Les apprentissages du jeune enfant à travers les neurosciences affectives

6 novembre 2016

Les apprentissages, alors qu’on dispose de moyens et de sources d’information énormes, semblent être encore aujourd’hui au cœur des préoccupations des enseignants et des parents. On entend plus que jamais parler de troubles dys, dyslexie, dysorthographie…de déficit de l’attention, d’hyperactivité…

Et si tous ces troubles étaient à mettre en parallèle avec le regard que l’on porte sur l’enfant et l’environnement global dans lequel il évolue ?

Catherine Gueguen, pédiatre préoccupée par les pathologies de la petite enfance, nous explique en se basant sur les recherches scientifiques effectuées en matière de neurosciences, principalement ici les neurosciences affectives, comment évolue le cerveau de l’enfant et quels sont ses besoins fondamentaux.

Je vais essayer de faire un petit résumé (non scientifique) qui je pense pourra donner des clés et pistes de réflexion sur les nombreux questionnements qu’ont les parents face à leurs enfants « agités », « hyper…. », « provocateurs », ou qui ont des troubles du sommeil, ne veulent plus aller à l’école et j’en passe.

On apprend tout d’abord que le cerveau de l’enfant est immature et que l’enfant ne peut gérer seul les émotions qu’il ressent jusqu’à environ 5 à 7 ans, âge à partir il va commencer à mieux les contrôler. D’autre part il se construit en fonction des expériences émotionnelles positives ou négatives qu’il a vécues et en fonction des réponses qu’il aura reçues pour apprendre à gérer ses émotions.

Catherine Guegen nous explique, principalement pour les petits, qu’ils ne peuvent s’apaiser seuls lorsqu’ils ont un chagrin, sont en colère, frustrés… Ils ont besoin de la bienveillance d’un adulte qui répond à leur appel, les rassure, les console, fait preuve d’empathie. L’enfant non apaisé aura des réactions violentes, pourra être sujet à des troubles du comportement, développer des angoisses…

D’où l’importance d’être là, de ne pas le laisser seul face à un obstacle, de lui permettre de s’exprimer face à une difficulté pour pouvoir y remédier avec lui de façon bénéfique, positive pour qu’il comprenne et trouve des solutions.

De la même façon il se construit par rapport à l’adulte et à la façon de l’adulte de réagir à une difficulté. Si les expériences et réactions de l’adulte sont positives elle seront aussi bénéfiques pour l’enfant, et à l’inverse des situations de stress et de conflits engendreront des effets néfastes sur le cerveau de l’enfant. Donc c’est tout l’environnement affectif de l’enfant qui a une incidence favorable ou non sur son développement neuronal. Son cerveau pour bien se développer a besoin d’un environnement stimulant, encourageant, bienveillant. Plus il sera stimulé, écouté, encouragé, plus ses connexions neuronales se développeront et plus il sera apte à apprendre et échanger avec ses pairs.

La pédiatre nous dit que le stress et la peur bloquent les facultés d’apprentissage en empêchant les bonnes connexions et les bons stimulis du cerveau.

Pour en revenir à l’éducation, Catherine Gueguen fait allusion aux enfants qui ne sont pas consolés dans les structures péri-scolaires ou scolaires car il faudrait maintenir une certaine distance alors qu’en même temps un petit a fortement besoin d’un contact rassurant, apaisant, maternel.  Qu’en penser pour leur développement ultérieur ?

Parmi les facteurs de stress il y a la violence évidemment, mais aussi les systèmes de notation, comparaison, évaluation… qui sont mis en place très tôt et peuvent être source d’angoisse à la fois pour les enfants qui sont jugés au lieu d’être encouragés et leurs parents qui réagissent face à la pression qu’on met sur leurs enfants. Elle met l’accent sur le fait que l’enfant fonctionne par système de motivation-récompense qui en créant de la dopamine suscite du plaisir à vivre, découvrir et innover . Les notions de stress, de comparaisons bloquent le système de motivation-récompense qui pourrait mieux se développer dans des schémas de coopération et de collaboration.

De même le tout-petit a besoin de jouer pour produire de la croissance neuronale, il apprend par le plaisir et le jeu. Le jeu est fondamental pour son développement au même titre que la dépense physique et le bien être affectif.

Finalement, en considérant nos modes de vie actuels, on peut se demander si nos enfants sont bien à leur place et ne subissent pas simplement trop vite trop de stress : stress du groupe, stress du mode éducatif, stress lié au rythme des parents, stress lié aux images et émotions fortes auxquelles on les soumet. Les écoute t-on encore, sommes-nous encore capables de les comprendre, de les laisser à leur place d’enfants, de les rassurer, de les laisser grandir à leur rythme et répondre à leurs besoins essentiels ? La réponse à ces interrogations est encore plus importante pour les jeunes précoces qui vivent souvent les choses plus intensément et avec beaucoup de sensibilité.

D’autres modèles éducatifs et scolaires existent, faut-il revoir le nôtre pour le bien de nos enfants ?

Pour ceux d’entre vous qui n’ont pas le courage ou le temps de regarder une vidéo d’une heure et demi, voici une autre intervention plus courte de Catherine Gueguen. Et pour   celles et ceux qui préfèrent lire, vous trouverez énormément d’informations sur le sujet dans le livre qu’elle a publié, intitulé Pour une enfance heureuse

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