Des outils contre la dyspraxie

Université Paris Saclay

Publié le 16 mars 2018

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Enfant qui dessine

A l’occasion de la semaine du cerveau, zoom sur une maladie peu connue, la dyspraxie, et les outils mis en place pour faciliter la scolarité des enfants touchés.

Connaissez-vous la dyspraxie ? Cette perturbation de la coordination des gestes chez les enfants est aussi fréquente que la dyslexie, mais bien moins connue. Les enfants touchés sont maladroits dans des tâches qui nous semblent simples, comme s’habiller, couper sa viande, ou se laver les dents. La dyspraxie est particulièrement gênante à l’école, car l’écriture manuscrite est un geste complexe, qui demande une bonne coordination.

Une maladie méconnue

Pourtant, on ne comprend pas encore bien la dyspraxie. « On sait qu’il existe un dysfonctionnement au niveau du cerveau, indique Caroline Huron, chercheuse au Laboratoire de neuro-imagerie cognitive, membre de l’université Paris-Saclay. La neuroimagerie montre des différences anatomiques et des différences d’activation dans le cerveau entre les enfants sains et les enfants dyspraxiques. Mais  on ne sait pas quelles régions sont concernées, la caractérisation des troubles manque de finesse, et on ne sait pas l’origine de ce trouble. On n’a même pas de données épidémiologiques (combien de personnes touchées…) en France. »

Les chercheurs progressent néanmoins sur le fonctionnement cognitif de ces enfants. Ainsi, Caroline Huron et son équipe viennent récemment de publier une étude sur le sens des nombres chez les enfants dyspraxiques. « Ils ont du mal à évaluer les quantités, par exemple à placer avec précision un nombre sur une échelle de 0 à 100, mais ils comprennent bien les concepts mathématiques sous-jacents, observe la chercheuse. Cela nous ouvre des pistes pour proposer des stratégies d’apprentissage en mathématiques adaptées à leur situation »

Faciliter la scolarité

La dyspraxie cause des souffrances majeures au quotidien, notamment à l’école. On ne peut pas attendre de tout comprendre de la maladie pour aider ces enfants ! C’est pourquoi, en parallèle des études scientifiques, Caroline Huron préside une association, Le Cartable Fantastique, destinée à faciliter la scolarité des enfants en situation de handicap, notamment dyspraxiques. Cette association est soutenue par des fondations et travaille en partenariat avec le ministère de l’Education nationale.  « Elle vise à croiser les regards de chercheurs et d’enseignants en partant du besoin des élèves », précise la chercheuse.

Le Cartable Fantastique développe notamment des outils pour que les enfants dyspraxiques apprennent à l’école sans être empêchés par leurs troubles du geste. Par exemple, ils ont du mal à pointer du doigt ou à entourer des objets dessinés, mais sont bien plus à l’aise pour cliquer dessus sur ordinateur car ce geste est plus simple. L’association conçoit donc des exercices numériques dans lesquels les élèves peuvent répondre en cliquant. Avec l’espoir que le handicap n’exclue plus scolairement.

 

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