Les préjugés autour de la douance & des adultes à Haut (ou Très Haut) Potentiel Intellectuel

Blog « les tribulations d’un petit zèbre »11janvier 2017

http://les-tribulations-dun-petit-zebre.com/2017/01/11/les-prejuges-autour-de-la-douance-des-adultes-a-haut-ou-tres-haut-potentiel-intellectuel/

 

S’il est quelque chose de très partagé entre le monde des enfants (T)HPI & celui des adultes (T)HPI, c’est bien la méconnaissance de leur réalité :(

Comme je l’écrivais dans ce billet, « Florilège d’idées reçues sur les enfants intellectuellement précoces« , les préjugés ont la peau dure :!:

Les parents d’EIP le savent… mais les préjugés touchent aussi les adultes à Haut (ou Très Haut) Potentiel Intellectuel.

Que l’on se sache intellectuellement doué depuis l’enfance, ou qu’on en ait pris conscience une fois arrivé à l’âge adulte, lorsqu’on le dit autour de soi, lorsqu’on fait son coming-out intellectuel on s’expose à une montagne d’idées fausses :-?

– un adulte surdoué, ça n’existe pas
(ahhh ! La fameuse idée qui tend à imaginer que la « précocité intellectuelle » ne concerne que les enfants… C’est bien connu, passé l’âge de 12 ou 13 ans, les autres les rattrapent & donc, ces enfants juste « en avance » redeviennent normaux :-x C’est sans doute le préjugé le plus destructeur qui soit balancé aux parents d’adolescents qui, s’ils ne sont pas bons connaisseurs du haut potentiel, risquent bien d’appliquer à la lettre les conseils désastreux visant à ne rien faire d’autre qu’attendre ce retour à la normalité :oops:
Le terme de « précocité » est atrocement trompeur. Toute cette profusion de termes pose problème, car elle augmente les malentendus. On naît surdoué & on le reste toute sa vie durant !!! Rien ne se perd ou ne s’atténue avec les années. Un enfant à (très) haut potentiel intellectuel pourra développer ou non ce potentiel, il pourra en faire quelque chose, ou non ; mais jamais il ne disparaîtra ou ne diminuera. Il pourra en revanche se mettre en sommeil s’il n’est pas stimulé, & avoir bien du mal à être réactivé au bout de longues années de dépréciation de soi, d’activité morne ou de sentiment d’être passé à côté de ses capacités)

– un adulte surdoué a forcément une situation de haut standing
(beaucoup de gens assimilent haut potentiel intellectuel & réussite, qu’elle soit scolaire, professionnelle &/ou sociale. Ce n’est pourtant pas lié :-|
Pourquoi le serait-ce d’ailleurs ??? C’est étrange d’imaginer qu’un surdoué est forcément en position de grande réussite (telle qu’on la définit d’ordinaire, avec des critères qui restent très discutables…) ou qu’il a forcément fait l’ENA. Étrange de penser qu’il est de fait un notable, ou un chef de grande entreprise ; qu’il vit dans les quartiers huppés, dans un confort financier & matériel hors du commun. La réalité de beaucoup est bien loin de ce cliché, même si elle correspond aussi, pour une part d’entre eux à cette situation ! Il y a de tout, & il y a aussi nombre d’adultes (T)HPI qui vivent très modestement, qui n’ont pas marqué l’histoire & ne le feront jamais, qui sont des anonymes dans la société. Ni spécialement remarquables ni riches ou faisant partie d’une élite quelconque :up:
Il y a des surdoués très peu cultivés qui sont très peu – voire pas du tout – diplômés, très peu qualifiés. Il y a aussi des surdoués très cultivés & sortis du système scolaire sans diplôme, n’ayant pas eu la chance d’avoir accès à des emplois qui mettent en valeur ces connaissances non-académiques. Tous n’occupent pas des places de choix, tous ne sont pas riches. Certains le sont, & certains sont à la rue. D’autres sont employés lambdas, comme on trouve des dizaines de milliers d’autres & rien ne les distingue de ces anonymes qui, eux, sont dans la norme)

Extrait de « Les Tribulations d’un Petit Zèbre. Épisodes de vie d’une famille à haut potentiel intellectuel » :

« Certains ont des parcours jalonnés d’épreuves, d’autres des trajectoires plus douces ; certains sont passionnés par les sciences, les maths ou la philosophie, d’autres les ont en horreur ; certains ont été virés des écoles fréquentées, d’autres se fondent dans le paysage ; […] certains accumuleront les diplômes, d’autres quitteront rapidement le circuit scolaire ; certains sont repérés vraiment très jeunes, d’autres s’ignorent toujours à l’âge de la retraite ; certains brillent de manière exceptionnelle dans un ou plusieurs domaines, d’autres n’ont aucun talent particulier (ou en tous cas, rien de spécial qui ne soit développé).
Chaque personne est un cas d’espèce, et il est capital de toujours garder cela en tête afin de considérer chacun dans le respect de sa singularité. » (© éditions Eyrolles)


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« Tribulations d’un Petit Zèbre, le livre du blog »

– les surdoués se pensent supérieurs aux autres | variante : ils sont arrogants
(c’est l’une des idées reçues qui, je crois, blesse le plus parmi la ribambelle de caricatures. Car elle est tellement à l’opposé de la vérité qu’elle heurte les intéressés, qui se voient affublés d’intentions & d’attitudes qu’ils n’ont jamais eues :cry:
À l’inverse, les surdoués souffrent souvent d’un grand manque de confiance en eux. Ils doutent constamment… de tout & surtout d’eux-mêmes. Ils sont aussi, dans l’immense majorité des cas, très perfectionnistes & souffrent lorsqu’ils ne parviennent pas à atteindre le niveau qu’ils se sont fixé (or, ils placent souvent la barre très haut…). Aussi les faire passer pour des gens arrogants, pédants, sûrs d’eux & qui méprisent les autres est insultant. Aux antipodes du ressenti de ces êtres la plupart du temps hypersensibles & qui se sentent marginalisés & incompris quand on les regarde comme des personnes qu’elles ne sont pas.
Depuis près de 8 ans que je tiens ce blog, je n’ai vu que très rarement des (T)HPI imbus de leur personne. Et les quelques cas de ce genre étaient à mon sens :

– soit des gens se réclamant doués mais ne l’étant pas, n’ayant jamais passé de bilan qui valide leurs suppositions

– soit des surdoués qui avaient adopté une posture de défense qui les faisait passer pour des prétentieux… mais derrière de masque & cet apparent excès de confiance se terre un (T)HPI encore plus fragile que la plupart des surdoués)

– quand il y a un enfant à haut ou très haut QI, il faut regarder du côté du père | variante : l’intelligence est une caractéristique masculine
(on pourrait à première vue croire que c’est une idée très machiste, qui vit essentiellement dans la tête des hommes. Or c’est étrangement une idée qui revient autant dans l’esprit des femmes !? Nombreux sont les psychologues à rapporter que, le jour du compte-rendu du bilan d’un EIP, la maman se précipite généralement pour dire que le petit tient sûrement de son pôpa 8-O
Cela m’a toujours estomaquée. Peut-être parce que je ne l’ai pas du tout vécu ainsi… & qu’en bonne autiste Asperger, la ToM (Theory of Mind) me fait défaut :roll: Trêve de plaisanterie, c’est surtout qu’en profonde féministe, je trouve triste qu’une femme ne s’autorise pas à s’envisager être à l’origine des capacités cognitives hors norme de son fils ou de sa fille. Et donc, on y vient : les petites filles & les jeunes filles sont bien moins repérées que les garçons. Ce déséquilibre – à peu près 1/3 de filles & 2/3 de garçons – se retrouve à tous niveaux : dans les cabinets psy pour les bilans comme les suivis, dans les associations, dans les classes spéciales (T)HPI. Je vous conseille, si vous ne l’avez jamais lu, l’excellent bouquin de Doris Perrodin, dont je parle dans ce billet ;) )

– le sourdement est héréditaire
(il y a souvent une confusion faite entre ce qui est « héréditaire » & ce qui est « héritable ». L’hérédité est la transmission de caractéristiques précises d’une génération à la suivante. L’héritabilité est une mesure statistique, elle est quantitative & toujours basée sur une population donnée. Il ne s’agit pas d’un cas, mais d’un ensemble d’individus, d’un échantillon statistique qui définit la part de l’inné & de l’acquis.
Ainsi, il y a effectivement une composante génétique dans la douance (dans l’intelligence, de façon générale). On parle bien d’héritabilité ; & on l’estime aujourd’hui à – peu ou prou – 50% :)
Souvent – pas du tout de manière automatique, mais régulièrement – on trouve derrière un enfant surdoué d’autres membres de la famille qui le sont aussi. Sans nécessairement le savoir, mais ils en ont les caractéristiques (seule façon d’en être certain : leur faire passer un bilan psychologique). Parmi cet entourage familial concerné, ce peut être la mère &/ou le père, d’autres dans la fratrie, des cousins, des grands-parents, des oncles/tantes. Cela peut sauter une génération, s’observer de manière transversale.
Bref, il faut tordre de cou à l’idée qui voudrait qu’un enfant surdoué soit doté de parents & de frères & sœurs tous (T)HPI, ou dans le sens inverse qu’un couple de (T)HPI ne puisse donner naissance qu’à une brochette de petits (T)HPI)

– un surdoué est forcément heureux | variante : un surdoué est forcément malheureux
(tout & son contraire ! :-P C’est souvent ce que l’on trouve lorsqu’on passe au crible les préjugés, quel que soit le thème concerné…
Je crois pour ma part qu’ils prennent naissance dans le manque de réflexion & dans la généralisation. Terrible duo qui ne mène qu’au désastre. Quoi de pire que le fait d’oublier l’unicité des individus en voulant ramener tout le monde à une vérité absolue & uniforme. Je le répète souvent sur ce blog, & dans mes interventions : chacun est le fruit de son histoire, de sa personnalité, de ses rencontres, en dépit de la douance :!:
Il y a des surdoués de nature enjouée & d’autres qui sont tristes. Il y a des humanistes, & des misanthropes. Et donc, des gens heureux & des malheureux… mais est-ce le fruit du surdouement ? Dans les cas de souffrance, de malheur, peut-on affirmer que le haut potentiel est responsable ? Est-il le seul paramètre ? Que penser alors des malheureux chroniques qui ne sont pas surdoués ? (& il y en a ! Un paquet… Les antidépresseurs ne sont pas prescrits qu’à une part malheureuse des 2,3% de la population, ils touchent très largement un public dans la norme sur le plan psychométrique). Que penser aussi des surdoués qui se disent heureux ? (là aussi, il y en a :up: )
La douance ne condamne à rien : à chacun de trouver sa propre voie vers le bonheur, tel qu’on se le figure)

“Le préjugé est enfant de l’ignorance.”
[William Hazlitt]

– les personnes surdouées sont toujours seules
(là encore c’est une généralisation infondée qui, si elle convient à certains profils, ne collera pas à d’autres :dots:
Un surdoué est avant tout une personne, & donc un tempérament, un caractère. Certaines personnes – qu’elles soient (T)HPI ou non – aiment la compagnie des autres & la recherchent à tout prix, d’autres aiment être seules & isolées. Cette idée vient du décalage éprouvé par les jeunes surdoués, en particulier dans leurs primes années, face aux enfants du même âge. Mais bien des surdoués, quand ils se retrouvent parmi des gens qui ont les mêmes centres d’intérêt qu’eux, les mêmes questionnements existentiels, la même curiosité intellectuelle se régalent à être en groupe. C’est ce qui fait le succès de clubs du type Mensa
Il y a ceux qui sont solitaires, & n’ont pas particulièrement envie d’évoluer parmi des pairs & s’en portent très bien. Ceux-là sont du type sauvages, pas très enclins à adhérer à une asso pour faire des sorties avec d’autres. Ils n’ont pas nécessairement d’amis, ou pas beaucoup, mais c’est une volonté de leur part, qui correspond à qui ils sont.
Enfin il y a aussi ceux qui voudraient être entourés, mais n’y arrivent pas. C’est ceux-là qui souffrent véritablement, car ils subissent une situation qui n’est pas en accord avec leur personnalité & leurs besoins. Mais ils ne sont pas « les surdoués » dans leur globalité & une fois encore, leurs difficultés ne se résument sans doute pas qu’à la question de la douance. Dans tout ce qui a trait à l’humain, il faut souvent envisager les choses sous un angle multifactoriel pour rendre compte au plus juste d’une situation…)

– seul un couple surdoué(e) / surdoué(e) peut être viable à terme
(pour le coup, c’est une idée très tendance chez les personnes qui se découvrent (T)HPI. Comme si l’excitation de la découverte de leur douance & son effet libérateur leur donnait le sentiment que le seul moyen de trouver l’amour passerait par le communautarisme. Pourtant, cette vision binaire les tient en haleine pas mal de temps avant qu’ils ne finissent (enfin, pas toujours…) par comprendre qu’ici encore, c’est un tout.
Réduire une personne & l’attraction qu’elle pourrait exercer sur nous à son score de QI est assez terrible.
Certains (T)HQI ont du mal à entrer en relation avec les autres & à se lier à eux, ils supposent donc assez logiquement que ces difficultés à établir des liens avec le monde extérieur & à tisser une relation intime durable seraient moins conséquentes face à un autre (T)HQI. Ce serait comme imaginer qu’en mettant 2 enfants surdoués à côté, ils deviendront instantanément les meilleurs amis du monde !? On sait que c’est absurde… pourquoi donc la chose, transposée à l’identique dans le monde des adultes, se vérifierait ? :down:
Trouver l’âme sœur fait intervenir tellement de paramètres différents, qui n’ont pas grand chose à voir avec le surdouement, mais plutôt avec la personnalité, les affinités, les points communs (qui certes, ont un peu plus de chances d’être raccords avec 2 surdoué(e)s, mais ne suffisent pas…). Considérer que l’on ne pourrait vivre qu’avec quelqu’un qui soit aussi surdoué, sans prendre du tout en compte la pluralité des profils de la douance & la diversité existant aussi parmi les non-surdoués, me semble triste & illusoire)

– les surdoués sont très rares
(la confusion entre douance & génie est un classique. Le grand public imagine, à tort, qu’un surdoué est quelqu’un d’exceptionnel, qui réalise des prouesses, qui va laisser une trace dans l’histoire. Ce malentendu entre des gens, rares en effet, qui excellent dans un domaine ciblé (sans être forcément (T)HPI !) & les (T)HPI qui n’excellent pas obligatoirement est monnaie courante.
La douance (= le haut potentiel intellectuel = la précocité, terme qui chez un adulte est plutôt ridicule) est en fait fréquente, puisqu’elle touche 2,3% de la population lorsqu’on retient un QI Total de 130, & 5% si on prend un seuil de 125.
En gardant ce seuil de 130 (qui est celui le plus communément admis), on a une personne sur 40, ce qui n’est pas ce que l’on pourrait qualifier de « rare ». Par contre, plus on grimpe dans les scores, & moins on trouve de représentants. Il est bien plus difficile de trouver un individu avec 150 de QI qu’avec 130… Cependant celui avec un score de 150 ne sera pas pour autant « repérable » de par des réalisations extraordinaires. Il pourra passer inaperçu toute sa vie, sauf à être identifié par un bilan (pour une raison X ou Y).
Il faut également savoir que les personnes surdouées excellent dans l’art de se camoufler. Elles ont l’habitude depuis toutes jeunes de cacher leur manière de penser, de taire leurs différences afin de ne pas susciter une forme de rejet qu’elles ont parfois eu à affronter étant enfant. Jouer les caméléons est devenu une seconde nature chez de nombreux adultes (T)HPI qui ont instinctivement saisi que cela serait préférable pour leur éviter des ennuis)

– un surdoué n’a pas besoin de travailler, il mémorise tout sans effort
(voilà une idée reçue terriblement tenace qui accompagne les surdoués tout au long de leur vie. Elle fait généralement son apparition dans l’enfance, pour ceux qui sont déjà identifiés très jeunes, & ne les quitte dès lors plus.
Les caricatures de personnages surdoués que l’on voit systématiquement dans les séries & dans les films depuis quelques années ne sont à mon sens pas étrangères à cette croyance. Il est plaisant d’insérer un personnage doté de capacités surhumaines à la mémoire eidétique, hors du lot des gens normaux, façon superhéros cognitif à la connaissance infuse & au QI explosant tous les scores :roll:
Le souci se pose quand cette image (inventée de toute pièce) s’ancre dans la tête du grand public – voire de certains praticiens & enseignants – au point de devenir LA référence. Elle supplante alors toute réalité, bien moins flatteuse, mais bien plus crédible & brouille intensément la compréhension que ces gens se font du haut potentiel. Non, un surdoué n’a pas un ordinateur (ou Wikipédia…) dans la tête. Il reste humain & sans travail &/ou sans effort, à un moment ou à un autre, ça bloquera au niveau scolaire s’il n’a pas compris qu’il lui faut être organisé & motivé. Pour certains, lorsqu’il y a en plus un TDA/H &/ou des troubles Dys, ça n’est pas simple dès le départ (dès les apprentissages élémentaires) ; pour d’autres ça se compliquera au milieu du collège, ou au lycée, voire à l’arrivée en fac.
Ce préjugé est aussi emprunt de jalousie, car il englobe précisément le fantasme de beaucoup (& c’est la raison pour laquelle cela revient si fréquemment sur nos écrans) : tout avoir à portée de main, sans manifester le moindre effort. Il est quelque peu alimenté, il faut le dire, par l’expertise des jeunes (T)HPI développée vis à vis de leur(s) sujet(s) de prédilection. Elle peut donner l’impression qu’ils savent tout sur ce(s) thème(s), mais il s’agit de connaissances accumulées à force de temps passé. Leur passion ciblée, restreinte, pour des sujets qui les intéressent leur fait tout oublier, mais il n’en va pas de même pour des apprentissages ou des matières qu’ils n’affectionnent pas)

– un vrai surdoué a toujours le nez dans les bouquins | variante : un vrai surdoué est un as des maths
(certains oui & d’autres pas :) Il y a des surdoués qui n’ont absolument aucun intérêt pour les livres, d’autres qui les adorent (on peut remplacer le mot « livres » par « maths », ou par « sciences » ou toute autre domaine sans rien perdre de la véracité de l’affirmation :up: ).
Au risque de me répéter : il y a de tout ! Vouloir sans cesse généraliser, en plaçant dans ces généralités des conditions sine qua non à la douance (conditions tout à fait fausses) me paraît dangereux. Car cela se retourne contre les (T)HPI qui ne cadrent pas avec ce portrait extrêmement fermé & ne seront ainsi pas pris au sérieux dans leur quête de reconnaissance.
Non, toutes les personnes à haut potentiel ne sont pas obsédées par les livres, de même qu’elles ne sont pas toutes des matheuses par exemple. Et même parmi celles qui aiment lire & le font assidûment, il y a des profils très variés. Cela va du livrovore qui, comme moi dévore compulsivement tout ce qui lui passe sous les yeux, au fana de seuls livres historiques qui déteste les romans. Certains (T)HPI ne trouvent aucun intérêt à des livres ne reflétant pas une vérité ou un enseignement, d’autres sont passionnés de poésie ou de science-fiction. D’autres encore, pourtant tout aussi doués, ne touchent pour ainsi dire jamais un livre, & préfèrent d’autres moyens de stimuler leurs neurones)

En mars 2017 : Asperger & fière de l'être

 

– les surdoués passent leur temps chez le psy
(comme je n’ai de cesse de le répéter depuis la création de ce blog début 2009, la douance n’est pas une maladie !!! Ce n’est pas non plus une tare, une croix à porter ou un malheur qui nous tombe dessus, quel que soit l’âge auquel on en prend conscience. Mais elle est parfois regardée ainsi de l’extérieur, & l’idée que les personnes surefficientes soient « malades » ou se comportent comme telles se retrouve dans les esprits. Peut-être est-ce dû au caractère passionné & jusqu’au-boutiste de nombreux (T)HPI, qui peuvent alors donner l’impression d’un manque de constance, d’une instabilité sur le plan professionnel par exemple, s’ennuyant facilement & ne manquant jamais de s’analyser. La pensée perpétuelle qui travaille dans leur tête ne les épargne pas & les (T)HPI ont tendance à tout passer à la moulinette, sans même en avoir l’intention.
Ce besoin de comprendre les pousse quelque fois chez le psy, mais il y a aussi une très grande majorité de surdoués qui n’ont jamais consulté avant leur bilan, voire qui n’ont pas consulté du tout.
Le déclic leur faisant réaliser qu’ils sont (T)HPI pouvant avoir eu lieu inopinément lors d’un bilan de compétences au travail, lors d’une lecture, d’une conversation avec un autre zèbre, d’une émission traitant du sujet.
Bref, il est faux d’imaginer que tous les surdoués sont familiers des cabinets psychologiques ou psychiatriques. La plupart, en phase de questionnements, ayant justement honte de s’y rendre pour la passation d’un test psychométrique & hésitant longuement à sauter le pas)

– un surdoué est juste quelqu’un qui s’est entrainé pour passer un test
(je termine par cette croyance qui doit sûrement rassurer les moins enclins à comprendre de quoi il s’agit lorsqu’on parle de haut potentiel intellectuel. Il y a d’une part une erreur quant à ce que ces gens entendent par « un test » :!: Un test psychométrique standardisé & étalonné n’a absolument rien à voir avec un quiz figurant dans un magazine ou trouvé sur le net. Il s’agit de tests scientifiques qui sont construits selon des critères précis. Vous aurez toutes les explications dans ce billet : « Comment est construit un test de QI ? » :up:
D’autre part, la méprise touche à la question du caractère factice de la chose, comme si performer à un test relevait d’une bonne culture, d’un entrainement adéquat. Or il ne faut pas confondre un test psychométrique & une évaluation scolaire ou un partiel. Il n’y a ni bon ni mauvais résultat, seulement une photographie des capacités de l’individu au moment de la passation. On peut certes s’effondrer durant une passation & contre-performer (par une anxiété trop forte, si l’on passe ce bilan en phase dépressive, etc.), mais on ne peut avoir de hauts scores par hasard ou par chance. On sait aussi que les résultats sont relativement stables dans le temps sauf maladie neurodégénérative ou accident cérébral, & ce même si le haut potentiel prend des tonalités très différentes selon l’âge & l’expérience de vie de l’intéressé.
Vouloir se persuader qu’un (T)HPI ne l’est, sur le papier, que parce qu’il a brillé artificiellement à un test est une manière très violente de nier l’existence même de la douance au sens large. Et c’est aussi une façon de réduire ce haut potentiel au seul QI, qui n’est que l’un des indices – parmi tant d’autres – du surdouement.
Avoir un (très) haut potentiel ne se borne pas à un chiffre de QI. Cela s’accompagne d’une foultitude de caractéristiques autres que l’intelligence, ou la mesure de l’utilisation de celle-ci. Il s’agit d’une manière particulière d’évoluer dans ce monde, de le comprendre, de l’interprêter. Mais aussi d’une pensée permanente, rapide & divergente (c’est à dire qui prendra des chemins inattendus) ; d’une sensibilité particulière (pouvant faire souffrir, être une éponge émotionnelle est usant), d’un besoin de comprendre, de chercher à savoir avec exactitude)

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