Le numérique a-t-il une incidence sur notre cerveau ?

Source : Newmanity,

Réfléchissez, combien de temps passez-vous sur internet ? Combien d’e-mails envoyez-vous par jour ?

Je vais vous répondre. En moyenne, vous êtes connectés 4,1 heures par jour sur ordinateur et 1 heure sur mobile. Vous envoyez 33 e-mails par jour dans le cadre professionnel.

Ces chiffres, représentatifs de notre vie numérique, ont une incidence sur notre manière de réfléchir et de mémoriser.

Pour comprendre ces effets, il faut comprendre comment fonctionne notre cerveau. La plasticité de notre cerveau lui permet d’évoluer, d’apprendre au fur et à mesure de la vie mais aussi de s’adapter à un environnement en constante transformation (Merci Jamy !). Actuellement, notre cerveau doit s’adapter aux évolution technologiques : hyperconnexion, intelligence artificielle …

Selon Thierry Venin, auteur du livre Un monde meilleur ?, l’hyperconnexion agît au niveau psychologique sur notre capacité à mémoriser, à nous concentrer, à prendre une décision et sur notre stress. Elle serait même liée à des risques de burn out.

Notre mémoire est particulièrement affectée par cette évolution. C’est ce qu’on appelle « l’effet Google » (ou syndrome de la flemmingite aiguë à voir…). Pourquoi aller chercher quelque chose au fond de notre mémoire ou s’embêter à réfléchir lorsque la réponse se trouve facilement à quelques clics ? Notre cerveau n’a plus besoin de réfléchir ou de mémoriser autant d’éléments grâce à la technologie. Exemple (très parlant !) : est-ce que quelqu’un connait encore les numéros de téléphone de ses contacts proches ? La technologie nous facilite la vie (sur ce point on est tous d’accord !), mais cette évolution nous empêche de rechercher par nous-même la réponse à certaines questions.

De plus, Internet est le noyau d’un paradoxe : le web contient des connaissances très précises et documentées dans des millions de domaines et aussi une incommensurable quantité de stupidités ! Les internautes ne peuvent s’empêcher de visionner des millions de fois la vidéo d’un chat qui se cache dans un carton, alors qu’un article scientifique n’est consulté que quelque dizaines de fois. On peut donc se demander si internet nous rend vraiment plus intelligent ? Et surtout, notre cerveau va-t-il pâtir de cette évolution ?

Les effets de l’hyperconnexion sur notre cerveau sont en quelque sorte une externalité positive et négative de la transformation numérique. Pour éviter que notre intelligence en patisse, il faut juste savoir protéger son cerveau, et pour cela, il y a des solutions (#ChouetteAlors !).

L’afflux d’informations au quotidien augmente notre incapacité à rester concentré sur nos tâches. De plus, la technologie nous permet de réaliser plusieurs tâches en même temps ce qui devrait augmenter notre productivité. Mais c’est le contraire qui se passe. Par exemple, pendant que je rédige cet article, j’écoute de la musique et je réponds à un e-mail. Résultat, j’ai interrompu trois fois la rédaction et je dois me reconcentrer pour rester dans le sujet ! Ce que je conseille dans ce cas, c’est de prédéfinir des tâches claires sur un laps de temps court et essayer de s’y tenir pour que le cerveau reste concentré. (D’ailleurs, sur Newmanity Mail, vous avez un outil de gestion de tâches très utile ; )

#InstantScientifique : notre cerveau possède la capacité de réaliser des tâches relativement complexes alors que nous ne sommes pas complètement concentrés : c’est le réseau par défaut. Par exemple, c’est ce qui vous permet de discuter en conduisant sur une route que vous connaissez. Les outils technologiques produisent des sollicitations permanentes qui empêchent cette partie du cerveau de faire les pauses qui lui sont nécessaires pour un bon fonctionnement. Une partie de la mémoire est associée à ce réseau par défaut. Pour protéger la mémoire il faut donc penser à faire des pauses loin de tout appareil numérique ou notification. (Pour plus d’infos sur ce sujet passionnant, vous pouvez visionner le reportage Hyperconnectés, le cerveau en surcharge).

Vous me direz, plus facile à dire qu’à faire ! En effet, nous ressentons un besoin de connexion, proche de l’addiction. Ce comportement provient du fait que notre cerveau mémorise ce qui nous fait plaisir. La réception de l’information rentre dans ce circuit ; c’est pour cela qui nous nous empressons de cliquer. Pour déconnecter, il faut donc prendre sur soi et se forcer (je sais, c’est dur !).

Pour nous y aider, des chercheurs commencent à réfléchir à des technologies qui s’adapteraient au cerveau humain afin d’alléger notre charge mentale.

« Nous en sommes à un point où nous ne savons plus vraiment comment utiliser ces outils, il faut donc que la technologie s’adapte à notre mode de pensée. Nous concevons des outils qui augmentent notre productivité, mais cela ne devrait pas être au détriment de notre bien-être » défend Gloria Mark chercheuse en computer science à l’université de Californie.

Vous connaissez désormais une partie des effets que le numérique peut avoir sur notre cerveau (d’autres restent certainement à découvrir car nous sommes au tout début du numérique). Maintenant, réfléchissez, voulez-vous vous connecter 4,1 heure par jour ?

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