Les intelligences multiples en pratique (Partie 1)

Bruno HOURST / Méthodes et outils pédagogiquesapprendreaapprendre.com

2011_03_20_intelligence_

Qu’est-ce que l’intelligence multiple ? Comment les mettre en pratique dans une classe ou dans une session de formation ?

Qu’est-ce que l’intelligence?

Howard Gardner donne à l’intelligence la définition suivante, à la fois dynamique et tenant compte de la culture dans laquelle nous vivons. Au lieu de voir « l’intelligence humaine » en termes de score à une batterie de tests standardisés, Gardner la définit comme ayant trois composantes :

– un ensemble de compétences qui permettent à un individu de résoudre des problèmes rencontrés dans la vie courante.
« Résoudre un problème » peut signifier, par exemple, savoir faire une multiplication à deux chiffres ou savoir travailler en équipe sur un projet.

– la capacité à créer un produit réel ou offrir un service qui ait de la valeur dans une culture donnée. « Créer un produit » ou « offrir un service » peut signifier, par exemple, le fait de savoir écrire une lettre, être capable d’écouter une personne en difficulté, ou transformer de l’argile en statue.
Et « qui a de la valeur dans une culture donnée » signifie que les autres, selon la région du monde où se situe l’individu, peuvent tirer profit de ce produit ou de ce service.

– la capacité à se poser des problèmes et à trouver des solutions à ces problèmes, permettant en particulier à un individu d’acquérir de nouvelles connaissances.
On remarquera ici que le fait de « se poser des problèmes » et de « chercher des solutions » donne une vision très dynamique de l’intelligence et de son développement.

Pourquoi est-on passé de la définition de l’intelligence à «LES intelligences » ?

Reprenons la définition ci-dessus et posons-nous quelques questions.
Prenez Einstein : était-il intelligent ? Oui, sans doute, bien que ses professeurs en doutaient largement. Et Mozart, était-il intelligent ? Et Shakespeare ? Et Zidane sur un terrain de foot ? Et Darwin ? (là encore, ses enseignants n’étaient pas convaincus). Et Gandhi ? Et Tesla, qui s’inventait dans sa tête des machines qui fonctionnaient ensuite parfaitement ?

Le simple bon sens montre que l’on peut être intelligent, jusqu’à un niveau exceptionnel, de très nombreuses façons, et qu’il est absurde de vouloir comparer l’intelligence des êtres humains selon un modèle unique, comme veulent le faire les tests de Quotient Intellectuel.

Cette première démarche étant faite, c’est tout le mérite d’Howard Gardner – psychologue, rappelons-le –, d’avoir théorisé cette idée et d’en avoir posé les bases scientifiques. Il a ainsi défini un certain nombre de critères pour qu’une « capacité à… » puisse devenir dans sa théorie une « intelligence ». Il en a ainsi défini huit, avec une neuvième dont il parle (l’intelligence existentielle) mais qui ne répond pas à tous les critères fixés, et donc qu’il n’a pas intégré dans sa théorie.

N’est-ce pas utopique de mettre cela en place dans une classe ?

Vous connaissez la phrase célèbre : « Ignorant que c’était impossible, il l’a réalisé » ? C’est peut-être un peu le cas pour les intelligences multiples. Des enseignants intègrent, peu ou prou, cet outil dans leur pédagogie, et cela marche. Des écoles – en France même – sont des écoles expérimentales « intelligences multiples », reconnues par l’institution scolaire. Et il y a des écoles dans le monde entier qui utilisent les intelligences multiples

Il faut bien comprendre que l’introduction des intelligences multiples dans son enseignement ne signifie pas pour l’enseignant de mettre à la poubelle toute sa pédagogie et ses manières de faire. On peut introduire, progressivement et en douceur, les intelligences multiples dans ses cours, avec parfois des résultats tout à fait surprenants – positivement. Par exemple, des enfants complètement éteints s’éveillent brusquement lorsque l’on sollicite leur intelligence forte.

Et peut-être l’apport le plus positif des intelligences multiples, c’est que cela change le regard de l’enseignant sur ses élèves. Il comprend que les élèves en difficulté ne sont pas « nuls », « paresseux », « stupides », mais que, le plus souvent, ces élèves ont des intelligences fortes qui ne sont jamais sollicitées.

Quelles sont les intelligences privilégiées dans notre système scolaire ?

Le système éducatif privilégie essentiellement l’intelligence verbale-linguistique et l’intelligence logique-mathématique. Mais alors : malheur à l’enfant pour qui ces intelligences sont faibles, il va beaucoup souffrir dans son parcours scolaire. Car le système ne s’intéressera jamais à ses intelligences fortes, par exemple visuelle/spatiale, interpersonnelle ou corporelle/kinesthésique. Certains spécialistes considèrent que 80% des échecs scolaires sont dus à des intelligences fortes jamais sollicitées à l’école…

 

 

Texte & dossier: Bruno Hourst

 

Bibliographie de Bruno Hourst

– Au bon plaisir d’apprendre. Bruno Hourst. InterEditions, 1997-2008.

– Former sans ennuyer : Concevoir et réaliser des projets de formation et d’enseignement. Bruno Hourst. Editions d’Organisation, (2007).

– Modèles de jeux de formation : Les jeux-cadres de Thiagi. Bruno Hourst et S.Thiagarajan. Editions d’Organisation, (2007).

– À l’école des intelligences multiples. Bruno Hourst. Hachette Education, juillet 2006.

– Aidez votre enfant à mieux apprendre. Bruno Hourst. Eyrolles, janvier 2008.

– Management et intelligences multiples : La théorie de Gardner appliquée à l’entreprise. Bruno Hourst. Dunod, octobre 2008

Pour voir le livre: Cliquez ici

Pour voir les formations :Cliquez ici

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