Archives mensuelles : janvier 2018

Un exercice pour un retour au calme: « le grand volcan »

Tiré de l’éventail de Giles Diederichs

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Extrait du salon O21 (s’orienter au 21ème siècle) du 20 janvier 2018

O21. « Choisis le métier que tu aurais envie de faire gratuitement »

Après une licence et deux échecs au concours d’entrée d’une grande école de communication, le Celsa à Paris, Sidonie Babron s’est retrouvée « désemparée ». Elle, qui s’est « beaucoup réorientée », raconte comment elle a finalement trouvé sa voie en aidant les jeunes à trouver la leur, et livre ses conseils.

Elle a raconté son parcours lors des conférences O21/S’orienter au 21e siècle à Lille, organisées vendredi 19 et samedi 20 janvier
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Envoyé spécial Émission du jeudi 18 janvier 2018 : Accros aux écrans

Rayan a 3 ans. Pendant de longs mois, sa maman s’inquiète : toujours dans sa bulle, il ne parle plus et multiplie les crises de nerf. Un jour, un médecin conseille à cette maman de ne plus jamais laisser son enfant regarder les comptines sur son smartphone. Rayan pouvait y passer des heures ! Au bout de quelques jours, sevré d’écran, Rayan redit « maman » pour la première fois depuis un an. Peu à peu, il redevient un petit garçon ouvert et joyeux.

Aujourd’hui, les scientifiques en sont persuadés : les écrans sont dangereux pour nos enfants. Ils agissent sur leur cerveau, leur concentration.

En France, des médecins lancent l’alerte. Aux Etats-Unis, d’anciens salariés racontent comment les industriels entretiennent l’addiction des jeux sur smartphone, des scientifiques dénoncent leur impact sur le développement de l’enfant.

Que se passe-t-il réellement face aux écrans?

Enquête d’Adèle Flaux et Paul Moreira

Pour écouter le replay :

https://www.france.tv/france-2/envoye-special/379947-emission-du-jeudi-18-janvier-2018.html

 

 

Enfant à haut potentiel, Émission « pourquoi docteur »

Pourquoidocteur propose dans ce nouveau numéro de C notre Santé (CNS) une émission sur l’enfant à haut potentiel, plus connu sous le nom d’enfant précoce. On estime à 3 % le taux de garçons et filles à haut potentiel en France, soit 1 à 2 élèves par classe. Un tiers d’entre eux sont en échec scolaire. Ces enfants sont pour la plupart incompris, hypersensibles et souvent en décalage avec leurs camarades. Être ou avoir un enfant à haut potentiel n’est pas simple. Quelles sont les clés pour mieux comprendre ces jeunes ? Quand et comment identifier leur précocité ? Sur quels professionnels de santé et associations les familles peuvent-elles compter ? CNS répond à toutes ces questions avec les invités du Dr Lemoine : Le Dr Olivier Revol, neuro-pédopsychiatre, chef du Centre des troubles des apprentissages à l’hôpital neurologique de Lyon Roberta Poulin, présidente de l’ASEP (Association Suisse pour les Enfants Précoces)

La « phobie scolaire » chez les enfants doués

Chronique publiée le 15/01/18 18:24, Le Journal des Femmes, Arielle ADDA

Ce diagnostic si vite porté, surtout s’agissant d’enfants doués, serait en réalité une sorte de fourre-tout où se mêlent les sentiments éprouvés plus ou moins consciemment, par ces enfants quand ils vont à l’école.

Les symptômes qui alertent leur entourage sont souvent diffus : les maux de ventre sont les plus fréquents, mais beaucoup d’écoliers ont mal au ventre, surtout les jours où un contrôle est prévu, ou bien à la rentrée, ou encore à l’entrée au collège. On en comprend les raisons, on calme leurs inquiétudes et grâce à quelques pilules, gélules, granules et bonnes paroles, tout rentre dans l’ordre.

Quand ces symptômes persistent, on consulte des spécialistes de l’âme et du corps et si, finalement, on se résout à hospitaliser, on ne trouve « rien » jusqu’à ce que les parents, bien conseillés, fassent pratiquer un test de QI et la situation s’éclaire alors comme par miracle.

Pour certains enfants, cette passation, suivie d’explications claires et circonstanciées, suffit pour que leur mal de ventre disparaisse : ils comprennent enfin les raisons de leur malaise, l’inquiétude qui les rongeait sournoisement se dissipe. Parfois, dans leurs nuits agitées, ils craignaient d’être atteints par un mal mystérieux qu’on ne saurait pas soigner. Cette fois, ils peuvent enfin affronter leur mal être, puisqu’il porte un nom, et donc mieux le combattre, surtout s’ils y sont aidés. On leur trouve des compensations en dehors de l’école et la vie leur apparaît plus gaie et plus colorée.

Quand il n’y a pas de signes précis qui alertent les parents, on constate seulement une indifférence vis-à-vis de l’école, ces enfants ne racontent rien de ce qu’il s’y passe, ils font leurs devoirs et apprennent leurs leçons avec une négligence distraite, mais n’entraînant pas de conséquences trop graves à cause de leur facilité.

Le risque est alors grand de méconnaître l’ennui profond, mêlé d’un sentiment de déception désolée, qui gagne l’enfant doué cheminant dans un désert : les quelques minuscules miettes de connaissances dispensées parcimonieusement ne peuvent le satisfaire et s’il ne parvient pas à jouer joyeusement avec ses camarades, rien ne l’attire plus en ce lieu aride, austère et contraignant. Il se force jusqu’au jour où l’effort lui paraît trop grand, impossible à fournir : il cesse d’aller à l’école en dépit de toute sa bonne volonté et des encouragements de ses parents affolés.

Parfois une bienheureuse maladie l’a éloigné un temps, s’il ne souffrait pas trop il a pu goûter avec un plaisir immense la joie de connaître la liberté, même s’il était dans la réalité cloîtré dans sa chambre. Guéri, il n’a plus le cœur de renoncer à cette sensation ineffable qu’il a savourée avec gourmandise, il ne peut plus aller à l’école. En chemin, il est pris d’angoisse, il étouffe, sa souffrance est telle qu’il se met à suffoquer et à pleurer au grand effroi de ses parents désemparés et impuissants.

Quand il est un peu plus âgé et qu’il va au collège, il est, en principe, plus raisonnable, mais son sens de la discipline devient inopérant : l’angoisse incoercible qui l’étreint sur le chemin du collège le bloque alors qu’il dit lui-même être d’accord pour retourner en classe.

Le même mécanisme s’enclenche chez certains étudiants : ils avaient attendu avec impatience d’aborder ces études dites supérieures, pensant trouver enfin une nourriture en rapport avec leur désir de connaissances et ils retrouvent la déception glaciale qu’ils avaient éprouvée tout au long de leur scolarité pénible. Ils l’avaient supportée en pensant qu’elle constituait un passage obligatoire menant aux vraies études, mais ils se trouvent à nouveau face à un enseignement pauvre et dérisoire. Leur désillusion, maintenant teintée de désespoir, est alors si forte qu’ils plongent dans une tristesse inquiétante ; ils ne font plus rien, leur ultime espoir a disparu.

Ce naufrage laisse perplexes les spécialistes consultés : la phobie scolaire ordinaire touche des élèves, jusque-là brillants, dont les résultats commencent à baisser parce qu’ils ne travaillent pas suffisamment, ou alors, de plus en plus fréquemment, ces élèves se font harceler ou encore un professeur s’acharne sur eux pour un obscur motif comme les enfants doués peuvent en provoquer, mais il faut en rechercher la cause dans l’histoire du professeur hargneux. Peut-être, tout simplement n’a-t-il pas supporté le regard, qu’il percevait trop critique, que cet élève portait sur lui.

Chacune des causes, envisagée par elle-même ne justifie pas cette réaction violente d’impossibilité de se rendre à l’école : les notes ont baissé, certes, mais elles restent très correctes, il suffirait d’un peu de travail et de méthode appropriée pour que tout rentre dans l’ordre, dans ce collège ou ce lycée « il n’y a pas de harcèlement, les surveillants y sont particulièrement attentifs», quant au professeur acariâtre, il permet de s’entraîner à fréquenter par obligation des personnes pas toujours agréables, l’élève le voit une année scolaire seulement, il doit apprendre la patience et la maîtrise de ses sentiments. On ne peut imaginer qu’un seul regard de ce professeur pétrifie l’élève trop sensible qui se pense, plus que jamais, nul et voué à un avenir sombre puisqu’il serait le plus mauvais parmi tous les élèves de sa classe. Il lit dans ces yeux furieux l’image de l’adulte déchu qu’il deviendra inéluctablement. Même si les autres élèves ne participent pas à cette mise à mort, leur amitié reste trop tiède pour la compenser. S’il a de véritables amis, ils se sentent impuissants devant cet effondrement.

Quand cette « phobie scolaire » gagne du terrain, l’élève se sent vidé de toute substance, il ne trouve pas en lui d’armes pour combattre cette incapacité soudaine qui le paralyse. Faire appel à son énergie, à son désir de réussir sa vie n’a plus aucune signification, comme si le courant qui assure le maintien de l’énergie était coupé. Reste à localiser cette coupure, tout en sachant que ce ne sera jamais aussi net qu’on l’aimerait et que la trace d’anciens malaises revient et imprègne la vie scolaire au quotidien.

Tenter de mobiliser sa volonté, son désir d’accomplissement futur n’a plus de sens : l’élève submergé par sa phobie n’a plus de prise sur son état, il risque même de s’enfermer dans un constat d‘impuissance, qu’il imagine peut-être définitive.

Pourtant, on sent qu’au fond de lui, pas tellement enfoui finalement, son dynamisme reste intact, mais il n’y a plus accès, ses rêves ne se sont pas effacés, juste estompés dans une lointaine grisaille. Il a besoin qu’on lui renvoie de lui une image fidèle, aussi étincelante qu’elle est dans la vraie réalité, de façon assez crédible pour qu’il s‘y reconnaisse et puisse alors enfin chercher à entretenir cette image à l’éclat particulier.

Conseils : dès les premiers signes, faire pratiquer un examen psychologique. Lui faire découvrir des méthodes de travail adaptées à son fonctionnement intellectuel propre. Se souvenir que les réactions phobiques chez un adolescent sont le plus souvent provoquées par sa peur de perdre sa facilité puisque ses résultats baissent sans qu’il sache comment réagir. Éviter de lui dire que la solution est en lui, pour le moment, il ne voit rien en lui. Si le harcèlement est patent, même dans ce collège où il est « impossible », changer d’établissement sans chercher de compromis.

Lui faire lire la littérature consacrée à ces réactions phobiques, elles indiquent aussi les voies du salut. 

De la bonne utilisation du test comme grille de lecture pour les enfants doués

Chronique publiée le 15/12/17 11:46, Journal des Femmes, Arielle ADDA

Un enfant doué doit impérativement être reconnu comme tel. Le test reste le seul moyen crédible, même s’il est contesté, critiqué, relativisé dans le meilleur des cas et vilipendé ailleurs.

La plupart des idées circulant à propos des enfants doués sont faussées d’une façon ou d’une autre. Les émissions qui s’appliquent sincèrement à donner une image plus nuancée de ces enfants ne rendent compte que d’aspects parcellaires : ces enfants sont saisis à un moment donné, leurs parents en parlent de la façon qui leur est habituelle puisque c’est un sujet familier qu’ils vivent au quotidien et qu’on trahit forcément en l’évoquant succinctement, mais une approche globale qu’on pourrait transmettre est peut-être pratiquement impossible à effectuer.  Ceux qui connaissent le sujet estiment que ces notions ainsi répandues restent trop superficielles et peu fiables, ceux qui l’ignorent s’effrayent de ces portraits trop schématiques.

L’image de l’enfant doué reste chargée de multiples fantasmes qui interdisent sa reconnaissance et surtout la façon de le guider au mieux.

Il est bien plus confortable de penser que tous les enfants du même âge se ressemblent, leurs petites différences tiennent à leur caractère, quelques manifestations d’une dextérité inattendue seraient dues au hasard, puisque, par ailleurs, un enfant, talentueux à l’occasion, présente des lacunes, des maladresses, des distractions : il est bien comme les autres, à quelques détails près dont il serait inutile, et même absurde, de tenir compte.

Les enfants doués sont tout en nuances, en complet contraste avec leurs côtés excessifs, toujours surprenants, même quand on y est habitué. Ainsi, on peut être déconcerté quand un enfant, qui fait si souvent preuve d’une sagesse admirable dans ses jugements, semble sombrer dans un abattement profond ou éprouver une inquiétude aiguë pour une peccadille, mais il avait pensé qu’elle annonçait des drames que les autres ne percevaient pas encore.

Les multiples facettes de leur personnalité échappent à toute définition exhaustive ; en revanche, si on isole un seul aspect de leur comportement, on a vite fait de s’en étonner, voire de s’en alarmer.  Ensuite parents et enfants sont lancés sur de fausses pistes, encore plus inquiétantes que les faits qui avaient alerté leur entourage.

La situation la plus banale, celle à laquelle peu d’enfants doués échappent au cours de leur scolarité, à moins d’avoir une âme de leader et un charisme d’enfer, est mentionnée comme une difficulté de relations avec les autres enfants. On le dit « asocial »  et certains aspects de son comportement, surtout dans la cour de récréation, seraient de l’ordre du spectre autistique.  En réalité, on voit un enfant charmant, pétri d’humour, d’une intense curiosité intellectuelle. Toutes les occasions sont bonnes pour qu’il l’alimente, si bien que l’étendue de ses connaissances est déjà surprenante tant il a vite et bien assimilé les bribes de savoir saisies au vol dès que l’occasion s’en est présentée. En résulte un décalage qui rend plus délicat l’échange avec les enfants de son âge.

Un tel enfant n’inquiéterait pas ses parents : ils apprécient sa compagnie, ils sont heureux de lui fournir des occasions d’enrichissement, multiples pour un enfant si curieux de tout et souvent passionné par certains domaines de prédilection.  Il sera au comble du bonheur en voyant des poissons, des animaux rares, des plantes exotiques, des voitures anciennes, des avions, des  chars de guerre ou n’importe quel domaine qu’il est possible d’explorer, qui a inspiré une littérature spécialisée et parfois même des groupes de passionnés.

En revanche, des parents étrangers à tous ces domaines, qui doivent consacrer leurs forces à lutter pour trouver leur place ou encore qui n’ont pas pu faire d’études risquent de se fier totalement au diagnostic des « spécialistes » et de s’égarer parmi toutes les interventions tentées sur un enfant jugé simplement trop différent. Dans de tels cas, le test, passé au milieu d’autres examens, ne sera pas considéré comme offrant une piste valable : il représentera une donnée parmi d’autres, permettant simplement de dire « il est intelligent, le problème n’est pas là ».

Une compréhension de la nature profonde d’un enfant doué n’est pas automatique. Au contraire, un résultat significatif au test écarte seulement l’hypothèse d’un trouble cognitif, on n’imagine pas qu’il puisse modeler une personnalité,  orienter ses réactions, ses émotions et surtout sa façon de concevoir le monde.

Puisqu’il est plus doué que la moyenne, il sera capable d’entraîner les autres élèves en donnant l’exemple par son comportement zélé et assidu et on est ensuite surpris de constater qu’il aurait plutôt tendance à se conformer à une moyenne sans grand éclat.  Il s’y était bien essayé, dans son tout jeune âge, quand il était encore naïf et peu aguerri, pensant que tous les enfants étaient comme lui.  Il avait alors voulu leur faire partager son tout nouveau savoir, déjà un peu scientifique, mais les autres avaient ri et s’étaient moqué de ces idées bizarres à propos de domaines encore étrangers pour eux : les planètes et leurs scintillants mystères, le corps humain et ses merveilles  mécaniques leur semblaient faire partie d’un univers  abstrait, accessible aux grandes personnes et donc dénué d’intérêt pour les enfants. Ils auront bien le temps de l’aborder quand ces notions seront au programme de leurs études.

On s’attend également de la part d’un enfant doué que ses qualités lui permettent de s’adapter aux autres, il est suffisamment intelligent pour savoir comment éviter de les choquer et pour partager leurs intérêts sans chercher à les écraser de son savoir... En fait l’enfant doué ne sait pas que ces sujets qui le passionnent n’attirent pas les autres, il a voulu les aider, leur faire partager ses découvertes, il n’a pas compris les moqueries il n’a pas de mode d’emploi de la vie dans une société où il doit s’intégrer.  Il a beau se forcer à la prudence, il se trahit étourdiment par un éclat surprenant qui  a échappé à son contrôle.

On se plaît à rêver d’un monde où les enfants doués seraient vite identifiés, leurs caractéristiques  reconnues, appréciées et surtout prises en compte dans leur scolarité. Dans cet univers magique, ils pourraient évoluer avec bonheur,  satisfaire  leur curiosité d’esprit et  découvrir des savoirs qui ne leur seront plus interdits, révéler leur attirance pour des domaines spécifiques,  exprimer  leur jaillissante créativité nourrie d’une sensibilité qui ne sera plus ridicule.

On lit Platon, Montaigne, Rabelais, et on savoure la lumière que ces esprits déliés dispensent dans un monde qui saurait les accueillir.

La société toute entière progresse, et reçoit en cadeau les fruits bénéfiques dispensés par  les personnes douées avec la générosité qui leur est propre.

Conseils : bien se garder de croire que toutes les difficultés seront aplanies, y  compris celles qui lui sont propres et demandent une attention particulière, si l’enfant est reconnu doué. Éviter la panique à l’annonce du résultat, mais ne pas s’imaginer que tous les problèmes seront résolus de ce fait : l’enfant doué reste un mystère pour le plus grand nombre.