Aider son enfant avec la méthode éducative 3C

KAISEN le 20 septembre 2016

Melvyn a 6 ans, un problème de trouble du langage avec retard lexical, lorsque sa mère, Elisa Belliard, décide de suivre un premier week-end d’initiation à la méthode éducative 3C. Le déclic. Deux ans plus tard, Elisa est devenue monitrice, mais elle a surtout réussi à aider son enfant à dépasser ce handicap. Témoignage.

Elisa et son fils Melvyn © Elisa Belliard

Elisa Belliard

Comment avez-vous connu la méthode éducative 3 C, « Concentration-Calme-Contrôle », développée par Michèle Dreidemy ?

Par hasard. À l’époque, je cherchais sur internet une technique pour détendre mon fils, comme de la relaxation. Et je suis tombée sur cette méthode. Mon fils avait un retard de langage. Il voyait un orthophoniste régulièrement. Mais même s’il y avait une évolution, je voyais bien qu’il en souffrait beaucoup. Il avait du mal à s’exprimer et il se renfermait de plus en plus sur lui, n’avait plus de contact avec ses camarades, devenait de plus en plus silencieux. Il avait même fini par développer une phobie de l’école et ne voulait plus y aller. On en a parlé à l’école. Il y a eu un conseil spécial sur son cas lorsqu’il était en CP, mais il n’avait alors pas assez de problème pour être véritablement pris en charge. Pour les instituteurs, Melvyn évoluait en effet normalement avec juste un peu de retard par rapport aux autres. Mais d’un point de vue émotionnel, je voyais bien qu’il souffrait énormément de cette situation. Et je cherchais un moyen pour l’aider.

Qu’est ce qui vous a convaincu à suivre une formation ?

J’ai commencé par me renseigner sur la méthode. J’ai lu plusieurs mémoires de personnes qui avaient suivi la formation. J’ai échangé sur des forums et je me suis lancée en participant en janvier 2014 à un premier week-end de deux jours d’initiation. J’y ai appris quelques exercices que l’on pouvait appliquer à soi-même et j’ai donc pu immédiatement me rendre compte à quel point cette méthode pouvait être bénéfique pour mon enfant. Non seulement, j’ai pu en voir rapidement les premiers effets positifs sur moi-même, mais il me semblait évident que c’était la solution dont nous avions besoin.

C’est à dire… de quels types d’exercices s’agissait-il ?

Il s’agissait essentiellement d’exercices de respiration, de concentration et d’attention, ainsi que des exercices de retour au calme, de relaxation, des mouvements dynamiques. Je n’étais pas trop sensibilisée à tout ça à l’époque. Je m’énervais d’ailleurs souvent par rapport à mon enfant. J’avais beaucoup de colère en moi et d’énervement car je me sentais coupable. J’avais le senti de ne pas avoir réussi son éducation, de ne pas avoir fait ce qu’il fallait, je pensais qu’il n’était pas comme les autres à cause de moi et je m’en voulais énormément. Ces exercices m’ont donc d’abord aidé à me calmer, à apprendre à me calmer, et à prendre conscience qu’il existait finalement des choses simples à mettre en place pour canaliser ses propres émotions. La méthode de Michèle Dreidemy est une méthode où on apprend à apprivoiser le silence, à communiquer dans le silence et cela m’a immédiatement intéressée. D’autant plus que cherchais à recréer un lien avec mon enfant. Il ne communiquait plus beaucoup avec moi car il avait des difficultés à exprimer ses émotions, ses sentiments.  Même si j’étais une maman assez câline avec lui, quelque chose n’allait pas.

© Elisa Belliard

Est-ce que vous avez pu rapidement mettre en place ces exercices chez vous avec votre enfant ? Comment cela s’est-il passé ?

J’ai testé ces exercices tout de suite après ce premier week-end, notamment le soir au moment du coucher car Melvyn avait aussi des difficultés à s’endormir. Je me suis alors rendu compte que j’arrivais à l’apaiser grâce à plusieurs exercices où l’on pose par exemple les mains sur le cortex, le front, le cœur… Les premiers effets ont été assez immédiats, au bout de trois ou quatre séances. J’ai donc décidé de suivre une formation plus longue de mars 2014 à octobre 2015 (dix week-ends au total) afin de me former véritablement à cette méthode.

Comment votre enfant a-t-il évolué grâce à cette méthode ?

Au fil des séances et des exercices, Melvyn s’est peu à peu ouvert et il a commencé à mieux parler. J’ai pu commencer à retisser des liens forts avec lui, car il a vu que je faisais quelque chose pour l’aider. Il a aussi accepté qu’il avait un retard par rapport aux autres enfants et cela lui a permis d’avancer dans son apprentissage. Il a pris conscience de ses émotions, de ses difficultés, de ses blocages et cela lui a permis de mieux vivre sa différence pour mieux la dépasser. Enfin, il a appris à appliquer ces exercices de respiration avant d’essayer de parler et, peu à peu, il a pris confiance en lui, a appris à canaliser son stress et a réussi à mieux articuler. Au bout d’un trimestre, les professeurs ont commencé à me demander ce que j’avais fait parce qu’ils constataient eux aussi les progrès de Melvyn.

Aujourd’hui comment continuez-vous à utiliser cette méthode avec votre enfant ?

Melvyn a 9 ans aujourd’hui et il continue de faire une séance de 45 minutes avec moi toutes les semaines. Il participe aussi une ou deux fois par mois aux séances que j’organise avec un groupe de cinq enfants (Elisa Belliard a décidé de se reconvertir après sa formation en devenant monitrice méthode 3C). Enfin, nous continuons d’utiliser certains exercices de recentrage et de respiration tous les jours avant de faire les devoirs, car j’ai remarqué que cela nous permettait de réduire le temps passé dessus et cela permettait de le calmer s’il rentrait de l’école un peu énervé. Mais, Melvyn est surtout devenu autonome et il est désormais capable d’utiliser la méthode, seul de son côté. C’est aussi ce que je fais pour moi-même, car j’ai remarqué que cela m’apportait à moi aussi énormément de sérénité.

Est-il selon vous nécessaire de suivre la formation longue pour pouvoir aider véritablement son enfant ?

Il n’est pas nécessaire de s’inscrire à la formation longue. J’ai décidé de la suivre personnellement parce que ce premier week-end avait été une sorte de révélation et que j’ai immédiatement eu envie d’en faire mon métier, mais il existe des journées spéciales « parents » ou « parents/enfants » sur des thèmes particuliers qui peuvent amener les parents à comprendre et à tester la méthode, à recréer du lien avec leur enfant, à donc à les aider.


La méthode éducative 3c : kézako ?

La Méthode Educative 3C « Concentration – Calme – Contrôle » a été élaborée par Michèle Dreidemy, une infirmière, professeur de yoga et relaxologue en vue d’aider l’ensemble des professionnels de la petite enfance, enseignants, éducateurs, orthophonistes… mais aussi parents à accompagner les enfants dans leur propre développement. Elle s’appuie principalement sur des exercices de respiration, d’attention, de relaxation et de yoga adaptés à l’enfant ainsi que sur une philosophie de vie où le respect, la tolérance et la bienveillance sont mis en avant. Ceci, afin de donner à l’enfant des outils pratiques et efficaces pour l’aider à gérer son monde intérieur, ses émotions, ses pensées, mais aussi ses attitudes physiques. Professionnels et parents peuvent s’initier à cette méthode le temps d’un week-end ou devenir moniteur agréé en suivant une formation de dix week-ends.


 

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Véronique Bury

© Kaizen, construire un autre monde… pas à pas

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