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Un guide à télécharger sur les enfants atypiques

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Sommaire:
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Bac 2018 : le gouvernement renonce à imposer le « mode examen » sur les calculatrices

LE MONDE.FR

 

Les élèves de terminale n’auront pas à utiliser le mode examen de leur calculatrice scientifique pendant les épreuves du bac 2018, a annoncé le Ministère de l’Education nationale ce jeudi 15 février. « De nombreuses académies ont signalé qu’un nombre significatif d’élèves ne disposait pas à ce jour d’une calculatrice conforme à cette nouvelle réglementation, explique le Ministère. Tous les candidats composeront donc dans les mêmes conditions qu’à la session 2017 et avec l’équipement de leur choix ».

Cette session du bac aurait, pourtant, dû être la première à exiger des candidats le passage en mode examen, verrouillant l’accès à la mémoire de leur calculette pour empêcher la triche. Mais de nombreux cafouillages observés ces dernières semaines lors de bacs blancs ont eu raison de cette décision. Cette décision s’appliquera pour le bac, mais également pour le BTS, DEC (diplôme d’expertise comptable), DCG (diplôme de comptabilité et gestion),  DNB (brevet), CAP, BEP, concours général des lycées et concours général des métiers pour la session 2018, qui autoriseront également les calculatrices sans mode examen.

Une circulaire pour lutter contre la triche

L’affaire avait fait grand bruit en 2015. Dans une circulaire, le Ministère de l’Education nationale rendait obligatoire, à partir de 2018, le « mode examen » sur les calculatrices scientifiques. Son rôle ? Restreindre temporairement l’accès à la mémoire et déclencher un système de diode clignotante. L’objectif semblait alors clair : empêcher les élèves d’avoir des programmes de triche (contenant toutes leurs formules de maths ou de physique).

« L’analyse du bilan des fraudes et tentatives de fraudes aux baccalauréats ces dernières années fait en effet apparaître un nombre important de fraudes liées à l’utilisation de matériels électroniques, y compris la calculatrice, peut-on lire dans un document adressé aux constructeurs de calculatrices en 2013. La ministre de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche souhaite que l’usage des calculatrices pendant les épreuves soit compatible avec les mesures visant à réduire les fraudes et tentatives de fraudes ».

Depuis trois ans, dans tous les lycées de France, la même consigne est donnée aux élèves : investir dans des calculatrices disposant du mode examen. « Mon frère venait d’avoir son bac quand je suis entré en seconde, explique Neïl élève en terminale s à Compiègne, il m’avait donné sa vieille TI83 sans mode examen mais les profs m’ont fait comprendre qu’il fallait que j’en rachète une avec le mode examen ». Enzo, lycéen à La Rochelle, a reçu les mêmes conseils « j’ai dû acheter une calculette avec un mode examen en arrivant en seconde, raconte-t-il, mais jusqu’à présent on ne l’a jamais activé en devoir surveillé ». À l’occasion de bacs blancs, certains lycées ont voulu tester ce fameux mode examen en conditions réelles, mais plusieurs cafouillages ont été relevés.

De multiples cafouillages

Si dans son communiqué le Ministère explique que « de nombreuses académies ont signalé qu’un nombre significatif d’élèves ne disposait pas à ce jour d’une calculatrice conforme à cette nouvelle réglementation », d’autres difficultés ont été constatées.

Chez certains candidats pourtant bien équipés, le mode examen de leur calculatrice ne s’est pas déclenché. « C’est un bug que l’on observe avec plusieurs modèles, détaille Xavier Andréani, professeur de mathématiques et fondateur du site TI-Planet. Si l’élève a moins de 25% de batterie et qu’il tente d’activer le mode examen, sa calculatrice reste bloquée sur un message d’avertissement du niveau de batterie, il ne peut plus l’utiliser ». Si le cas de figure se présente le jour du bac, impossible pour le candidat de passer en mode examen, ce qui entraînerait une confiscation de sa calculatrice. Interrogée par Slate, une professeure d’un lycée lillois où la situation s’est produite indique qu’elle a été obligée de « laisser tout le monde composer malgré tout » (avec les calculatrices sans mode examen du coup) durant un bac blanc.

Autre problème : ce « mode examen » ne préserve pas des antisèches. À partir du moment où une calculatrice est passée en mode examen, tous les programmes (et antisèches) stockés en mémoire auparavant sont inaccessibles. Mais tous les programmes que l’on écrirait après le passage en mode examen restent, eux, accessibles. Conséquence : un candidat qui aurait mis le mode examen chez lui pourrait ajouter des programmes de triche et venir avec une calculette pleine à craquer.

Pour faire face à ce problème, il est indiqué que les élèves doivent activer leur mode examen une fois dans la salle. Mais cette contrainte pose problème ; les professeurs surveillant l’épreuve de maths ou de physique n’enseignent pas tous ces disciplines. Pas sûr, donc, qu’ils soient au fait des subtilités des diodes clignotantes.

Des calculatrices bloquées

Un dernier point majeur inquiète la communauté éducative, comme les élèves : la sortie de ce « mode examen ». À chaque début d’épreuve les élèves devront avoir une calculatrice en « mode normal » qu’ils passeront en « mode examen ». Il leur faudra donc désactiver ce « mode examen » pour repasser en « mode normal » après chaque épreuve. Or, cette étape n’est pas toujours évidente. « Pour empêcher de quitter le mode examen pendant l’épreuve, les constructeurs de calculatrices obligent les élèves à utiliser une autre machine pour le désactiver, explique Xavier Andréani. Il peut s’agir d’une autre calculatrice du même modèle, d’un ordinateur voire d’un smartphone pour les modèles les plus évolués ».

Et selon le modèle de calculatrice, cette sortie du mode examen peut se transformer en une mission quasi-impossible. « Par exemple, pour sortir du mode examen de la  Lexibook GC3000FR, il faut obligatoirement utiliser une calculatrice du même modèle qui n’est, elle-même, pas en mode examen, poursuit Xavier Andréani. Cette calculatrice ne dispose pas de port USB, donc impossible de la déverrouiller avec un ordinateur ». En clair, si les candidats n’ont pas acheté cette calculatrice en deux exemplaires il leur sera tout bonnement impossible de sortir du mode examen… et donc d’utiliser leur calculatrice pour les épreuves suivantes.

Et ce même problème se retrouve sur d’autres modèles de calculatrice. En fait, pour comprendre l’origine de ce cafouillage, il faut revenir au cahier des charges qu’ont reçu les fabricants de calculatrices. En décembre 2013, près d’un an et demi avant la publication de la circulaire, le Ministère de l’Education nationale avait fait parvenir aux constructeurs un ensemble de « spécifications techniques » relatives au mode examen. Dans ce document de 5 pages, une seule ligne évoque la sortie de ce mode examen  : « Le « mode examen » doit donc être actif en permanence et ne pouvoir être désactivé que par une connexion extérieure ». C’est le flou autour de cette notion de « connexion extérieure » qui rend obligatoire la possession de deux calculatrices du même modèle pour certaines marques.

Un business très lucratif

À quatre mois à peine du baccalauréat, le Ministère devait trancher au plus vite. Maintenir la circulaire, au risque de se retrouver avec des ruptures d’égalité entre les candidats (certains disposant potentiellement d’antiséches lors de l’épreuve, d’autres privés de toute calculatrice), ou renoncer temporairement à cette obligation du « mode examen ». C’est le second choix qui l’emporte. Pas sûr qu’il ne fasse que des heureux. Hugo, lycéen à Douai, fulmine depuis qu’il a eu vent du projet du Ministère. « Je redouble ma terminale cette année et j’ai acheté exprès ce week-end une nouvelle calculatrice avec le mode examen, lâche-t-il. J’ai dépensé 70€ pour rien ».

Il faut dire que depuis l’annonce de cette circulaire, les fabricants de calculatrices se frottent les mains. Durant longtemps, les vieux modèles se transmettaient dans les familles où se revendaient pour quelques poignées d’euros sur internet. Mais ils ne disposaient pas du mode examen. C’est donc tout un parc de calculatrices scientifiques qui a dû être renouvelé. « Depuis trois ans, on peut considérer que tous les élèves ont dû acheter une calculatrice neuve », détaille Xavier Andréani. Avec 500 000 élèves en série générale et technologique, ce sont pas moins de 1,5 million de calculatrices qui ont été rachetées. « Une calculatrice de moyenne gamme coûte environ 70€ », poursuit l’enseignant. Cette circulaire aurait rapporté, au bas mot, quelques 105 millions d’euros aux constructeurs. Un business très lucratif.

Si les bacheliers 2018 ne seront pas concernés par ce « mode examen », qu’en sera-t-il pour ceux de la session 2019 ? Officiellement, la circulaire restera en vigueur pour eux. Mais il est bien difficile de savoir comment les couacs rencontrés cette année pourront être résolus. Et au-delà de ces problèmes techniques, ce mode examen est-il vraiment si utile ? « Il n’y a rien de mal à stocker quelques formules pour être rassuré le jour des épreuves », glisse Fabien, lycéen à Compiègne. « Les programmes de triche peuvent même être vecteurs d’égalité entre les candidats, analyse Xavier Andréani. Ceux qui achètent les modèles les plus chers ont énormément de fonctionnalités « par défaut » qui restent accessibles même en mode examen, alors que ceux avec des calculatrices bas de gamme ne les ont pas. Sans le mode examen, tout le monde peut avoir les mêmes fonctionnalités en installant des programmes supplémentaires ». Les programmes de calculatrice, outils de lutte contre les inégalités sociales ? Toujours est-il que l’équation que le Ministère devra résoudre l’an prochain est loin d’être évidente…

Guillaume Ouattara, blogueur-invité Le Monde Campus

Enfant précoce : une étude démontre leur spécificité cérébrale (Lyon)

Médecine, santé, forme et bien-être – ra-sante

Par le

Enfant précoce, pourquoi est-il différent ? Durant près de trois ans, une étude menée au CERMEP (Centre d’Imagerie du Vivant) de Lyon par Dominic Sappey-Marinier et Fanny Nusbaum a analysé l’anatomie et les spécificités fonctionnelles du cerveau des enfants dits à « haut potentiel ». Les résultats sont surprenants…

 

L'enfant précoce au cœur d'une étude au CERMEP de Lyon
Le cerveau de l’enfant précoce ou « HP » fonctionne plus vite et différemment selon l’étude du CERMEP à Lyon ©KTSdesign

 

Les enfants précoces ou à « haut potentiel » présentent un QI d’au moins 130. Mais leur cerveau fonctionne-t-il différemment ? Oui, selon une étude menée durant trois ans à Lyon. Décryptage avec Fanny Nusbaum, docteur en psychologie, chercheur en neurosciences et dirigeante du Centre PSYRENE, et Dominic Sappey-Marinier, chef du département IRM du CERMEP-Imagerie du Vivant, enseignant de biophysique à la Faculté de Médecine Lyon-Est, et chercheur en imagerie médicale à CREATIS de l’Université Claude Bernard-Lyon1.

 

Comment est née l’idée de cette étude sur les enfants précoces ?

DSM: Fanny Nusbaum avait déjà proposé depuis longtemps les deux profils Complexe et Laminaire. Les deux sont des « hauts potentiels« , c’est-à-dire qu’ils présentent des capacités intellectuelles de haut niveau. Le Complexe montre des capacités plutôt hétérogènes. Il est plus créatif, plus visionnaire, mais aussi plus sujet aux difficultés d’apprentissage et de relations sociales, ainsi qu’à la dyslexie ou la dyspraxie. Le Laminaire montre des capacités plutôt homogènes. Il est plus solide et adaptable, mais aussi plus sujet à l’anxiété de performance, au surmenage et à certaines addictions à partir de la fin de l’adolescence. Aucun modèle ne proposait cette distinction auparavant, mais elle nous paraissait concordante avec la clinique observée.

Avec Olivier Revol (Chef du service de troubles des apprentissages de l’enfant et de l’adolescent de l’hôpital Femme-Mère-Enfant à Bron), nous nous sommes donc dit qu’il serait intéressant de voir si nos observations cliniques coïncidaient avec une réalité neuroscientifique. En 2010, nous avons donc décidé de mener cette étude par neuroimagerie pour mieux comprendre à la fois le fonctionnement cérébral des enfants dits « à haut potentiel », mais surtout les caractéristiques neuronales spécifiques à chacun des profils Complexe et Laminaire, en comparaison avec une population Contrôle (enfants au développement cognitif standard).

Avec l’aide du WISC (1), nous avons sélectionné trois populations composées chacune d’une vingtaine d’enfants : Complexes, Laminaires et Contrôles.

 

Enfant précoce, une activité cérébrale intense

Les IRM pratiquées ont-elle démontrées des différences majeures dans le fonctionnement du cerveau ?

FN: Oui, l’IRM de diffusion réalisée par Dominic Nappey-Marinier a permis  d’étudier le mouvement des molécules d’eau dans le cerveau. Cette technique démontre clairement que les enfants à « haut potentiel » présentent une connectivité cérébrale bien plus importante que les enfants au QI standard dans plusieurs régions cérébrales comme le corps calleux qui relie les deux hémisphères et dans différents faisceaux intra-hémisphériques. Donc, le transfert d’information est plus rapide au sein d’un même hémisphère mais aussi d’un hémisphère à l’autre. Ce premier résultat confirme les résultats des études menées par le passé. De plus, l’étude montre pour la première fois, qu’il existe des différences cérébrales entre les enfants Complexes et Laminaires. Cette meilleure connectivité est plus importante dans l’hémisphère gauche des Complexes et dans l’hémisphère droit des Laminaires.

Par ailleurs, l’IRM fonctionnelle de repos, qui mesure la connectivité fonctionnelle du cerveau quand il est au repos, a montré une diminution de l’activité dans le cortex préfrontal des enfants Complexes et du cortex orbito-frontal des enfants Laminaires. En revanche, on observe une augmentation d’activité dans les cortex insulaire, temporal et pariétal qui correspond à une plus grande sensibilité émotionnelle, une meilleure perception et des capacités accrues de mémorisation et linguistiques.

 

Concrètement, cela signifie que le cerveau de l’enfant à « haut potentiel » tourne plus vite ?

DSM: Il dispose clairement de plus gros câbles, du « haut débit », autrement dit, un meilleur moteur sous le crâne, sans que ce moteur ne tourne forcément en surrégime.

 

Avec un effet turbo dans certains cas ?

DSM: Non, son cerveau tourne en permanence plus vite… Dans le cas des Complexes, il arrive plus souvent que ce moteur s’emballe et perde contrôle, en particulier sous l’effet des émotions.

 

Le Laminaire vit donc mieux sa surdouance ?

FN: Oui, même si son manque d’intériorité et de motivation intrinsèque, ne le met pas à l’abri du « burn-out » ou de la dépression car à force d’être sur-sollicité par son environnement, il finit parfois par se poser des questions identitaires, philosophiques, avec le sentiment d’être en décalage avec lui-même.

 

Enfant HP, « interpréteur » ou « explorateur »

D’autres constatations remarquables ?

DSM: Oui, on s’est aperçu que les Complexes avaient une connectivité plus élevée dans l’hémisphère gauche, l’hémisphère du langage, qui est capable de fonctionner a priori de manière autonome, en circuit fermé, alors que les Laminaires utilisent plus l’hémisphère droit, l’hémisphère qui contrôle les capacités visuo-spatiales et permet une analyse objective.

 

Qu’est-ce que cela signifie concrètement ?

FN: Que les Complexes sont plus centrés sur eux-mêmes, plus indépendants, et donc moins adaptés socialement. En décalage avec la société, ils sont souvent adulés ou détestés. On les appelle les « interpréteurs » car ils interprètent en permanence la réalité pour la faire coller à leur modèle interne. Les Laminaires, au contraire, sont davantage ouverts sur les autres, davantage dans l’empathie. On les appelle les « explorateurs » car ils analysent les informations sans a priori, objectivement, avec une vraie faculté d’adaptation aux contraintes environnementales, qui leur permet de souvent faire l’unanimité. Bref, le Complexe est dans le subjectif, sans filtre émotionnel, sans inhibition, alors que le Laminaire est dans l’analyse objective, le contrôle intérieur.

 

Enfant précoce, artiste ou ingénieur

Les enfants précoces, un sujet passionnant pour Fanny Nusbaum et Dominic Sappey-Marinier
Dominic Sappey-Marinier et Fanny Nusbaum devant le CERMEP ©P.Auclair

L’IRM fonctionnelle en phase de repos cérébral de l’enfant HP ou de l’enfant précoce a-t-elle aussi été riche en enseignements pour les neuropsychiatres ?

DSM: Oui, on s’est aperçu que le cerveau du « Complexe » était moins actif dans la région préfrontale dédiée au raisonnement, à la planification temporelle, alors qu’il est augmenté sur la zone pariétale, celle de la perception, de l’analyse sensorielle. C’est aussi la zone de la pensée automatique. A l’inverse, le cortex orbito-frontal qui gère notamment la motivation est moins proéminant chez les Laminaires. Ils semblent donc moins en mesure d’être motivés sans sollicitation de l’environnement.

 

Comment se traduisent ces différences au quotidien ?

FN: Le Complexe passe rapidement en phase de pensée automatique, avec une faculté d’intégration plus grande mais parfois imparfaite. Le Laminaire, plus réaliste, plus cartésien, est moins centré sur l’émotion, moins à l’écoute de lui-même aussi. De manière caricaturale, le premier est un artiste, le second un ingénieur.

 

Quels sont les effets pervers de tels profils ?

FN: Le Complexe présente des troubles du comportement, de l’apprentissage, de la personnalité, une hyper-sensibilité qui sont essentiellement liés à un manque de contrôle de son attention et de son impulsivité. Le Laminaire, lui, sera davantage sujet à la somatisation, à l’hypocondrie, voire au « burn-out » en cas de sur-sollicitation. Il peut aussi être plus sujet aux addictions comme l’alcool ou la drogue pour suppléer le manque de sensations émotionnelles.

 

Les bienfaits de l’hypnose pour l’enfant précoce

Au final, quelle sera la valeur ajoutée de cette étude de longue haleine ?

FN: Elle permet de mieux comprendre le fonctionnement du cerveau de l’enfant à « haut potentiel ». On a apporté la preuve tangible d’une spécificité du cerveau de l’enfant à « haut potentiel » avec, au sein de cette population, de vrais différences structurelles et fonctionnelles entre Laminaires et Complexes. En tenant compte des conclusions cliniques, comportementales et scientifiques, il sera possible d’affiner le suivi de ces enfants en fonction de leur profil, de l’intégrer aux techniques pédagogiques et le transmettre aux professeurs d’école. La neuroéducation offre ainsi de nouvelles pistes d’amélioration des méthodes d’apprentissage qui seront bénéfiques pour tous les enfants, et pas seulement ceux qui ont des difficultés !

 

C’est à dire ?

DSM: Si on voit, par exemple, qu’une partie du cerveau est en sous-activité, il sera possible de corriger cette déficience avec des exercices précis. Par exemple, un « Complexe » à l’imagination débordante sera plus sensible à l’hypnose, alors que celui qui souffre d’inhibition ou d’un déficit d’attention aura davantage intérêt à faire de la remédiation cognitive. A l’inverse, l’hypnose sera très utile au « Laminaire », pour développer l’imagination, le reconnecter avec son moi intérieur.

 

Est-ce que demain, avec les enseignements d’une telle étude, on pourra intervenir sur le cerveau de l’enfant précoce ?

FN: On travaille déjà avec le Neurofeedback ! Grâce à quelques électrodes disposées sur le crâne pour observer en temps réel l’activité encéphalographique, le sujet peut moduler lui-même son activité cérébrale, une technique notamment utilisée pour les enfants TDAH (Troubles du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité). L’avenir, c’est aussi la TDCS (Transcranial direct current stimulation), une stimulation transcrânienne pour améliorer les capacités cognitives grâce à un léger courant électrique traversant les régions cérébrales à développer. Certains s’en servent déjà pour doper le cerveau des sportifs de haut niveau ou réhabiliter les fonctions cérébrales endommagées par un accident vasculaire cérébral (AVC). Ces usages thérapeutiques sont en cours de développement.

 

Retrouvez la liste de tous les neuropsychiatres et pédopsychiatres de votre ville ou de votre quartier sur www.conseil-national.medecin.fr

 

(1) Le WISC (Wechsler Intelligence Scale for Children) est un test standardisé dédié aux enfants de 6 à 16 ans et 11 mois. Ce test permet de situer un élève par rapport à un groupe d’autres élèves de son âge. Le WISC-IV comporte quatre indices (compréhension verbale, raisonnement perceptif, mémoire de travail, et vitesse de traitement) pour déterminer les différentes composantes de l’intelligence d’un enfant ou d’un adolescent.

 

A SAVOIR

L’étude du CERMEP a porté sur près de 80 enfants de 8 à 12 ans de la région Auvergne-Rhône-Alpes répartis en quatre groupes : enfants « Contrôles » au QI d’environ 105, « Laminaires » au QI moyen de 140, « Complexes » au QI moyen de 130 et enfants TDAH (troubles du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité) qui présentent des troubles proches des « Complexes ». Chaque enfant a passé une IRM (Imagerie par Résonance Magnétique) de 50 minutes, technique à la fois non invasive, non irradiante et sans effet pour l’organisme pour étudier à la fois l’anatomie et le fonctionnement du cerveau.

La grâce des enfants doués

Chronique publiée le 14/02/18 18:03

Le Journal des Femmes

Quand ils évoquent certaines remarques de leurs enfants, les parents semblent tout à la fois éblouis, incrédules, estomaqués par ces remarques si peu enfantines malgré leur naïveté. D’où vient cette profondeur dans leur réflexion ?

On pourrait même penser que la philosophie serait un domaine qu’ils hanteraient depuis le début : y évoluer leur serait tout naturel. Ce mode de pensée paraît d’emblée très précieux en ce sens qu’il ne faut pas le gâcher, ni l’abîmer, ni l’ignorer ,sous prétexte qu’on ne sait pas très bien répondre à des questions insensées qui seraient l’aboutissement d’une longue réflexion inspirée le plus souvent par un fait banal, qui n’avait rien de frappant ni d’extraordinaire, mais les enfants doués cherchent toujours une cohérence reliant  entre eux des phénomènes dispersés.

Très vite, ils ont compris que le quotidien banal et la découverte de tout ce qui tisse la trame des jours ne pouvaient pas leur apporter les réponses qu’ils attendaient, avec une surprenante naïveté dont ils n’avaient pas conscience découvrent-ils. Ils pensaient que les adultes évoluaient en permanence dans un univers recelant toutes sortes de données abstraites aussi familières pour eux que tous les faits remplissant leur journée.

Pour un enfant qui se demande déjà comment apprendre à exercer une certaine maîtrise sur les événements, pour mieux s’y préparer, il semble inconcevable que les adultes  ignorent cette préoccupation, pourtant essentielle. Ces adultes, forcément  admirables doivent utiliser d’autres procédés, inaccessibles pour les jeunes enfants : s’ils relèvent, avec une  surprise teintée d’incrédulité, les propos de leur enfant, ce serait de sa candeur qu’ils s’ébahissent songe l’enfant doué qui ne comprend pas l’amplitude de ces réactions d’étonnement. Il a dû proférer une évidence, connue de tous, et dont il est bien le seul à ignorer la nature.

On dira que tous les enfants, sans exception, font des remarques surprenantes par leur profondeur, simplement, les enfants doués les multiplient et  leur profondeur est plus grande : on sait bien que tout est exagéré chez eux, y compris cette recherche intense d’explications. Avec les  personnes douées, enfants ou adultes, il y aura toujours un aspect insondable qui se laisse percevoir au travers de propos totalement inattendus.  On serait tenté de se demander quel cheminement particulier  la pensée a dû suivre pour aboutir une conclusion imprévisible, surtout de la part d’un jeune enfant encore ignorant toute démarche philosophique.

Cette démarche qui exige, en principe, un maniement virtuose de l’abstraction, semble parfaitement spontanée.  Les enfants doués tirent des conclusions pertinentes d’une situation avec la sûreté d’un maître de rhétorique ou encore avec la sagesse d’un philosophe aguerri.

Il n’est donc pas étonnant qu’on pense parfois que ces enfants recèlent une part de mystère, qu’on cherche alors à élucider par des théories plus ou moins fantaisistes, mais séduisantes puisqu’elles semblent fournir  une explication globale de toutes les caractéristiques propres aux enfants doués, quitte à annihiler tout principe éducatif.

Si la compagnie des enfants doués est si agréable, c’est justement à cause de leurs propos originaux et de leurs questions qui conduisent parfois  les adultes raisonnables à se poser eux-mêmes des questions.  Par la grâce spécifique qui guide leurs raisonnements ils empruntent des voies  inhabituelles où se mêlent des éléments  purement scientifiques à d’autres, empreints d’une spiritualité toujours surprenante.

On sait qu’ils posent très tôt à leurs parents, affreusement embarrassés, des questions sur la mort, même si aucun événement dans leur entourage ne justifie cette quête quasi métaphysique. Alors qu’ils sont habités par une vitalité étourdissante, ils ont déjà conscience de la brièveté de l’existence,  pourtant à peine entamée en ce qui les concerne.

Par la force des choses, ils ont connaissance des aïeux, que leur parents ont connus, disparus depuis longtemps.  On a beau leur dire qu’ils étaient très âgés, que leur existence avait été très longue, rien ne peut effacer l’idée persistante que leurs parents, jeunes, dynamiques, échafaudant toutes sortes de projets d’avenir, vont suivre cette évolution fatale et disparaître à leur tour. Ce déroulement inexorable ne se produit pas dans un pays lointain ou dans une civilisation antique, mais dans leur univers familier. Le vertige angoissé qui les envahit est encore plus contraignant lorsqu’un de leurs parents s’est trouvé orphelin à leur âge. Non seulement ils souffrent pour ce parent laissé seul si jeune, mais ils s’imaginent dans cette situation intolérable, assuré de ne pas pouvoir y survivre. Ils se sentent  encore si jeunes,  ignorants et malhabiles. Leur parent, devenu orphelin possédait certainement une science qu’ils sont encore bien loin de maîtriser, nigauds comme ils sont.

Tous les jours, ils ont sous les yeux des preuves de la fugacité de toute existence, à commencer par leur doudou qui se dégrade inexorablement,  en dépit des soins attentifs et  de l’affection intense dont il est l’objet.

Leur rigueur logique, interdisant tout égarement, les conduit à l’essentiel : la finalité de l’existence.  Leur compréhension lumineuse interdit toute baliverne, ils se savent mortels depuis qu’ils savent réfléchir, ils sont aussi tout prêts à suivre des explications qu’on pensait réservées aux plus grands. Ils apprécient même qu’on les considère comme des interlocuteurs sérieux, leurs remarques reflètent alors la finesse qui les caractérisent et cette grâce particulière qui rend  si souvent l’échange tellement simple et pourtant  riche. Peut-être  pour apaiser leurs inquiétudes, mais aussi pour conserver sa cohésion à la représentation du monde en général qu’ils sont en train de construire, ils trouvent une formulation limpide destinée à éviter de troubler gravement cette représentation.  « Ah c’est là qu’ils habitent maintenant !»  dit un jeune enfant à sa mère,  tremblante à l’idée de le bouleverser en l’amenant devant la tombe de ses grands-parents.

Conseils : ne pas hésiter à aborder des problèmes quasi métaphysiques, c’est l’enfant doué qui vous fournira une réponse inattendue, mais éclairante. S’il semble aborder ces questions avec légèreté, elle n’est qu’apparente et destinée  à ne pas effrayer ses parents, bien que, parfois, il ne peut s’empêcher d’évoquer leur éventuelle disparition, dans une manœuvre plutôt conjuratoire et non froide et détachée comme on pourrait le croire. Il entraîne ainsi sa capacité de résilience.

Envoyé spécial. Que la force soit avec vous !

Et si nous étions capables de lutter contre la maladie ou le vieillissement par la force de notre pensée ? Méditation, exercices respiratoires, autohypnose… en entraînant notre cerveau, nous pourrions développer des capacités extraordinaires.

Et si nous avions tous des superpouvoirs, sans même le savoir ? Si nous étions capables de lutter contre la maladie ou le vieillissement par la seule force de notre pensée ? Depuis quelques années, la science s’intéresse à la préparation mentale. Et ce qu’elle a découvert est vertigineux : en entraînant notre cerveau, nous aurions tous le pouvoir de développer des capacités extraordinaires et insoupçonnées. Une enquête de Jean-Marc Philibert diffusée dans « Envoyé spécial » le 23 novembre 2017 Le site de l’émission : http://www.francetvinfo.fr/replay-mag…

Conférence : Comment entretenir le désir d’apprendre chez les enfants ?

Les enfants sont des chercheurs nés, passionnément désireux de comprendre le monde qui les entoure. Et si notre principal défi était d’entretenir cet aiguillon du désir ?

Podcast enregistré le 18 mai 2016 à l’Institut Goethe de Lyon, lors d’une conférence en lien avec le hors-série 7 de Kaizen. Une soirée avec Philippe Meirieu, auteur, enseignant, professeur en sciences de l’éducation ; Dr Adrian Serban, pédiatre ; Hélène Lacoste, médiatrice en CNV, ancienne institutrice, mère de Lucie et Océane, scolarisées en Allemagne puis en France. Une soirée animée par Pascal Greboval, rédacteur en chef de Kaizen.