Archives mensuelles : août 2016

La roue des choix pour apprendre aux enfant à résoudre les conflits

Kaléidoscope Kids ArlonKaleidoscope kids

Cette roue des choix inspirée de la discipline positive (Jane Nelsen) offre aux enfants la possibilité d’apprendre à gérer les conflits sans violence.

Les adultes peuvent aussi l’utiliser. 🙂

roue des choix conflit

Quelques solutions pour sortir d’un conflit et créer votre propre roue des choix :

  • Dire « stop »
  • Changer d’activité
  • Partager un jeu
  • Décrire ce que je vois sans juger
  • S’éloigner
  • Compter jusqu’à 10 en respirant
  • Demander pardon
  • Se souvenir d’un moment positif ensemble
  • Dire ce que l’on ressent : « je ressens de la colère »
  • Demander directement ce que nous voulons
  • Chuchoter
  • Partager
  • Dire « je réfléchis et je te réponds dans 5 minutes »
  • Proposer une réflexion commune : « essayons de trouver une solution qui nous convienne à tous les deux »
  • Marcher ou courir (pour évacuer le stress et clarifier les pensées)
  • Sourire
  • Boire lentement un verre d’eau
  • Ecrire ou dessiner ce que vous voulons
  • Demander de l’aide auprès d’un adulte

Voici des livres pour aider les enfants à résoudre les conflits (cliquez sur l’image pour accéder à la chronique).

source papa positive

Comment aider un enfant précoce (HP) à réussir à l’école ? (pour les parents et les enseignants)

Blog « apprendre, réviser, mémoriser » 13 août 2016

enfants hp réussir école

Pour Monique de Kermadec, psychologue et psychanalyste (spécialiste de la précocité des enfants et des adultes), il n’y a pas de recette générale pour accompagner un enfant précoce. Le QI ne fait pas tout.

La réussite pour les enfants précoces

Les freins à la réussite

Il existe des freins qui peuvent empêcher l’enfant précoce de réussir car la précocité peut s’accompagner de troubles de l’apprentissage (dyslexie, dyspraxie…), d’hyperactivité, de troubles de l’attention, de troubles du spectre autistique (syndrôme Asperger…).

On peut être précoce et avoir besoin de rééducation, de psychomotricité, de méthodes, de soutien scolaire.

enfants précoces

Les enfants précoces n’ont pas forcément développé des méthodes de travail efficaces ou des résistances à la frustration qui leur permettent de persévérer malgré les difficultés.

 

Les facteurs de réussite (à l’école ou ailleurs)

  • Avoir un projet (à quoi va me servir l’école ?)
  • Avoir un talent
  • Avoir de l’énergie, de l’endurance
  • Être persévérant
  • Avoir une bonne intelligence émotionnelle
  • Avoir une bonne intelligence relationnelle
  • Avoir de la chance (parfois 🙂 )

 

Mieux comprendre les enfants intellectuellement précoces pour mieux les accompagner

Parents et enseignants : 3 questions à se poser pour accompagner les enfants précoces

1. Quels sont les atouts intellectuels de l’enfant ?

Ce n’est pas la mesure du QI qui compte (rien ne sert de vouloir faire « monter » le chiffre de QI)

2. Quels sont les forces et les vulnérabilités de l’enfant ?

3. Quelle est la personnalité de l’enfant ?

Le cerveau fonctionne toujours avec la personnalité – Monique de Kermadec

Les traits de personnalité spécifiques des enfants précoces

  • L’hyper sensibilité
  • L’intensité
  • La pensée complexe
  • L’hyperperception
  • Le perfectionnisme
  • L’originalité

Chaque enfant précoce va avoir certains traits plus développés que d’autres.

 

2 intelligences fondamentales pour la réussite non reconnues par les tests de QI

  • L’intelligence émotionnelle

Etre doté d’une intelligence émotionnelle, c’est être conscient de ses émotions, pouvoir les nommer et les apprivoiser. Certains enfants précoces sont débordés par leurs émotions et ne savent pas pourquoi ils éprouvent telle ou telle émotion, à quoi cette émotion sert.

Le rôle des parents est d’accompagner l’éducation émotionnelle des enfants, en particulier celle des enfants précoces.

  • L’intelligence relationnelle

L’intelligence relationnelle (ou sociale) permet de détecter ce qui se passe chez l’autre pour adapter une réponse. Certains enfants précoces ne tiennent pas compte de ce qui se passe émotionnellement pour l’autre car ils n’ont pas appris à décoder certains signes.

 

Le rôle fondamental d’accompagnement des adultes (parents et enseignants)

Les parents : un défi au quotidien !

L’intelligence cognitive a une part héréditaire. En revanche, les intelligences relationnelle et émotionnelle se travaillent. On peut accompagner les enfants à anticiper les conséquences de ses choix :

  • qu’est-ce que tu aurais pu faire ?
  • quelles en auraient été les conséquences ?
  • qu’est-ce que tu aurais pu partager avec cet enfant ?
  • comment est la relation avec cette personne ?

La douance peut être un allié ou un handicap au cours de ce travail.

Si vous voulez faire un cadeau à votre enfant, commencez par la famille : on parle, il y a des jeux de société, des émissions qu’on peut regarder ensemble, des voyages qu’on peut faire ensemble.

Les enfants précoces identifient très rapidement les double discours, les incohérences chez les adultes.

modèles des parents

En tant qu’adultes, nous pouvons montrer que nous faisons des efforts, que nous échouons et apprenons tous les jours.

La notion de différence a besoin d’être abordée avec les enfants.

 

L’importance du projet personnel pour la réussite scolaire des enfants précoces

Les adultes pourront d’autant mieux aider, accompagner, soutenir, guider et motiver les enfants précoces qu’ils comprennent leur fonctionnement et leurs intérêts.

questions réussite

1. Quelles sont mes forces ?

C’est être conscient de ce qu’on sait bien faire et de ce qui est difficile.

2. Qu’est-ce qui me fait plaisir ?

On ne peut pas travailler à quelque chose qui ne nous procure pas de satisfaction.

3. Qu’est-ce qui donne du sens à ma vie ?

Les enfants précoces posent beaucoup de questions pourquoi ? en quête de sens.

 

SOMMEIL de l’ENFANT: L’apnée associée à un risque multiplié par 5 d’hyperactivité (TDAH)

Actualité publiée le 30-03-2013

Les enfants souffrant d’apnée du sommeil ont un risque plus élevé de troubles du comportement, d’hyperactivité et d’apprentissage, révèle cette étude de l’Université de l’Arizona. Ces conclusions, publiées dans l’édition d’avril de la revue Sleep, de l’American Academy of Sleep Medicine, incitent les professionnels et les parents à repérer ces troubles respiratoires du sommeil chez l’Enfant et le cas échéant à les faire traiter.

C’est une augmentation du risque de Trouble de déficit de l’attention / hyperactivité (TDAH) ainsi que d’autres troubles d’adaptation et d’apprentissage qui est constatée par cette étude de cohorte qui a suivi durant 5 années 263 enfants âgés de 6 à 11 ans, pour déterminer la prévalence et l’incidence des troubles de l’apnée et leurs effets possibles sur le fonctionnement neurologique. Le sommeil de ces enfants a été suivi et ils ont « subi » toute une série de test d’évaluation.

Les résultats montrent que,

  • l’apnée chez l’enfant n’est pas rare : 23 enfants donc près d’un enfant sur 10 a développé un syndrome d’apnée au cours de la période de suivi et que 21 enfants ont présenté une apnée du sommeil persistante tout au long de l’étude. 41 autres enfants qui présentaient ce SAOS au départ de l’étude ne souffrent plus de ce trouble au bout des 5 ans de suivi. N.B., selon les statistiques de l’American Academy of Sleep Medicine, l’apnée obstructive du sommeil est diagnostiquée chez environ 2% des enfants en bonne santé.
  • Le risque de troubles du comportement est 4 à 5 fois plus élevé chez les enfants souffrant d’apnée du sommeil et jusqu’à 6 fois plus élevé chez les enfants qui ont une apnée du sommeil persistante.
  • Comparativement aux enfants qui n’en ont jamais souffert, les enfants atteints d’apnée sont également plus susceptibles d’avoir des parents qui ont signalé des problèmes d’hyperactivité, d’attention, de comportements « perturbateurs » et de troubles de la communication sociale. Enfin, les enfants souffrant d’apnée du sommeil persistante sont 7 fois plus susceptibles d’avoir des parents à troubles de l’apprentissage.

 

L’étude fournit ainsi des informations utiles aux professionnels de santé et de la petite enfance ainsi qu’aux parents, en particulier à eux qui ont également connu des troubles de l’apprentissage, du comportement ou de la communication. Des résultats précieux également pour les professionnels en santé scolaire, en première ligne pour repérer chez le petit enfant,  l’hyperactivité, les difficultés d’apprentissage et les troubles comportementaux et émotionnels dans la salle de classe.

Source: Sleep (à paraître) via Eurekalert (AAAS) Children with sleep apnea have higher risk of behavioral, adaptive and learning problems (Visuel © S.Kobold – Fotolia.com)

Lire sur l’Apnée, le TDAH

 

Focus sur la douance avec Alexandra du blog « Les Tribulations d’un Petit Zèbre »

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Alexandra est l’auteur du blog « Les Tribulations d’un Petit Zèbre », où elle traite de la douance et  » Les Tribulations d’une Aspigirl » qui aborde le Syndrome d’Asperger. Et elle sait de quoi elle parle ! Son garçon, Elijah, 12 ans, a été identifié EIP, enfant intellectuellement précoce, à l’âge de 4 ans et quand à elle, le diagnostic du syndrome d’Asperger a été identifié à ses 29 ans.

Alexandra, parlez-nous du blog « Les Tribulations d’un Petit Zèbre » ? 

Le blog a vu le jour au début 2009. Mon fils venait, quelques semaines plus tôt, d’être identifié à très haut potentiel intellectuel ; il avait 4 ans. De mon côté, je ne connaissais strictement rien du monde de la douance, ni à la psychologie à ce moment-là.

J’ai par conséquent brièvement recherché sur Internet de quoi il retournait lorsqu’on parlait d’enfants surdoués, alors qu’il passait ses tests ; et ce que j’ai entrevu à l’époque m’a estomaquée. Ce n’était qu’une succession de sites plutôt médiocres, laids, sombres, qui dramatisaient le surdouement et en faisait une croix à porter. Ou à l’inverse des forums de parents, à l’ambiance de compétition malsaine. J’ai vraiment espéré à ce moment précis que mon garçon ne soit pas de ces enfants-là, car ce que je venais d’apercevoir était plus pathétique qu’enchanteur ! En tous cas, cela ne nous correspondait pas, du tout, dans la manière de regarder notre fils et de l’éduquer.

Mais comme je l’ai écrit dans mon livre, Les Tribulations d’un Petit Zèbre. Episodes de vie d’une famille à haut potentiel intellectuel, paru début juillet 2016 chez Eyrolles, « On ne choisit pas qui l’on est. On est, c’est tout ». Aussi, lorsque le verdict est tombé, trois semaines plus tard, ce fut un grand choc pour moi. Au point d’en perdre ma voix.

Bien décidée à ne pas accepter ce que l’on me servait comme « vérités » tristounettes et beaucoup trop théoriques sur ces sites, j’ai pris le taureau par les cornes et j’ai très vite lu tout ce que je pouvais trouver sur le haut potentiel intellectuel, en français comme en anglais. Le blog s’est imposé à moi, comme une évidence. Quant à son nom, il se voulait décalé, doux et pacificateur, en dehors des querelles sémantiques, aussi nombreuses que stériles. Zèbre étant un terme de substitution au sulfureux surdoué, inventé quelques années plus tôt par la psychologue Jeanne Siaud-Facchin. Sa volonté d’apaiser, de sortir de ces batailles inutiles autour des mots correspondait bien à mon désir de créer quelque chose d’inédit dans ce domaine, qui ne ressemble à aucun autre site, mais qui soit pleinement à l’image de ma famille rayée.

Et les « tribulation d’une Aspigirl » ?

J’ai été dans un premier temps été identifiée à très haut potentiel intellectuel, à 29 ans, suite au bilan de mon fils. Puis trois ans plus tard, diagnostiquée comme présentant aussi le syndrome d’Asperger. La révélation s’est imposée à moi en 2009 lors de la lecture, par hasard, du livre de Daniel Tammet « Je suis né un jour bleu », mais il m’aurait fallu attendre relativement longtemps entre le début de mes démarches auprès du CRA (Centre ressources autisme) de notre région, et le moment du bilan-diagnostic.

J’avais un peu parlé de tout cela sur quelques billets de Tribulations d’un Petit Zèbre, mais recevais de très nombreuses demandes par e-mails et MP (via Facebook) de personnes se questionnant sur le syndrome d’Asperger. L’idée a pris du temps à cheminer et puis je me suis décidée, fin 2013, à créer ce second blog dédié au SA, en particulier lorsqu’il est décelé à l’âge adulte, afin d’aider plus efficacement les lecteurs qui s’intéressaient au sujet.

Quelle maman êtes-vous ?

Mon fils a toujours été ma priorité, parce que je considère qu’avoir un enfant est la plus belle chose qui me soit arrivé dans la vie. Mais cela impliquait à mes yeux de l’accompagner pleinement, et donc, de tout organiser dans notre quotidien pour être disponible pour lui.

Je n’ai qu’un enfant, par choix, et j’étais moi-même fille unique. Ayant grandi à l’étranger auprès de parents originaux qui ne se formalisaient pas de mes innombrables « bizarreries », j’ai eu beaucoup de libertés, et j’ai me semble-t-il transmis ces valeurs à mon zébrillon.

Depuis sa naissance, j’ai toujours été une maman très instinctive et à la fois très tranquille quant à son rythme de développement. Je n’ai jamais été rigide ou directive sur ses goûts, ses apprentissages ou ses activités. Ce qu’il voulait ou aimait, il était libre de le faire, autant qu’il le souhaitait. Rien ne m’étonnait jamais, ou ne me posait souci, même lorsqu’il semblait aller bien plus vite – ou plus « loin » – que ses copains d’école par exemple.

A mes yeux, chaque enfant avance a sa cadence et selon sa personnalité propre, aussi il ne me serait jamais venu à l’esprit qu’il puisse être surdoué. Il était tout ce qu’il y a de plus normal, dans mon monde : il cadrait avec mes points de référence, correspondait à ma norme.

Le faire bilanter (c’est à dire lui faire consulter un psychologue pour passer des tests) fut le fruit de l’insistance durable de ma mère, qui est enseignante. Et le choc des conclusions a été immense. J’ai subitement compris qu’il était hors norme, au vrai sens du terme, mais que j’avais moi-même été une enfant intellectuellement précoce. Ces tests nous ont mis en main une nouvelle carte du territoire, et ont bouleversé notre vie, à tous les trois.

Comment va votre fils Elijah ?

Il va bien ! Il a aujourd’hui 12 ans et s’apprête à entrer au lycée en septembre, en classe de seconde !

Il a vécu des choses difficiles, au collège notamment où il est arrivé en 6ème à 9 ans, avec déjà deux sauts de classe derrière lui (celui du CP, puis du CM1). Les souffrances et les incompréhensions ont été telles que nous avons pris la décision en fin de 5ème de le scolariser une année entière à domicile. L’idée étant que l’inscription au CNED et la troisième accélération lui permettraient de souffler, de se tenir à distance des interactions sociales vraiment très délicates pour lui à cette période qui étaient en train de le détruire. Parvenir à le remobiliser et en finir avec le collège, voilà ce que nous visions.

Il est souvent une période très compliquée pour les garçons intellectuellement doués (souvent les filles surdouées craquent plutôt à la période du lycée). Mais il n’est pas simple de se relever d’agressions (dans son cas, physique comme verbales), de tourner la page du harcèlement, d’oser de nouveau aller vers les autres sans craindre qu’ils nous blessent ou nous attaquent. C’est un travail de longue haleine !  Reprendre confiance en soi demande du temps, de l’amour et des soutiens.

Aujourd’hui Elijah est véritablement heureux, et même impatient, de retourner en classe ! Il attend beaucoup de cette rentrée et espère que ses camarades de seconde seront plus matures, et tout simplement plus accueillants que les collégiens qu’il a croisé. Comme chaque année, il passe son été à buller. Que ce soit dans la piscine, en lisant, en faisant des petits séjours chez ses grands-parents dont il est très proche ou en jouant (étant un gamer depuis déjà quelques années). Mais je le sens plus confiant, plus serein aussi que les étés précédents. Et rien que pour cette raison, je ne regrette pas notre choix de le protéger durant l’année qui vient de s’écouler.

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Quelles sont les principaux challenges des enfants « Très haut potentiel intellectuel » ?

Il y a tellement de profils différents qu’il serait particulièrement réducteur de donner un portrait fermé des enfants (T)HPI !

Comme je le développe dans mon livre, certains EIP ont des difficultés sociales, d’autres pas du tout ; certains détestent l’école, d’autres y brillent ; certains sont gauches et peu intéressés par le sport, d’autres s’y épanouissent ; certains sont exubérants, d’autres se fondent dans la masse, etc. La douance est une caractéristique qui n’entame en rien l’unicité de l’individu, chaque surdoué est un cas d’espèce.

Il faut aussi bien comprendre qu’elle sera vécue de manière très différente selon qu’elle soit ou non associée à ce que l’on appelle des comorbidités, comme destroubles des apprentissages (DYS), un trouble déficitaire de l’attention, avec ou sans hyperactivité (TDA/H), un trouble du spectre autistique (TSA). Elles vont pouvoir donner un profil cognitif dit hétérogène, c’est à dire avec des scores inégaux et largement minorés dans certaines sphères explorées par les tests, du fait de ces troubles.

De plus, la manière dont les adultes autour d’eux, au sens large (parents, famille, amis, enseignants, encadrants dans les activités extra-scolaires) perçoivent le surdouement et regardent l’enfant conditionnera la façon dont ce dernier vivra son haut potentiel intellectuel !

Cependant, par delà les différences on trouve également des caractéristiques communes, qui devraient être autant de chances, mais sont malheureusement régulièrement transformées en difficultés par un environnement non-adapté, par un déni de l’entourage. Comme une pensée fulgurante et très riche, qui fonctionne par associations d’idées, telle une arborescence qui peut être difficile à contenir, voire à mettre sur pause (y compris la nuit). Ou encore une sensibilité exacerbée qui fait vivre des montagnes russes émotionnelles aux personnes (T)HPI. C’est l’hypersensibilité, souvent confondue par les non-connaisseurs avec un manque de « maturité » (mot fourre-tout qui est malheureusement souvent opposé aux parents et aux psychologues qui suivent ces enfants lorsqu’ils demandent un saut de classe).

Cette sensibilité extrême s’exprime également au niveau des sens, leur faisant repérer et/ou ne pas supporter bien plus vite et plus fort certaines odeurs, textures, matières. Cette hyperesthésie passe régulièrement, de l’extérieur, pour des caprices, pour la conséquence qu’un manque d’éducation des parents. Pourtant, il n’en est rien.

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Parlez-nous de votre livre ! 

Je suis fière d’avoir suscité l’intérêt de grandes maisons d’édition, et honorée de la confiance qu’Eyrolles a placée en moi en publiant un livre (disponible ici) que j’ai véritablement écrit et construit à mon image. Celle que j’ai imposé sur le blog depuis plus de sept ans.

C’était important à mes yeux que les lecteurs habitués du blog retrouvent tout ce qui en fait son originalité et son caractère, et en même temps, que ce soit un vrai livre écrit avec soin. J’ai longtemps hésité avant de sauter le pas, je m’en explique d’ailleurs dans un chapitre de l’ouvrage, avant de souligner que : « pour que les choses puissent changer, il faut oser parler et s’exposer ».

Je ne doutais pas que conter notre histoire, humblement, avec les hauts comme avec les bas que nous avons connus au fil des années pourrait aider des familles, des adultes qui ne sont pas forcément connectés ni plongés dans le monde du surdouement. Mais nourrissais également l’espoir de contribuer à faire bouger les lignes du côté des enseignants qui liraient nos péripéties ! C’est aussi l’un de mes objectifs.

Connaissez-vous la société Hop’Toys ?

Bien sûr, c’est un site que je connais et conseille depuis quelques années à des lecteurs qui m’écrivent, également via mon second blog, Les Tribulations d’un Aspergirl, consacré au syndrome d’Asperger, une forme d’autisme que je présente.

Je suis devenue une conseillère zélée de vos colliers et autres accessoires à mâcher qui sont source de soulagement pour les enfants avec troubles autistiques, comme chez ceux d’enfants surdoués ou avec un TDA/H. Ces objets aident et rassurent véritablement les enfants très anxieux… et puis ils sauvent chaque année des centaines de stylos, crayons et câbles de casque audio !

Un mot pour conclure ? 

J’aimerais que les différences, quelles qu’elles soient, puissent enfin être acceptées dans notre société française. Pour que ces enfants exceptionnels, comme vous les qualifiez chez Hop’Toys, soient regardés comme des enfants à part entière, et non plus des enfants que l’on exclue, que l’on regroupe ensemble et dont on se débarrasse, finalement.

Je plaide, sur mes blogs comme dans le livre, pour une école inclusive, qui accueille en son sein tous les élèves, sur un pied d’égalité. En considérant et en respectant leurs différences, mais surtout, en les acceptant, sans les juger ou chercher à les gommer.

Mon message se veut positif, et confiant. En dépit de toutes les difficultés que nous pouvons tous rencontrer en tant que parents, je suis persuadée qu’il faut y croire et ne pas baisser les bras. Nos enfants ont besoin de nous, car nous sommes leurs meilleurs alliés.

Les enfants « dyspraxiques », poissons-pilotes du numérique ?

article_dys       actualitice.fr

Cet article est le fruit de la collaboration entre Jean-Marc Roosz (Président d’Ecole2demain) et Philippe Liotard (Université Lyon 1) qui ont accepté d’apporter leur contribution à Actualitice à propos de la notion de dyspraxie. En effet, la popularisation du terme « Dys », peu signifiant, a rapidement provoqué une occultation de ce qu’il était censé signifier. Il renvoie à des troubles cognitifs qui perturbent les apprentissages spécifiques et génèrent des situations de handicap réelles (Dyspraxie, Dysphasie, Dyslexie, TDAH…) qui touchent des personnes elles aussi bien réelles. Le potentiel de l’éducation numérique permet de développer des dispositifs facilitants qui enrichissent, par la suite, l’expérience d’apprentissage pour tous les élèves.

 

Le terme de « dys » se popularise et se galvaude presque. Cependant il recouvre des handicaps bien réels. Pour les personnes qui les connaissent, ce qui est à noter, c’est une contradiction cruciale et pourtant peu perceptible : les empêchements qui sont les leurs les perturbent d’autant plus que leur intelligence est préservée. Elles ne peuvent réussir un certain nombre de tâches, alors même qu’elles en comprennent la logique, qu’elles perçoivent comment les réaliser, mais qu’elles sont par exemple dans l’incapacité de mettre en œuvre certaines étapes nécessaires à son exécution dans les délais impartis. Ceci crée un cruel « handicap scolaire » : difficultés à accomplir les tâches élémentaires du « métier d’élève ». Lire, écrire, compter, dessiner, faire des graphes, accéder aux contenus des tableaux devient quasi impossible, et, dans tous les cas, ne peut se faire qu’au prix d’un coût cognitif exorbitant, épuisant et limitant. Ceci constitue un frein considérable à la réalisation des « hautes tâches » scolaires (dissertation, résolution de problème, etc.) alors que la capacité à faire du lien, à réfléchir, à analyser, mais aussi à produire et à créer, bref, à se développer intellectuellement n’est pas entachée.

Le destin des élèves avec troubles des apprentissages est celui de Sisyphe : toujours recommencer, avec toujours le même colossal effort – en l’absence d’automatisation des praxies, notamment – pour toujours échouer, ou réussir si peu, si mal, selon les modalités scolaires de la réussite (et donc de l’évaluation).

Le numérique et les Tice facilitent l’apprentissage

Le potentiel du numérique et des TICE est venu proposer d’arrêter ce supplice. L’écriture au clavier est beaucoup moins coûteuse en termes cognitifs, plus rapide et plus efficace que l’écriture calligraphiée ; des applications de synthèse vocale permettent de dicter des textes ; des logiciels rendent accessibles la compréhension et le tracé en géométrie ; des milliers d’applications sont disponibles pour rendre la littératie accessible à tout porteur de handicap, le stockage des données permet un archivage personnalisé… Par ailleurs, le web 2.0 avec sa simplicité et son interactivité et l’entrée dans le web 3.0 et sa mobilité ouvrent des perspectives insoupçonnées naguère pour ces enfants.

Il résulte de tout cela que des enfants en situation de handicap cognitif parviennent à contourner les troubles des apprentissages en s’appropriant les outils du numérique. Mieux, ils peuvent devenir, dès avant la fin de leur scolarisation, porteurs des compétences visées par le système éducatif dans ce domaine. Pour l’instant, ils se heurtent encore, et surtout, à des résistances liées aux usages et aux habitudes scolaires : survalorisation de l’écrit, méfiance vis-à-vis des smartphones et d’Internet dès lors que les élèves les manipulent, évaluation trop souvent rapportée à une notation et à la restitution d’exercices et de compétences purement scolaires…

A ce titre, les expérimentations se multiplient tant sur l’usage de matériel (ordinateurs et tablettes numériques notamment), sur l’exploitation des réseaux sociaux (twitter, facebook…), sur la configuration de plateformes pédagogiques interactives (Spiral à l’Université Lyon 1), ou encore sur la création d’applications spécifiques à un type de handicap.

Des expérimentations et des associations ouvrent la voie

L’association Ecole2demain (E2D) entend jouer un rôle moteur dans les perspectives tracées par l’usage du numérique. Elle peut, certes, contribuer à une réflexion visant la rénovation des pédagogies, mais elle vise surtout à former les enfants et les adolescents différents, comme les adultes en situation de handicap, aux compétences permettant l’accès de tous au savoir et à la culture. L’idée n’est pas seulement d’adapter les pédagogies aux handicaps mais aussi de concevoir les outils et les dispositifs permettant aux personnes porteuses de handicap d’accéder à l’autonomie en milieu ordinaire, grâce à des adaptations rendues possibles par le numérique. Des projets sont en cours… dont nous rendrons compte prochainement.

Les enfants porteurs de troubles cognitifs ont ainsi toutes les chances de devenir des experts ordinaires dans l’usage des outils numériques et dans les rénovations pédagogiques qu’ils augurent. Poissons-pilotes du numérique, ces enfants accèdent aujourd’hui aux compétences qui seront le passage obligé de tous pour l’adaptation au monde de demain.

Comprendre et apaiser les enfants ne veut pas dire céder et être laxiste

Apprendre à éduquer

PAR · 17 MAI 2015

pour une enfance heureuse

Catherine Gueguen écrit dans son livre Pour une enfance heureuse :

Comprendre les émotions de l’enfant, l’apaiser ne veut pas dire accéder à ses désirs lors de ses colères, lui donner tout ce qu’il veut. Comprendre l’enfant, c’est lui dire : « Je comprends que tu sois en colère contre moi car je ne veux pas te donner telle chose » ou « Je comprends que tu sois en colère contre toi car cela t’énerve de ne pas réussir telle chose. »
Les parents confondent souvent comprendre l’enfant, savoir l’apaiser et être laxiste. Apaiser n’est pas céder ni autoriser à assouvir toutes ses envies.

Comprendre et apaiser l’enfant lui donne un fort sentiment de sécurité affective : « Je peux toujours compter sur mes parents, même si je me sens mal, si je suis en colère. Ils ne me rejettent pas, ils comprennent ce que je ressens. »

 

Et c’est ce sentiment de sécurité affective qui donne de la confiance, de l’assurance, terreau fertile à l’autonomie et à une vie équilibrée. Pour Catherine Gueguen :

Ce sentiment de sécurité affective est un socle pour grandir, construire peu à peu son identité, penser par soi-même et devenir responsable de soi.

Au contraire, l’éducation par la peur, les menaces, le chantage, l’irrespect, la négation des émotions font perdre la confiance en soi et troublent la construction de l’identité. Empêcher l’expression des émotions négatives, des doutes, des angoisses, des colères entraîne un climat d’incompréhension.

Une partie importante de l’enfant n’est pas entendue quand il est envoyé se calmer dans sa chambre, quand ses émotions sont niées, quand on se moque de lui, quand tout ce qu’il reçoit est un « c’est pas grave » ou un « t’es pas beau/belle quand tu pleures », quand on refuse de chercher le besoin exprimé par son comportement, quand on préfère l’isolement/ la punition à un câlin.

Un enfant incompris se sent rejeté et éprouve de la colère. Catherine Gueguen écrit que l’enfant dont les besoins n’ont été ni compris ni respectés aura tendance à chercher refuge et compréhension ailleurs qu’auprès de ses parents en cas de questions ou de doutes à l’adolescence. C’est ainsi que les dialogue de sourds et les conflits détériorent le climat familial sur le long terme.

Vivre avec un tout-petit, à un âge où « être raisonnable » n’existe pas encore, peut être éprouvant et demande une patience renouvelée quotidiennement. L’enfant deviendra de plus en plus « raisonnable » avec le temps :

  • vers 3/4 ans, il y aura encore de nombreux moments avec de fortes turbulences
  • à partir de 5/6 ans, une phase plus stable émotionnellement se mettra en place (notez le « plus » qui n’est pas synonyme de « totalement » 🙂 )
  • 7 ans est considéré comme « l’âge de raison » bien que toutes les connexions neuronales des enfants soient loin d’être en place (le développement du cerveau et des connexions neuronales s’achève à 25 ans : les enfants et adolescents sont donc beaucoup plus sujets à des réactions irrationnelles que les adultes !)

 

Pourquoi l’enfant contrôle-t-il mal ses émotions ?

Les émotions non régulées par la raison dominent le cerveau de l’enfant. A 1 an, le néocortex (siège de l’intelligence humaine et de la régulation des émotions) est encore très immature. Le petit enfant est vite submergé par des véritables tempêtes émotionnelles et par des comportements impulsifs.

Bien qu’une grande partie du cerveau se forme au cours des cinq premières années de la vie, sa maturation se prolonge jusqu’à l’âge adulte.

Tant que le cerveau n’a pas atteint sa pleine maturité, les processus de gestion des émotions et des affects ne sont pas totalement fonctionnels. Cela explique les difficultés que l’enfant peut avoir pour contrôler, maîtriser ses réactions émotionnelles ou affectives. -Catherine Gueguen

 

Connaître l’évolution du cerveau de l’enfant est essentiel pour comprendre qu’un enfant réagit spontanément, sans avoir la moindre capacité à prendre du recul ou comprendre ce qui lui arrive. Il ne PEUT pas contrôler ses émotions. Cela explique que le jeune enfant soit submergé par ses émotions et ses instincts primitifs d’où ses brusques colères, ses changements de comportement, ses larmes, son agitation.

C’est seulement avec la maturation des neurones du cortex préfrontal (siège du contrôle rationnel des émotions) que les comportements du type pleurs incontrôlés, irritabilité, agitation, colères, hurlements, jet d’objet, agression physique disparaissent.

Bonne nouvelle : consoler un enfant participe à la maturation de son cerveau

Rassurer, sécuriser et consoler un enfant en proie à une tempête émotionnelle

Chaque fois qu’un adulte rassure, sécurise, console, câline l’enfant en le prenant dans les bras avec une attitude douce, chaleureuse, en prodiguant des gestes tendres, en adoptant un ton de voix calme, apaisant, en ayant un regard compréhensif, il aide l’enfant à faire face à ses émotions et à ses impulsions.

Un comportement parental affectueux a un impact positif considérable sur la maturation des lobes frontaux de l’enfant. Il parviendra alors plus rapidement  à gérer les émotions envahissantes et les impulsions de son cerveau émotionnel. – Catherine Gueguen

comprendre les enfants

Montrer l’exemple en termes de compréhension et de gestion de nos propres émotions

L’imitation est un autre facteur très important pour le développement. Les adultes sont des modèles pour les enfants. Donner de l’affection et de la compréhension favorisera ces compétences chez l’enfant.

Par ailleurs, montrer à l’enfant comment procéder en cas de contrariétés pourra lui montrer une voie pour lui-même. Par exemple, si nous perdons nos clés au moment de partir, verbaliser nos émotions, expliquer comment on se sent et dire ce qu’on fait pour gérer la situation sans s’énerver :

« Je ne trouve pas mes clés. C’est très embêtant car c’est l’heure de partir et j’ai peur d’être en retard. Je vais prendre 3 grandes respirations et je vais réfléchir : reprenons, je suis d’abord allée là, puis là. Elles sont peut-être ici. Tu veux bien m’aider à les chercher ? Tu les vois toi ? »

Comment réagir face à un jeune enfant qui tape, mord et se met en colère ?

PAR · 27 DÉCEMBRE 2015,

Apprendre à éduquer

Dans son livre Vivre heureux avec son enfant, Catherine Gueguen aborde la question des enfants faisant preuve d’agressivité, qui tapent, mordent et font des colères.

Les adultes reproduisent souvent avec leur enfant les méthodes d’éducation qu’ils ont vécues et qui pourtant sont la source de leur anxiété, d’une perte de confiance, d’une mauvaise estime de soi. Ils n’ont pas conscience que leur mal être vient de là et ont donc tendance à élever leur enfant de la même façon, sans s’interroger. Pourtant, il est tout à fait possible d’élever des enfants autrement pour le bien de tous, enfants et parents. – Catherine Gueguen

 

Catherine Gueguen propose 11 points pour réagir face aux situations d’agressivité de la part des enfants, sans cris ni punitions.

 

1. Connaître les étapes du développement du cerveau des enfants

Le petit enfant n’est pas « mauvais ». Il a seulement un cerveau immature qui le pousse à réagir « instinctivement » quand il se sent menacé, en danger ou quand ses besoins ne sont pas satisfaits.

La partie du cerveau qui contrôle nos impulsions, nos émotions, le cortex préfrontal, et les circuits neuronaux reliant le cortex préfrontal au cerveau archaïque (=émotionnel) ne commencent à maturer qu’à partir de 5 ans.

Avant 5 ans, l’enfant ne peut pas contrôler ses émotions : il est incapable de prendre du recul sur ce qu’il vit. Un petit enfant vit les émotions avec beaucoup plus d’intensité que les adultes.

Catherine Gueguen fait référence à la capacité de « réévaluation » des adultes : quand nous sommes confrontés à une difficulté, une frustration, une peur, un conflit relationnel, une colère, nous avons la capacité mentale de donner une autre signification à la situation que nous vivons : raisonner, s’apaiser, revoir notre attitude, repenser notre façon de percevoir l’autre, se mettre à sa place, trouver des solutions pour améliorer la situation.

Cette réévaluation implique des structures cérébrales qui sont encore immatures chez les enfants de moins de 5 ans.

citation catherine gueguen éducation

Voir ces articles en complément :

Connaître les étapes de la maturation émotionnelle des enfants pour mieux les comprendre et les accompagner

Pourquoi dit-on que le cerveau de l’enfant est immature ?

 

2. Quand l’enfant a des gestes agressifs

L’arrêter avec douceur. Ne pas en faire un drame, ne pas en rajouter.

Expliquer posément, avec peu de mots les risques d’une telle attitude.

Quand il y a danger, l’éloigner physiquement du danger.

Parfois, attirer l’attention sur quelque chose qui l’intéresse, jouer, faire preuve d’humour, rire ensemble.

 

3. L’enfant a besoin d’être apaisé

Lors d’une grosse colère, quand l’enfant jette ses jouets, tape, mord : rester présent et calme. Une attitude sereine, un regard et une voix douce calment l’enfant.

C’est donc l’adulte par son attitude calme, tendre et empathique qui permet à l’enfant de ne plus être agressif.

Parfois, l’enfant est submergé par ses émotions et n’est pas approchable. Au contraire, les tentatives de contact physique ou de discussion font redoubler sa colère. Dans ce cas, l’adulte restera présent, calme, sans faire de commentaires.

Quand l’entourage comprend l’enfant, sait l’apaiser, ces épisodes impulsifs diminuent pour se raréfier vers 5-7 ans. L’adage populaire situe l’âge de raison à 7 ans à juste titre. – Catherine Gueguen

 

4. Si l’enfant est approchable, avoir des gestes d’apaisement, tendres.

Parler pendant la colère, tenter de raisonner l’enfant est inutile, il n’écoutera pas tant que la colère durera. En revanche, un câlin, une caresse, des mots doux peuvent délencher la sécrétion d’hormones du bien-être et apaiser l’enfant.

 

5. L’enfant a besoin d’être compris dans ses émotions et guidé

Une fois la colère apaisée, mettre des mots sur les émotions. Le petit enfant manque de mots pour exprimer ses émotions, et notamment la colère ou la peur qui sont la plupart du temps à l’origine des comportements agressifs. Quand des adultes mettent des mots sur ses émotions, il apprend le langage émotionnel. Parler à l’enfant de façon simple, claire, lui lire des histoires où l’on nomme les émotions lui donnent des outils pour s’exprimer et remplacer les coups, les insultes, les morsures par des mots.

« Tu étais très en colère, non ? Je comprends que tu sois en colère et tu as le droit de te mettre en colère. Même quand on est en colère, on ne mord pas, on ne jette pas et on ne tape pas non plus. »

« Tu étais très en colère parce que je me suis occupé(e) de ton frère et pas de toi. Est-ce cela ? Tu peux me le dire avec des mots. »

Comprendre et apaiser ne signifient pas laisser faire, ni approuver la conduite de l’enfant.

 

6. L’enfant a besoin de confiance dans ses capacités pour progresser

Puis terminer en disant : « Tu vas apprendre à faire autrement, je te fais confiance, tu vas y arriver« . Très peu de mots sont nécessaires. Faire des leçons de morale agace les enfants.

 

7. Attitudes qui renforcent l’agressivité des enfants

Crier, menacer, punir, humilier, faire les gros yeux

 

8. Ne pas dévaloriser l’enfant

Dire « Tu es méchant/ tu es bête/ ça ne va pas la tête ?/ qu’est-ce qui te prend ? » le dévalorise, l’humilie et lui fait perdre confiance en lui.

A la place, l’adulte peut donner un cadre et des repères avec empathie, bienveillance dans un langage personnel.

« Cela ne me convient pas, je ne suis pas d’accord du tout quand je t’entends dire/ quand je te vois faire… Tu vas apprendre à faire autrement/ tu vas apprendre à dire avec des mots/ tu sais demander les choses avec respect alors je m’attends à ce que tu le fasses… ».

 

9. Phrase incompréhensible pour le petit enfant : « Réfléchis à ce que tu viens de faire »

Le plus souvent, en dessous de 5 ans, l’enfant n’a pas encore la maturité cérébrale pour analyser ses actes, son comportement et prendre du recul.

 

10. Lorsque l’enfant se met souvent en colère

Essayer d’en trouver les causes : quels sont ses besoins non satisfaits ?

  • a-t-il besoin de plus d’attention, de plus d’écoute, de calme ?
  • a-t-il faim ?
  • souffre-t-il (allergie non détectée, petite infection, maladie…) ?
  • est-il fatigué ?
  • s’est-il assez dépensé ?
  • son alimentation est-elle équilibrée (trop de sucres ou d’additifs peuvent engendrer des comportements hyperactifs) ?
  • a-t-il assez d’espace de liberté et de choix pour expérimenter son autonomie ?

 

11. Solliciter l’intelligence et la créativité des enfants, en dehors des moments difficiles, de manière préventive

Parler tranquillement avec les enfants, leur demander ce qu’ils pensent de la situation en rassurant sur l’amour, sur la confiance, exprimer les sentiments personnels en messages Je :

« Je me fâche contre toi tous les matins. Quand je vois que tu ne te presses pas, je suis inquiète, j’ai peur que tu arrives en retard à l’école et que tu te fasses punir. Cela me stresse aussi car les professeurs vont penser que je ne sais pas t’élever. J’aimerais vraiment que cela se passe mieux entre nous. Comment pourrait-on faire tous les deux ? As-tu des idées ? »

 

citation education positive

 


 

Source : Vivre heureux avec son enfant de Catherine Gueguen

Comment savoir si mon enfant doit sauter une classe ?

C’est bientôt la rentrée. Avec la reprise des cours, certains élèves vont s’ennuyer, terminer leurs devoirs du mois en une semaine, et commencer à chahuter. Un dilemme se présente alors pour les parents : faut-il faire sauter une classe à mon enfant ? La question est difficile à trancher et requiert une écoute attentive de l’enfant.

ENTRETIEN avec Monique de Kermadec, psychologue spécialiste des questions de précocité intellectuelle chez l’enfant.

Le saut de classe est bon pour certains et ne l’est absolument pas pour tous.

ZOOM

Le saut de classe est bon pour certains et ne l’est absolument pas pour tous. / Contrastwerkstatt/Fotolia

La Croix : Pourquoi faire sauter une classe à son enfant ?

i Pourquoi lire La Croix ?

  • La Croix vous offre une information de référence sur l’actualité religieuse.

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Monique de Kermadec : Certains enfants ont déjà fait le programme, ou ont déjà les connaissances essentielles de la classe fréquentée. Il peut s’ennuyer et, au lieu de rester un très bon élève, peut devenir soit un élève très dissipé, soit voir ses notes chuter parce qu’il n’écoute plus en classe. À ce moment-là, l’école se pose la question de quoi faire pour garder l’enfant motivé, et surtout lui apporter ce dont il a besoin.

Comment faire pour le saut de classe soit bien vécu ?

Monique de Kermadec : Pour qu’un saut de classe se passe de manière positive, il faut qu’il y ait un dialogue entre l’école et les parents – l’école ne doit pas simplement l’annoncer, mais expliquer pourquoi –, un dialogue entre les parents et l’enfant, et un dialogue entre l’enseignant et l’enfant. Il faut que l’enfant se sente en sécurité et ait le sentiment que les adultes sont convaincus que sa place est dans la classe supérieure.

Mais il n’y a pas de réponse absolue : le saut de classe est bon pour certains et ne l’est absolument pas pour tous. Si le parent a un doute, en dépit de ce que dit l’école, et qu’il veut parler avec quelqu’un d’extérieur comme un psychologue, surtout, qu’il le fasse ! L’important, c’est que la personne qui va conseiller le parent rencontre aussi individuellement l’enfant.

> À lire : Des enfants surdoués et heureux

Ce dernier va vouloir faire plaisir à ses parents. S’il sent que papa est fier de lui faire sauter une classe, il va dire : « J’ai envie de sauter une classe. » Mais il faut être sûr que l’enfant est prêt, être sûr qu’il le demande, et il faut l’accompagner parce qu’il va y avoir certains moments où il sera dans un décalage affectif et psychologique avec les autres qui ne sera pas à son avantage.

Quels sont les points importants à prendre en compte avant de décider du saut de classe ?

Monique de Kermadec : Il faut d’abord faire le point sur ses aptitudes d’apprentissage. Comment l’enfant gère-t-il sa façon de travailler pour acquérir les nouvelles notions ? L’enseignant peut y répondre. L’enfant peut passer un test de niveau fait par l’école, ou un test de QI. Le test de QI n’est pas obligatoire, mais il va montrer les aptitudes qui sont attendues pour réussir dans les études.

Il faut également se poser la question des habitudes de travail de l’enfant. Est-ce qu’il est autonome ? Est-ce qu’il est capable de se concentrer sur un temps assez long ? Sauter une classe, c’est se retrouver dans une situation où il y aura plus de leçons, plus de devoirs, et un temps plus intense de travail en classe.

Alors qu’avant il se sentait le plus fort de la classe, et en confiance parce que c’était facile, il va se retrouver avec des élèves qui vont être de très bon niveau aussi et ne sera pas forcément le premier. Comment, affectivement, va-t-il gérer cette situation ? L’intelligence relationnelle est importante, d’autant plus quand il va se retrouver le plus jeune dans la classe qu’on lui propose. Il faut qu’il sache se faire des amis et, s’il ne sait pas, il faut qu’on l’aide et qu’on lui donne des recettes. Il y a enfin la question de la taille. Si votre enfant est déjà petit pour son âge, il peut avoir plus de mal à s’intégrer avec les élèves de la classe supérieure.

> À lire : Redonner le plaisir d’apprendre aux enfants précoces

Y a-t-il des alternatives au saut de classe ?

Monique de Kermadec : Bien sûr ! On peut enrichir la pédagogie, l’enseignant peut donner des exercices plus complexes. Il est aussi possible d’accélérer dans une matière. Si on a un petit génie des mathématiques ou de la grammaire, on peut le faire travailler à un autre niveau, tout en n’exigeant pas de l’enfant qu’il soit en avance dans les autres matières.

Dans les faits, l’idéal pour un enfant serait d’avoir accès à une classe de double niveau, avec toujours un niveau supérieur. S’il est en CP, que la maîtresse fait aussi un CE1, qu’il a envie de participer et qu’il en est capable, vous avez une situation qui respecte la maturité affective de l’enfant et qui lui permet de s’intégrer socialement avec d’autres enfants… Les conditions sont idéales.

Le saut de classe n’est pas la réponse universelle. Je crois qu’il faut vraiment écouter l’enfant. J’en ai vu avec des QI extraordinaires qui ne voulaient pas que l’on touche à l’équilibre de la situation dans laquelle ils étaient. S’il ne se plaint pas, si la charge de travail lui convient, s’il a des amis, si pour finir il n’est pas demandeur de sauter de classe, franchement, je ne pense pas que le parent fasse une très grave erreur en le laissant où il est.

> À lire : Les enfants précoces, des adultes surdoués ?

Recueilli par Bruno Lus

7 facteurs favorisant la créativité et les apprentissages naturels des enfants (d’après la pédagogie positive)

Apprendre à éduquer

PAR · PUBLICATION 5 JANVIER 2015 · MIS À JOUR 22 AOÛT 2016

N°1. Porter un regard bienveillant sur les erreurs et les échecs

Les enfants ont le droit de se tromper. L’erreur est constructive : apprendre, c’est comprendre ses erreurs.

tu t'es trompé, c'est fantastique !

Voici quelques citations que vous pourrez garder en tête pour éviter de juger les erreurs de vos enfants ou de vos élèves :

Apprends à échouer ou tu échoueras à apprendre. – Tal Ben Shahar

Il n’y a pas d’erreur bête, il n’y a que des erreurs intelligentes. – Audrey Akoun et Isabelle Pailleau

Si vous n’êtes pas prêt à vous tromper, vous ne trouverez jamais rien d’original. – Ken Robinson

Réfléchir, c’est au moins autant se poser des questions qu’apporter des réponses.- Alain Sotto et Varinia Oberto

Je vous invite à lire cet article pour accompagner les enfants dans cette voie : Ce qui se passe quand on considère les erreurs comme intelligentes.

 

N°2. Laisser du temps

J’avais assisté à un atelier de pédagogie positive à Lyon dans-laquelle l’animatrice nous avait expliqué toujours raisonner de cette manière avec les enfants qui éprouvent des difficultés d’apprentissage :

Je sais que tu vas y arriver. On va trouver une autre façon de faire. Ça va peut-être prendre plus de temps mais je suis sûre que tu vas y arriver à ton rythme. Les autres font peut-être Paris-Lyon par l’autoroute mais nous, on va prendre la nationale et on arrivera quand même à destination.

 

N°3. Combler les besoins physiologiques

Le sommeil

Le sommeil est une composante essentielle dans le mécanisme d’apprentissage. Le cerveau travaille pendant la nuit.

Pour aller plus loi :

Questions que vous vous posez peut-être sur le sommeil de vos enfants 

Enfants, adolescents et manque de sommeil

L’alimentation

Manger équilibré est également bon pour penser. Les aliments comme les céréales complètes, les bananes, les poissons gras, les huiles végétales ou encore le miel favorisent le bon fonctionnement du cerveau.

Une hydratation régulière

eau hydratation pour les apprentissages

Boire de l’eau régulièrement permet de relancer la machine à penser mais aussi de se calmer.

Faire boire de l’eau un enfant qui a du mal à se concentrer ou qui commence à montrer des signes d’énervement lui sera bénéfique.

Quoi qu’il en soit, la seule boisson indispensable au corps humain est l’eau !

Une respiration calme

Apprendre aux enfants à respirer les aidera à préparer leur corps à travailler et à retrouver un état physique et psychique favorable à la créativité et aux apprentissages. De nombreux exercices de respirations sont proposés dans des livres comme Calme et attentif comme une grenouille ou Respiration et mouvements de bien-être pour les enfants et leurs parents.

Il est aussi important de penser à aérer la pièce avant de se mettre au travail et à l’aérer à chaque pause.

N°4. Favoriser une ambiance calme et propice au travail

Cela passe à la fois par l’environnement (pas de télé allumée en sourdine, pas de téléphone à portée de main, pas de frères et sœurs qui crient/ s’agitent à côté) mais aussi par des attitudes adultes qui favorisent la motivation et la confiance en soi (valoriser les progrès, remarquer les réussites, parler dans un langage positif en évitant les négations, encourager les efforts).

La question que nous devrions toujours garder en tête avec les enfants est celle-ci : est-ce que j’élève l’enfant ou est-ce que je l’abaisse avec cette remarque ?

 

N°5. Varier les lieux d’apprentissage

Assis sur le tabouret de la cuisine, couché dans son lit, pédalant sur le vélo, montant et descendant les escaliers, sur un tableau imaginaire dans le salon, sous la douche et plus classiquement bien sûr installé au bureau… tout est envisageable.

Le pire endroit pour apprendre et/ou réviser est le couloir ou la cour de récréation 10 minutes avant l’évaluation : stress et confusion presque assurés !

 

N°6. Éviter le stress et les conflits

stress et conflit dans les apprentissagesLe stress parasite la mémoire. Certaines difficultés scolaires ne sont liées qu’au stress. Jeanne Siaud-Facchin utilise une image pour expliquer ce qui se passe dans la tête des enfants stressés :

quand on est anxieux, c’est comme si on avait une chaîne cryptée sans le décodeur. Ça embrouille l’esprit et rien ne peut entrer, rien ne peut être restitué.

Un enfant ne peut réussir à travailler que quand il est dégagé de ce stress qui « ronge » son cerveau.

Le stress chez les enfants entraîne donc des difficultés de concentration et d’apprentissages.

 

Cet extrait est à retrouver dans le Dossier spécial stress chez les enfants : causes, conséquences, prévention.

 

N°7. Faire des pauses régulières

Les pauses les plus efficaces sont relativement courtes et se font sous la forme de mouvements, qu’on pourrait appeler « pauses kinesthésiques ». Par exemple, l’enfant pourrait  sauter, courir, taper dans un punching ball, danser…

Avant de reprendre le travail, le retour au calme peut se faire par une activité de recentrage :

  • un exercice de respiration par le ventre (comme la technique du ballon démontrée dans cette vidéo),
  • le coloriage de mandala de l’extérieur vers l’intérieur pour se recentrer,
  • des exercices de brain gym qui favorisent la concentration et la mémoire.

Brain Gym Kinésiologie pour enfants