HANDICAP: « NOUS NE PARDONNONS PLUS L’EXCLUSION SOCIALE SUBIE PAR NOS ENFANTS », TÉMOIGNE UNE MÈRE À LA VEILLE DE LA RENTRÉE

France soir, Publié le : Mardi 30 Août 2016

Depuis des années, Laura-Julia Fiquet se bat contre l’exclusion sociale que subit son fils Johan, cinq ans et autiste, à l’école. Créatrice de l’UMEH (Union des Mamans d’Enfants Handicapés), cette jeune mère célibataire raconte à « FranceSoir » sa lutte pour trouver un emploi tout en s’occupant de son enfant et sa détermination à faire respecter le droit à l’éducation des jeunes handicapés.

Laura-Julia Fiquet est la maman de Johan, un enfant de cinq ans diagnostiqué autiste syndromique. Depuis des années, elle lutte tant bien que mal contre l’exclusion sociale que subit son fils, notamment à l’école, qui refuse de le prendre en charge plus d’une heure par jour. Afin de faire valoir ses droits et ceux de son enfant, la jeune femme a créé l’UMEH (Union des Mamans d’Enfants Handicapés) en 2014, qui réunit désormais quelque 2.400 membres sur Facebook, ainsi que « UMEH elles entreprennent » afin d’aider les mères d’enfants handicapés à reprendre une activité professionnelle tout en s’occupant de leur progéniture. Aujourd’hui, forte de son réseau, elle commence peu à peu à faire entendre sa voix dans les médias et vient de a publier une vidéo YouTube dans laquelle elle interpelle directement la ministre de l’Education nationale Najat Vallaud-Belkacem. L’objectif, en finir avec l' »omerta » qui règne dans le milieu du handicap des enfants. FranceSoir a interviewé cette mère courage.

Les médias commencent à s’intéresser à votre cas, est-ce qu’il y a déjà eu des changements?  

« Pour l’instantcela n’a pas beaucoup avancé mais les médias servent au moins à porter mon message ».

Avez-vous pu travailler depuis la naissance de votre fils?

« J’ai cherché du travail mais je n’ai eu que des refus, quand on me demande ce que j’ai fait ces cinq dernières années, soit je dis la vérité, c’est à dire que j’ai un enfant handicapé et là je deviens l’attraction : +ah bon, vous avez un enfant handicapé, comment ça se passe? Comment gérer un enfant handicapé comme il n’y a pas de place pour l’accueillir au bureau?+; soit je me tais. Mais dans ces cas là je suis seulement une mère qui s’occupe de son enfant et je passe pour celle qui n’a pas voulu travailler pendant cinq ans.

« Je savais que j’étais cuite professionnellement à à peine trente ans, et je ne suis pas la seule à vivre ça. Cette exclusion professionnelle dont je suis victime c’est ce qui a motivé ma démarche de création d’entreprise. Je travaille actuellement au lancement de mon site de vente de lingerie, Point sensible, mais je ne préfère ne pas trop en parler dans les médias. Je ne voudrais pas que les gens s’imaginent que je parle de la situation des enfants handicapés dans un but personnel. Quoi qu’il en soit, c’est difficile pour nous, mamans d’enfants handicapés, de parler à nos employeurs de notre vie privée. Pour nous c’est la double peine. Nous sommes coincées, c’est vraiment une situation à part ».

Quel objectif à long terme visez vous avec l’Union des Mamans d’Enfants Handicapés? Qu’attendez vous de la ministre de l’Education nationale, Najat Vallaud-Belkacem, que vous avez invitée à la rentrée des classes de votre enfant, ainsi que les autres ministres que vous interpellez dans votre vidéo?

« Nous voulons nous regrouper pour faire peser nos voix et enfin être entendues. Nous les mamans d’enfants handicapés nous ne pardonnons plus l’exclusion sociale subie par nos enfants. Il y a un moment où on dit +stop+.Nous ne sommes plus impuissantes. Aujourd’hui les parents ont possibilité de s’informer de leurs droits par le biais de mon association. Ils discutent entre eux et se comparent. Ils ne sont plus désinformés et désespérés, ils sont déterminés à faire appliquer la loi pour l’égalité de traitement.

« J’aimerais que Najat Vallaud-Belkacem reconnaisse un dysfonctionnement au sein de l’Education nationale. Je ne reproche rien aux lois de 2005 qui dénoncent l’exclusion scolaire pour les enfants handicapés, elles sont plutôt sont bien faites, mais je dénonce leur mode d’application qui est totalement arbitraire. Tout se fait au bon vouloir des écoles, protégées par des rectorats qui laissent faire. Quand mon fils a été exclu d’une sortie scolaire (Laure-Julia a déposé une plainte, NDLR), c’était soit disant un malentendu mais en réalité c’était volontaire. Ce n’était pas un oubli, c’était une exclusion d’office, en toute inégalité, sans aucun état d’âme….Qu’est ce que j’ai eu comme solution? Les réseaux sociaux. Cela a été porté aussi fort car j’ai un réseau assez puissant maintenant.

« Mais pour l’instant je n’ai eu aucun retour de la part des ministres que j’ai invitées. Je sais qu’il y a très peu de chances qu’elles viennent, en revanche j’espère que ma vidéo permettra d’amorcer un dialogue avec les ministères et les mamans de l’UMEH« .

(Voir ci-dessous le témoignage de Laura-Julia Fiquet): 

 

Lire également notre portrait de Laura-Julia Fiquet: Rentrée 2016: le combat contre l’Education nationale de Laura-Julia, mère d’enfant autiste

 

Auteur : Raphaëlle de Tappie

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