Les intelligences multiples en pratique (Partie 2)

Bruno HOURST / Méthodes et outils pédagogiquesapprendreaapprendre.com

2011_04_05_intelligence_multiples

Qu’est-ce que l’intelligence multiple ? Comment les mettre en pratique dans une classe ou dans une session de formation ?

Comment s’y prendre ?

Pour les enseignants, c’est d’abord d’être au clair avec leur propre bouquet d’intelligences, celles qu’ils ont fortes et celles qui sont faibles ou endormies. Pour 80% des enseignants, l’intelligence la plus forte chez eux sera l’intelligence verbale-linguistique. Et cela tombe bien : le système scolaire privilégie fortement cette intelligence.

Mais le problème, c’est qu’un certain nombre d’élèves (beaucoup, en fait) n’ont pas le même « bouquet d’intelligences » qu’eux, et donc auront plus ou moins de mal à assimiler ce que l’enseignant leur transmettra.

Ensuite, analyser leurs cours récents, qu’ils ont faits ou qu’ils vont faire, et de rechercher les intelligences qu’ils utilisent beaucoup, peu ou pas du tout dans ces cours.

Et puis voir que l’on peut introduire, par-ci, par-là, des activités leur permettant de transmettre ce qu’ils ont à transmettre, mais à travers d’autres intelligences qu’ils n’utilisent généralement pas.
Cela est plus ou moins facile selon les matières : par exemple cela sera plus facile en langues ou en histoire/géographie qu’en mathématiques, mais les utilisateurs des intelligences multiples ont eu beaucoup d’imagination pour trouver des activités adaptées, et cela permet d’introduire toutes les intelligences dans toutes les matières du programme.

Pour répondre à quel besoin ? En vue de quoi ?

Cela permet de répondre à un besoin qui commence à être admis (sauf peut-être par le ministère de l’Education Nationale, qui rêve d’une standardisation aussi poussée que possible) : les enfants n’apprennent ni de la même manière, ni au même moment, ni selon un enseignement standardisé. Accepter ce fait, c’est, donc, ce que l’on appelle faire de la « différenciation pédagogique ».

Mais, dans l’Education nationale, cette différenciation est conçue plus comme une remédiation : l’enfant a des difficultés en mathématiques, donc on va lui donner du soutien en mathématiques.

L’approche des intelligences multiples est radicalement différente : plutôt que de mettre l’accent sur les difficultés de l’enfant, on va s’appuyer sur ses forces (ses intelligences fortes), d’abord pour lui donner confiance en lui et lui permettre de réussir, ensuite pour lui permettre de développer progressivement les intelligences qu’il a plus faibles, et en particulier les verbale/linguistique et logique/mathématique sans lesquelles il n’y a point de salut dans le système éducatif.

Y aurait-il une place particulière pour une évaluation «intelligences multiples » ou pas ?

Enseigner avec les intelligences multiples sans envisager, au moins de temps en temps, d’évaluer également avec les intelligences multiples serait malhonnête, et mal vécu par les élèves : pourquoi, lorsque l’on enseigne, varier les approches pour toucher toutes les formes d’intelligences, et revenir lors des évaluations aux intelligences uniquement verbale/linguistique et logique/mathématique ?

Il est possible d’envisager des évaluations formatives (c’est-à-dire où l’élève montre ce qu’il sait et ce qu’il ne sait pas, à lui-même et à l’enseignant) en utilisant des intelligences autres que les verbale/linguistique et logique/mathématique, même si cette manière de faire semble surprenante dans un système classique d’enseignement. Par exemple, mettre en scène, en musique ou en danse un concept, réaliser un topogramme, préparer une interview d’expert peuvent se noter, à condition de fixer à l’avance les critères de notation qui seront pris en compte par l’enseignant.

À quel moment utiliser les intelligences multiples dans les apprentissages ?

Cela dépend de nombreux paramètres : primaire ou secondaire, matière, organisation de la classe, emploi du temps, programme…
Au départ, cela peut être d’une manière ponctuelle : présenter le sujet d’instruction selon une intelligence peu ou pas utilisée généralement par l’enseignant.

Progressivement, l’enseignant pourra varier ses manières d’introduire les différentes intelligences, d’une manière plus ou moins formelle. Par exemple, il pourra commencer l’étude d’un sujet en organisant une mise en scène (intelligence corporelle/kinesthésique), ou l’étude d’une chanson (intelligence musicale/rythmique), ou encore d’une image (intelligence visuelle/spatiale), et continuer son cours d’une manière plus habituelle – c’est d’ailleurs ce que font naturellement certains enseignants. Et progressivement il intégrera plus naturellement des approches « intelligences multiples » sans même s’en rendre compte.

En primaire et si l’organisation de la classe s’y prête, l’enseignant pourra aussi organiser – par exemple le vendredi après-midi ! – des « ateliers intelligences multiples », où les enfants sont invités à passer.
Je donne tout un tas de pistes pratiques pour cela dans mon livre « A l’école des intelligences multiples ».

Texte & dossier: Bruno Hourst

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