DE L’ATTENTION A LA CONCENTRATION, Troubles dys ou /et TDA/H ?

Régine Salvat

On évoque de plus en plus les « troubles de l’attention avec ou sans hyperactivité » ( TDA/H). Mais attention…toute difficulté d’attention n’est pas forcément synonyme de TDA/H ! Or, la confusion semble exister, de plus en plus d’enfants seraient déclarés TDA ou TDAH sans forcément l’être ? Le diagnostic implique des examens approfondis par des professionnels « avertis » pour éviter un raccourci lié à la méconnaissance des mécanismes de l’attention.

– TROUBLES DYS :

QUEL QUE SOIT LE TROUBLE DYS (TSLA, Trouble spécifique de Langage et des Apprentissages), un enfant souffrant d’un « trouble dys » AUTRE que TDA/H, épuisera plus rapidement qu’un autre son réservoir attentionnel tant il devra se concentrer pour réaliser une tâche dans un domaine où son trouble le pénalisera (écrire pour un dyspraxique ou dysgraphique, lire et déchiffrer pour un dyslexique, écouter et comprendre un énoncé non reformulé pour un dysphasique etc…). Il ne pourra maintenir longtemps sa concentration du fait d’un réel épuisement cognitif.
Cet aspect est primordial à retenir et comprendre afin d’éviter de parler de TDA/H chez des enfants dys non tda/h. En fait, ils épuisent trop vite leur réservoir attentionnel du fait de leur trouble dys qui les place souvent en « double tâche » ( surcharge cognitive). Si la situation de double tâche est évitée, ces enfants pourront mobiliser leurs capacités d’attention.

-ENFANTS TDA/H :

Il s’agit d’un trouble où les ressources attentionnelles de type endogène ne peuvent être mobilisées pour des raisons cérébrales neurologiques. Le diagnostic doit être posé à partir de tests étalonnés, par des spécialistes. La fonction attentionnelle est complexe, c’est une compétence dite « transversale de haut niveau ». Chez ces enfants, lors de leur développement, l’attention exogène automatique ne pourra être inhibée de façon volontaire, au détriment des apprentissages et de la concentration. Pour ces enfants et uniquement pour eux, un traitement par un principe actif, le méthylphénidate, pourra être proposé sur prescription initiale hospitalière avec suivi médical rigoureux.

Nota : un enfant peut cumuler trouble(s) dys et TDA/H. Seuls des professionnels (médecin neuropédiatre et neuropsy) pourront (tenter !) de différencier un « faux trouble de l’attention, lié à la fatigue d’un enfant dys non tda/h et un enfant et dys et Tda/h.

Je vous propose de découvrir comment fonctionnent « nos attentions » qui permettront à un enfant, lors de sa croissance, de se concentrer. Et de découvrir pourquoi enfants TDA/H ou enfants dys ont des difficultés de concentration, aux mécanismes différents. Ce qui entraine des prises en charge différentes. Et implique donc un diagnostic fiable, sérieux, par des spécialistes (évaluation du développement psychomoteur, tests de QI avec bilan neuropsy, synthèse par un neuropédiatre).

« L’enfant découvre que « faire attention », c’est arrêter de passer sans cesse d’un centre d’intérêt à un autre pour se stabiliser un peu, pour s’arrêter quelques instants sur certains aspects du monde qui l’entoure.
Si cette période de stabilité mentale se prolonge, il découvre qu’il est « concentré », et que la rupture involontaire de ces états s’appelle « se laisser distraire ».

J-P. Lachaux ( Le cerveau attentif, Edts Odile Jacob,2011)

Notre attention fonctionne de deux façons nécessaires et dynamiques :

– l’attention exogène, qui nous fait réagir à un événement inhabituel ou nouveau dans notre environnement. Un bruit, une musique ou un cri, va nous faire interrompre l’activité en cours. Cette attention est automatique et de brève durée.

– l’attention endogène, qui dépend de notre volonté et de notre objectif. Elle peut durer plusieurs heures. C’est cette attention qui nous permet de nous concentrer pour réaliser un travail, liée à une maturation cérébrale de développement.

Etre attentif, c’est être capable de rester concentré malgré le bruit et les interruptions momentanées.

Un tout petit sera sensible à tout stimuli extérieur : alors qu’il fait un jeu de construction, son attention va très vite être captée par un événement anodin comme l’arrivée du chat dans la pièce. Il interrompra son jeu pour faire des câlins au chat. Et ne reprendra son activité. Il sautera du coq à l’âne, ses capacités de concentration sont de courte durée.
Au fil des années, l’enfant va peu à peu voir son attention endogène se développer. C’est cette attention qui lui permettra de poursuivre un raisonnement, de mémoriser et donc de faire des apprentissages nombreux.

« C’est la caractéristique « intensité » de l’attention, la capacité à maintenir un niveau d’alerte attentionnelle, et ce, DANS LA DUREE, qui définissent l’attention soutenue ou concentration. Il est facile d’en comprendre les implications en termes d’écoute, de compréhension, d’apprentissages. »

A.Moret- Michèle Mazeau ( Le syndrome dys-exécutif chez l’enfant et l’adolescent, Edts Elsevier Masson, collection Neuropsychologie, 2013)

Mais si l’attention est normalement dynamique et peut mener à la concentration, elle peut fluctuer selon les circonstances :

– L’attention et émotions

La capture attentionnelle est stimulée par le plaisir, la motivation, la récompense ou le danger. Inversement, ennui, fatigue ou stress limitent les capacités attentionnelles et donc d’apprentissages. Nous le savons tous, nous retiendrons difficilement une « activité qui nous barbe » et retiendrons « sans faire attention » un cours passionnant !
Un enfant confronté à l’anxiété ou au stress pour diverses raisons aura des difficultés pour se concentrer et apprendre à l’école. Son comportement en sera affecté.
De la même façon, un enfant qui s’ennuie en classe ( enfants dits Haut Potentiel) sera « tête en l’air rêveur » ou « trublion ».

– L’attention et la saturation
Chacun de nous possède un « réservoir attentionnel ».
Rester attentif est un phénomène cognitif coûteux qui consomme énormément d’énergie . Nos ressources attentionnelles sont donc toujours limitées dans le temps. On parle pour chaque personne d’un « réservoir attentionnel » qui dépend du sujet, de l’âge, de la motivation et des stimuli (auditivo-verbaux , visuels et visuospatiaux).

Toute tâche nouvelle et/ou difficile ( apprentissage), sollicite à fond l’attention. Quand le « réservoir attentionnel » est consommé, il se retrouve…vide. Il faudra un temps de repos, une pause, une récré ou même…dormir. Pour toute personne, enfant ou adulte.

Régine Salvat

Sources de cette introduction résumée « aux troubles de l’attention » (A.Moret- Michèle Mazeau ( Le syndrome dys-exécutif chez l’enfant et l’adolescent, Edts Elsevier Masson, collection Neuropsychologie, 2013)

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