Test de QI pour enfant : quand et comment le pratiquer ?

Publié le : 01/02/2017, Clémence « Paroles de mamans »

Si vous souhaitez faire faire un test de QI à votre enfant, voici quelques petites choses à connaître.

Vous sentez que votre enfant est différent, dans sa façon d’être, de raisonner ou de s’exprimer ? Alors l’emmener voir un professionnel pour définir ses forces et, potentiellement, ses faiblesses, peut être une bonne idée. De l’âge auquel un enfant peut effectuer ces tests à la question de la nécessité de révéler son QI à l’enfant, Monique de Kermadec, psychologue, psychanalyste et auteur notamment de Le petit surdoué de 6 mois à 6 ans et L’enfant précoce aujourd’hui, aux éditions Albin Michel, nous guide afin de prendre les meilleures décisions possibles.

A partir de quel âge un enfant peut-il faire des tests de QI ?

 » Un enfant peut effectuer des tests de QI à partir de 2 ans et demi, l’âge à partir duquel est proposé le WPPSI-IV, test officiel. Celui-ci est proposé jusqu’à 6 ans non inclus et passé cet âge, on passe au test WISC V, réservé aux 6/16 ans. Toutefois, il faut savoir que les tests sont adaptés à chaque tranche d’âge de l’enfant, une tranche correspondant à trois mois. Ainsi, un enfant de 4 ans ne passera pas le même test qu’un enfant de 4 ans et trois mois. Par ailleurs, les tests sont révisés tous les dix ans. Ainsi, si vous demandez à faire faire un test de QI à votre enfant, veillez bien à ce qu’il s’agisse de la version la plus récente car les tests prennent en compte l’évolution sociétale. »

Que révèlent ces tests ?

 » Pour les petits, on cherche à définir la richesse du langage, la mémoire et les repères spatiaux. Les tout premiers tests sont importants car ils permettent à la fois de déceler si un enfant est en avance, pour pouvoir potentiellement mettre en place un passage de classe ou une accélération de rythme, mais aussi s’il a des lacunes dans un quelconque domaine. Si elles existent, on pourra alors envisager une réponse appropriée pour les régler et donc faire en sorte qu’il ait un développement optimal.
A partir de 6 ans, le test est beaucoup plus complexe et permet, de façon plus fine, d’apprécier le vocabulaire d’un enfant, ses capacités d’analyse et de synthèse, sa mémoire à long terme, sa logique visuelle, sa mémoire auditive à court terme, sa gestion de l’espace en deux et trois dimensions et sa capacité à transformer immédiatement une information retenue. Il s’agit donc d’analyser une gymnastique mentale essentielle au bon fonctionnement intellectuel. Les tests sont constitués de dix épreuves et sept d’entre elles peuvent permettre d’obtenir un QI. »

Sont-ils efficaces à 100% ?

 » Les tests déçoivent parfois les parents car leur enfant peut parfois être incapable de suivre les consignes pour des raisons affectives par exemple. Mais, même si l’enfant ne se montre pas performant lors du test, cela permet toutefois d’évaluer sa maturité. Cela ne veut pas dire qu’il n’est pas précoce mais simplement qu’il n’est pas prêt à faire ce test et à effectuer ce travail avec un étranger dans une situation nouvelle. Je dis donc aux parents de ces enfants-là d’être patients. Parfois, on peut avoir envie de précipiter une démarche car on veut apporter un maximum à son enfant pour être le meilleur parent qui soit. Or, être un bon parent, c’est surtout donner de l’aisance à l’enfant et favoriser sa curiosité. Donc parfois, on peut être déçu du résultat du test et avoir un sentiment négatif mais il faut simplement prendre conscience que l’enfant a juste besoin de devenir un peu plus scolaire. »

Est-ce une bonne idée de faire repasser le test plusieurs fois ?

 » Absolument pas. Cela sera perçu de façon très négative par l’enfant qui comprendra le message ainsi : « Tu n’as pas assez bien fait, voyons si tu peux faire mieux ». Cela ne fera qu’installer le doute chez l’enfant et ébranlera son estime de soi. Les tests, donc, ne peuvent pas être repassés à intervalle court, il vaut mieux attendre deux ans. Le but n’est pas d’augmenter le score de QI de trois points et d’en faire un petit génie mais de voir comment il va être capable d’utiliser ses atouts car on peut tout à fait avoir un QI très élevé et être en échec scolaire. Le QI est important mais n’assure pas la réussite dans les études. Ce qui est important c’est d’apprendre à travailler et d’acquérir des méthodes qui sont attendues à l’école car c’est ce qui garantira la réussite des études.

Lorsque l’on arrive à un chiffre, est-il toujours révélateur ?

Non. Parfois, on ne peut même pas donner de chiffre car l’enfant peut souffrir d’une dysharmonie c’est-à-dire avoir une très grande avance dans un domaine et être en retard ou seulement dans la norme dans un autre domaine. Quand il y a plus de vingt points d’écart entre deux catégories du test, alors on considère qu’il y a une dysharmonie et le chiffre du QI ne sera donc pas du tout représentatif des capacités de l’enfant. Dans ces cas-là, les parents ne doivent absolument pas se dire qu’ils ont perdu leur temps, au contraire, car des conseils pratiques peuvent être donnés pour permettre de réduire cette dysharmonie et donc, ne pas compromettre les chances de l’enfant d’avoir de bons résultats scolaires. D’ailleurs, ces enfants sont généralement en souffrance car là où ils sont bons ils pensent être dans la norme et là où ils sont dans la norme ils pensent être mauvais. Il faut donc prendre des mesures pour que l’enfant ne doute plus de lui. Ces différences peuvent être dues à des choses que l’enfant a surinvesties ou sous investies naturellement ou en raison de son éducation. »

 

Peut-on dire à son enfant son chiffre de QI ?

 » Si on utilise ce chiffre pour faire comprendre à son enfant que c’est un futur génie, alors il grandira en ayant le sentiment qu’il doit absolument atteindre certaines choses pour faire plaisir à ses parents et se dévalorisera s’il a finalement l’impression de ne pas y arriver. Attention aussi quand il y a une fratrie. Si, à table, vous dites le chiffre de QI d’un enfant en montrant que vous en êtes fier, les enfants qui n’auront pas le même niveau se compareront et se déprécieront. Cela peut alors être très négatif pour les frères et sœurs. Mieux vaut alors en parler seulement avec l’enfant sans aborder les chiffres, surtout lorsqu’il est jeune. La différence peut s’expliquer par les mots. Dans tous les cas, il est préférable de montrer à son enfant qu’on ne le pousse pas à quoique ce soit mais qu’on est toujours là pour l’aider s’il en ressent le besoin. »

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