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Attention ou Concentration?

Pour faire la différence voici un extrait du livre:

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Développer l’attention et la concentration

7juin.JPG’ L’attention et la concentration sont fondamentales pour bien apprendre mais répondent à un fonctionnement neurophysiologique précis. Elles sont traitées par deux zones différentes du cerveau, et antagonistes, et ne peuvent dès lors pas être activées en même temps. L’enjeu est de favoriser le passage de l’une à l’autre facilement en fonction des besoins. Mais pour commencer, il ne faut pas confondre attention et concentration.

L’ attention, c’est la capacité que nous avons à nous ouvrir à la réalité. Grâce à elle, nous captons, par nos cinq sens, les différentes informations en provenance soit de notre environnement, soit de notre ressenti émotionnel ou physiologique. L’ attention est un mouvement cérébral qui va nous permettre d’orienter notre action en fonction d’un objectif, d’un centre d’intérêt, etc.

Nous n’avons pas toujours le plein contrôle de notre attention . En effet, elle peut aussi être attirée, malgré nous, par des sollicitations extérieures inattendues (le voisin de classe qui fait tomber sa trousse, une mouche qui pète, oups!). Mais notre attention peut aussi être sélective.

Nous avons alors le pouvoir de la diriger à notre guise pour satisfaire notre projet d’apprentissage. Si le mouvement d’ attention ouvre notre esprit, il existe un autre mouvement, complémentaire, celui de la concentration qui isole notre conscience de toutes les distractions inutiles à la tâche que nous devons entreprendre.

La concentration favorise une bonne mobilisation de la mémoire de travail pour attraper les informations, les enregistrer et les traiter.

Le contrôle de ces deux mouvements est particulièrement utile en situation d’apprentissage.

L’ attention et la concentration sont deux grandes consommatrices d’énergie. C’est pourquoi, lorsque votre enfant vous dit qu’il est fatigué, ne pensez pas tout de suite qu’il essaye de vous manipuler pour en faire le moins possible. Il est vraiment fatigué, surtout si la tâche est nouvelle, complexe et/ou longue. Proposez-lui régulièrement une pause. Pour cela, vous pouvez utiliser la méthode des cœurs (voir page 72) que nous aimons bien et qui a fait ses preuves.

Nous entendons souvent en consultation des parents dire que leur enfant a un problème de concentration et n’écoute pas ce que dit l’enseignant. Or, la plupart du temps, il ne s’agit pas d’un problème, à savoir une défaillance neurophysiologique, mais bel et bien d’une mauvaise identification de la fonction à mobiliser: attention ou concentration ?

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Cet ouvrage propose des exercices et entraînements quotidien dans le chapitre   » Découvrons maintenant quelques bons trucs et bonnes astuces pour favoriser l’attention et la concentration »

 

 

 

 

Test: comment apprenez-vous?

Comprendre les mécanismes de l’attention des enfants pour la renforcer en classe

Blog « Apprendre,Réviser, Mémoriser »
by Caroline, 20 November 2016 ·

Une vidéo du module 4 du MOOC Bâtisseurs de possibles :
Pour voir la vidéo copiez collez le lien suivant:

Comment renforcer l’attention des élèves ?

Les 3 réseaux attentionnels
1.Le réseau d’alerte

C’est la forme primitive de l’attention
2.Le réseau d’orientation

Il permet de traiter plusieurs informations parmi plusieurs en excluant les autres.

3.Le contrôle exécutif

Il permet de planifier et de prendre des décisions quand plusieurs tâches sont en concurrence. Le contrôle exécutif requiert beaucoup d’efforts et de ressources attentionnelles.

Des pistes pour entraîner l’attention des enfants en classe

Acquérir des automatismes via l’entrainement et la répétition: c’est l’entrainement qui va permettre d’automatiser certaines tâches qui sollicitent le contrôle exécutif. L’acquisition des automatismes permet d’économiser de l’énergie mentale et de dégager des ressources pour d’autres activités

Proposer des ressources attrayantes mais non distrayantes

Éviter de proposer simultanément deux tâches qui ne sont pas encore automatisées (risque de surcharge cognitive et d’échec)

Développer capacité d’attention grâce à des exercices de pleine conscience

Des ressources :
Pleine conscience et apprentissage font bon ménage : 4 propositions au fil de la journée en classe
3 livres pour initier les enfants à la pleine conscience du primaire au lycée (et plus)

Donner des éléments de connaissances sur le fonctionnement du cerveau et de la mémoire

Des ressources :
Comprendre le fonctionnement de la mémoire pour aider les enfants présentant des difficultés de mémorisation ou d’apprentissage
Les neurosciences à l’école : 5 recommandations pour mieux apprendre

La méthode Vittoz pour aider les ados à se concentrer

La méthode Vittoz  permet d’aider à mieux se concentrer via une rééducation psychologique basée sur la réceptivité psychosensorielle (visualisation, sensation, mouvement).Cette méthode comporte des séries d’exercices  à pratiquer 2 à 3 fois par jour pendant 3 à 4 jours.

Chaque série doit être maîtrisée avant de passer à la suivante.

Série 1

Exercice 1

Les yeux fermés, imaginez une double rangée d’arbres de chaque côté d’une route. Regardez les arbres les plus proches de vous et suivez du regard ces 2 rangées jusqu’à ce qu’elles semblent se fondre en un seul point à l’infini. Vous pouvez faire le même exercice en imaginant 2 rails ou 2 rangées de poteaux électriques.

Exercice 2

Les yeux fermés, imaginez un enfant sur une balançoire. Suivez le mouvement de la balançoire qui devient de plus en plus lent jusqu’à l’arrêt complet.

Exercice 3

Les yeux fermés, imaginez un train à l’arrêt. Sur la plate-forme arrière du dernier wagon il y a un grand panneau sur lequel est écrit un i. Le train démarre: le i devient de plus en plus petit jusqu’à n’être plus qu’un point qui disparaît à l’horizon.

Série 2

Exercice 1

Les yeux ouverts, tracez dans l’espace le signe de l’infini.

Faites ensuite le même geste avec votre main gauche.

Refaites la même chose les yeux fermés.

Enfin, toujours les yeux fermés, tracez ce signe mentalement sans bouger les mains.

Exercice 2

Les yeux ouverts, avec vos deux mains, tracez dans l’espace deux spirales en partant du centre.

D’abord dans le sens de l’aiguille d’une montre.

Ensuite dans le sens inverse de l’aiguille d’une montre.

Puis chacun dans un sens (avec la main gauche dans le sens d’une aiguille d’une montre et avec la main droite dans le sens inverse).

Puis inversez le sens des deux mains.

Recommencez ces exercices avec les yeux ferme, puis refaites-les mentalement sans bouger les mains.

Exercice 3

Les yeux fermés, imaginez une fleur en bouton. Vous la voyez s’ouvrir et s’épanouir complètement dans un mouvement lent et régulier.

En même temps, détendez-vous et sentez-vous vous épanouir comme la fleur.

Série 3

Exercice 1

Posez sur une table 4 ou 5 objets divers.

Enlevez-les successivement en commençant par le dernier objet posé.

Refaites ensuite ce même exercice mentalement.

Fermez les yeux, imaginez les objets sur la table.

Eliminez-les un par un.

Exercice 2

Les yeux fermés, imaginez-vous écrivant sur un tableau le chiffre 1 puis le chiffre 2 puis le chiffre 3.

Quand vous les voyez bien tous les 3, effacez mentalement le 3, puis le 2 et enfin le 1.

Exercice 3

Les yeux fermés, imaginez-vous écrivant sur un tableau le mot NEW YORK.

Dès que vous le voyez bien, effacez le K, le R, le O, le Y, le W, le E et le N.

4eme série

Exercice 1

Détendez-vous, fermez les yeux et imaginez l’air qui pénètre dans votre corps quand vous respirez. Concentrez-vous sur le parcours de l’air, en pleine conscience, pendant 10 respirations.

Exercice 2

Fermez les yeux. Respirez lentement. Comptez 1 à la première inspiration, 2 à la première expiration, 3 à la deuxième inspiration, 4 à la deuxième expiration, …jusqu’à 20.

Exercice 3

En fermant les yeux, respirez lentement une dizaine de fois, en vous concentrant uniquement sur le va-et-vient de l’air.

Source : « Comment se concentrer comme Einstein » de Remy Roulier

Ce qu’on ne peut pas ne pas savoir sur le cerveau de l’enfant (enseignants, parents, professionnels de l’éducation)

Pour Stanislas Dehaene, psychologue cognitiviste et neuroscientifique, les adultes (et en particulier les enseignants) doivent maîtriser un bon modèle informatif et explicatif sur le fonctionnement du cerveau des enfants. Dans ses nombreux livres et conférences, il vise à donner aux enseignants un bagage de principes fondamentaux sur la plasticité cérébrale et les mécanismes de l’apprentissage humain. En revanche, il refuse de conseiller tel ou tel manuel, telle ou telle méthode :  ces principes sont compatibles avec une grande liberté liberté pédagogique. Dans son idée, l’enseignant est un expérimentateur.

Pour Stanislas Dehaene, les connaissances autour du cerveau de l’enfant s’articulent autour de trois grands axes :

1. Ses compétences précoces : vision, langage, nombres, géométrie…

2.Ses programmes biologiques et ses algorithmes d’apprentissage 

3.Le rôle du sommeil

1. Les compétences précoces

La nature du cerveau humain

Stanislas Dehaene rejoint les travaux d’Alison Gopnik (chercheuse en psychologie du développement). Pour eux, dès la naissance, le cerveau est organisé . Il contient des connaissances innées, mais aussi des algorithmes sophistiqués d’apprentissage.

Les bébés disposent à la naissance de beaucoup plus que de simples réflexes de base. Les chercheurs en psychologie du développement savent désormais que les plus jeunes bébés disposent de représentations du monde sous formes de symboles rappelant ceux des programmes informatiques. Ils reçoivent des « intrants » ou stimui du monde extérieur (les ondes sonores et lumineuses) et les transforment selon certaines règles en diverses représentations. Ces dernières conduisent aux extrants : les expressions du visage, les gestes et actions des bébés.

Ainsi, les bébés traduisent les informations reçues par les yeux et les oreilles en un monde plein de gens aux visages expressifs et aux voix captivantes.

Ces représentations conduisent les bébés à interpréter ce qui leur arrive d’une certaine façon (en faisant attention à certaines choses et en en négligeant d’autres). Elles permettent même au bébé de formuler des attentes et de faire des prévisions.

Ainsi, l’enfant dispose dispose d’intuitions non‐conscientes sur lesquelles l’enseignant peut et doit s’appuyer. L’apprentissage consiste en effet en une reprogrammation active et continue des programmes initiaux.

Implications pour un apprentissage efficace de la lecture

Stanislas Dehaene a déduit des données d’imagerie cérébrale effectuées sur les enfants que l’apprentissage de la lecture spécialise certaines aires du cortex visuel pour la reconnaissance des chaînes de lettres, et les relie aux codes des sons du langage.

Ce lien (le principe alphabétique) ne va pas de soi pour l’enfant. Un enseignement explicite des correspondances graphèmes/ phonèmes (lettres/sons) semble être la manière la plus rapide d’acquérir la lecture et la compréhension.

Une fois ces correspondances établies, un auto‐enseignement se produit: l’enfant déchiffre les mots, les reconnait dans son lexique oral et accède au sens – entraînant ainsi une seconde voie de lecture.

2. Les algorithmes d’apprentissage

Les enfants comme des “scientifique au berceau”

Dehaene cite Gopnik :  l’enfant se comporte comme “un scientifique au berceau”.

Les bébés traduisent les informations reçues par les yeux et les oreilles en un monde plein de gens aux visages expressifs et aux voix captivantes.

Les représentations des bébés sont :

  • riches,
  • complexes,
  • abstraites.

Les bébés se servent de ces représentations selon certaines règles.

Les représentations des bébés touchent au fait que leur propre visage ressemble à celui des autres humains, à la façon dont les objets bougent et à comment séparer les différents sons d’un langage.

 Les bébés voient déjà l’âme sous la peau, ils entendent les sentiments derrière les mots. – Gopnik

 

Le cerveau dispose, d’emblée, d’un jeu d’hypothèses hiérarchiques, qu’il projette sur le monde extérieur, et dont certaines sont très abstraites (exemples: « le monde est constitué d’objets rigides »; « principe de causalité » ).

Il sélectionne ces hypothèses ou schémas mentaux en fonction de leur plausibilité au vu des expériences qu’il fait ou des entrées qu’il reçoit.

Nos expériences interagissent avec ce que nous savons déjà, augmentant ainsi nos connaissances, ce qui à son tour nous permet de faire de nouvelles expériences et de formuler et de tester de nouvelles prédictions, ce qui augmente notre savoir et ainsi de suite.

Dans chaque cas, ce que pensent déjà les bébés influence l’étape suivante de leur développement, déterminant ce qui va les intéresser, les problèmes auxquels ils vont s’attaquer, les expériences qu’ils vont mener, et même les mots qu’ils vont écouter. – Gopnik

L’attention, la récompense, l’erreur, la curiosité, le sommeil sont des éléments importants de cet algorithme encore imparfaitement compris.

Les 4 piliers de l’apprentissage

piliers de l'apprentissage

Je détaille ces quatre piliers dans cet article : Les 4 piliers de l’apprentissage d’après les neurosciences (ou comprendre comment nous apprenons)

Ici, je me concentre sur les implications de chacun de ces piliers pour l’enseignement :

  • L’attention

Peut‐être le plus grand talent d’un enseignant consiste à canaliser et captiver, à chaque instant, l’attention de l’enfant.

L’enseignant doit créer des matériaux attrayants mais qui ne distraient pas l’enfant de sa tâche primaire.

Nous ne pouvons pas réaliser deux choses en même temps : la « double tâche » est un obstacle aux apprentissages,  encore plus pour les enfants « dys » ou en difficulté.

La méditation, l’entraînement au contrôle moteur via des activités de motricité fine comme en pédagogie Montessori ou d’activité de motricité globale, la pratique d’un instrument de musique peuvent avoir des effets sur la capacité à  rester concentré en présence d’une distraction distraction, à résister à un conflit cognitif.

Les conflits cognitifs sont liée à l’inhibition cérébrale. L’inhibition cérébrale est la capacité à contrôler ou bloquer nos intuitions, nos habitudes ou nos stratégies spontanées. L’inhibition est un processus qui se déroule dans le cerveau quand des groupes de neurones relâchent des hormones inhibitrices qui nuisent à l’activation d’autres neurones. la région en question a plus de mal à s’activer ou ne s’activera pas du tout.

L’inhibition est surtout en lien avec les apprentissages difficiles. L’apprentissage ne se fait pas de manière linéaire (on passe d’un niveau 1 à un niveau 2 puis à un niveau 3) car certaines erreurs sont persistantes et il est nécessaire de développer l’inhibition cérébrale chez les apprenants pour que ces erreurs persistantes n’émergent pas à nouveau.

Même les scientifiques doivent faire preuve d’inhibition (dont ils n’ont pas conscience) pour contrôler leur intuition que leur cerveau sait être fausse. Quand on apprend, une conception antérieure ne disparaîtrait jamais vraiment et c’est l’inhibition cérébrale qui prend le relais pour que la conception apprise puisse émerger face à la croyance.

Si apprendre, c’est aussi apprendre à inhiber des connaissances antérieures, on comprend mieux l’importance de « muscler » l’inhibition cérébrale pour dépasser les erreurs persistantes.

Steeve Masson, neuroscientifique spécialisé en éducation, propose quelques recommandations pédagogiques pour développer et renforcer l’inhibition cérébrale :

  • il existerait un lien entre activité physique et inhibition.
  • les personnes qui parlent deux langues (ou plus) couramment ont une capacité d’inhibition supérieure à la moyenne. Cet état de fait soutient l’idée d’un apprentissage précoce d’une langue étrangère.
  • jouer à des jeux de contrôle permettrait de développer les mécanismes d’inhibition cérébrale (Jacques a dit, jeu des chaises musicales, jeu de la statue quand la musique s’arrête, 1 2 3 soleil…).
  • prévenir les apprenants de l’existence de pièges et leur apprendre à les reconnaître favorise l’inhibition cérébrale.
  • au delà de demander aux élèves de trouver les réponses justes, il serait pertinent de leur apprendre à identifier et trier les réponses pièges.
  • comme les croyances fausses ne disparaissent jamais vraiment, les apprenants gagneraient à confronter leurs croyances et les connaissances apprises pas seulement au début d’une séquence d’enseignement mais à différents moments de l’apprentissage.

 

  • L’engagement actif

Un organisme passif n’apprend pas. L’apprentissage est optimal lorsque l’enfant alterne apprentissage et test répété de ses connaissances. Cela permet à l’enfant d’apprendre à savoir quand il ne sait pas (métacognition).

Gopnik explique justement l’apprentissage dont sont capables les bébés par leur faculté à agir. Pour les bébés, il ne s’agit pas seulement d’apprendre passivement ce qui se passe dans le monde mais bel et bien d’y prendre une part active.

Les chercheurs en psychologie du développement rejettent l’idée selon laquelle l’évolution des humains serait exclusivement biologique (à l’image de la chenille qui devient papillon) ou culturelle (où les adultes ont les pleins pouvoirs dans l’influence du développement des enfants).

C’est le nombre d’auto évaluations et de tests des connaissances qui comptent dans la mémorisation à long terme, pas le temps d’étude.

Selon Steeve Masson, les stratégies les plus efficaces d’apprentissage et de révision consiste à poser et répondre à des questions, à placer l’élève en situation d’enseignement et d’interaction (c’est lui qui explique une notion à d’autres élèves qui lui posent des questions en retour).

La manière la plus efficace de récupérer des informations en mémoire serait de se poser des questions à soi-même.

 

  • Le retour d’information

On a vu que notre cerveau utilise des programmes internes afin de générer des prédictions sur le monde extérieur. L’apprentissage se déclenche lorsqu’un signal d’erreur montre que cette prédiction n’est pas parfaite. On comprend qu’il n’y a pas d’apprentissage si tout est parfaitement prévisible.

Le signal d’erreur peut venir d’une correction explicite (enseignant) ou de la détection endogène d’un décalage entre prédiction et observation (surprise). Les signaux d’erreur se propagent dans le cerveau, sans que nous en ayons nécessairement conscience, et ajustent sans cesse nos modèles mentaux. – Dehaene

Dehaene en tire des conclusions pour les enseignants :

  • L’erreur ou l’incertitude sont normales – elles sont même indispensables.
  • Les erreurs ne doivent impliquer ni sanction ni punition. Les punitions ne font qu’augmenter la peur, le stress, et le sentiment d’impuissance.
  • La motivation positive, le regard bienveillant et encourageant et la récompense intrinsèque (conscience de progresser, joie de comprendre)sont des leviers efficaces de l’apprentissage.

 

  • La consolidation

Le point culminant d’un apprentissage est le” transfert de l’explicite vers l’implicite” : c’est l’automatisation des connaissances et procédures. Cette automatisation passe par la répétition et l’entrainement. Elle permet de libérer de l’espace dans le cortex préfrontal afin d’absorber de nouveaux apprentissages.

Les neurones doivent s’activer à de nombreuses reprises pour se connecter et renforcer leur connexion. La répétition est nécessaire, pas seulement au moment de l’apprentissage en question mais tout au long de l’année. Le cerveau oublie vite les éléments appris s’ils ne sont pas remobilisés régulièrement. Si les neurones s’activent à plusieurs reprises, ils peuvent consolider leurs inter-relations et favoriser l’acquisition de l’apprentissage.

Il est essentiel de répéter une connaissance nouvellement acquise :

  • pour mémoriser une information, notre cerveau a besoin de trois passages au minimum,
  • pour intégrer une nouvelle habitude, il a besoin de 21 jours.

Il est nécessaire de distribuer l’apprentissage tous les jours !

 

3.L’importance du sommeil

Le sommeil fait partie intégrante de notre algorithme d’apprentissage.

Rosa Jové, pédopsychiatre spécialiste du sommeil des enfants, explique que l’humain naît avec un cerveau immature et, en parallèle, un appétit pour comprendre et apprendre qui va justement permettre au cerveau de maturer.

Le sommeil paradoxal aide à réorganiser le cerveau (la mémoire et les processus d’apprentissage). On a même remarqué que le sommeil des bébés entre 0 et 3 mois débute directement en phase paradoxale : les cycles courts de sommeil permettent d’atteindre les objectifs de maturation du cerveau efficacement chez les nourrissons.

L’amélioration du sommeil peut être une intervention très efficace, notamment pour les enfants avec troubles de l’attention.

 

Conclusion

En conclusion, on peut dire comparer le cerveau des bébés et des enfants à un ordinateur mais beaucoup plus puissant et d’une nature évolutive, dont le moteur est émotionnel. Alison Gopnik parle de “ordinateurs biologiques”.

L’école doit fournir à ces « supers‐ordinateurs » un environnement enrichi et un enseignement structuré et exigeant (tout en étant accueillant, bienveillant, et tolérant à l’erreur).

Les ordinateurs biologiques que sont les bébés et les enfants sont conçus pour fonctionner comme éléments d’un réseau social complexe. La quantité et la qualité des interactions sont primordiales (enfants/enfants et adultes/enfants).

L’interaction entre enfants et adultes est aussi naturelle et profondément enracinée que nos autres composantes. – Gopnik

Il est important de garder en tête que les choix pédagogiques effectués par les enseignants et leur manière d’être (montrer le bon exemple dans le cadre de l’imitation sociale, créer un climat générateur d’émotions positives) peuvent avoir un impact sur les modifications structurelles du cerveau.

Les orgasmes sont la garantie que nous continuerons à avoir des relations sexuelles, et notre joie à comprendre est la garantie que nous continuerons à essayer de bâtir des théories plus justes. En matière d’évolution, comprendre le monde, comme avoir des rapports sexuels, nous donne un avantage sur le long terme. Les désirs et motivations transforment cet avantage lointain en motivations immédiates.  – Gopnik

Les bébés et les enfants sont conçus pour prendre un plaisir intense à la compréhension. Il s’agit pour les enseignants d’accompagner ce plaisir de comprendre, d’en favoriser l’émergence et de ne surtout pas l’étouffer ou le faire disparaître (via des punitions, des récompenses extrinsèques type gommettes ou bons points, des classements ou comparaisons…).

Du fait de la plasticité neuronale (la capacité à se réorganiser et à créer de nouveaux programmes), le cerveau change au cours de l’apprentissage et l’enseignant peut influencer les effets de l’apprentissage sur l’architecture du cerveau .

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Sources :

Les grands principes de l’apprentissage de Stanislas Dehaene

Comment pensent les bébés de Alison Gopnik

Mieux connaître le cerveau pour mieux enseigner (4/5) – inhibition cérébrale et apprentissage des sciences  de Steeve Masson

Le sommeil des enfants de 0 à 3 mois de Rosa Jové

Éloge de l’erreur : apprendre, c’est comprendre pourquoi on se trompe !

Blog « apprendre, réviser mémoriser »  (http://apprendre-reviser-memoriser.fr/eloge-de-lerreur-apprendre-cest-comprendre-pourquoi-se-trompe/)

Pour une vision positive de l’erreur

Apprenez à échouer ou vous échouerez à apprendre. – Tal Ben Shahar (psychologue)

Les erreurs sont un sujet de discussion qui soulèvent les passions. Dans la conception traditionnelle, et bien répandue à l’école, l’erreur est souvent quelque chose de négatif. Elle se pense en termes de manque (ignorance, non acquisition ou non maîtrise, absence de travail ou d’efforts). La responsabilité de l’erreur est donc souvent renvoyée du côté de l’enfant (qui n’a pas écouté, qui n’a pas assez travaillé, qui n’a pas bien lu l’énoncé, qui a mal compris, qui ne s’est pas forcé), exceptionnellement du côté de l’adulte (parent ou enseignant qui a mal expliqué).

Dans la conception traditionnelle, il suffit donc de combler ce manque et de :

  • réexpliquer,
  • encourager les enfants à travailler par des récompenses
  • punir pour qu’ils se mettent au travail,
  • proposer de nouveaux exercices pour s’entraîner plus.

L’objectif est de remplacer l’erreur par la vérité et cette correction passe nécessairement par la prise en compte de la parole de l’adulte.

Pourtant, apprendre, c’est comprendre pourquoi on se trompe. C’est seulement quand l’erreur est acceptée des deux côtés (enfants et adultes) que tout devient possible : réflexion, apprentissage, progression, création, innovation, invention !

Il incombe donc aux adultes de dédramatiser l’erreur, de faire comprendre que l’erreur fait partie du processus d’apprentissage : c’est parce que je me trompe que je suis en train d’apprendre ! Une fois que l’enfant a compris qu’il faut pouvoir se tromper pour apprendre, il pourra donner un rôle positif à l’erreur sans la craindre.

Dans cette approche, l’adulte s’intéressera plus à faire expliciter  par l’enfant ce qu’il a voulu faire, plutôt qu’à ce qu’il a mal fait ou pas fait. L’adulte pourra ainsi tenter d’identifier les connaissances sur lesquelles s’appuie le raisonnement de l’enfant et en déterminer les origines possibles.

L’erreur n’est pas seulement l’effet de l’ignorance, de l’incertitude, du hasard […] , mais l’effet d’une connaissance antérieure, qui avait son intérêt, ses succès, et qui, maintenant, se révèle fausse ou simplement inadaptée. – G. Brousseau (didacticien des mathématiques)

Dans leur livre La pédagogie positive, Audrey Akoun et Isabelle Pailleur vont également en ce sens quand elles écrivent qu’il n’y a pas d’erreurs bêtes, il n’y a que des erreurs intelligentes.

 

Comment utiliser les erreurs comme leviers de progression dans les apprentissages ?

De l’importance des corrections personnelles (la métacognition)

80% des corrections faites en classe ne seraient ni mémorisées ni comprises par les élèves. Il serait donc pertinent d’accompagner les enfants à la maison dans la relecture de leurs exercices et évaluations corrigés en classe.

L’idée est à la fois d’analyser les erreurs mais aussi de valoriser les points difficiles surmontés. Ce regard sur les réussites permet de mesurer les progrès et de consolider la confiance en soi de l’enfant. Cela peut poser par des questions comme :

  • Comment as-tu fait ?
  • Par quoi as-tu commencé ?
  • A quelle leçon/ à quel autre exercice cela te fait-il penser ?
  • Comment aurais-tu pu faire différemment ?

 

Identifier la cause des erreurs

Dans leur livre Donner l’envie d’apprendre, Alain Sotto et Varinia Oberto proposent plusieurs pistes pour utiliser efficacement les erreurs dans les apprentissages des enfants :

1. Un problème de mémorisation ?

L’enfant peut se demander :

  • Qu’est-ce que je croyais savoir à ce sujet ?
  • Qu’est-ce que je sais maintenant ?

Si un enfant a du mal à mémoriser, vous trouverez des méthodes et des informations sur le cerveau pour faciliter la mémorisation :

Comprendre le fonctionnement de la mémoire pour aider les enfants présentant des difficultés de mémorisation ou d’apprentissage

Comment retenir ses cours efficacement : 5 astuces de mémorisation

 

2. Un problème de savoir-faire et d’application des connaissances ?

L’enfant connaît la leçon mais ignore quand et comment l’appliquer. Lors de la mémorisation d’une connaissance (une règle, un théorème, une définition, une date), l’enfant peut se demander : Quand et comment vais-je avoir à l’utiliser ?

L’élève peut aussi passer par les 5 questions de la compréhension pour s’assurer qu’il maîtrise la compréhension au delà de la simple mémorisation :

C’est quoi ?

Pour quoi faire ?

Comment ?

Avec quoi ?

Pourquoi ?

objectif mémoire les cinq questions de la compréhension

 

3. Un défaut d’automatisation ?

Il s’agit de transformer des savoirs en réflexes pour libérer l’esprit et appliquer automatiquement des règles. Ceci est notamment très important en orthographe.

Alain Sotto et Varinia Oberto écrivent  :”Si, dans un texte, les règles sont nombreuses, leur esprit débordé ne peut travailler correctement. Libérer son espace mental grâce à des réflexes, c’est récupérer de l’énergie, travailler mieux et de façon moins fatigante.” En langage plus savant, c’est ce qu’on appelle la surcharge cognitive.

Dans le processus d’apprentissage de la conduite, nous procédons de cette manière : nous ne faisons même plus attention quand nous passons une vitesse, mettons un clignotant ou regardons dans notre rétroviseur avant de doubler. Et c’est la raison pour laquelle nous sommes capables d’écouter de la musique ou de bavarder tout en conduisant.

Mais cette automatisation ne peut se faire qu’avec de l’entrainement : l’enfant ne peut se contenter d’apprendre, il doit utiliser souvent ce qu’il apprend. Par exemple, la mémorisation des tables de multiplication sera d’autant plus efficace que l’enfant les mobilisera dans des opérations de multiplication ou/et de division en plus de la récitation orale par cœur.

 

Vérifier et relire : des bonnes habitudes à prendre tôt…

… pour une bonne compréhension de la consigne

Dans la résolution de problème, dans l’étude de documents ou encore dans la rédaction d’un production écrite, la compréhension de la consigne est essentielle.

Il peut exister plusieurs réponses et/ou plusieurs méthodes d’arriver à une même réponse.

Il s’agit d’apprendre à vérifier que l’on répond bien à la question.

Cela peut passer par l’identification de mots clés, par la lecture de toutes les questions d’un devoir pour en déduire l’enchaînement logique, parfois même la réponse à une question est donnée dans la question suivante. L’enfant peut ensuite mobiliser ses connaissances et voir quelles sont celles qui s’appliquent dans ce cas précis.

Près de 50% des échecs (erreurs, contre sens, incompréhension, trous noirs) sont dus à la précipitation, à une lecture trop rapide de ce qui est demandé.

… pour s’auto corriger

La relecture en cours de travail et à la fin permet d’auto corriger un certain nombre d’erreurs. Cette relecture est encore plus efficace quand l’enfant la fait en fonction des erreurs relevées dans les contrôles précédents.

… pour s’auto tester

L’enfant peut vérifier s’il a bien retenu les connaissances qu’il avait à apprendre en se posant des questions : Qu’ai-je retenu d’important ?

Il peut faire l’exercice de les mettre sous forme de Mind Map ou d’encarts de mémorisation afin d’en tirer la quintessence.

Réfléchir, c’est au moins autant se poser des questions qu’apporter des réponses !

 

Les bénéfices de travailler à haute voix

Dans leur livre Donner l’envie d’apprendre, Alain Sotto et Varinia Oberto expliquent que les enfants à qui l’on demande de prononcer les mots d’une dictée font beaucoup moins de fautes d’orthographe que ceux qui les écrivent sans remuer les lèvres.

Le travail à haute voix est un soutien efficace car :

  • le fait de s’entendre sollicite un canal supplémentaire de mémorisation,
  • l’enfant qui apprend à voix haute a moins tendance à rêvasser,
  • un erreur peut “sonner” à l’oreille alors qu’elle ne déclenche pas de réaction à l’écrit (par exemple, en conjugaison),
  • la relecture à haute voix permet d’identifier les répétitions, les lourdeurs, les erreurs de syntaxe dans un texte,
  • l’enfant apprend ainsi à se parler dans sa tête.

La valorisation des erreurs dans la vie quotidienne (au-delà du travail scolaire)

Les erreurs, des opportunités d’apprentissage en famille

Jane Nelsen base son concept de Discipline Positive sur l’intégration de l’erreur dans le processus d’apprentissage. Pour elle, les erreurs sont de merveilleuses opportunités d’apprentissage dans la vie de famille. Jane Nelsen affirme qu’il serait merveilleux de dire à l’enfant : Tu t’es trompé. C’est fantastique ! Qu’apprends-tu de cette erreur ?

Elle donne dans livre La discipline positive quelques pistes en famille :

  • Chacun pourrait par exemple partager son “erreur du jour” et la leçon qu’il en a tirée,
  • Partir de ce qui est réussi et se centrer sur les forces avant de demander à l’enfant d’évaluer son erreur pour continuer ce qui est bien et progresser
  • Ne pas se précipiter pour intervenir quand les enfants se trompent pour leur apprendre à résoudre des problèmes par eux-mêmes.

Jane Nelsen écrit que si les enfants considèrent les erreurs comme marques de faiblesse, alors ils auront tendance à se sentir inadéquats et découragés alors qu’intégrer les erreurs dans le processus d’apprentissage permet de les assumer et d’en faire un exercice enrichissant :

Je me demande ce que je vais apprendre de cette erreur.

Le courage d’être imparfait : l’exemple des adultes

Jane Nelsen considère l’outil des 3 “R” de la réparation comme un moyen de transmettre le courage d’être imparfait. Ces 3 “R” utilisés aussi bien par les enfants que par les parents permettront d’apprendre des erreurs, de réparer ce qui est fait et d’améliorer les relations familiales.

les erreurs sont des opportunités dapprentissage

 

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Source : Donner l’envie d’apprendre de Alain Sotto et Varinia Oberto (éditions Le Livre de Poche)

Système d’équations à deux inconnues

Cours de Mathématiques en Mandala/Carte mentale

Système d’équations à deux inconnues

Carte mentale pour comprendre et retenir les méthodes de résolutions d’un système d’équations à deux inconnues.
Il existe également une méthode graphique qui ne figure pas sur la carte.

Correction à suivre…