Ton enfant surdoué

Publié le 25 octobre 2016

enfant lunettes

 

« Je suis la maman d’un enfant différent. Pas différent au sens où on l’entend bien souvent. Non, mon fils ne souffre pas de TSA ni même de TDAH. Pourtant, les défis d’éducation auxquels je fais face apportent eux aussi leurs lots d’inconvénients.

Mon enfant est doué. Pas doué comme dans : « Ah, il est doué en dessin! « . Non, mon fils c’est un HP. Un enfant à haut potentiel. Ce genre d’enfant-là.

Mais, qu’est-ce que ça mange en hiver ça? Des connaissances! Plus de connaissances. Toujours. Plus. De. Connaissances.

Au début je ne savais pas. Comme tout parent je trouvais mon fils intelligent, drôle et parfait avec son esprit vif. Un enfant qui dit ses premiers mots à neuf mois, c’est pas conventionnel, disons-le , mais c’est tellement mignon. Un enfant qui fait déjà de courtes phrases à dix-huit mois, sans fautes de diction et sans buter sur aucun mot, c’est plaisant. Un enfant de deux ans qui a le niveau de langage d’un enfant de quatre ans, c’est spécial mettons, mais quand tu n’as pas de comparatif tout ça peut te sembler pas mal normal.

C’est pour ça que je ne me suis pas posé plus de questions quand, à dix mois, mon fils préférait observer ses pairs avant d’embarquer dans le jeu, en comprenant les règles. Ni quand il faisait des casse-têtes pour deux ans et plus à douze mois. Ni quand, à deux ans et demi, ses questions portaient sur la vie après la mort. Après tout, son arrière-grand-père venait de décéder, normal donc qu’il nous questionne, non ? Aucune lumière ne s’est allumée non plus quand mon fils de quatre ans était hypnotisé devant un documentaire sur la formation de l’univers. Bah quoi, ils font pas tous ça, les enfants ? La télé, ça captive hen ? J’étais naïve.

La période des pourquoi a commencé très tôt aussi. Pis pour la discipline, ce n’était pas gagné je t’en passe un papier. Mon fils est passé maître dans la négociation. Tout est sujet à négociation. Absolument tout. Un simple « Non, c’est comme ça parce que je l’ai dit! » sonne inévitablement le début des pourparlers. Je te laisse imaginer comment un enfant de quatre ans avec un langage presque d’adulte et une volonté d’avoir raison dur comme fer peut te tenir en haleine pendant, pis c’est pas des farces, des heures. J’ai heureusement – ou malheureusement – une bonne tête de cochon et ça se terminait souvent en concours à savoir qui allait avoir le dernier mot. Heureusement, j’en ai gagné plusieurs.

Et puis l’école est arrivée. Comme un cheval au trot. Et mon adorable fils s’est transformé en monstre. Une tornade. Non, un ouragan d’émotions, de crises, de pleurs, d’insécurité, d’opposition. Un volcan en éruption de maman-je-veux-pas-aller-à-l’école-c’est-plate-on-apprend-rien.

T’sais, mon fils pensait apprendre la physique quantique – j’exagère à peine – alors qu’il apprenait plutôt à tenir des ciseaux. D’un ennui to-tal pour mon petit intello. Te dire comment, comme mère, je me sentais dépassée et complètement découragée par la situation. Ouf, et j’avais pas fini.

C’est là que j’ai cherché pourquoi, mon petit bonhomme de cinq ans en avait déjà marre de l’école, et c’est en lisant les caractéristiques des enfants à haut potentiel que j’ai compris. J’ai compris que le cerveau de mon fils est comme une Formule 1 qui doit se conformer et suivre la vitesse d’un escargot.

C’est ça, la réalité de mon enfant dans le système scolaire. Il peut ben détester l’école.

Que fait le système d’éducation pour ces enfants-là? Rien… Ils ne sont pas considérés comme des enfants ayant des besoins particuliers.

Ils sont laissés à eux-mêmes et à leurs parents souvent dépassés. Et moi, je dois, tous les jours depuis quatre ans, essayer de motiver mon fils pour aller à l’école et argumenter que c’est pour son bien alors que c’est de moins en moins vrai.

Il nous faut trouver des stratégies au quotidien pour les dix années à venir pour qu’il reste accroché à l’école afin qu’il y développe son plein potentiel.

Mon fils a huit ans. Mon fils commence à perdre sa soif d’apprendre, il « s’éteint ». Il est blasé.

Mon fils souffre de douance. Et rien n’est prévu pour lui.

Anaïs Leclerc-Gignac
ANAÏS LECLERC-GIGNAC
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