L’échec scolaire des surdoués : pourquoi ?

Le journal des femmes, chronique d’Arielle Adda

On s’étonne toujours de voir des enfants manifestement très intelligents en échec scolaire. les causes en sont multiples, les découvrir permet d’aider ces enfants en perdition.

Des débuts tout à la fois faciles et décevants

Le plus souvent, l’enfant doué est enchanté d’entrer à l’école : il va découvrir quantités de nouveautés,  trouver des réponses à ses incessantes questions, une maîtresse savante et gentille va le guider sur cette route attirante.

Pourtant, il est parfois déçu : les autres enfants n’ont pas les mêmes intérêts que lui, ils  ne parlent pas de la même façon et semblent même ne pas comprendre ses questions : comment marche l’univers ? Pourquoi la vie ? Pourquoi la mort ? Ces interrogations, essentielles pour lui, restent étrangères aux autres et elles embarrassent visiblement la maîtresse. L’enfant doué se résigne et joue avec ardeur, puisque c’est la seule activité qu’on lui propose. On dit alors « il ne pense qu’à jouer ».

Dès ce moment, il commence à ignorer tout effort : pour un enfant doué, comprendre, c’est savoir, on ne l’incite pas à travailler davantage puisqu’il obtient de bons résultats. Ses parents se réjouissent d’ignorer les tracas causés par les enfants qui peinent à suivre et ils profitent de ce temps disponible pour lui proposer des activités distrayantes, enrichissantes et gaies où il peut se faire des amis partageant ses centres d’intérêts.

Le piège de la facilité

L’enfant doué estime tout naturel de lire une leçon et de la savoir, de prendre juste le temps de rédiger ses devoirs, mais certains ignorent résolument  tout travail et se fient à une aisance qui ne les trahit jamais et leur permet de réussir un contrôle qu’ils n’ont même pas révisé. On dit : « travail satisfaisant, mais peut mieux faire ».

Durant de longues années, il va présenter cette attitude distraite, mais aussi parfois empreinte d’un ennui pesant quand il a l’impression d’entendre des données qu’il pense connaître depuis toujours :  il les a glanées au fil de ses lectures, des émissions, des conversations entendues. Il ne comprend même pas comment on peut être un mauvais élève, puisque c’est si facile de se maintenir à un bon niveau, sans prendre la moindre peine. D’ailleurs, s’il veut conserver des amis, il est préférable de ne pas dépasser outrageusement les autres élèves,  il n’est jamais bon d’occuper une place à part : l’enfant doué que l’on considère comme un « martien » ou autre » extra-terrestre »  est seulement maladroit dans ses relations sociales. Il a cette faiblesse, commune à la plupart, de penser que les autres sont semblables à lui, qu’ils vont comprendre ce qu’il dit et sont toujours prêts à engager une discussion stimulante et passionnée.

Dans tous les cas, arrive un moment où cette aisance ne fonctionne plus, généralement au collège, mais aussi au lycée et, plus dramatiquement, en classe préparatoire : il devient impossible d’apprendre un cours simplement en le lisant, de développer une démonstration en mathématiques, parce que la réponse s’est imposée d’elle-même sans les étapes qu’on demande de décrire, et surtout de se contraindre à passer des heures à rédiger des devoirs ou préparer des exposés : jusque-là quelques instants d’intense concentration suffisaient.

Cette aisance tellement agréable s’est transformée en un piège terrifiant : l’adolescent pense avoir perdu tout pouvoir, toutes ses qualités se sont effacées, son image, reflétée par ses notes devenues catastrophiques,  s’est fracassée, il plonge dans un désarroi si profond qu’il pourrait s’y engloutir si on ne venait à son secours en lui révélant qu’il existe des méthodes de travail, efficaces et accessibles.

Une question de chance

Son avenir tout entier est entre les mains de ceux qui s’occupent de lui : si on pense qu’il a atteint ses limites et que cette intelligence si vive n’était qu’un éclair passager, il ne protestera pas,  tant il est accablé, et il sera orienté dans une voie courte où quelques semblables flotteront comme lui dans un brouillard effaçant leurs rêves d’accomplissement afin de ne pas trop souffrir. Ils resteront toujours en deçà de leurs capacités, à moins de trouver une passion leur permettant de se dépasser et de donner enfin le meilleur d’eux-mêmes.

Ceux qui sont dotés d’un caractère bien affirmé, volontiers qualifié de « mauvais caractère » ne supportent pas cette soudaine faiblesse, ils puisent en eux des forces inconnues et retrouvent leur brillant : le perdre était inconcevable.

Enfin ceux qui ont la chance de se trouver dans un environnement attentif leur procurant toutes lesaides nécessaires sauront se reprendre et poursuivre leur route prometteuse.

Il est donc essentiel de donner aux enfants doués le goût de l’effort dès leur plus jeune âge, c’est-à-dire dès la Maternelle, en les faisant travailler leur points faibles, en les incitant à exercer leur mémoire, en les entraînant à faire leurs devoirs sans traîner pour éviter les étourderies provoquées par l’urgence.

C’est alors qu’ils pourront exploiter pleinement leurs talents pour leur plus grand bonheur.

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Crédit photo : Jacek Chabraszewski – Fotolia.com

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