Archives mensuelles : février 2017

Alexandre, surdoué: « La vivacité est essentielle pour s’épanouir en couple »

L’express, Par Leslie Rezzoug, publié le 27/02/2017

Etre surdoué, n'est pas forcément la garantie d'une vie sentimentale épanouie. Photo d'illustration.

Etre surdoué, n’est pas forcément la garantie d’une vie sentimentale épanouie. Photo d’illustration.

Getty Images

Il y a un peu plus d’un an, Alexandre a été diagnostiqué surdoué. Un bouleversement qui s’accompagne aujourd’hui d’une réflexion profonde sur sa vie sentimentale parfois mouvementée. Il nous raconte ici sa vision de l’amour et du couple.

D’aussi loin que je me souvienne, on a toujours loué mon intelligence. Pourtant, je n’ai été diagnostiqué « surdoué » qu’à 42 ans. C’est un psy rencontré dans mon milieu professionnel qui m’a conseillé de passer les tests. J’ai un QI de 149. Après cette rencontre, j’ai lu le livre Trop intelligent pour être heureux (éd. Odile Jacob) de la psychologue Jeanne Siaud-Facchin. A l’aune de ce texte, j’ai repensé mes échecs amicaux, professionnels et amoureux. Tout s’est éclairé. J’ai compris pourquoi certaines personnes me trouvaient fantasque, vif mais aussi parfois un peu effrayant.

« Je n’avais pas les clés pour comprendre »

Sentimentalement, j’ai eu l’impression de rouler de nuit en portant des lunettes de soleil pendant 40 ans. Je n’avais pas les clés pour comprendre ce qui m’arrivait, pour dénouer les fils de mes relations. J’oscillais en permanence entre l’impression d’être génial et celle d’être une imposture totale. Avec le diagnostic est arrivé une forme d’apaisement. Enfin j’ai pris la mesure de qui j’étais. J’ai réalisé que cette extravagance que certains voyaient en moi n’en était pas vraiment une. J’ai compris pourquoi je me lassais si vite.

Lorsque l’on est surdoué, la rencontre amoureuse est souvent biaisée par une forme de « prescience ». On comprend très rapidement à qui l’on a à faire, si la relation peut marcher ou non. Il m’est déjà arrivé de proposer le mariage à un homme que je connaissais depuis à peine une heure. A l’inverse, j’ai déjà vécu des histoires tout en sachant que cela ne fonctionnerait jamais. La lutte contre l’ennui est une composante essentielle de la vie des personnes surdouées.

LIRE AUSSI>> Adultes surdoués: comment les reconnaître?

« Mon rêve serait d’être très beau »

S’il m’est souvent arrivé de ne pas rappeler après un rendez-vous amoureux, c’est que j’avais déjà l’impression d’avoir fait le tour de la personne que j’avais en face de moi. La séduction passe par une méthode que je déroule selon un scénario très écrit. Quand je cherche à plaire à quelqu’un, j’ai souvent l’impression de jouer aux échecs.

Si faire l’amour est aussi important pour moi, c’est justement parce qu’il s’agit du seul moment où je laisse mon cerveau en veille. Le sensoriel met la pensée au repos. Le monde organique se substitue au monde intellectuel.

Au fond, je trouve très triste d’être aimé pour son cerveau. Pour moi, ce n’est qu’un outil. Mon rêve serait d’être très beau, un véritable Apollon, et de plaire uniquement grâce à mon physique. On pense souvent que les surdoués ont une très haute opinion d’eux-mêmes. C’est faux. Dans ma vie sentimentale, j’ai très souvent ressenti un sentiment d’infériorité.

« Tout était motif à réflexion »

J’ai accumulé les rencontres, les rendez-vous et les histoires sans lendemain mais je méprisais souvent les hommes qui étaient attirés par moi. J’étais presque agressif. Comme avec Louis. Tout de suite, il m’a collé l’étiquette de surdoué, alors que j’étais bien loin de m’imaginer qu’il pouvait avoir raison. Cela m’a particulièrement irrité. Je ne pouvais pas supporter qu’il ait l’impression de lire en moi comme dans un livre ouvert, comme si j’étais un numéro.

J’ai néanmoins passé 12 ans en couple avec Gauthier, lui aussi surdoué. Nous nous sommes probablement reconnus. Notre relation était très forte, fusionnelle. Quand on est surdoué, on a besoin d’avoir une base de repli extrêmement solide, de trouver en l’autre un abri face à un monde extérieur perçu comme hostile.

Nos problèmes relationnels ont commencé car nous étions tous les deux persuadés d’avoir raison sur à peu près tout. Nous étions aussi très souvent dans la « sur-analyse » de tout ce que l’autre faisait. Tout était motif à réflexion, à examen, des idées les plus hautes aux petits tracas du quotidien. C’était épuisant, pour lui comme pour moi. Pourtant, je ne dirais pas que notre histoire a pris fin à cause de ce surdouement partagé. L’usure a simplement fait son oeuvre, comme cela arrive souvent.

LIRE AUSSI >> Adultes surdoués: comment gérer la différence?

« L’intelligence c’est quand même particulièrement sexy »

Le fait d’être surdoué peut évidemment faire fuir certaines personnes. Ce n’est absolument pas la garantie d’une vie sentimentale réussie. J’ai connu des échecs comme tout le monde. Un homme avec lequel je suis sorti quelques temps m’a même dit que je prenais le fait d’être surdoué comme une excuse pour être insupportable. Le chemin de la compréhension de soi passe par cette réflexion où l’on cherche sa place en propre, sans se laisser définir par autrui.

Personnellement, je considère que quand on est surdoué, il est essentiel d’essayer d’être la meilleure personne possible, d’être bon, juste, d’avoir de l’empathie. Gauthier par exemple est un véritable humaniste selon moi. Je suis tombé amoureux de ses qualités morales, de sa bienveillance constante envers les autres. Quand on est surdoué, on se doit de mettre son intelligence au service de quelque chose de plus grand que son petit nombril.

Même si j’estime qu’une certaine rectitude morale est capitale, j’ai également besoin d’admirer mon conjoint. Je trouve que l’intelligence c’est quand même particulièrement sexy. Cela porte d’ailleurs un nom: être sapiophile! Il suffit de prendre l’exemple de Serge Gainsbourg qui a eu des relations avec Brigitte Bardot, Jane Birkin.

De mon côté, j’ai séduit certains de mes compagnons en deux phrases. L’humour, la vivacité sont essentiels pour s’épanouir dans un couple. Aujourd’hui, je suis célibataire. Mais j’ai tout de même envie d’y croire à nouveau. Après tout, chez les surdoués comme chez les autres, ce ne sont pas deux cerveaux qui se rencontrent mais deux personnes, à part entière.

Trait de caractère particulier, trouble ou pathologie: vous vivez une différence au quotidien, constitutive de votre personnalité? Si vous avez envie de me raconter votre histoire, n’hésitez pas à m’écrire à lrezzoug@lexpress.fr pour livrer votre témoignage sur le site de L’Express Styles.

Publicités

Estime de soi : et si on rendait les compliments contagieux ?

Article de « +POSITIVR »

Quand elle était petite, Art-Mella passait son temps à dessiner ses héros devant la télé. Aujourd’hui, elle partage sa philosophie en BD ! Découverte.

Armella Leung est dessinatrice et auteur de bandes dessinées. Quand elle était petite, elle passait son temps à dessiner ses héros de dessins animés devant la télé… aujourd’hui, elle partage sa philosophie et sa vision de la vie avec des petites histoires tendres en BD !

Un jour, Armella a eu une révélation face à cette question : « Si vous mourriez dans 2 mois, qu’est-ce que vous aimeriez laisser au monde ? »

Elle alors décide de tenter sa chance pour vivre de sa passion et partager ses créations au plus grand nombre. Sa philosophie ? La permaculture. Elle explique :

« C’est une façon de cultiver la terre, mais aussi de cultiver l’esprit. »

Une vision qui ne la quittera plus, et qu’elle exprime et partage au travers de dessins, de conseils et d’histoires tendres, à la fois simples et magiques. Petit exemple avec « Les compliments » :

Crédit : Art-Mella / Conscience Quantique
Crédit : Art-Mella / Conscience Quantique
Crédit : Art-Mella / Conscience Quantique
Crédit : Art-Mella / Conscience Quantique
Crédit : Art-Mella / Conscience Quantique
Crédit : Art-Mella / Conscience Quantique

Vous pouvez retrouver Art-Mella sur son blog, Conscience Quantique. Si vous souhaitez découvrir ses BDs, n’hésitez pas à aller faire un tour sur sa boutique !

C’est frais ! Ca fait du bien ! Une artiste à découvrir d’urgence pour mettre un peu de bonheur dans le quotidien.

(Dessins reproduits avec l’aimable autorisation de Art-Mella.)

À lire aussi : Chaque matin, il complimente ses élèves un à un. Depuis, dans sa classe, tout va mieux !

 

Le désenchantement des étudiants

 Chronique publiée le 15/02/17 17:42  « Le journal des femmes »

Le lycée terminé, le bac en poche, pas toujours avec la mention souhaitée à cause d’un manque d’assiduité chronique, l’étudiant envisage son quotidien sous un angle différent.

Il va pouvoir enfin  rayer définitivement de sa vie les matières qui l’ennuyaient tant, mais pointe une inquiétude sournoise : il se demande s’il a fait le bon choix. Tant de domaines l’attiraient, mais il fallait aussi rester rationnel et reléguer au plus profond les rêves d’avenir qui n’avaient aucune chance de déboucher sur un métier solide. On ne peut pas suivre la voie de ses rêves murmure la voix de la raison, on y reviendra plus tard, quand la plus grande partie de son existence aura été parcourue.

Plus tard, on sera poète, comme on l’était adolescent, peintre ou musicien pour exprimer ses émotions profondes, écrivain, parce que c’est un besoin irrépressible et qu’on y voit une façon de transmettre des idées qui peuvent être utiles, y compris pour le simple divertissement des lecteurs…

Pour le moment, les plus travailleurs vont dans les classes préparatoires. Même si c’est un choix par défaut, il laisse le temps de réfléchir encore et ces années ne sont jamais perdues, elles ouvrent toutes sortes de voies. Ce choix, dicté par la raison,  peut se révéler un piège effrayant : l’adolescent doué ne s’attendait pas à être obligé de fournir une telle somme de travail, il peut craquer, parfois d’une façon impressionnante tant le choc est rude.

D’autres voies répondent à une véritable vocation, un choix réfléchi, mûri de longue date, qui serait l’aboutissement d’une personnalité qui s’est affirmée au cours des années. Des lectures, des rencontres, un professeur passionné ont conduit l’adolescent vers ces études sans l’ombre d’une hésitation. Désirer devenir médecin et envisager ces longues études sans frémir démontre bien qu’il existe des choix profondément enracinés correspondant à une construction fondamentale de la personnalité. En abordant ces études, ils savent ce qui les attend. Seule, la méconnaissance du sens de l’effort peut les faire trébucher. Le choix suivant, opéré par défaut, est souvent teinté d’un désenchantement discret, pour ne pas perdre la face, mais qui peut imprégner l’existence toute entière d’une ombre à peine perceptible de tristesse à moins que ce second choix ne corresponde à un aspect plus secret de la personnalité  qui n‘avait pas osé se découvrir.  Un acteur talentueux racontait qu’il avait commencé ses études par de calamiteuses années de médecine, interminablement redoublées.

Parfois, l’enthousiasme  qui  mène les étudiants encore au seuil de leurs études retombe  bien vite. Ainsi, pour certains, la découverte de la philosophie au lycée les avait plongés dans une joie ineffable. Des perspectives vertigineuses s’ouvraient devant eux, ils brûlaient de les explorer dans la compagnie de semblables, tout aussi passionnés, sous la conduite  de guides expérimentés. Et puis cette exploration a tourné court, la frustration provoquée par une approche trop superficielle apparaît à nouveau. Ces noms qui brillaient comme des étoiles lointaines restent trop peu accessibles, leur vision du monde et de ses mécanismes n’est pas abordée assez hardiment. Schopenhauer, Spinoza,  Kant gardent leur mystère et Platon reste dans ses limbes grecques.

La déception est cruelle, au point que l’étudiant déçu  ne se sent plus le courage de subir encore longtemps une telle insatisfaction, la route tellement prometteuse rétrécit, devient caillouteuse. Il est maintenant réellement impossible de subir cette  constante pauvreté d’informations.

L’informatique, qui a sa logique propre, rigoureuse, offrant de multiples possibilités de déployer les idées novatrices en accord avec  la dextérité intellectuelle des personnes douées, se révèle un recours possible. Dans ses débuts, quand les exigences de diplômes étaient moindres dans ce domaine, les personnes douées dont les études avaient été trop chaotiques, trouvaient là un chemin attrayant, innovant, où elles pouvaient enfin donner toute leur mesure.

Ce besoin est impératif, il doit absolument être pris en compte, sinon celui qui se sent constamment bridé risque de s’étioler sans savoir comment s’extraire de cette impasse.  Il faut alors une énergie fantastique, de celle qu’on qualifie parfois « d’énergie du désespoir » et aussi une audace que celui qui souffre ne se connaissait pas.  Il est parfois nécessaire de l’aider et de l’accompagner pour que ce sursaut ne retombe pas.

Rester longtemps dans une atmosphère qui rappelle celle des classes suivies avec résignation peut miner la plus belle des énergies.

Les personnes douées sont maintenant qualifiées de « slascheuses » à cause de leurs multiples qualités qui leur permettent de s’adapter à toutes sortes de tâches sans désirer en privilégier une seule pour qu’elle devienne leur unique centre d’intérêt.  On voit des étudiants qui suivent, avec la même passion initiale, des études très diverses, sans liens entre elles, mais toutes  ces routes les ont irrésistiblement attirés et ils ne se sentent pas le cœur de renoncer à tous ces savoirs pour s’engager dans la vie professionnelle.

Malgré tout, leur intérêt passionné s’éteint trop vite et ils butinent ailleurs en attendant l’éclair qui leur indiquera qu’ils suivent enfin la voie idéale où ils n’éprouveront plus  cette sensation de frustration, inévitable semble-t-il.

C’est pourquoi, le saut de classe présente des avantages annexes : si la vie étudiante commence plus tôt, il est moins gênant de perdre un an ou deux en études,  ensuite abandonnées. On ne doit pas se laisser impressionner par cette rengaine de manque de maturité justifiant le refus de ce passage accéléré durant la scolarité : une fois pour toutes, les personnes douées, enfants et adultes, sont hypersensibles et le  resteront toute leur vie.  C’est cette sensibilité particulière qu’on qualifie d’immaturité.

On doit aussi garder en mémoire que le sens de l’effort est souvent défaillant, voire inexistant chez les personnes douées, enfants, adolescents ou presque adultes. Si les études entreprises avec passion se révèlent trop austères ou bien comportent des aspects fastidieux,  l’étudiant les abandonne sous prétexte d’ennui ou même sans raison bien définie. Elles ne lui convenaient pas dira-t-il avec une certaine indifférence.  Elles n’ont pas  provoqué l’élan enthousiaste qu’il se voyait partager avec des semblables, cheminant  tous du même pas.

Quand il trouve enfin la voie  correspondant à sa véritable personnalité, l’étudiant doué perçoit un écho à sa curiosité passionnée, il se sent enfin pleinement lui-même et il explorera sans se lasser des routes peut-être encore inconnues. 

Conseils : essayer de faire découvrir au futur étudiant des univers de travail qu’il ne connaît pas.  Les salons spécialisés et les journées portes ouvertes des écoles peuvent aider au choix des études.  Quand le nombre de voies possibles donne le vertige,  consulter quelqu’un de vraiment professionnel qui peut indiquer les orientations convenant le mieux à la personnalité du futur étudiant, mais cette personnalité doit être cernée au plus près.

Chronique de  Arielle Adda Psychologue

 

Le lycée terminé, le bac en poche, pas toujours avec la mention souhaitée à cause d’un manque d’assiduité chronique, l’étudiant envisage son quotidien sous un angle différent.

Il va pouvoir enfin  rayer définitivement de sa vie les matières qui l’ennuyaient tant, mais pointe une inquiétude sournoise : il se demande s’il a fait le bon choix. Tant de domaines l’attiraient, mais il fallait aussi rester rationnel et reléguer au plus profond les rêves d’avenir qui n’avaient aucune chance de déboucher sur un métier solide. On ne peut pas suivre la voie de ses rêves murmure la voix de la raison, on y reviendra plus tard, quand la plus grande partie de son existence aura été parcourue.

Plus tard, on sera poète, comme on l’était adolescent, peintre ou musicien pour exprimer ses émotions profondes, écrivain, parce que c’est un besoin irrépressible et qu’on y voit une façon de transmettre des idées qui peuvent être utiles, y compris pour le simple divertissement des lecteurs…

Pour le moment, les plus travailleurs vont dans les classes préparatoires. Même si c’est un choix par défaut, il laisse le temps de réfléchir encore et ces années ne sont jamais perdues, elles ouvrent toutes sortes de voies. Ce choix, dicté par la raison,  peut se révéler un piège effrayant : l’adolescent doué ne s’attendait pas à être obligé de fournir une telle somme de travail, il peut craquer, parfois d’une façon impressionnante tant le choc est rude.

D’autres voies répondent à une véritable vocation, un choix réfléchi, mûri de longue date, qui serait l’aboutissement d’une personnalité qui s’est affirmée au cours des années. Des lectures, des rencontres, un professeur passionné ont conduit l’adolescent vers ces études sans l’ombre d’une hésitation. Désirer devenir médecin et envisager ces longues études sans frémir démontre bien qu’il existe des choix profondément enracinés correspondant à une construction fondamentale de la personnalité. En abordant ces études, ils savent ce qui les attend. Seule, la méconnaissance du sens de l’effort peut les faire trébucher. Le choix suivant, opéré par défaut, est souvent teinté d’un désenchantement discret, pour ne pas perdre la face, mais qui peut imprégner l’existence toute entière d’une ombre à peine perceptible de tristesse à moins que ce second choix ne corresponde à un aspect plus secret de la personnalité  qui n‘avait pas osé se découvrir.  Un acteur talentueux racontait qu’il avait commencé ses études par de calamiteuses années de médecine, interminablement redoublées.

Parfois, l’enthousiasme  qui  mène les étudiants encore au seuil de leurs études retombe  bien vite. Ainsi, pour certains, la découverte de la philosophie au lycée les avait plongés dans une joie ineffable. Des perspectives vertigineuses s’ouvraient devant eux, ils brûlaient de les explorer dans la compagnie de semblables, tout aussi passionnés, sous la conduite  de guides expérimentés. Et puis cette exploration a tourné court, la frustration provoquée par une approche trop superficielle apparaît à nouveau. Ces noms qui brillaient comme des étoiles lointaines restent trop peu accessibles, leur vision du monde et de ses mécanismes n’est pas abordée assez hardiment. Schopenhauer, Spinoza,  Kant gardent leur mystère et Platon reste dans ses limbes grecques.

La déception est cruelle, au point que l’étudiant déçu  ne se sent plus le courage de subir encore longtemps une telle insatisfaction, la route tellement prometteuse rétrécit, devient caillouteuse. Il est maintenant réellement impossible de subir cette  constante pauvreté d’informations.

L’informatique, qui a sa logique propre, rigoureuse, offrant de multiples possibilités de déployer les idées novatrices en accord avec  la dextérité intellectuelle des personnes douées, se révèle un recours possible. Dans ses débuts, quand les exigences de diplômes étaient moindres dans ce domaine, les personnes douées dont les études avaient été trop chaotiques, trouvaient là un chemin attrayant, innovant, où elles pouvaient enfin donner toute leur mesure.

Ce besoin est impératif, il doit absolument être pris en compte, sinon celui qui se sent constamment bridé risque de s’étioler sans savoir comment s’extraire de cette impasse.  Il faut alors une énergie fantastique, de celle qu’on qualifie parfois « d’énergie du désespoir » et aussi une audace que celui qui souffre ne se connaissait pas.  Il est parfois nécessaire de l’aider et de l’accompagner pour que ce sursaut ne retombe pas.

Rester longtemps dans une atmosphère qui rappelle celle des classes suivies avec résignation peut miner la plus belle des énergies.

Les personnes douées sont maintenant qualifiées de « slascheuses » à cause de leurs multiples qualités qui leur permettent de s’adapter à toutes sortes de tâches sans désirer en privilégier une seule pour qu’elle devienne leur unique centre d’intérêt.  On voit des étudiants qui suivent, avec la même passion initiale, des études très diverses, sans liens entre elles, mais toutes  ces routes les ont irrésistiblement attirés et ils ne se sentent pas le cœur de renoncer à tous ces savoirs pour s’engager dans la vie professionnelle.

Malgré tout, leur intérêt passionné s’éteint trop vite et ils butinent ailleurs en attendant l’éclair qui leur indiquera qu’ils suivent enfin la voie idéale où ils n’éprouveront plus  cette sensation de frustration, inévitable semble-t-il.

C’est pourquoi, le saut de classe présente des avantages annexes : si la vie étudiante commence plus tôt, il est moins gênant de perdre un an ou deux en études,  ensuite abandonnées. On ne doit pas se laisser impressionner par cette rengaine de manque de maturité justifiant le refus de ce passage accéléré durant la scolarité : une fois pour toutes, les personnes douées, enfants et adultes, sont hypersensibles et le  resteront toute leur vie.  C’est cette sensibilité particulière qu’on qualifie d’immaturité.

On doit aussi garder en mémoire que le sens de l’effort est souvent défaillant, voire inexistant chez les personnes douées, enfants, adolescents ou presque adultes. Si les études entreprises avec passion se révèlent trop austères ou bien comportent des aspects fastidieux,  l’étudiant les abandonne sous prétexte d’ennui ou même sans raison bien définie. Elles ne lui convenaient pas dira-t-il avec une certaine indifférence.  Elles n’ont pas  provoqué l’élan enthousiaste qu’il se voyait partager avec des semblables, cheminant  tous du même pas.

Quand il trouve enfin la voie  correspondant à sa véritable personnalité, l’étudiant doué perçoit un écho à sa curiosité passionnée, il se sent enfin pleinement lui-même et il explorera sans se lasser des routes peut-être encore inconnues. 

Conseils : essayer de faire découvrir au futur étudiant des univers de travail qu’il ne connaît pas.  Les salons spécialisés et les journées portes ouvertes des écoles peuvent aider au choix des études.  Quand le nombre de voies possibles donne le vertige,  consulter quelqu’un de vraiment professionnel qui peut indiquer les orientations convenant le mieux à la personnalité du futur étudiant, mais cette personnalité doit être cernée au plus près.

Chronique de  Arielle Adda Psychologue

http://www.journaldesfemmes.com/maman/expert/66370/le-desenchantement-des-etudiants.shtml

 

Remédiation cognitive des troubles attentionnels : des aspects théoriques aux applications cliniques Anne-Marie TONINATO

Publié le 16 février 2013, mis a jour le 4 mars 2016 , par Anne-Marie Toninato

Anne-Marie TONINATO

Neuropsychologue clinicienne

La remédiation n’est pas un élément indépendant et isolé, mais s’insère dans une globalité de traitement et de compréhension d’autrui.

Un TDAH a des répercussions tout au long de la vie et dans tous les espaces de la vie du sujet : scolaire, familial et social. Pendant l’enfance, la répercussion est évidente dans le cadre scolaire, et ce dès l’école maternelle : isolement, marginalisation. La répercussion est également familiale. Elle devient rapidement psychique et émotionnelle : démotivation, faible estime de soi. Au moment de l’adolescence, la symptomatologie évolue et impacte plus sévèrement le projet scolaire et social ; elle est associée à des comportements transgressifs et surtout à une tendance à la mise en danger. Pour les adultes, au trouble déficit de l’attention, aux troubles de la concentration et de l’investissement dans les tâches s’ajoutent des comportements d’évitement quand les activités sont jugées trop longues et des déficits exécutifs.

Il existe une corrélation entre le projet possible, l’amélioration possible du patient en fonction du niveau du facteur G, c’est-à-dire la capacité de la personne à conceptualiser son trouble, en prendre conscience et pouvoir développer une anticipation et une maîtrise de ses difficultés. Un autre facteur prédictif très important est la stimulation adaptée de l’environnement, d’où la nécessité de travailler de façon collective avec les professionnels de l’école et les familles. La stabilité affective est également un facteur important. Enfin, l’évolution du trouble est différente selon qu’il est isolé ou associé à un trouble de l’apprentissage autre.

Une prise en charge pluridisciplinaire permet d’intégrer tous les aspects du déficit. J’ai travaillé depuis plusieurs années d’abord en institution, puis dans le cadre d’un exercice fédéral, à un programme qui inclut d’emblée plusieurs types de prise en charge et une collaboration pluridisciplinaire, écologique et scolaire autour de l’enfant.

Ma proposition associe l’ensemble des axes d’intervention pour permettre un renforcement de l’étayage dans tous les espaces publics et développer une rééducation globale. Il s’agit de proposer aux enfants qui présentent un trouble de l’attention, avec ou sans hyperactivité, une remédiation cognitive structurée en Phases distinctes . La première est constituée de séances individuelles hebdomadaires dans lesquelles il convient d’associer d’emblée les parents, dont l’engagement est nécessaire pour soutenir le travail effectué en séance. La deuxième période est une prise en charge groupale.

Les séances individuelles sont constituées de dix à quinze séances en fonction de la gravité du trouble, de l’âge de l’enfant et de sa capacité à prendre conscience de l’impact de ses difficultés. Un enfant très performant sur le plan conceptuel et capable de comprendre cet impact dans le cadre scolaire pourra démarrer immédiatement une remédiation cognitive » ; ce n’est pas tout à fait le cas pour un enfant plus jeune qui subit ses difficultés.

Les première séances servent à expliquer le fonctionnement cérébral à l’enfant en présence de l’un des parents. Je m’appuie beaucoup sur les travaux de Pierre-Paul GAGNE sur la présentation d’un abord séquentiel des choses, qui permet à l’enfant de se repérer dans des structures cognitives qu’on lui présente immédiatement. Les séances sont centrées sur des exercices spécifiques qui visent une modalité attentionnelle spécifique en fonction du niveau et de l’âge de l’enfant – chaque enfant nécessite un certain type d’exercice, à un certain rythme, en fonction de ses difficultés et éventuellement d’un trouble cognitif particulier. Un bilan neuropsychologique complet est donc indispensable, de même que des bilans spécifiques cognitifs pour construire les séances en fonction du point de départ de l’enfant. A la fin de chaque séance, je reçois les parents, transmets la grille de contenu et demande aux parents de répéter le même type d’exercice deux à trois minutes par jour avec la dimension métacognitive associée : il faut expliquer à l’enfant les raisons de ce qu’on va faire, quelles sont les difficultés et pourquoi il a réussi. L’objectif est de le rendre autonome dans la gestion de son trouble attentionnel. L’objectif central est de développer les capacités d’adaptation et de conceptualisation de l’enfant.

L’introduction de chaque séance doit déclencher la disponibilité attentionnelle : on inhibe les distracteurs en proposant des exercices d’attention sélective. On inhibe l’impulsivité en rappelant d’emblée l’organisation de la séance, le but et le rôle de chacun. On modère l’instabilité en veillant à une installation qui contienne l’enfant : chaises avec un accoudoir, tables peu élevées et bien dégagées, etc. L’enfant peut ainsi se mettre au travail et prendre conscience des difficultés à engager l’attention conjointe.

La deuxième étape vise à favoriser la flexibilité mentale en s’appuyant sur le contrôle attentionnel, par exemple des jeux de fluence, de go/no go, de labyrinthe ou de réflexe, en fonction des progrès de l’enfant : une fois l’attention déclenchée, on apprend à l’enfant à inhiber les distracteurs. La deuxième phase de cette deuxième séance vise à introduire des tâches qui associent un raisonnement déductif ou une stratégie. A la fin de chaque série de tâches on explicite l’apprentissage et les modalités attentionnelle mobilisées : qu’a-t-on fait ? Pourquoi cela a-t-il fonctionné ? Pourquoi cela n’a-t-il pas fonctionné ? Que reste-t-il à faire ? On fixe les objectifs de la séance suivante et associe les parents.

La troisième partie vise à développer l’élaboration des mécanismes de planification. On s’appuie beaucoup sur le programme de Pierre-Paul GAGNE : on séquence le travail et on développe le raisonnement de stratégie par des jeux de rôle, des jeux de déduction et des énigmes, pour rendre l’enfant autonome. En fin de séance, on généralise l’apprentissage de la séance en proposant une tâche de longue durée : on se rapproche d’une situation écologique, qui est celle que l’enfant vit tous les jours à l’école.

Enfin, en fin de séance, on met l’accent sur l’apprentissage visé explicitement. Je reçois les parents et leur montre ce que nous avons fait. Je leur fais une proposition de travail pour la séance suivante, en mettant en avant progrès et difficultés. J’adapte le niveau en fonction des troubles associés.
Au terme de ces séances, on n’a pas réglé le problème, mais l’on a fait le tour des domaines de compétence et des domaines encore déficitaires. On propose alors quinze séances groupales où l’enfant est placé dans une situation plus écologique : la présence des autres est un distracteur en soi. On tente de construire un « lobe frontal » à plusieurs enfants : on distribue des rôles et permet de construire des projets d’une séance à l’autre.

Cours vidéo de mathématiques, de la sixième à la terminale

Conforme au programme 2016 de l’éducation nationale en France

«Cours vidéo de mathématiques» est composé d’une série de vidéos conceptuelles (on ne voit personne) où les concepts mathématiques sont expliquées au tableau blanc, lentement, systématiquement et en détail.

Philippe Mercier, enseignant de mathématiques dans un collège de Moselle (France), s’y exprime clairement, comme s’il vous donnait un cours privé, et l’enregistrement vidéo offre l’immense avantage de pouvoir être arrêté, repris, avancé ou reculé à volonté au besoin.

Même si la présentation est minimale, on a droit à des explications pédagogiques éprouvées et peaufinées sans doute par des années d’enseignement, avec des moyens réduits mais efficaces.

L’ensemble compte plus de 600 vidéos de cours de la 6ème à la seconde. Le tout est complété par un forum d’aide en ligne. Une version mobile est également disponible pour visionner les vidéos sur un smartphone.

(Note : dans le système français, les années scolaires sont décomptées de la sixième à la terminale, dans les systèmes américains, les années son comptées de la première à la cinquième. Ainsi la sixième correspond au sec. I et la troisième au sec. IV.)

Au programme

Sixième

Travaux numériques

  • addition et soustraction
  • division décimale et euclidienne
  • multiplication
  • nombres décimaux
  • nombres en écriture fractionnaire
  • ordre et repérage
  • organisation de données
  • proportionnalité

 

Travaux géométriques

  • aires
  • angles
  • droites parallèles et perpendiculaires
  • figures usuelles et axes de symétrie
  • milieu – médiatrice – cercles
  • périmètres
  • symétrie axiale
  • volumes

 

Cinquième

Travaux numériques

  • addition et soustraction de nombres relatifs
  • calcul littéral
  • enchaînement d’opérations
  • écriture fractionnaire
  • nombres relatifs
  • opérations en écriture fractionnaire
  • proportionnalité
  • statistiques

 

Travaux géométriques

  • angles
  • aires
  • parallélogrammes
  • parallélogrammes particuliers
  • prismes
  • symétrie centrale
  • triangles
  • volumes

 

Quatrième

Travaux numériques

  • calcul littéral
  • équations
  • opérations sur les nombres relatifs
  • ordre et opérations
  • proportionnalité
  • puissances
  • relatifs en écriture fractionnaire
  • statistiques

 

Travaux géométriques

  • cosinus d’un angle
  • distances
  • proportionnalité dans le triangle
  • pyramides – cônes de révolution
  • théorème de Pythagore et sa réciproque
  • triangle et parallèle
  • triangle rectangle et cercle circonscrit

 

Troisième

Travaux numériques

  • équations – inéquations
  • fonction (notion)
  • fonctions linéaires – fonctions affines
  • grandeurs composées
  • identités remarquables
  • nombres entiers et rationnels
  • probabilité
  • puissances
  • racine carrée
  • statistiques
  • ystèmes d’équations

 

Travaux géométriques

  • angles inscrits – angles au centre
  • sections planes
  • sphère et boule
  • théorème de Thalès (agrandissement, réduction)
  • trigonométrie

http://cursus.edu/institutions-formations-ressources/formation/10737/cours-video-mathematiques-sixieme-terminale/#.WJ77y6CIZvI.facebook

Troubles du comportement des enfants : deux chercheuses ont mis au point une méthode préventive qui pourrait bien être révolutionnaire

E.W. Publié le vendredi 10 février 2017 à 15h28 – Mis à jour le vendredi 10 février 2017 à 15h29

Psycho et bien-êtreAprès 5 ans de recherches, les chercheuses en sont sûres : c’est dans les classes, en jouant et en faisant interagir les jeunes écoliers de 3 à 7 ans ensemble que l’on détricote les troubles de l’attention et les comportements hyperactifs dont les enfants sont de plus en plus nombreux à en souffrir. Leur méthode préventive nommée INEMO est reconnue et prête. Il faut maintenant la financer…

Alexandra Volckaert et Marine Houssa sont respectivement neuropsychologue et psychologue, toutes deux chercheuses à l’UCL et travaillent depuis 5 ans à la mise en place de techniques visant à aider les enfants ayant des problèmes de comportement. Leur méthode, longuement testée et suivie scientifiquement, a fait l’objet de nombreuses publications internationales et crée l’enthousiasme de nombreux enseignants qui ont pu y participer ou en entendre parler.

Car la situation dans les écoles (et dans les familles) est de plus en plus préoccupante : « On estime qu’il y a un à deux élèves par classe de maternelle ou primaire qui ont des problèmes de comportement, d’apprentissage, d’instabilité émotionnelle ou de distraction », estime Alexandra Volckaert qui a mené des recherches pointues sur l’inhibition.

« Or, les enseignants sont déstabilisés devant ces enfants, ils ne savent pas ce qu’ils doivent faire, ils sont souvent démunis », complète Marine Houssa qui a rédigé une thèse sur les compétences socio-émotionnelles des enfants.

Un exemple ?« Dans le cursus de formation des enseignants, peu de séances sont prévues sur la façon de s’occuper des enfants « dys- » c’est-à-dire dyscalculiques, dyslexiques, dysphasiques, dyspraxiques, dysorthographique ou encore ayant des troubles de l’attention », poursuit-elle.

Des troubles découverts trop tard

Difficiles à définir, les troubles « dys » sont également difficiles à repérer. On les confond souvent avec les premières difficultés de l’apprentissage. Et souvent, on établit un diagnostic vers l’âge de 7 ou 8 ans, malgré la présence de difficultés au quotidien depuis plus longtemps.

« C’est tard ! », estime Alexandra Volckaert. Car ces enfants sont en souffrance : c’est comme si leur cerveau ne s’arrêtait jamais, frôlant la « surchauffe » ce qui entraîne colère, frustration, sentiment d’incompréhension, et renforce encore leur comportement perturbateur pour l’enseignant et le groupe. « En plus, ils sont souvent punis, toujours montrés du doigt, à l’école ou chez eux. On les considère aussi comme des fainéants, des inadaptés, des inattentifs, des capricieux, … »

Et ce climat hostile et stigmatisant va créer des relations de plus en plus difficiles entre l’enfant, l’enseignant et les parents. L’enfant se sentira dévalorisé et pourra décrocher de l’apprentissage et/ou de la socialisation.

Ce qui s’ensuit, dans le meilleur des cas ? Une à deux séances hebdomadaires chez un thérapeute (logopède, psychologue, …). Des rendez-vous chronovores et énergivores pour l’enfant et les parents et qui ne sont pas bien remboursés du tout.

« Les parents travaillent de plus en plus tous les deux, il y a souvent d’autres enfants. Cette prise en charge bénéfique pour l’enfant et pour la famille va tout de même créer un déséquilibre, du stress, une course, … », regrette Marine.

« Et un enfant TDAH c’est-à-dire qui a des « troubles déficitaires de l’attention avec ou sans hyperactivité » que l’on place devant un thérapeute lors d’une séance individuelle n’est pas en situation habituelle : les situations où sont observées les difficultés sont plutôt les cours de récréation, les moments en classe ou encore lors d’activités parascolaires ou même lors d’anniversaire. Bref, lorsqu’il est en groupe. », explique Alexandra.

Des outils, des jeux à faire en classe, utiles à tous

Illu Colombe Casey

Or, le duo l’affirme après 5 années de travail avec 365 enfants de la fédération Wallonie-Bruxelles et de recherches scientifiques : si l’on agit dans les classes de manière préventive, on peut clairement aider les enfants à risque à ne pas glisser vers des troubles du comportement. Tandis que les enfants n’ayant pas de problèmes spécifiques vont pouvoir développer d’autres potentiels et ceux qui ont déjà un trouble vont pouvoir clairement améliorer leurs comportement ».

En plus, « les enfants adorent ! Parce que c’est totalement ludique : on utilise des jeux déjà existants dont on adapte les règles, des extraits de dessins animés, des BD, des histoires que l’on raconte aux enfants et que l’on fait réagir », énumère Marine. Et tout ça en 45 minutes !

Des recherches scientifiques et approuvées

Car le but de ce projet INEMO (IN pour inhibition et EMO pour émotions) qui concerne les enfants de 3 à 7 ans est de travailler en groupe, en classe, tout au long de la période scolaire. Pour permettre aux enfants d’être dans leur milieu familier. Parce qu’ainsi les petits présentant des troubles ne sont pas stigmatisés mais englobés dans un échange et un travail commun que chaque enfant s’appropriera de manière personnelle avec ses forces et ses faiblesses.

Le duo entend sillonner les classes mais aussi« former les enseignants à cette méthode qui est bénéfique à tout le monde. Car un enseignant qui sent qu’il aide ses élèves, qui fait progresser se sent aussi plus motivé, plus heureux et donc plus en phase et en échange avec ses élèves », remarque Alexandra.

Les deux chercheuses insistent sur la nature scientifique de leurs travaux : ceux-ci ont été encouragés, suivis et validés par l’UCL au travers de la Doyenne de la Faculté de Psychologie et des Sciences de l’éducation de l’UCL, la professeure Nathalie Nader-Grosbois et la la Maître de recherche au FNRS, Professeure Marie-Pascale Noël. Les chercheuses ont également régulièrement soumis leurs recherches à des commissions éthiques et sont suivies par des comités de recherche.

Agir préventivement, la clé des systèmes éducatifs performants

« On a tout », s’enthousiasme Alexandra. Mais on a besoin de lever des Fonds de recherche pour lancer cette méthode auprès des écoles qui n’ont pas le budget nécessaire. Car « Il faut que ce soit gratuit et facilement accessible pour les écoles », confirme Marine Houssa.

Afin d’adapter les outils, de les dupliquer, d’aller dans les écoles, de donner des formations, Alexandra et Marine ont besoin d’au moins 800 000 euros pour financer leur asbl en ce sens. « Ce qui n’est pas démesuré pour un projet qui durera à nouveau au minimum 4 ans, avancent-elles, considérant très justement qu’elles travaillent sur un sujet de santé publique qui va en s’amplifiant.

Confiantes, les deux chercheuses ont déjà eu l’occasion d’échanger avec le Ministère de l’Enseignement, remplissent des dossiers auprès de fondations. « La prévention en milieu scolaire a fait ses preuves depuis longtemps au Canada ou dans les pays scandinaves en ce qui concerne les troubles du comportement », estiment-elles. « Il est temps de développer cela pour les enfants belges en souffrance. »

Plus d’informations sur ce  projet sur le site www.inemo.be