

Cartes heuristiques

Exposé présenté par Fabien Laperrière, lors des 2èmes rencontres du CRTLA de Bourgogne, à Dijon, le 23 mai 2016.
Fabien Laperrière, enseignant spécialisé dans une CLIS Troubles des Fonctions Cognitives (désormais ULIS école) en Savoie durant une douzaine d’années, a commencé à utiliser les cartes mentales en 2008 auprès d’élèves qui pouvaient tirer profit de cette manière de structurer des informations essentielles.
Cet outil a été l’occasion de proposer à des élèves une autre modalité d’organisation des idées de façon arborescente et structurée.
Ils avaient ainsi le choix entre une organisation linéaire ou spatialement organisée.

Résumé de son intervention:

Qu’est-ce qu’une carte mentale?

Il s’agit d’un diagramme ou d’une représentation visuelle structurée avec lien sémantique.
Il faut exploiter et organiser l’espace sur une feuille A4 ou A3 en utilisant un feutre par exemple.
Pourquoi réaliser une carte mentale?

Pour reformuler une lecture, constituer une information, organiser ses idées, mémoriser une leçon, présenter un exposé, effectuer une recherche sur la toile, développer sa créativité.
Pour qui?

On peut proposer la carte mentale à l’émergence d’une idée, pour la mobilisation des idées, au début, pendant l’apprentissage, en fin d’apprentissage.
Comment réaliser sa carte?

Il faut rassembler, réorganiser les connaissances, réactiver les connaissances.

Première étape au crayon avec la gomme: on note le titre au centre, on trace des liens de couleur et on note les mots clés.
On peut utiliser des images, des icônes pour un 1er 2e 3e niveau.
Qui réalise la carte ?

C’est l’usager qui doit réaliser la carte, soit à la main, soit avec un logiciel.

A la main toute la classe, même les élèves qui n’ont pas d’ordinateur…

Avec un logiciel, c’est plus facile pour organiser les idées, les bouger. On peut utiliser comme logiciel Freemind, Xmind, Freeplane…

Il faut expérimenter pour ce qui convient le mieux. Soit l’enfant préférera créer ses propres cartes, soit il optera pour une carte déjà conçue avec les idées déjà ordonnées, des mots clés, des illustrations choisies…

Exemple de cartes mentales:

https://www.facebook.com/astucespourdys/

http://www.ien-versailles.ac-versailles.fr/

http://www.ien-versailles.ac-versailles.fr/

Pourquoi je suis partie

Accompagner et vivre avec un enfant atypique demande une énergie folle, que nous devons sans cesse renouveler, tant sur le plan mental qu’émotionnel, parfois même physique selon la particularité de l’enfant, une énergie constante et durable. Pas le droit/le temps de flancher. Il faut toujours et encore répondre à des sollicitations, faire face à des crises plus ou moins violentes et longues tout en restant fort, c’est une mobilisation de chaque instant. Une attention qui mène droit à l’épuisement et au stress: être présent, patient, à l’écoute, encore et encore, ne pas céder aux cris et aux punitions sans cesse, laisser couler, être au dessus de ça, l’éducation positive tout ça, relativiser, expliquer, répéter encore et toujours… stop c’en est trop. Trop pour moi.

Je suis épuisée, vidée, je n’ai plus la force de supporter quoi que ce soit, et surtout pas la crise du samedi matin dès 9h parce que non il ne veut pas manger son yahourt alors oui il s’énerve et jette le tabouret par terre en criant. Je n’en peux plus des cris et des larmes, je n’arrive plus à sortir la tête de l’eau. J’appréhende le retour de l’école de mes enfants car je sais qu’il vont m’étouffer, me manger toute crue, l’un en me déversant toutes les choses négatives de sa journée et l’autre avec ces crises à répétition qui arrivent de plus en plus fréquemment. Des angoisses que je ne peux pas calmer et des crises que je ne sais pas anticiper tant elles arrivent pour « rien ».

Mes enfants sont énergivores, je sais qu’ils ne maitrisent pas toutes ces choses qui les envahissent. Les angoisses et le stress pour Petit Ado avec son TDAH, qui ne sait pas s’arrêter et qui revient à la charge 4-5 fois le soir même après un « au revoir, bonne nuit mon ange » qui devrait mettre un point final à la journée. Petit Loulou et ses émotions exarcerbées qu’il ne sait pas gérer, qui le dépassent, parce que oui un enfant à haut potentiel c’est aussi ça. Toutes les étapes de la journée peuvent/ et sont bien souvent sujet à crise: se laver les dents le matin, manger son yahourt/sa compote/sa tartine, les devoirs une fois rentré, la douche, mettre la table, manger, re-se laver les dents … tous les jours. Je sais qu’ils ne cherchent pas à me nuire, quoi que parfois je suis tellement au fond du gouffre, en souffrance, que je me demande s’il ne cherchent pas à en finir avec moi. Et là bim c’est la culpabilité qui arrive avec ses fichues grandes bottes noires, parce que, en tant que parent, on doit tenir, avancer, ne rien lâcher pour que nos enfants continuent eux aussi leur chemin.

Jusque là j’avais trouvé un échappatoire avec le sport, il me permet de me vider la tête, cela m’aidait à tenir, je laissais les ennuis derrière moi en quittant la maison, jusqu’au lendemain, chaque jour étant une nouvelle épreuve avec son lot de mauvaises surprises. Oui parce que c’est comme ça que je vis les choses désormais. Mais ça ne suffit plus, la semaine dernière j’ai craqué et je suis partie, cela fait 3 jours. J’ai bouclé ma valise et claqué la porte. Quelle vilaine mère je fais, quelle horrible personne je suis devenue pour partir et abandonner mes 3 hommes de la sorte. J’ai failli faire marche arrière et chéri-chéri m’a encouragé à ne pas me retourner. Il le fallait.

Il me faut trouver un nouveau souffle, je ne sais pas comment mais c’est vital, pour moi, pour nous tous. Ces derniers jours j’ai pu respirer, au calme, je me suis même surprise à chanter et danser, j’ai fait beaucoup de sport, j’ai lu, fait du shopping, suis allée au cinéma, seule. Quel bonheur cette solitude, je me suis sentie apaisée, LIBRE, ça faisait si longtemps, trop longtemps. Je n’ai pas envie de rentrer chez moi, j’ai tellement peur de ce qui m’attend. Il faudrait tellement plus qu’une poignée de jours pour que j’aille mieux, tellement plus…

http://www.huffingtonpost.fr/cest-la-vie/

publication du 30/05/2016

Repenser l’autisme

Site canadien L’actualité

Le plus grand souhait d'Elliot, autiste de type Asperger : « Que les gens prennent le temps de me connaître. » (Photo: Jacques Nadeau)

Le plus grand souhait d’Elliot, autiste de type Asperger :

« Que les gens prennent le temps de me connaître. » (Photo: Jacques Nadeau)

 

«Si vous éradiquez l’autisme, il n’y a plus de Silicon Valley», disent les partisans de la neurodiversité. Pour eux, il faut cesser d’organiser nos sociétés selon les seuls besoins des « neurotypiques ». Révolution en vue !

30 mai. 2016 par

Des histoires difficiles d’enfants autistes, on en entend souvent. Et pour cause. L’autisme peut être lourdement handicapant — difficulté, voire impossibilité, à entrer en communication avec les autres, parents compris, ou à vivre ses émotions ; hypersensibilité sensorielle, à la lumière, au bruit, même au simple toucher ; intérêts centrés sur un seul sujet de façon obsessive, tics de langage ou gestes répétés pendant des heures. On commence cependant à comprendre que ce n’est pas forcément l’autisme en soi qui pose le plus problème. Mais plutôt d’autres troubles qui peuvent s’y ajouter, par exemple la déficience intellectuelle, des comportements violents, de l’anxiété et des crises de panique, des colères aussi intenses qu’incontrôlables.

Mais l’autisme, «ce n’est pas que ça», insiste la directrice de la Fédération québécoise de l’autisme, Jo-Ann Lauzon. L’autisme qu’on pourrait appeler «pur» donne aussi lieu à des histoires bien moins difficiles. «Les forces des autistes apparaissent souvent après l’enfance, souligne-t-elle. Ils se montrent très logiques et ont une mémoire des faits exceptionnelle. Très ponctuels, pointilleux sur le respect des règles, ils ont un souci du détail qui va jusqu’au perfectionnisme… des qualités qui ne les mettent pas à l’abri de relations parfois difficiles avec l’entourage, entre autres parce qu’ils comprennent mal les non-dits ou le langage corporel. Si leur interlocuteur regarde sa montre très souvent, ils ne saisiront pas qu’il est pressé et qu’il faut écourter la rencontre.»

Elliot a 12 ans. Ayant reçu un diagnostic d’autisme quand il n’en avait pas encore 3, il a toujours été patiemment suivi et encadré — aidé et aimé —, à la maison comme à la garderie et à l’école qu’il a fréquentées. Aujourd’hui, il est en 6e année dans une classe ordinaire du primaire public, à Montréal.

Encadré neuro autisme

Sa mère, Valérie Jeanneret, elle-même éducatrice spécialisée en autisme dans le secteur public, a pris soin de bien expliquer à Elliot pourquoi je voulais le rencontrer. Yeux bleus, cheveux ondulés, beau garçon, Elliot se prête merveilleusement au jeu de l’interview. Pendant la demi-heure de notre rencontre, il m’impressionne, par son discours comme par sa personnalité de petit bonhomme plein de talents. «Mon plus grand souhait, me dit-il d’emblée, c’est que les gens prennent le temps de me connaître.»

Ce souhait, je l’ai entendu de tous côtés pendant mon reportage. Il pourrait se formuler ainsi : faites l’effort de comprendre les autistes et, de façon générale, les personnes dont le cerveau fonctionne différemment de celui de la majorité des gens, par exemple les personnes hyperactives ou dyslexiques, ou celles qui ont un déficit de l’attention. Tout comme il existe des cheveux blonds, noirs, châtains ou roux, ou encore des droitiers et des gauchers, il existe différentes façons de penser, de ressentir, de communiquer, de faire les choses. Il y a la façon des «neurotypiques», comme les autistes aiment parfois appeler les gens dits normaux, et celle des personnes qui sortent de cette normalité. Bref, faites l’effort de comprendre la «neurodiversité» qu’on trouve parmi les humains.

Elliot est un autiste de type Asperger, une forme d’autisme qu’on appelait parfois «de haut niveau», caractérisée par un développement normal du langage et l’absence de déficience intellectuelle. (Cette dénomination n’existe plus officiellement : on place tous les autistes dans la même grande catégorie du «trouble du spectre autistique», communément appelé TSA.) Je lui demande quelles sont ses forces. «Je suis très intelligent, assez fort en écriture, j’ai un vocabulaire très varié. Je lis des livres sur les animaux et je regarde des documentaires animaliers. Le jaguar court à 60 km/h et il est un spécialiste de la chasse en embuscade. Je connais beaucoup de choses en histoire. La Californie a été explorée vers 1529 et est devenue une province du Mexique en 1821.»

Peut-être un peu plus que la plupart des enfants de son âge, Elliot a toutefois des soucis bien à lui. Très sensible au bruit, il porte à l’occasion des coquilles sur les oreilles pour se protéger. Il doit faire des efforts particuliers pour améliorer ses interactions sociales. Très distrait, au point que traverser une rue tout seul serait dangereux, il prend un médicament pour augmenter son attention. Il a aussi été victime d’intimidation. Mais ses intimidateurs sont devenus des amis, sauf l’un d’eux, qu’il trouve «agaçant». En septembre, il entrera au secondaire, ce qui lui sourit. «Mais j’aimerais qu’il y ait des éducateurs pour empêcher le taxage», précise-t-il.

Tous les enfants autistes ne vont pas aussi bien qu’Elliot. L’éventail du TSA est large. En incluant tous les cas, des plus légers aux plus lourds, on fait le constat d’une quasi-épidémie — 1 enfant sur 94 au Canada, 1 sur 68 aux États-Unis.

En avril dernier, les artistes Louis Morissette et Véronique Cloutier ont annoncé la création de la fondation Véro & Louis, qui offrira une maison à des autistes de plus de 21 ans. (Photo: Mélany Bernier)

Comment se répartissent-ils dans cet éventail ? La neuropsychologue Isabelle Soulières, de l’Université du Québec à Montréal, note qu’on ne dispose pas de «chiffres solides». Elle estime cependant qu’il y a «probablement moins de 10 % d’autistes non verbaux», profondément enfermés dans leur silence et dans leur monde. Et qu’il y en a «probablement de 10  % à 15 % avec déficience intellectuelle, mais pas 50 %, comme on le dit parfois». Ce qui laisse une bonne place à ceux, Asperger ou pas, qui pourront vivre une vie plus satisfaisante — à condition qu’on leur fasse une place, leur place, à l’école comme dans le monde du travail.

Ce qu’on devrait faire, mais qu’on ne fait pas ? Isabelle Soulières cite les examens du ministère de l’Éducation. «Pendant toute l’année, les élèves autistes bénéficient de méthodes adaptées à leur façon d’apprendre. En français, par exemple, ils peuvent choisir eux-mêmes le thème d’un texte à écrire et le prof peut les aider à établir un plan. Mais arrivés aux examens, en maths ou en français, ils auront les mêmes épreuves que les autres. Ils ne pourront pas choisir leur thème ni se faire suggérer un plan. Et s’ils tombent sur un sujet comme “mes meilleurs amis”, ce peut être très difficile, parce que, parfois, les enfants autistes n’en ont pas. Pas étonnant qu’ils échouent, même s’ils ont acquis les notions.»

Idem pour les tests auxquels on les soumet pour évaluer leurs capacités cognitives. «Des questions ouvertes leur conviennent mal en général, alors qu’ils réussiront mieux avec des choix de réponse. Souvent, ils ne sont pas très bons dans des tâches qui demandent un jugement sur des situations de la vie courante, par exemple lorsqu’on leur demande ce qu’ils feraient s’ils trouvaient une enveloppe cachetée, timbrée et qui n’a jamais été postée. Mais certains excellent dans les tests visuo-spatiaux.» Pour la psychologue, il est donc essentiel d’adapter la façon de tester les enfants pour bien faire ressortir tout leur potentiel.

Des services, les enfants autistes en reçoivent, mais pas toujours assez ni forcément à temps. Après 21 ans, ils n’en reçoivent à peu près plus. Éric Devlin est le père d’un autiste et handicapé visuel de 23 ans, qui vit en appartement de façon autonome depuis l’âge de 19 ans. «Il n’y a rien pour l’aider à s’intégrer au monde du travail. Il fait du bénévolat chez un copain restaurateur, pour contribuer à la société. S’il recevait le moindre argent, sa prestation d’aide sociale serait coupée.»

Autisme exergue
Ce dont les autistes adultes ont aussi besoin, c’est d’être accompagnés dans leur recherche d’emploi. Action main-d’œuvre le fait avec bonheur à Montréal depuis une dizaine d’années. «Nous les aidons à obtenir un emploi et à le conserver», explique Amélie Clément, coordonnatrice des services offerts aux autistes par l’organisme. «Nous aidons aussi les employeurs à s’adapter aux particularités des autistes, à bien définir leurs tâches, éventuellement à adapter les postes de travail.»

Chaque année, Action main-d’œuvre s’occupe d’environ 150 autistes aux compétences très diverses — «certains n’ont pas commencé d’études secondaires, d’autres ont un doctorat», dit Amélie Clément. «Mais on n’a pas suffisamment investi dans ces services, ajoute-t-elle. Nous sommes les seuls à les offrir dans la métropole. Nous avons une liste d’attente de six mois.»

Autorité internationalement reconnue en autisme, directeur du Laboratoire des troubles envahissants du développement de l’hôpital Rivière-des-Prairies, à Montréal, le Dr Laurent Mottron se présente comme «un défenseur des autistes». Ce qu’ils veulent, dit-il, est tout simple : «Travailler, avoir une utilité sociale. Bien sûr qu’on peut, à l’occasion, avoir besoin d’aménagements ponctuels. Mais le plus grand enjeu, c’est de les reconnaître comme des personnes à part entière. Et d’accepter qu’ils fassent parfois les choses à leur façon. » Pour lui et pour reprendre le titre d’un de ses livres, l’autisme est véritablement « une autre intelligence».

Les mots sont des armes chargées. Ils peuvent blesser. Il faut les changer, disent les défenseurs des autistes ! Par exemple, ne dites pas «maladie», m’a-t-on expliqué, mais «condition». Pas «trouble du spectre autistique», comme le veut la nouvelle terminologie, mais tout simplement «autisme». Pas personne «atteinte» ou «souffrant» d’autisme, mais «autiste».

Un jeu de sémantique sans importance ? Pas du tout, croit Lucila Guerrero, elle-même autiste et cofondatrice d’Aut’Créatifs, un groupe qui veut «raconter l’autisme autrement». «Si l’autisme est une maladie, on voudra la guérir. Pas si c’est une condition ou une particularité. On ne cherche pas à guérir l’homosexualité, ou à guérir le fait d’être noir. Nous revendiquons notre droit à l’existence tels que nous sommes. Nous ne sommes pas d’accord avec les recherches pour un diagnostic prénatal qui viserait à éliminer les autistes.»Lucila Guerrero et son fils, Luka, tous deux autistes. La mère est cofondatrice d'Aut'Créatifs, un groupe qui veut raconter l'autisme autrement. (Photo: Jacques Nadeau)

Peintre numérique et photographe, mère d’un petit autiste de 11 ans, Lucila Guerrero est «engagée pour les droits des personnes autistes», celui notamment de prendre la parole. En 2015, raconte-t-elle, la ministre de la Santé du Canada, Rona Ambrose, avait créé un groupe de travail sur la question… sans un seul autiste. Par contre, en 2016, la ministre québécoise Lucie Charlebois a organisé un forum auquel elle a invité cinq autistes, dont Guerrero. Les choses changent, se réjouit cette dernière en martelant son message : «Ne faites rien sur les autistes sans les autistes.»

La revendication du droit à la différence est au cœur de la bataille pour la reconnaissance de la neurodiversité. Non sans humour, les autistes décrivent parfois les neurotypiques comme «des personnes atteintes d’un syndrome neurologique sans traitement connu», qui montrent «une préoccupation excessive des problèmes sociaux, un délire de supériorité et une obsession du conformisme».

L’autiste américaine Temple Grandin, professeure de sciences animales à l’Université d’État du Colorado, est connue pour ses interventions en faveur du bien-être animal ; elle a notamment réussi à faire changer les pratiques dans les abattoirs. Elle est aussi connue pour ses livres et ses conférences sur le fonctionnement du cerveau des autistes. «Je pense en images, pas en mots», dit-elle en se classant parmi les autistes «visuels photoréalistes», qui aiment les tâches manuelles, concrètes, appliquées. D’autres autistes pensent par modèles, ils sont bons en musique ou en maths. D’autres sont des «penseurs verbaux», ils savent tout sur toutes sortes de choses.

Temple Grandin est l’apôtre de la neurodiversité. «Le monde a besoin de différentes sortes d’esprits qui travaillent ensemble», plaide-t-elle. Pour elle, un monde fait seulement de neurotypiques serait bien pauvre : «Si, par magie, l’autisme avait été éradiqué de la surface de la terre, les hommes socialiseraient encore devant un feu de bois à l’entrée d’une caverne.» Elle ajoute, sur le même ton goguenard : «Si vous faites disparaître tous les autistes, il n’y a plus de Silicon Valley.»

***

Scientifique et autiste

Michelle Dawson est autiste. Et chercheuse dans ce domaine. Autodidacte, elle a fait sa place, depuis 2004, au Centre de recherche universitaire de l’hôpital Rivière-des-Prairies. Ainsi que dans la communauté mondiale, de plus en plus nombreuse, des chercheurs sur l’autisme. Elle a notamment fait un travail de pionnière sur les modes d’apprentissage des autistes. Si l’on a aujourd’hui une vision plus nuancée de ceux-ci, si l’on reconnaît leur «hétérogénéité cognitive» (leurs capacités varient considérablement d’une personne à l’autre), c’est beaucoup grâce à des scientifiques comme elle.

Michelle Dawson est en croisade contre la tendance à considérer les autistes comme des personnes à part. Cette «ségrégation» entre les autistes et les non-autistes se reflète dans tous les domaines, les politiques publiques, la politique, le droit, les médias, la médecine, l’éducation. «On refuse aux autistes les droits et standards fondamentaux que tous les autres peuvent tenir pour acquis», témoigne-t-elle, par exemple le droit au travail. Est-ce que cet état de fait va changer un jour ? «Je ne m’attends pas à ce que ça arrive de mon vivant», répond la jeune femme.

Membre de l’équipe du Dr Laurent Mottron, Michelle Dawson a reçu, en 2013, un doctorat honoris causa de l’Université de Montréal. Pour elle, cet honneur doit être partagé avec toutes les personnes qui rejettent «la conception généralisée selon laquelle les autistes ne doivent pas avoir les mêmes droits que tout le monde». Il revient aussi «aux contributions extraordinaires des autistes qui participent aux recherches sur l’autisme».

Pour en lire plus :

Voir ce texte de Michelle Dawson. Voir aussi son blogue, The Autism Crisis.

Être surdoué, une fatalité ?

Dans une interview accordée à Radio Vatican, la psychanalyste Monique de Kermadec évoque la souffrance que peut représenter le don d’une intelligence supérieure.

Les mots blessants et destructeurs à éviter dans l’éducation des enfants

PAR · 20 MARS 2016, « apprendre à éduquer »

Les parole blessantes, humiliantes, dévalorisantes ont des répercussions négatives sur les enfants, d’où qu’elles viennent (parents, enseignants, familles, autres enfants…).

Les humiliations, le dénigrement, la maltraitance verbale sont des facteurs de perte d’estime de soi, aggravent l’échec scolaire et peuvent même être à l’origine d’actes agressifs, de somatisations, de troubles anxieux ou encore de dépression (source : Pour une enfance heureuse de Catherine Gueguen).

Les étiquettes et les généralisations enferment les enfants et empêchent leur potentiel d’éclore. Les enfants s’assimilent à ce qu’ils entendent et finissent par ne plus s’autoriser à sortir de ces étiquettes.

Les mots sont donc très puissants : un mot peut complètement détruire ou complètement valoriser, d’où l’importance de bien choisir nos mots au quotidien.

En tant qu’adultes, nous avons le pouvoir de faire en sorte que les paroles que nous adressons aux enfants soient révélateurs de belles choses, plutôt qu’enfermants, destructeurs.

 

mots blessants éducationVoici une liste de mots blessants et destructeurs à éviter quand on s’adresse aux enfants (et des propositions pour trouver des mots justes et bienveillants) :

 

  • Les adjectifs dévalorisants (tu es nul) et prophéties défaitistes (tu n’y arriveras jamais)

Ces adjectifs et ces prophéties ont un effet autoréalisateur.

Un enfant risque d’intérioriser des remarques du type « Ce n’est pas un cerveau que tu as, c’est une passoire ! », « C’est pas compliqué à comprendre pourtant ! », « Je ne sais plus quoi faire de toi ! » et de se convaincre qu’il n’est effectivement pas capable d’apprendre. Les psychologues parlent d’impuissance apprise (ou de résignation acquise) car c’est à force d’entendre qu’il n’est pas intelligent, qu’il n ‘arrivera à rien que l’enfant refuse de travailler.

Les attentes et croyances sur les compétences et le potentiel d’un enfant modifient donc son évolution et ses compétences.

Pour transformer un « mauvais » élève en bon élève, comportez vous comme s’il était bon ! C’est valable en dehors de l’école : considérer que les enfants sont bons et qu’ils ont toujours une bonne raison d’agir comme ils le font change la façon dont ils se comportent.

>>> Pour aller plus loin : 20 phrases à dire aux enfants pour renforcer leur estime de soi

 

  • Le « Tu » accusateur

C’est ce que Jacques Salomé appelle la « communication klaxon » : tu, tu, tu. Quand on parle sur l’autre, on ne dit pas ce qui est touché en nous, ce qui se passe en nous. On gagnerait à parler de nos émotions et de nos besoins, à exprimer notre vécu et notre ressenti plutôt que critiquer ou accuser l’autre.

Exprimer notre ressenti passe de l’utilisation du « tu » à celle du « je» :

« Je suis démuni(e)/ triste/ inquiet(e)… quand… »

« Je suis inquiet/inquiète et c’est vrai, j’ai peur de (l’éloignement/ te perdre/ que tu aies un accident…). Je voudrais… et c’est pour cela peut-être que j’ai envie de… »

« Je suis fatigué ce soir, le bruit que tu fais m’est insupportable »

« Fais donc attention, tu vas faire mal à ton frère » deviens « je crains pour ton frère, je te demande d’arrêter de jouer de cette façon »

 

 

  • Le « On » généraux et les mots impersonnels

Utiliser « on » et des mots impersonnels entraîne une communication dépersonnalisée et froide.

Le « on » ne permet d’impliquer ni celui qui émet le message ni celui qui le reçoit. L’émetteur et le récepteur du message gagneraient tou sles deux à passer du « on » au « je ».

Nous utilisons tous fréquemment des formules comme « maman va te donner à manger, « papa va se fâcher » ou « les enfants, venez voir la maîtresse/ le maître ». Or ce discours sous-entend que nous avons besoin de jouer un rôle, d’abandonner notre « je » pour devenir papa, maman ou enseignant.

Quand nous évacuons le « je » de notre discours, l’enfant se retrouve devant une figure d’autorité et non plus devant un homme ou une femme qu’il aime. Plus nous nous investirons dans nos relations avec les enfants en tant que personne et en assumant nos « je », plus nous faciliterons la communication avec eux. Imaginez votre tête si votre enfant venait vous dire « Ton fils/ ta fille t’aime » !

 

  • Les étiquettes (tu es…) et les généralités (toujours, jamais, vraiment)

Il est plus constructif et profitable de raisonner en termes de besoins des enfants plutôt que de poser des étiquettes dévalorisantes qui mettent l’accent sur les comportements inappropriés.

Chaque difficulté de comportement chez un enfant peut être reliée à un ou plusieurs besoins non comblés.

L’empathie du parent doit se manifester pour décoder le besoin qui sous-tend la difficulté de l’enfant. Satisfaire les besoins de développement chez un enfant est une responsabilité parentale. –  Germain et Martin Duclos

Voici un tableau d’exemples pour remplacer les étiquettes par des besoins (extrait du livre Responsabiliser son enfant de Germain et Martin Duclos) :

étiquettes enfants

 

  • Les retraits d’amour et le chantage affectif

Les retraits d’amour et le chantage affectif sont les derniers retranchements des parents qui se réfugient maladroitement derrière le pouvoir absolu qu’ils possèdent (y compris le droit de privation d’amour). C’est la personnalité de l’enfant qui est rejetée en bloc et ces phrases fragilisent le lien de confiance parents/ enfants :  j’en ai marre de toi; je ne t’aime plus; si tu continues je t’abandonne; heureusement que je t’aime sinon je ne ferais pas la moitié de ce que je fais pour toi. 

 

Abstenez-vous de jouer avec les sentiments de votre enfant ! Il est important de lui dire que vous l’aimez et que vous ne pouvez pas tolérer son attitude pour autant, que vous avez besoin d’être traité avec respect. Laissez-lui la liberté d’extérioriser ses « méchantes » pensées, ses colères. Un enfant ne manquera pas de respect à un parent qui fait preuve de tolérance à son égard. Il l’aide au contraire à gérer ses émotions. – Caroline et Joseph Messinger

 

  • Le « Je te l’avais dit ! »

Quand on souligne que l’interlocuteur a tort, on ne l’aide pas à développer son autonomie et son estime de soi.

Dans ce cas, on pourrait plutôt demander comment faire la prochaine fois, voire ne rien dire du tout : c’est la vie et l’expérience vécue, interiorisée qui donne la leçon.

 

  • Le jugement et la critique

Marshall Rosenberg, fondateur de la Communication Non Violente, écrit qu’on finira toujours par payer d’une manière ou d’une autre une critique, un jugement.

Pour lui, toute critique et tout jugement viennent de besoins non satisfaits. Il serait plus efficace de s’exprimer en termes de besoins non satisfaits et d’attentes pour combler ces besoins.

 

>>> Pour aller plus loin dans la démarche de la Communication Non Violente : Introduction à la Communication Non Violente & initiation aux langages chacal et girafe 

 

  • Les suppositions, déductions ou interprétations à la place des autres

Les Quatre Accords Toltèques nous invitent à ne pas faire de suppositions mais à plutôt poser des questions et à exprimer nos émotions, nos besoins. Nous pouvons choisir d’aller chercher la vérité, de comprendre les motivations des uns et des autres, d’accueillir les émotions.

Une vidéo pour en comprendre les principes (pour les petits et les grands) :

 

  • Les conseils : « tu devrais », « il faudrait que… » et les solutions toutes faites

Selon Thomas Gordon, les conseils, les suggestions, les solutions sont souvent ressentis par l’enfant comme la preuve que les adultes n’ont pas confiance en son jugement ou en sa capacité de trouver ses propres solutions.

Ces messages peuvent créer :

  • une dépendance (les enfants ne sont pas capables de décider par eux-mêmes ce qu’ils devraient faire et cherchent toujours conseils et approbations sans oser prendre d’initiatives),
  • un sentiment d’infériorité (« pourquoi je n’y ai pas pensé ? les autre savent toujours mieux que moi ! »)
  • une attitude de rejet (« laisse moi faire tout seul »)
  • l’habitude de consacrer son temps à lutter contre les idées des adultes, ne laissant aucune opportunité pour élaborer les leurs

On pourrait à la place accueillir les émotions des enfants sans chercher à trouver une solution à leurs problèmes, leur poser des questions ouvertes pour leur permettre d’accéder à leurs propres idées, demander la permission de leur donner un conseil, leur demander ce qu’ils en pensent.

 

  • Le « mais » qui annule l’accueil des émotions

Quand on relève ce qui va bien ou quand on accueille des émotions, relever ce qui ne va toujours pas annule l’effet positif. Jeanne Siaud-Facchin écrit :

« Tu as eu 12 à ton contrôle de maths alors que d’habitude, tu as 8, tu dois être satisfait(e) ! », parfait, l’endorphine est libérée (hormone du plaisir) « … mais tu vois, si tu avais travaillé avant, tu aurais pu avoir la moyenne plus tôt ! ». Patatras, ce « mais » où vous exprimez votre déception enclenche la sécrétion du cortisol, hormone du stress, qui, plus puissante que l’endorphine, en annule tous les effets. L’enfant reste avec ce stress… et vous aussi ! C’est exactement comme si vous n’aviez jamais félicité votre enfant ! »

Inutile d’associer encouragements et réprobations afin de pouvoir bénéficier des bienfaits de l’endorphine, une vraie alliée pour l’apaisement.

 

  • L’abus de négations, d’injonctions et d’interdictions

On peut choisir nos batailles et réfléchir à ce qui motive nos refus.

Les formulations positives ont par ailleurs plusieurs avantages :

  • être mieux traitées par le cerveau des enfants car les cerveaux immatures n’entendent pas la négation (« ne touche pas » devient « touche »)
  • transformer les interdits en consignes, en règles.

>>> Pour aller plus loin :L’art de dire non aux enfants

 

  • Les mots croyances ou idées reçues pessimistes ou négatives

Des mots comme « C’est comme ça ! », « Dans la famille, on est nul en math », « La vie est dure » ou « On n’a pas le choix ! » participent à construire des idées préconçues défaitistes sur la vie.

Or les enfants naissent avec l’espoir qu’il y aura dehors quelque chose à découvrir et à faire. Les enfants humains veulent trouver des choses qui les feront grandir, qui les rendront autonomes. Réduire à néant ces attentes a un impact négatif sur leur bon développement et a un côté enfermant, qui ne conduit ni à l’éclosion du potentiel ni à une personnalité curieuse, confiante, optimiste.

 

  • La négations des émotions

Les émotions ont un rôle souvent négligé dans le psychisme humain. Isabelle Filliozat utilise l’expression « émotions guérissantes » dans le sens où c’est l’expression de l’émotion qui est guérissante.

L’émotion est une réaction physiologique de notre organisme : c’est le déluge d’hormones qui préparent notre corps et l’aident à faire face à une situation donnée.

Sans émotion, nous ne serions pas vivants. Les émotions sont des états, elles ne sont donc pas des traits de caractères. Un enfant qui pleure n’est pas un enfant pleurnichard ou faible : il pleure pour décharger la tension en lui.

L’émotion est une structure en 3 étapes :

  • la charge : quand ça monte à l’intérieur, quand on ressent les sensations corporelles liées à l’émotion (gorge sèche, rythme cardiaque qui s’accélère…)
  • la tension : on utilise l’énergie de l’émotion dans une action, une parole, un comportement
  • la décharge :  le moment où l’on pleure, crie, tremble… La décharge n’est que la 3° partie de l’émotion, c’est l’étape qui permet le retour au calme.

Quand on est face à un enfant, il s’agit alors de ne pas empêcher cette 3° étape qui est souvent confondue avec l’émotion elle-même. L’enfant a besoin de se décharger pour ne pas rester en tension. Comme cette tension n’est plus utile, elle doit pouvoir sortir du corps en s’extériorisant.

Ce n’est pas la souffrance des frustrations de l’enfance qui entraine des troubles psychiques, de la violence ou des rapports de force, mais plutôt l’interdiction de cette souffrance, l’interdiction de vivre, de verbaliser et de dire la douleur des frustrations subies, interdiction qui émane de l’éducation et des parents (sous forme d’injonctions comme « ne pleure pas », « on ne se plaint pas », « tu pleures pour ça ? », « arrête ton caprice », « c’est rien », « bouh, le bébé qui pleure », « t’es pas beau/belle quand tu pleures », « si tu te mets en colère, tu seras puni/e », «c’est pas grave »…).

Quand l’enfant n’a pas le droit d’exprimer ses frustrations, il doit réprimer ou nier ses réactions affectives, qui s’amassent en lui jusqu’à l’âge adulte pour trouver alors une forme d’exutoire déjà différente (pouvant aller de troubles psychiques mineurs jusqu’à la toxicomanie ou encore le suicide, en passant par la violence éducative ordinaire).

Ce n’est pas le traumatisme en lui-même qui rend malade mais le désespoir total, inconscient et refoulé de ne pas pouvoir s’exprimer au sujet de ce que l’on a subi, de n’avoir pas le droit de manifester de sentiments de colère, d’humiliation, de désespoir, d’impuissance ni de tristesse, ni même le droit de les vivre. – Alice Miller

accompagnement émotions enfant

 

  • Les doubles messages et les messages non alignés 

Nous envoyons parfois des messages contradictoires : « Dis bonjour à la dame ! » et « Ne parle jamais à des inconnus ! ».

Nous sommes des êtres partagés par des désirs et des peurs contradictoires et nous pouvons reconnaître nos peurs et nos sentiments ambivalents.

« C’est vrai que je suis heureux/se de ton choix de partir à Paris pour tes études. En même temps, je me fais du souci. »

 

Catherine Gueguen nous rappelle que les adultes ne sont pas les seuls en cause quand il s’agit de paroles humiliantes. Ce type de paroles prononcées par d’autres enfants ont aussi des répercussions délétères. Changer notre façon de nous adresser aux enfants pourra créer une espèce de cercle vertueux car les enfants reproduisent la manière dont ils sont traités.

Remplacer les mots non respectueux ou blessants par des mots bienveillants et valorisants a donc un double avantage :

  • renforcer l’estime de soi des enfants et assurer un développement humain sain
  • propager la communication non violente par l’exemple et la contamination