L’enfant qui argumente sans cesse

L'enfant qui argumente sans cesse

Diane Sabourin Diane Sabourin, 29 avr. 2016

Vers 3 ans à 5 ans, l’enfant maîtrise de mieux en mieux le langage. Il devient alors plus habile à exprimer ce qu’il veut et ce qu’il ne veut pas et à répéter les arguments qu’il entend. Ainsi, il peut s’en servir pour négocier, par exemple : « Je ne peux pas ramasser les jouets parce que ça me fatigue. » Il est également à l’affût des injustices « Pourquoi je ne peux pas manger du chocolat et toi tu en manges, papa? » Il a aussi le sentiment de ne plus être un bébé. Il veut donc décider de ce qu’il veut faire et quand!

Il est normal qu’un enfant conteste à l’occasion les règles qui lui sont imposées. Cependant, certains tout-petits le font plus souvent ou avec plus d’intensité que d’autres en raison de leur tempérament.

Quelques stratégies si votre enfant argumente

  • Reconnaissez son désir. Par exemple, s’il veut continuer à jouer lorsque c’est l’heure du bain, dites-lui : « Je sais que tu voudrais jouer encore, mais il faut maintenant aller prendre ton bain. » S’il se sent compris, il sera probablement plus coopératif.
  • Votre place de parent vous autorise à prendre les décisions sans avoir à vous justifier longuement.
  • Proposez-lui des choix. Dites-lui par exemple : « Quel pyjama veux-tu mettre? Le bleu ou le vert? » En le laissant choisir, vous lui donnez un peu de contrôle. Il aura ainsi moins tendance à s’obstiner.
  • Évitez les menaces. Dire par exemple : « Si tu ne ranges pas tes jouets, je vais les jeter » crée de la peur et de la colère chez votre enfant, ce qui ne l’encourage pas à vous écouter. De même, si vous ne mettez pas vos paroles en application, il constatera que ce que vous dites est sans conséquence et il en viendra à vous manquer de respect.
  • Évitez de marchander. Les phrases du type « Si tu t’habilles maintenant, tu auras du chocolat » apprennent à votre tout-petit qu’il peut négocier pour obtenir des privilèges.
  • Ne discutez pas trop longtemps et passez rapidement à l’action.Une fois les raisons de votre exigence expliquées, ne les répétez pas, surtout si cela concerne une routine que votre enfant connaît bien. Si vous répondez à chacun de ses arguments, il aura l’impression qu’il peut poursuivre la négociation. Dites-lui plutôt : « Tu sais très bien pourquoi. La discussion est finie. C’est moi la maman/le papa et là-dessus, c’est moi qui décide. »
  • Soyez ferme lorsqu’il s’agit de règles auxquelles vous tenez. Si vous manquez de constance, votre enfant essaiera davantage de négocier, sachant qu’il pourrait avoir le dernier mot.
  • Affrontez votre enfant au lieu d’agir sur son environnement. Par exemple, ce n’est pas en arrêtant d’amener votre enfant à l’épicerie qu’il apprendra à contrôler ses envies de sucreries.
  • Respectez-vous. Il est préférable de dire clairement ce que vous ressentez et ce que vous voulez dans le calme, plutôt que d’attendre et d’exploser en montrant vos limites. « J’en ai assez de répéter. Tu sais ce que j’attends de toi. Même si tu m’en parles encore, je continuerai à dire : « Non, c’est dangereux! » » Comme votre tout-petit doit encore se plier à beaucoup de règles et qu’il a peu de contrôle sur son quotidien, il se sent souvent frustré. Pour sentir qu’il a un peu de contrôle, il peut se mettre à contester vos décisions.
  • Voici ce que vous pouvez faire pour diminuer sa frustration et, ainsi, la fréquence des négociations.
  • Comment diminuer la fréquence des négociations
  • Faites des jeux de rôle où votre tout-petit est le parent et vous, l’enfant. Il aura peut-être envie de vous donner des ordres comme : « Viens prendre ton bain! Range tes jouets! Arrête de courir! » N’hésitez pas à répliquer comme il le ferait : « Plus tard. Ça ne me tente pas. Pourquoi je dois prendre mon bain et pas toi? » Exercer un peu d’autorité le temps d’un jeu permet à votre tout-petit de mieux tolérer les situations réelles où il subit cette autorité.
  • Réservez des moments exclusifs à votre enfant plusieurs fois par semaine, que ce soit pour jouer ou pour faire une autre activité en tête à tête. Si ses besoins affectifs sont comblés, il collaborera davantage.
  • Invitez votre enfant à dessiner comment il se sent quand il est fâché et commentez son œuvre en insistant sur l’émotion qui en ressort. Par exemple : « Ce monstre est très gros et il a l’air vraiment fâché. Il fait peur! » Vous offrez ainsi à votre tout-petit un moyen d’exprimer et de canaliser des émotions difficiles.

 

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Une réflexion au sujet de « L’enfant qui argumente sans cesse »

  1. chdaclin

    super
    distinguer ce qui est une règle qui peut donner lieu à une négociation (on va à la boulangerie de la rue machin ou à la boulangerie de la rue truc ?), de règles pour lesquelles on ne peut ni négocier, ni discuter dans l’instant : on s’arrête avant de traverser la rue.

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