Archives mensuelles : mai 2016

13 manières d’apprendre les tables de multiplication autrement

PAR · 17 AOÛT 2015, « Apprendre à éduquer »

Je vous propose une sélection de méthodes pour apprendre les tables de multiplication autrement.

 

1. Multimalin : mémorisation efficace, rapide et ludique

Matthieu Protin, professeur des école et spécialiste des techniques de mémorisation, propose une technique simple pour mémoriser définitivement les tables de multiplication, basée sur les images et les histoires.

technique de mémorisation des tables de multiplication

Vous pouvez vous procurer la méthode des Multimalins à ce lien : multimalin.com

 

 

2. Les réglettes Cuisenaire

La méthode Cuisenaire s’appuie sur une représentation physique des manipulations mathématiques que les enfants vont faire, à travers des réglettes en bois.

Chaque réglette est de couleur différente et chaque taille correspond à un nombre.

réglettes cuisenaire

 

Avec les réglettes Cuisenaire, la multiplication devient une question : comment obtenir la même longueur qu’une réglette avec plusieurs autres réglettes d’une autre couleur ?

Par exemple, si je prends la réglette orange (qui vaut 10), combien de réglettes blanches (qui valent 1) je vais poser pour obtenir la même longueur ?

Je peux poser 10 réglettes blanches pour obtenir la même longueur qu’une réglette orange. J’écrirai alors 10 = 1 + 1+ 1+ 1+ 1+ 1+ 1+ 1+ 1+ 1.

On fera remarquer à l’enfant qu’il y a une manière plus rapide d’écrire cette égalité : c’est 10 fois le 1.

Si je pose 10 réglettes blanches pour avoir une réglette orange, ça veut dire que 10 x 1=10.

Au cours des manipulations, on laisse l’enfant essayer plusieurs combinaisons. Il y aura des nombres pour lesquels il n’y a pas de combinaisons :-).

Je vous laisse découvrir dans une vidéo courte et efficace cette autre manière d’apprendre les tables de multiplication :

 

 

3. Le tableau des apprentissages autonomes

Dans son livre Les apprentissages autonomes, John Holt propose une manière de connaître les tables de multiplicationsans les apprendre. Il insiste beaucoup sur la différence

« La meilleure façon de les connaître est de ne pas essayer de les mémoriser, une par une […] mais au contraire de se familiariser avec elles, de voir comment elles fonctionnent et de les utiliser. Au bout d’un moment, on se rend compte qu’on le connaît sans même les avoir apprises consciemment, tout comme on connaît des milliers de mots dans notre langue maternelle sans jamais avoir eu besoin de les apprendre. » – John Holt

La manière proposée est ludique et respecte le rythme de l’enfant – voir le détail ici.

apprendre tables de multiplication

On affiche une grille de 10 colonnes et 10 cases dans un endroit stratégique (par exemple, le réfrigérateur, la porte de la chambre…).

John Holt suggère de débuter avec une grille vide et de laisser l’enfant la remplir à son propre rythme, que cela prenne des semaines ou des mois. Dès que l’enfant trouve le résultat d’un produit, il le reporte dans la bonne case. Il peut en reporter plusieurs d’un coup, puis un seul ou plusieurs au fur et à mesure du temps.

L’enfant va probablement commencer par les tables « faciles » : 1, 2, puis 5 et 10.

John Holt conseille de ne pas corriger les éventuelles erreurs faites par l’enfant lors du remplissage de la grille. C’est à l’enfant de remarquer et de corriger ses erreurs et il y arrivera très bien tout seul à mesure qu’il se familiarisera avec les tables de multiplication. S’il reste des erreurs une fois que l’enfant a fini de remplir sa grille, tanpis : l’enfant sera capable de s’auto corriger lors du remplissage des prochaines grilles.

Vous pouvez imprimer ce tableau :   tables de multiplication apprentissages autonomes

 

 

4. Des applications pour téléphones ou tablettes

Ecole primaire – tables de multiplication (seulement pour Iphone et Ipad) – voir présentation ici

appli table de multiplication

Montessori Maths: Multiplication  (seulement pour Iphone et Ipad) – voir présentation ici

tables de multiplication appli

 

 

5. Tam Tam Multi max

tam tam multi max

Le jeu Tam Tam Multimax propose de reconnaître l’opération de multiplication qui va avec un des résultats de la carte et ce, le plus vite possible par rapport aux autres participants au jeu.

jeu multiplication

 

6. Le tableau de multiplication Montessori

Le tableau de multiplication consiste en un tableau avec des petits trous et des perles rouges (une centaine). L’enfant comprend que faire une multiplication, c’est mettre autant de fois le même nombre de perles. L’apprentissage par cœur se fera par la répétition des manipulations.

Plus de matériel concret inspiré de Montessori pour apprendre les tables de multiplication ici.

 

 

7. Les flash cards

Les flash cards sont des fiches cartonnées avec une question sur la face et sa réponse sur le verso. Pour les multiplications, on pourra écrire d’un côté l’opération et de l’autre le résultat.

Les enfants pourront alors s’auto corriger.

Vous pouvez les fabriquer vous-mêmes en découpant des cartes dans du carton Bristol. L’avantage est que vous pourrez cibler les tables que votre enfant ne connait pas et ainsi cibler les opérations à revoir pour ne pas le décourager en lui imposant de tout revoir.

Si vous préférez un jeu tout prêt, celui-ci reprend le principe des flash cards en ajoutant un code couleur par table pour apprendre en s’amusant :

cartatoto multiplication

Commander Jeu de 110 cartes : Cartatoto Multiplication sur Amazon.

flash cards multiplication

 

 

8. Le cercle des multiplications

Je vous propose de lire cet article sur le blog Montessorimaispasque : Mémoriser les tables de multiplication avec un matériel inspiré des pédagogies Montessori et Waldorf/Steiner.

apprendre tables de multiplication

Vous y trouverez une présentation de l’apprentissage de la table de 4 sur le principe du cercle comme dans la photo ci-dessus (une vidéo d’explication + un fichier de construction du matériel pas à pas).

9. Les dés qui multiplient

Les jeux «6×6»(pour apprendre les tables jusqu’à 6) et le «6×9» (pour apprendre les tables jusqu’à 9) sont des jeux de dés pour apprendre les tables de multiplication rapidement et en s’amusant.

Les faces de ces dés permettent de lire rapidement le résultat de la multiplication. Les créateurs de ce jeu sont français et insistent pour que leur jeu soit produit localement.  De 1 à 9, les numéros sont inscrits sur les faces des dés, dans le même ordre que les dés classiques. Il suffit de lancer les dés et de trouver le résultat de la multiplication des deux chiffres.

les dés de multiplication

Ce produit est disponible seulement sur le site des créateurs : lesdesquimultiplient.com

 

 

10. Multiplier sur les doigts pour la table de 9

On met les mains devant nous et on baisse le doigt équivalent au multiplicateur de 9 en partant de la gauche. Ainsi, si on veut multiplier 9 par 6, on baisse le 6ème doigt en partant de la gauche (soit le pouce de la main droite). On compte ensuite le nombre de doigts à gauche qui correspond au chiffre des dizaines et le nombre de doigts à droite qui correspond au nombre des unités.

 

11. En chanson, une alternative pour les auditifs

Une autre manière d’apprendre les tables de multiplication pourrait être de les réciter en chanson. L’enfant trouve un air qu’il aime bien (même si cela risque de pas forcément vous plaire à vous…) et il peut fredonner les tables de multiplication sur cet air. Cette dernière technique pourra être efficace pour les enfants qui apprennent mieux quand ils entendent et quand ils parlent. Il peut même faire le show des multiplications : chant micro en main, déguisement et danse des multiplications… parce que l’humour et le plaisir sont un bon moyen d’ancrer les informations dans la mémoire :-)

Il existe des vidéos (gratuites sur You Tube notamment) et des CD qui mettent en musique les tables de multiplication.

12. MathSumo, un jeu pédagogique

MathSumo est un jeu pédagogique des éditions Mattika qui a remporté la médaille d’or au Concours Lépine 2011 / 2012.

Le jeu est composé d’un plateau représentant les nombres de 1 à 10, de cartes et de 2 pions sumos. Les pions sumos seront déplacés sur les nombres du plateau en fonction des cartes proposées par chaque joueur.

Ainsi, si je propose la carte 20, les pions sumos seront placés sur les cases 2 et 10 (car 2×10=20) ou 4 et 5 (car 4×5=20). Les cartes représentent ainsi le produit (le résultat d’une multiplication) et les sumos sur le plateau les facteurs (quels nombres je dois multiplier entre eux pour obtenir le nombre affiché sur la carte)

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mathsumo jeu multiplication

Commander MathSumo sur Mattika ou sur Amazon.

 

13. Les multiplications sur le bout des doigts

Une petite vidéo qui explique comment retrouver toutes les tables de multiplication à partir de 5×6 sur nos deux mains :

 

L’ADULTE SURDOUÉ FACE À SES PARENTS

Arielle Adda

 Publié le  13 mai 2016 Le journal des femmes, 13 mai 2016

Quand, après de longues recherches, des tâtonnements, de rencontres pas toujours efficaces avec des personnes sensées l’écouter et l’aider, un adulte découvre qu’il fait partie des personnes douées, il se demande inéluctablement comment se comporter vis-à-vis de ses parents.

Il lui a fallu un peu de temps pour accepter cette idée, mais, avant même d’en saisir véritablement toute la portée, il songe à ses parents. Grâce à l’éclairage fourni par cette découverte, il les voit différemment, il comprend mieux des aspects, parfois surprenants, de leur comportement et il commence à s’interroger sur sa façon d’être désormais avec eux. Il aimerait se hasarder à évoquer avec le plus de tact et de discrétion possibles  l’hypothèse d’un don intellectuel qui les concernerait eux aussi.

Il faut rester d’une prudence de sioux pour tenter d’entamer sans provoquer de dégâts trop meurtriers des défenses échafaudées durant des décennies. Dans le meilleur des cas, cette révélation peut entraîner une nouvelle forme d’entente, plus subtile et complice : ce parent ou ces parents qui ont été révélés à eux-mêmes par leur enfant se réconcilient avec des aspects de leur propre personnalité qu’ils ne comprenaient pas bien, ils savent désormais pourquoi certaines personnes les hérissent et pourquoi ils se sentent si heureux avec d’autres.  Même si ces idées restent floues, s’ils refusent de se reconnaître véritablement,  une modification subtile, pratiquement imperceptible, s’opère, comme un nœud caché qui se dénouerait et c’est leur enfant qui a réussi cette transformation, en se gardant bien d’exprimer des reproches pour les dénis et les aveuglements passés dont il comprendrait finalement  les raisons. Ses parents ont bien dû être alertés par une maîtresse particulièrement perspicace et attentive, ou par un professeur appréciant les qualités de leur enfant, mais ils n’auraient, en réalité, jamais osé envisager un quelconque don intellectuel, comme si cette hypothèse ne pouvait les concerner.

C’est leur enfant, devenu adulte,  qui joue le rôle de révélateur, il peut rarement mener à bien cette œuvre sans être aidé ou, du moins, accompagné, tant cette démarche demande de subtilité, de doigté, de finesse : les places sont inversées, l’enfant accompagne son parent sur le chemin de la révélation à lui-même.

Cette révélation peut s’appliquer à tout âge, même quand on arrive au bout de son existence, le temps qui reste encore  n’a pas la même tonalité, pas la même saveur. Il faut du temps pour s’habituer à cette donnée finalement révolutionnaire. Déjà l’adulte qui a entrepris ces démarches doit réviser son existence passée à la lumière de cette donnée : ses amitiés, parfois surprenantes, le déroulement de sa scolarité, les déconvenues qu’il ne s’expliquait pas ou bien dont il se sentait coupable, en fait tous les événements qui ont jalonné sa vie et qui semblaient parfois désordonnés et chaotiques en l’absence de la grille de lecture adaptée.

Ceux qui entreprennent cette démarche peuvent d’ailleurs être au seuil de la retraite, mais ils leur reste encore de nombreuses années et ils veulent qu’elles soient les plus riches et les plus intéressantes possibles : au contraire, débarrassés des contraintes familiales et professionnelles, quotidiennes et obligatoires, qu’ils ont supportées si longtemps, ils désirent s’accomplir pleinement, heureux de s’offrir une liberté ignorée jusque-là. Tout au long de ce parcours de révélation, ils sont restés maîtres de leur destinée.

Il arrive même que ce soit grâce à leurs petit enfants, reconnus officiellement « doués »,  qu’ils passent l’histoire de leur existence au filtre de cette nouvelle donnée ; c’est alors  une découverte encore plus troublante.

La  portée de cette révélation n’est pas la même quand cette information essentielle, puisqu’elle touche le cœur même de la personne concernée, a été fournie par l’enfant qu’on a guidé, accompagné et éduqué en fonction de ses propres principes. C’est une révision profonde de l’existence toute entière au moment où on aborde la période qui voit  s’amorcer les deuils, réels ou psychologiques, les renoncements de tous ordres,  les pertes auxquelles il faut bien se résigner.

Les enfants, déjà bien adultes, se sentent pratiquement contraints de communiquer cette donnée capitale à leurs parents.  Ils ne se sentiraient pas en paix avec eux-mêmes s’ils se dérobaient, mais il est parfois difficile de trouver le courage d’affronter des réactions bien souvent prévisibles de déni, d’indignation, d’incrédulité totale ou même de colère qu’aucune démonstration ne semble capable d’entamer.

La première étape, consistant à révéler à ses parents qu’on se situe dans une partie très restreinte de la population est déjà délicate.  Des parents y voient un reproche déguisé, ils se justifient alors, parfois par de brutales dénégations, comme d’y voir une excuse maladroite pour expliquer le  parcours scolaire mouvementé et décevant de cet enfant qui leur transmet ces informations tellement perturbatrices et ils s’insurgent contre cette hypothèse les concernant, mais cette position n’est pas tenable très longtemps, sauf exceptions particulièrement entêtées, et l’idée commence à faire son chemin.  On suggère quelques lectures sous le prétexte de mieux comprendre des petits enfants, des petits neveux, des petits voisins particulièrement éveillés.

C’est un travail extrêmement lent, souterrain, cette révélation s’opère peu à peu, à l’image des vestiges d’un très ancien temps profondément enfouis et qu’on met à jour avec de multiples précautions tant ils sont fragiles.

Plonger dans un passé si lointain où les souvenirs s’emmêlent ou bien se confondent parfois  avec l’Histoire est complexe ; il arrive pourtant que cette révélation modifie radicalement la personnalité de celui qui se découvre tel qu’il est véritablement. Lire ou entendre la description fidèle de soi sous un éclairage  qu’on ignorait peut amorcer une révolution tellement profonde que la personnalité toute entière est bouleversée. Le danger le plus dévastateur serait que, seul, l’un des deux parents soient concerné, mais, dans ce cas, il y a plus souvent eu une séparation : dans un couple solide, les deux partenaires doivent fonctionner au même rythme. Malgré tout, entre deux personnes également douées  une mésentente tout aussi destructrice peut s’installer, surtout s’il y a une faille profonde chez l’un d’eux. L’étincelle qui a jaillit lors de la rencontre n’a pas été suffisamment puissante pour dissiper tous les malaises installés depuis longtemps.

Les enfants devenus plus lucides comprennent l’origine de ces désastres, ils se sentent plus forts pour les affronter, ils commencent à connaître la paix.  

Dys-moi comment t’aider

PROPOS RECUEILLIS PAR STÉPHANIE COMBE
CRÉÉ LE 10/10/2014

© Spl / Hemis.fr

Le « dys » n’a pas de déficience intellectuelle. Dyslexique et père d’une fille dyspraxique, Emmanuel Seguier témoigne de la réalité de ce handicap, à l’occasion de la 8e Journée nationale des DYS de Paris, samedi 11 octobre.

Qu’est-ce que la dyspraxie ?

La dyspraxie concerne 3 % des enfants scolarisés. C’est un trouble neurologique qui affecte la planification, la coordination et l’automatisation des gestes. Autrement dit, c’est le petit grain de sable qui, dans votre cerveau, vient gêner la programmation des gestes. Ce petit « bug » fait qu’on évalue mal les distances, et rend difficile le contrôle du muscle. Résultat : j’envoie mon bras trop fort et je renverse la carafe. Le QI est normal, mais le corps ne suit pas. Ce n’est pas une maladie, c’est un handicap. Il faut apprendre à vivre avec.

Les parents de « dys » évoquent souvent un parcours du combattant pour accompagner l’enfant. Cela a-t-il été votre cas ?

Face à un enfant dys, quel qu’il soit (dysorthograpique, dysphasique…) on bascule dans un autre monde ! Il faut oublier le rêve d’une scolarité normale, les années scolaires se multiplient, il peut même y avoir une déscolarisation. On recherche « le » bon spécialiste qui permettra de comprendre ce qu’il se passe. La quête est longue, semée d’angoisses, de doutes, de colère. Ma fille a été diagnostiquée dyspraxique à 7 ans. Comme souvent, le handicap est associé à un autre : elle est aussi dyscalculique.
Une fois le diagnostic établi dans un centre hospitalier (après souvent 2 ans sur liste d’attente…), les parents se tournent vers l’AMDPH, la Maison du Handicap, qui reconnaît le handicap et autorise des aménagements. Alors seulement, l’enfant peut bénéficier d’un ordinateur à l’école, d’une auxiliaire de vie si le budget le permet, d’exercices agrandis afin qu’il puisse déchiffrer plus facilement la consigne, de devoirs adaptés. La lecture et l’écriture demandent beaucoup plus de concentration à l’enfant dyspraxique, et le fatiguent davantage. Ma fille a aujourd’hui 18 ans ; il lui arrive de rentrer le soir et d’aller directement se coucher, épuisée par sa journée.

Quelles pistes suggérez-vous pour encourager les enfants dans leur scolarité ?

Pour accrocher les apprentissages des enfants, il faut partir de leur passion. Même s’il s’agit des tortues Ninja, comme m’a répondu un ami ! Son fils deviendra peut-être moniteur de karaté, peut-être pas, mais la passion suscite leur intérêt et les aide à fournir beaucoup plus d’efforts que d’autres pour parvenir à se concentrer.

Et au quotidien ?

Le recours à l’ordinateur est vraiment une chance pour les dys. Il y a la correction automatique de l’orthographe, on peut jouer sur l’intervalle des lettres. Les dyspraxiques se repèrent difficilement dans l’espace et sont souvent perdus dans la rue ; le GPS intégré au smartphone les aide. Les dyslexiques peuvent dicter leurs messages à leur smartphone qui les traduit en textos.

Lors de la journée nationale des Dys, vous dédicacerez votre livret intitulé Le Secret d’Alexis(éd. Tom Pousse). Pourquoi l’avez-vous conçu ?

J’ai voulu répondre aux questions que se posent les enfants, dyspraxiques ou non. Mais ils s’adresse aussi à un public plus large : enseignants, orthophonistes, etc. Il est résolument optimiste car une prise en charge adaptée aide les enfants à s’en sortir, à être « bien dans leurs baskets » et à travailler.
Les troubles « dys » sont encore très mal connus. Nous souhaitons développer les associations locales, afin de répondre aux parents désemparés, les orienter vers tel psychomotricien, tel groupe de paroles, etc. Nous cherchons aussi à développer une action nationale, afin de sensibiliser les institutions comme le grand public sur la réalité des troubles Dys.

4 à 8 % de la population souffrirait d’un trouble « dys ». Cela n’empêche pas de vivre ?

Je suis dyslexique et j’ai passé ma vie à le cacher ! L’acceptation du handicap est très lente, c’est un long cheminement… Cela fait cinq ans seulement que j’arrive à le dire ouvertement. J’aimerais témoigner aux enfants diagnostiqués « dys », parfois tentés par le découragement, qu’il n’y a pas de fatalité. Moi-même, bien que dyslexique, j’ai fait des études de lettres. L’acteur d’Harry Potter, Daniel Radcliffe, est dyspraxique. Pourquoi a-t-il été choisi parmi tant d’autres ? Je suis persuadé qu’il est arrivé au casting les lacets défaits, les cheveux en bataille et la chemise qui dépassait de son pantalon. Son handicap a fait la différence ! Le monde est vaste, immense ; ils y trouveront leur place, même si cela prendra sans doute plus du temps que la moyenne.

 

> Pour aller plus loin :

On regroupe les troubles DYS en 6 catégories :
– Les troubles spécifiques de l’acquisition du langage écrit, communément appelés dyslexie et dysorthographie.
– Les troubles spécifiques du développement du langage oral, communément appelés dysphasie.
– Les troubles spécifiques du développement moteur et/ou des fonctions visuo-spatiales, communément appelé dyspraxie.
– Les troubles spécifiques du développement des processus attentionnels et/ou des fonctions exécutives, communément appelés troubles d’attention avec ou sans hyperactivité.
– Les troubles spécifiques du développement des processus mnésiques.
– Les troubles spécifiques des activités numériques, communément appelés dyscalculie.
(Source : la Fédération française des Dys)

Cartes heuristiques ou Cartes mentales

Cartes heuristiques

Exposé présenté par Fabien Laperrière, lors des 2èmes rencontres du CRTLA de Bourgogne, à Dijon, le 23 mai 2016.
Fabien Laperrière, enseignant spécialisé dans une CLIS Troubles des Fonctions Cognitives (désormais ULIS école) en Savoie durant une douzaine d’années, a commencé à utiliser les cartes mentales en 2008 auprès d’élèves qui pouvaient tirer profit de cette manière de structurer des informations essentielles.
Cet outil a été l’occasion de proposer à des élèves une autre modalité d’organisation des idées de façon arborescente et structurée.
Ils avaient ainsi le choix entre une organisation linéaire ou spatialement organisée.

Résumé de son intervention:

Qu’est-ce qu’une carte mentale?

Il s’agit d’un diagramme ou d’une représentation visuelle structurée avec lien sémantique.
Il faut exploiter et organiser l’espace sur une feuille A4 ou A3 en utilisant un feutre par exemple.
Pourquoi réaliser une carte mentale?

Pour reformuler une lecture, constituer une information, organiser ses idées, mémoriser une leçon, présenter un exposé, effectuer une recherche sur la toile, développer sa créativité.
Pour qui?

On peut proposer la carte mentale à l’émergence d’une idée, pour la mobilisation des idées, au début, pendant l’apprentissage, en fin d’apprentissage.
Comment réaliser sa carte?

Il faut rassembler, réorganiser les connaissances, réactiver les connaissances.

Première étape au crayon avec la gomme: on note le titre au centre, on trace des liens de couleur et on note les mots clés.
On peut utiliser des images, des icônes pour un 1er 2e 3e niveau.
Qui réalise la carte ?

C’est l’usager qui doit réaliser la carte, soit à la main, soit avec un logiciel.

A la main toute la classe, même les élèves qui n’ont pas d’ordinateur…

Avec un logiciel, c’est plus facile pour organiser les idées, les bouger. On peut utiliser comme logiciel Freemind, Xmind, Freeplane…

Il faut expérimenter pour ce qui convient le mieux. Soit l’enfant préférera créer ses propres cartes, soit il optera pour une carte déjà conçue avec les idées déjà ordonnées, des mots clés, des illustrations choisies…

Exemple de cartes mentales:

https://www.facebook.com/astucespourdys/

http://www.ien-versailles.ac-versailles.fr/

http://www.ien-versailles.ac-versailles.fr/

Pourquoi je suis partie

Accompagner et vivre avec un enfant atypique demande une énergie folle, que nous devons sans cesse renouveler, tant sur le plan mental qu’émotionnel, parfois même physique selon la particularité de l’enfant, une énergie constante et durable. Pas le droit/le temps de flancher. Il faut toujours et encore répondre à des sollicitations, faire face à des crises plus ou moins violentes et longues tout en restant fort, c’est une mobilisation de chaque instant. Une attention qui mène droit à l’épuisement et au stress: être présent, patient, à l’écoute, encore et encore, ne pas céder aux cris et aux punitions sans cesse, laisser couler, être au dessus de ça, l’éducation positive tout ça, relativiser, expliquer, répéter encore et toujours… stop c’en est trop. Trop pour moi.

Je suis épuisée, vidée, je n’ai plus la force de supporter quoi que ce soit, et surtout pas la crise du samedi matin dès 9h parce que non il ne veut pas manger son yahourt alors oui il s’énerve et jette le tabouret par terre en criant. Je n’en peux plus des cris et des larmes, je n’arrive plus à sortir la tête de l’eau. J’appréhende le retour de l’école de mes enfants car je sais qu’il vont m’étouffer, me manger toute crue, l’un en me déversant toutes les choses négatives de sa journée et l’autre avec ces crises à répétition qui arrivent de plus en plus fréquemment. Des angoisses que je ne peux pas calmer et des crises que je ne sais pas anticiper tant elles arrivent pour « rien ».

Mes enfants sont énergivores, je sais qu’ils ne maitrisent pas toutes ces choses qui les envahissent. Les angoisses et le stress pour Petit Ado avec son TDAH, qui ne sait pas s’arrêter et qui revient à la charge 4-5 fois le soir même après un « au revoir, bonne nuit mon ange » qui devrait mettre un point final à la journée. Petit Loulou et ses émotions exarcerbées qu’il ne sait pas gérer, qui le dépassent, parce que oui un enfant à haut potentiel c’est aussi ça. Toutes les étapes de la journée peuvent/ et sont bien souvent sujet à crise: se laver les dents le matin, manger son yahourt/sa compote/sa tartine, les devoirs une fois rentré, la douche, mettre la table, manger, re-se laver les dents … tous les jours. Je sais qu’ils ne cherchent pas à me nuire, quoi que parfois je suis tellement au fond du gouffre, en souffrance, que je me demande s’il ne cherchent pas à en finir avec moi. Et là bim c’est la culpabilité qui arrive avec ses fichues grandes bottes noires, parce que, en tant que parent, on doit tenir, avancer, ne rien lâcher pour que nos enfants continuent eux aussi leur chemin.

Jusque là j’avais trouvé un échappatoire avec le sport, il me permet de me vider la tête, cela m’aidait à tenir, je laissais les ennuis derrière moi en quittant la maison, jusqu’au lendemain, chaque jour étant une nouvelle épreuve avec son lot de mauvaises surprises. Oui parce que c’est comme ça que je vis les choses désormais. Mais ça ne suffit plus, la semaine dernière j’ai craqué et je suis partie, cela fait 3 jours. J’ai bouclé ma valise et claqué la porte. Quelle vilaine mère je fais, quelle horrible personne je suis devenue pour partir et abandonner mes 3 hommes de la sorte. J’ai failli faire marche arrière et chéri-chéri m’a encouragé à ne pas me retourner. Il le fallait.

Il me faut trouver un nouveau souffle, je ne sais pas comment mais c’est vital, pour moi, pour nous tous. Ces derniers jours j’ai pu respirer, au calme, je me suis même surprise à chanter et danser, j’ai fait beaucoup de sport, j’ai lu, fait du shopping, suis allée au cinéma, seule. Quel bonheur cette solitude, je me suis sentie apaisée, LIBRE, ça faisait si longtemps, trop longtemps. Je n’ai pas envie de rentrer chez moi, j’ai tellement peur de ce qui m’attend. Il faudrait tellement plus qu’une poignée de jours pour que j’aille mieux, tellement plus…

http://www.huffingtonpost.fr/cest-la-vie/

publication du 30/05/2016