Mon élève est-il dys?

2 situations se prêtent à cette question

 

Situation 1 : Votre élève présente des signes, vous déroute, est en difficulté.

Mais comment savoir si cet élève a un trouble ou est seulement en situation de difficultés passagères?

 

Une chose est certaine, les enseignants ne sont pas en mesure de poser un diagnostic, il est important qu’ils sachent dépister ces élèves pour ensuite demander un avis et un diagnostic d’un professionnel.

 

Pour les dépister, je vous renvoie à la page des troubles. Vous y trouverez les différents signes que vous pouvez remarquer chez ces élèves.

 

 

Si vos doutes se confirment, contactez tout d’abord le médecin scolaire. Il pourra vous accompagner dans le dépistage et vous dira si oui ou non, il pourra rencontrer cet élève.

Si c’est le cas, contactez la famille sans prononcer un nom de trouble mais en indiquant que les difficultés ne viennent pas forcément d’un manque de volonté de la part de l’enfant et qu’il serait intéressant que l’enfant voit le médecin scolaire afin de savoir ce qui se passe. Le médecin scolaire pourra alors accompagner la famille dans les démarches à effectuer afin d’obtenir un diagnostic.

 

Situation 2 : Mon élève a été diagnostiqué mais je suis très sceptique sur la pertinence de ce diagnostic. N’y aurait il pas une erreur du spécialiste?

 

Parfois, on entend parler de surdiagnostic d’enfants qui, en fait, n’ont pas de trouble.

Ce qu’il faut savoir, c’est que certains diagnostics ne peuvent être posés qu’à partir d’un certain âge. Par exemple, étant donné qu’il faut 2 ans de retard pour considérer que le trouble est pathologique, une dyslexie ne pourra être confirmé qu’à partir de fin CE1. Par contre, même si le diagnostic n’est pas encore posé, l’orthophoniste peut demander des aménagements avant car certains signes peuvent indiquer une forte probabilité de dys et les aménagements ne pourront être que bénéfiques.

La dysphasie et la dyspraxie pourront être diagnostiqués dès la maternelle.

 

Pour que le diagnostic soit posé, il faudra aussi que le trouble soit durable. C’est à dire, qu’on ne posera le diagnostic qu’après 6 mois de rééducation.

Cependant, en fonction de ce que l’orthophoniste aura repéré, il pourra être demandé des aménagements dès le début de la rééducation afin d’essayer de pallier aux difficultés au plus tôt.

 

Un trouble spécifique de l’apprentissage demande l’intervention de différents spécialistes pour que le diagnostic puisse être posé. C’est en faisant la synthèse de tous ces bilans que le médecin, souvent neuropédiatre ou médecin en rééducation fonctionnelle, posera le diagnostic. On ne peut donc poser un diagnostic avec seulement un test de QI ou un bilan d’un ergothérapeute.

 

En conséquence, si un trouble a été diagnostiqué sans respecter ces conditions, vous serez en mesure de vous poser des questions.

 

Cependant, il est important de vous mettre en garde.

Trop nombreux sont les enseignants qui doutent d’un diagnostic car les troubles dys sont  souvent des handicaps invisibles ou peu visibles. Ainsi, trop souvent, certains enseignants affirment que c’est un élève qui est moins en difficulté que bien d’autres. Il n’a donc pas besoin de tous ces aménagements.

Or, il faut faire très attention à ne pas oublier la partie immergée de l’iceberg, et je vous renvoie pour cela à cet autre article :

 

 

Il est important aussi de ne pas oublier qu’un trouble dys ne s’oppose pas à l’intelligence et qu’un élève dys peut aussi être un enfant à haut potentiel.

Dans ces conditions, il est parfois très difficile de percevoir le trouble car l’enfant arrive à bien compenser mais avec des efforts que nous n’arriveront pas à percevoir. En même temps, les troubles dys vont masquer le haut potentiel de l’enfant. Ainsi, sans aménagement, l’enfant ne pourra pas révéler son vrai potentiel. Cet enfant, ultra-sensible (je vous renvoie vers les caractéristiques de l’enfant HP), peut à plus ou moins long terme développer une phobie scolaire si ses spécificités ne sont pas reconnues.

 

En conclusion, la tâche de l’enseignant est de dépister, pas de diagnostiquer. Certaines subtilités font qu’en tant qu’enseignant, nous pouvons passer à côté du trouble et douter. Faisons confiance aux spécialistes qui utilisent des outils très pointus pour diagnostiquer, nier un diagnostic peut avoir des conséquences graves pour l’enfant, dont l’échec scolare et la mésestime de soi.

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