Archives mensuelles : décembre 2017

Comment bien surveiller ce que font mes enfants sur Internet ?

Psychologies - Psycho

« Comment limiter et contrôler l’utilisation d’Internet par les enfants « de manière intelligente » sans leur donner l’impression de trop les surveiller et/ou de les priver ? » Anne Anaïs, 36 ans.

Comment bien surveiller ce que font mes enfants sur Internet ?

Christophe Butstraen, Auteur, Conférencier, Médiateur scolaire vous répond

Aujourd’hui, grâce à la 4G (et bientôt la 5G), grâce aux connexions partagées, aux tablettes et aux smartphones, Internet c’est pour tous, tout le temps et partout (ou presque). Il est loin le temps où, pour limiter l’accès à Internet, il suffisait de « couper » le modem ou le Wifi.

Limiter et contrôler l’accès à Internet d’une manière intelligente, c’est agir sur plusieurs leviers. Hélas, aucun ne présente la garantie d’une efficacité absolue, mais leur complémentarité devrait permettre à nos enfants de tirer le meilleur de cet incontournable et extraordinaire outil de connaissance, de communication et de divertissement. Il y a existe différents types de repères.

Les balises théoriques 

Serge Tisseron, psychiatre et docteur en psychologie a imaginé en 2007 les repères  3-6-9-12, pour mieux apprivoiser les écrans et permettre leur juste utilisation au sein des familles.

Pas d’écran avant 3 ans, en tous cas le moins possible.

Pas de console de jeu portable avant 6 ans.

Pas d’Internet avant 9 ans… et Internet accompagné jusqu’à 12 ans.

Pas d’Internet seul et pas de réseaux sociaux avant 12 ans.

Si ces repères sont essentiels à la mise en place d’un cadre d’utilisation,  ils ne sont pas suffisants et doivent être accompagnés d’autres mesures.

Les balises techniques 

Quand on parle délimiter ou de contrôler l’accès à Internet, on ne peut pas faire l’économie d’aborder les logiciels de contrôle parental.  Ils permettent de filtrer les contenus auxquels les jeunes ont accès, le contrôle du temps de connexion, le blocage de certaines applications ou de certains jeux en ligne, ainsi que le paramétrage des plages horaires pendant lesquelles l’accès est autorisé.Si beaucoup de ces logiciels sont proposés sous forme d’abonnements payants, on en trouve également en téléchargement gratuit sur Internet. Ce site liste les principaux logiciels existants.

En outre, tous les moteurs de recherches (Google, Yahoo, Mozilla, Qwant, Bing…) peuvent être paramétrés afin de diminuer les risques d’abus ou d’accès à des sites inadaptés aux plus jeunes.

Ces paramétrages sont évolutifs en fonction de l’âge de celles et de ceux que l’on veut accompagner : Il faut donc penser à les mettre à jour régulièrement. Un adolescent de 16 ans n’a pas besoin de la même protection qu’un enfant de 12 ans.

Quelques remarques s’imposent malgré tout

-Dans tous les cas, il est préférable de présenter aux enfants (ou aux jeunes adolescents) ces logiciels de contrôle comme des aides permettant de respecter un cadre d’utilisation négocié et non pas comme des contraintes qui visent à empêcher ou à punir.

-Si la technologie de ces logiciels de contrôle parental est de plus en plus pointue, ils ne sont pas infaillibles et il peut leur arriver de laisser passer certains contenus que l’on aurait aimé bloquer. De la même manière, il n’est pas rare qu’ils bloquent l’accès à certains sites auxquels on aurait aimé accéder.

Le système n’est pas parfait. Autant s’en souvenir avant de lui faire une confiance absolue.

-Si des logiciels de contrôle parental efficaces sont installés sur les machines de votre domicile, il n’en est peut-être rien sur le smartphone de votre enfant, celui des copains, sur les machines des voisins, des amis ou du reste de la famille. Sachant cela, pensez à dialoguer avec eux afin de les préparer aux « mauvaises expériences » qu’ils feront peut-être. L’important est de les rassurer en leur faisant comprendre qu’ils trouveront toujours auprès de vous accueil, écoute et volonté de les protéger.

-Les cours de récréation sont des lieux où l’information circule vite et de manière efficace. Si votre enfant semble indifférent à la présence d’un logiciel de contrôle parental sur son ordinateur, s’il ne vous demande jamais d’alléger le dispositif contraignant que vous avez mis en place c’est que, peut-être, sur les conseils avisés de ses condisciples, il a trouvé le moyen de le détourner ou de le désactiver et vous pouvez avoir la garantie qu’il ne se vantera pas auprès de vous de cette nouvelle compétence. Pensez à vérifier régulièrement le paramétrage des logiciels installés ou d’en changer les codes d’accès… Rien n’est jamais acquis définitivement.

-Enfin, il serait mensonger d’affirmer que tout cela se fait sans peine. La mise en place et le paramétrage de ces moyens de contrôle nécessitent du temps et de la rigueur. C’est le prix à payer pour que la technique soit un réel soutien aux mesures de prévention et d’accompagnement que vous désirez mettre en place. Dans un souci d’efficacité, prenez donc le temps de vous y atteler sérieusement.

Les balises familiales

Ce sont les plus importantes. Même s’il est négocié, les enfants doivent pouvoir compter sur un cadre d’utilisation clair et précis qui tient compte à la fois de leur âge, des impératifs familiaux et des impératifs imposés par leur pratique d’Internet. Inutile par exemple d’imposer un temps de jeu de 30 minutes si la durée moyenne d’une partie est de 45 minutes. L’enfant n’aura qu’un seul objectif : contourner la règle. Pour fixer ce cadre, une seule solution, le dialogue.

Intéressez-vous à ce qu’ils font sur la Toile, parlez-leur de vos craintes, de vos impératifs et des leurs.

Construisez avec eux des règles d’utilisation qui tiennent compte de tous ces paramètres.

Evitez les ordinateurs et autres terminaux mobiles (tablettes, smartphones, montres connectées…) dans les chambres. Veillez à ce qu’ils soient inaccessibles durant la nuit et que leur utilisation s’arrête 30 minutes avant l’heure du coucher afin de faciliter l’endormissement et d’améliorer la qualité de leur sommeil.

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5 options pour augmenter la durée de rétention des informations dans la mémoire

Source: · ,Blog « apprendre, réviser, mémoriser »

 

5 options pour augmenter la durée de rétention des informations

Le cerveau est câblé pour oublier : dès que l’apprentissage intervient, intervient également l’oubli. D’après Murre et Dros (2015), il existe une courbe de l’oubli. En une heure, les élèves oublient plus de la moitié de ce qu’ils ont vu, lu ou entendu. Au bout d’un jour, il se souviendront seulement d’un tiers de ces informations.

courbe de l'oubli dans la mémoire

Cependant, il est possible d’augmenter la durée de rétention des informations. Voici 5 options pour faire augmenter la durée de mémorisation des informations  :

1.Les explications orales entre pairs

Quand les élèves expliquent ce qu’ils ont appris à d’autres, les concepts et connaissances vues sont évoqués à nouveau, et donc consolidés dans la mémoire.

2.Réviser. Faire une pause. Réviser à nouveau.

La consolidation des apprentissages à mémoriser passe par le fait d’espacer les révisions et de les réactiver régulièrement tout au long de l’année scolaire.

Une grosse session de révisions (en fin de trimestre) est moins efficace que plusieurs petites sessions tout au long du trimestre avec réaction des différentes notions à maîtriser régulièrement.

3.Des évaluations régulières

Là encore, des petites évaluations fréquentes sont plus efficaces pour la mémorisation à long terme qu’une grosse évaluation. Ces évaluations n’ont pas nécessairement besoin d’être notées. Elles peuvent prendre différentes formes :

  • observation (exemple : est-il nécessaire de faire une évaluation formelle sur la phrase quand on peut se contenter de lire des productions d’élèves et savoir s’ils maîtrisent la construction de la phrase et les règles de ponctuation ?)
  • transformation de la leçon (exemple : transformer une sous partie d’un chapitre en Mind Map ou en Sketchnote)
  • préparation et présentation d’exposés
  • manipulation de matériel…

4.Mélanger les concepts aussi souvent que possible

Il est utile de mélanger les concepts et les types de problème pour améliorer la mémorisation à long terme. Ainsi, il est efficace d’intégrer des opérations posées d’additions et de soustractions dans les exercices d’entraînement à la multiplication posée.

Plus les élèves ont besoin de réfléchir et de faire preuve d’agilité mentale, plus la mémorisation à long terme est efficace.

5.Diversifier les supports d’apprentissage

Plus les supports sont diversifiés (textes, images, schémas, parole, films…) et inter-mêlés (texte + image, texte + schémas…), plus la mémorisation à long terme est efficace.

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Source : Vidéo “Make Learning Stickier” par Edutopia

La préparation du geste d’écriture par Danièle Dumont (son importance et des exercices ludiques)

Article de Caroline, blog « apprendre, réviser, mémoriser »

Afin de travailler efficacement le geste d’écriture (et éviter de devoir passer par des exercices de remédiation en CP ou plus tard), Danièle Dumont, docteur en sciences du langage et auteure de Enseigner à l’école primaire – Le geste d’écriture, insiste sur l’importance d’une préparation au geste d’écriture à travers des activités sur le mouvement, l’espace et la forme. Les mauvaises tenues du crayon peuvent se prendre tôt et résister ensuite à la remédiation, ce qui pose problème quand “je n’aime pas écrire” devient “je n’aime pas apprendre”.

Danièle Dumont propose en maternelle de :

  • multiplier les jeux de doigts

Dans son livre, elle propose par exemple plusieurs comptines pour apprendre le nom des doigts. Elle propose également de travailler la motricité de l’index par la peinture à doigt.

  • travailler sur la mobilité, l’agilité de la main et des doigts

  • multiplier les activités motrices

Pour Danièle Dumont, les exercices de motricités sont primordiaux dès la petite section car l’activité motrice et les manipulations précèdent les apprentissages plus symboliques.

Ainsi, elle préconise des activités d’alignement, de rangement, de classement (avec des cubes en bois par exemple). Elle insiste également sur les activités de latéralisation.

  • préparer au lignage des cahiers

Quelques exemples d’activités ludiques de préparation à l’horizontalité de la ligne et la régularité des espaces à proposer aux enfants de 3/5 ans :

  • la disposition de cubes en ligne et régulièrement espacés pour faire slalomer une moto ou un bonhomme sur des rollers,
  • l’alignement des éléphants (en jouets ou en images) qui vont au lac à la queue leu leu,
  • l’alignement de voitures arrêtées au feu rouge (elles se suivent mais ne se touchent pas, elles ne doivent pas être trop espacées « sinon le conducteur suivant va klaxonner », elles doivent être bien alignées « sinon elles gênent les voitures qui viennent en sens inverse »…).

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Pour aller plus loin : Enseigner à l’école primaire – Le geste d’écriture éd. 2016 de Danièle Dumont (édition Hatier) est disponible en médiathèque, en librairie ou sur internet.