Comment élever un enfant surdoué?

L'Express, Par , publié le 12/05/2015 à 07:00

Les enfants surdoués ont parfois des difficultés à entrer dans le moule de l'école.

Pour de nombreux parents, le diagnostic « enfant précoce » ressemble à une bonne nouvelle. En réalité, il annonce aussi beaucoup de complications, sur le plan scolaire comme relationnel. Le point sur les défis à relever pour permettre à un enfant surdoué de s’épanouir au mieux.

La précocité intellectuelle se détecte généralement vers 5-6 ans lorsque l’enfant évolue dans un environnement scolaire et peut passer des tests. Le diagnostic de la précocité enchante les parents autant qu’il les effraie. « Lorsque nous avons appris que nos doutes étaient confirmés pour notre aîné surdoué, cela nous a surtout paniqués. Cela voulait dire qu’il était différent, ce qui en soit n’est pas une bonne nouvelle dans notre société », explique Anne-Laure, maman de deux enfants.

En effet, « la précocité laisse supposer des capacités intellectuelles très importantes, un potentiel. Mais ce n’est pas magique. L’enfant doit apprendre à s’en servir, amasser des connaissances comme les autres. Cette croyance du génie « inné » induit un regard destructeur envers les enfants précoces.

Ils dégagent une image de performance et à la moindre faille, les autres les jugent avec plus de sévérité », explique Laurence Lalande, co-fondatrice de La Loupiote, une école Montessoridans le Var,dédiée aux enfants surdoués, et auteur de l’ouvrage Réconcilier l’enfant surdoué avec l’école.

Protéger l’enfant

Faut-il alors cacher le diagnostic à l’entourage plutôt qu’exposer l’enfant à ce regard ambigu? « C’est 50/50. Le QI (Quotient Intellectuel) élevé peut être tourné en dérision et porter atteinte à la confiance en soi de l’enfant. Mais il peut aussi aider les autres à comprendre qui ils ont en face d’eux. Je dirais qu’il faut choisir les personnes à qui on confie cette information. A l’école par exemple, il me semble crucial de partager le diagnostic avec le corps enseignant », résume l’experte. D’autant que certains professeurs, par manque de connaissances sur le sujet, pourraient passer à côté du problème.

Des enfants plus exposés à l’échec scolaire

Curiosité, impatience, aversion pour l’effort et la répétition: les enfants précoces ont vite fait d’être catalogués « mauvais élèves« . L’AFEPexplique d’ailleurs qu’un tiers seulement d’entre eux font des études supérieures. Leur perfectionnisme est même souvent interprété à contre-sens.

« Je me souviens d’un élève qui préférait laisser des fautes d’orthographe dans son texte plutôt que faire des ratures. Ou d’un autre qui pleurait lorsqu’il avait 19/20, ce qui provoquait la moquerie. Alors que pour lui, il s’agissait d’une réelle souffrance, un point lui avait échappé, preuve qu’il ne maîtrisait pas tout « , reprend Laurence Lalande.

S’effacer pour plaire aux autres

Résultat, l’enfant se sent mal jugé en permanence. « Cela peut le pousser à ‘pactiser’ avec les autres pour se faire accepter. C’est à dire adopter le comportement qu’on attend de lui », analyse la spécialiste. Une situation qui peut, si on ne surveille pas les fréquentations, mener jusqu’au harcèlement.

Hélène, maman d’un petit garçon au QI très élevé, confirme: « J’ai peur qu’il se fasse avoir avec les autres. Il veut se faire aimer à n’importe quel prix dans la cour de récré. Il adopte les codes des autres. C’est un vrai caméléon. » « Mon propre fils a vécu cette situation. Il avait des tas d’amis jusqu’à ses 18 ans. A cet âge, il a décidé d’arrêter de jouer la comédie et a envoyé balader presque tout le monde », témoigne l’experte en tant que maman.

Le risque de l’isolement

« Il y a un vrai décalage avec les autres enfants. J’ai coutume de dire que les enfants surdoués voient en 3D et les autres en 2D. Ils peuvent alors s’intéresser à des détails que personne n’aura remarqué », explique l’auteur.

Autre caractéristique qui n’aide pas à se sociabiliser: l’hypersensibilité. La réaction des enfants face à ces différences est souvent l’exclusion. Les enfants précoces peuvent donc connaître plus de conflits en groupe. « Il faut que cette rage au ventre sorte », résume Laurence Lalande. D’autres, question de caractère, vont souffrir de solitude, se replier sur eux- mêmes et s’inventer des copains imaginaires le temps de trouver un équilibre.

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