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Trousse à outils pour accompagner les élèves en situation de handicap à l’école (pour les AVS)

Blog « Apprendre, réviser, mémoriser  Tout pour apprendre efficacement (à l’école et ailleurs) »

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Par Caroline le 16 juin 2017

Ce document s’adresse aux personnes qui ont été recrutées pour exercer une mission d’accompagnement auprès d’élèves en situation de handicap. Ce livret leur propose quelques pistes de réflexion pouvant faciliter la prise de poste (en plus de la formation d’adaptation à l’emploi).  La lecture de ce document vise à permettre de mieux comprendre dans quelle mesure les élèves en situation de handicap peuvent bénéficier d’un projet personnalisé de scolarisation incluant l’aide humaine.  En voici le sommaire :

Il a été rédigé par  Nathalie BOURNAS & Emmanuelle EGLIN, de l’académie de Lyon. Ce document mentionne certaines ressources disponibles uniquement dans l’académie de Lyon mais les grandes lignes sont valables dans toutes les académies (seuls les noms des personnes changent d’une académie à l’autre mais pas les organismes référents, telle que la MDPH ou les différents dispositifs de scolarisation, tels que les classes ULIS, les IME ou les ITEP).

Ce livret a clairement pour objectif d’accompagner les auxiliaires de vie scolaire dans leur prise de fonction auprès d’un élève en situation de handicap. Il permet d’apporter des éléments de compréhension quant aux missions attendues, aux partenariats à mettre en place, aux différentes possibilités d’accompagnement d’un élève. Il propose également des outils qui aideront, notamment, à une meilleure coordination entre l’enseignant, responsable des apprentissages, et l’auxiliaire de vie scolaire qui met en œuvre les adaptations nécessaires à la réussite de l’élève.

Les autrices y rappellent les rôles et responsabilités hiérarchiques de chaque intervenant, dans le premier et le second degré. Elles proposent également une liste d’intervenants extérieurs et de personnes ressources avec lesquels les AVS seront peut-être amenées à interagir (psychomotriciens, éducateur, CMP…).

Les missions des AVS sont rappelées et détaillées :

  • les actes de la vie quotidienne
    • Assurer les conditions de sécurité et de confort
    • Aider aux actes essentiels de la vie
    • Favoriser la mobilité
  • les activités d’apprentissage
    • Stimuler les activités sensorielles, motrices et intellectuelles du jeune en fonction de son handicap, de ses possibilités et de ses compétences
    • Utiliser des supports adaptés et conçus par des professionnels, pour l’accès aux activités d’apprentissage, comme pour la structuration dans l’espace et dans le temps
    • Faciliter l’expression du jeune, l’aider à communiquer
    • Rappeler les règles d’activités dans les lieux de vie considérés
    • Contribuer à l’adaptation de la situation d’apprentissage en lien avec le professionnel par l’identification des compétences, des ressources, des difficultés du jeune
    • Soutenir le jeune dans la compréhension et dans l’application des consignes pour favoriser la réalisation de l’activité conduite par le professionnel
    • Assister le jeune dans l’activité d’écriture, la prise de notes
    • Appliquer les consignes prévues par la réglementation relative aux aménagements des conditions de passation des épreuves d’examens ou de concours et dans les situations d’évaluation, lorsque la présence d’une tierce personne est requise
  • les activités de la vie sociale et relationnelle
    • Participer à la mise en œuvre de l’accueil en favorisant la mise en confiance du jeune et de l’environnement
    • Favoriser la communication et les interactions entre le jeune et son environnement
    • Sensibiliser l’environnement du jeune au handicap et prévenir les situations de crise, d’isolement ou de conflit
    • Favoriser la participation du jeune aux activités prévues dans tous les lieux de vie considérés

Enfin, des outils d’organisation sont proposés aux AVS pour un accompagnement plus efficace.

Cependant, les parents et les enseignants pourront également trouver des informations utiles quant au fonctionnement et à l’articulation des différents éléments de l’accompagnement des enfants en situation de handicap à l’école. Ainsi, ce document reprend les étapes du dossier à remplir pour faire une demande de compensation auprès de la MDPH.

De même, les autrices de ce document explique en quoi consiste le PPS. Le PPS propose différentes modalités de scolarisation pour les élèves en situation de handicap en favorisant chaque fois que possible la scolarisation en milieu scolaire ordinaire. Il est établi par la MDPH et mis en œuvre au sein de chaque établissement scolaire. L’aide humaine est une des modalités de compensation possible dans le cadre du PPS.

>>> Document à télécharger gratuitement à ce lien : Trousse à outils de l’AVS pour la prise de poste des personnels en charge de l’accompagnement des élèves en situation de handicap

À la rentrée 2017, les élèves suivront des « cours d’attention » grâce au programme Atole

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22 juin 2017

« Nous voulons offrir aux enfants les moyens de ressentir le plaisir d’être vraiment connectés à ce qu’ils font. »

Getty Images
De la grande section de maternelle jusqu’en cinquième, les élèves décortiqueront le système attentionnel.

ÉDUCATION – Les écoliers vont être gâtés à la rentrée. De la grande section de maternelle à la 5e, ils auront droit à des « cours d’attention ». Parlons plutôt de moments dédiés pendant lesquels leurs professeurs raconteront ce qu’est l’attention et surtout, comment la garder.

Le programme s’appelle Atole pour « Attentif à l’école ». Il a été mis en place par Jean-Philippe Lachaux, chercheur en neurosciences de l’attention au Centre de recherche de Lyon, rencontré à l’édition 2017 de l’Échappée volée.

« On amène d’abord les enfants à comprendre comment leur attention fonctionne de l’intérieur, explique le scientifique au HuffPost. C’est un phénomène biologique soumis à des lois. On leur apprend à reconnaître ce qui les distrait et à réagir pour se concentrer à nouveau. »

« Nous sommes dans une gloutonnerie attentionnelle »

« Le but de l’attention est de faire la sélection entre tout ce qui nous arrive, de nos pensées à la jungle de choses qui nous entoure, précise-t-il. Nous en prenons une partie pour la traiter en profondeur. Mais plus il y a de choses, plus il est difficile de rester attentif. »

« Le cerveau filtre ce qui lui semble important. L’attention est une mesure de la valeur que l’on accorde aux choses, aux autres. La distraction provient d’un problème d’alignement des priorités. Nous sommes aujourd’hui dans une gloutonnerie attentionnelle. Jusqu’à l’écœurement. Notre attention est distraite, séparée, tirée entre plusieurs objets. Nous devons organiser une forme de résistance et offrir aux enfants les moyens de ressentir le plaisir d’être vraiment connectés à ce qu’ils font. »

« Les enseignants avaient repéré ce problème chez de nombreux élèves, assure Sylvie Coustier, conseillère pédagogique adjointe de l’inspecteur de l’Éducation nationale dans l’agglomération lyonnaise. Ils se plaignaient de voir que l’attention était de plus en plus fugitive. Maintenir la concentration de 25 à 30 enfants toute une journée, c’est un vrai défi dans notre métier ».

Arte
Jean-Philippe Lachaux, dans une classe, pour expliquer l’attention.

Maintenir l’attention des élèves, un vrai défi

Lesdits enseignants font remonter l’information aux inspecteurs académiques lyonnais. Lesquels sont ravis quand Jean-Philippe Lachaux leur demande s’il peut effectuer des tests de l’attention auprès des élèves directement dans les classes. Pendant plus de six ans, le chercheur s’immerge dans des classes de tous âges. Il fait le constat qu’il y a un vrai besoin de mobilisation de l’attention.

Ensuite, le chercheur repère ce que les enfants sont en capacité de comprendre et de réinterpréter et écoute studieusement les remarques des professeurs. Résultat, Atole est le produit de six ans d’aller-retours avec les enseignants et inspecteurs pédagogiques. Le programme compte déjà plus de 1200 participants, dans une quarantaine de classes.

JP Lachaux

Une première française

« Il n’existe pas d’étude scientifique qui ait mesuré l’attention des Français, explique Jean-Philippe Lachaux. Nous ne pouvons pas dire de manière exacte que l’attention des enfants a décru ces dernières années. Seul le constat des professeurs prévaut dans la mise en place d’Atole. En revanche, nous avons mené une étude à partir de 2011 sur une population de 1200 enfants, en classe. »

Elle sera publiée sous peu. Elle permet d’estimer le niveau d’attention de cette population et de créer des moyennes et des niveaux. « Dans dix ans, il faudra refaire les mêmes tests sur d’autres enfants du même âge et là, nous aurons un indicateur fiable de l’attention », avance le neuro-scientifique.

En revanche, une chose est sûre et prouvée scientifiquement: les troubles de déficit de l’attention dits TDAH sont en augmentation dans les pays développés depuis une dizaine d’années. Ils ont fait un bond de 43% chez les enfants et adolescents aux Etats-Unis entre 2003 et 2011. Dans le monde, ces troubles affectent 5 à 9% des enfants de 6 à 12 ans. En France, une étude de 2013 a démontré qu’ils concernaient 3,5% des enfants de cette tranche d’âge.

Sur l’ensemble du territoire

À la rentrée, Jean-Philippe Lachaux estime qu’Atole sera disponible sur l’ensemble du territoire national, en fonction de l’intérêt des enseignants et des académies. Ceux qui n’auront pas la chance de voir le chercheur intégrer une de leurs classes pourront se procurer les dix fiches qu’il a rédigées à destination des professeurs. Jean-Philippe Lachaux songe aussi à créer un site web à destination du grand public pour donner un plus large accès au programme.

À l’automne, l’Académie du Rhône mettra en place un module de formation numérique pour les enseignants volontaires, en partenariat avec l’Inserm.

« Il faut concevoir Atole comme un nouvel outil dans la palette pédagogique du professeur, précise le chercheur. Pour que chacun ressente à quel point c’est agréable de n’avoir qu’une chose à faire, sans se poser de question. »

En quoi consistent les exercices?

Il y a d’abord « la poutre ». Elle sert à mesurer la difficulté d’une tâche. Si l’élève la qualifie de large et courte, c’est qu’il perçoit que la tâche sera facile. S’il la voit comme longue et étroite, ce sera une autre paire de manches. Quand il sent que son attention se dilue, il dit « Ah je suis tombé de ma poutre ». Cette phrase lui permet de remonter dessus.

Il y a ensuite « le mode marionnette ». La plupart des gestes que font les enfants en période d’inattention sont comme pilotés de l’extérieur. « On leur explique qu’ils sont alors comme des marionnettes et qu’ils peuvent devenir les pilotes de leurs actions et décisions.

Dans le même ordre d’idée, Jean-Philippe Lachaux a remarqué que le mot « contact » était plus efficace que la formule « écoutez-moi ». Les enfants comprendraient que l’attention les met en contact avec un élément important, un objet ou une personne. « Dès que le mot est prononcé, ils lèvent la tête. »

JP Lachaux/Atole
Pictogramme affiché sur les murs de la classe pour se souvenir que l’on peut prendre des décisions seuls si l’on reste attentif.

Pour traduire une consigne en tâche, il y a les personnages de « Maxi moi » et « Mini moi ». Le premier va comprendre la directive entière et définir les tâches successives à effectuer. Il va déléguer ces tâches aux Minis mois. Pour un exercice niveau CE2, « Trouver les verbes dans un texte », Maxi moi comprend l’ensemble. Un premier Mini moi lit le texte, le second Mini moi trouve le premier verbe, un troisième l’inscrit dans le cahier, et ainsi de suite. »

JP Lachaux/Atole

Cette enseignante a fait d’Atole une aide quotidienne. « J’utilise le jeu des trois ‘A’, raconte Stéphanie Leautier-Massire. Un rouge, un orange, un vert. Quand je veux vraiment leur attention, je leur montre l’une des trois lettres et ils choisissent le degré d’attention dont ils vont avoir besoin pour accomplir l’exercice que je leur donne. »

Avec sa classe de CE2, elle leur a fait repérer les signes de la perte d’attention. « J’ai joué la personne inattentive. Les enfants me racontaient une histoire et je regardais ailleurs. Ils m’ont tout de suite dit ‘là, tu n ‘es plus attentive’. Aujourd’hui, ils le repèrent chez eux directement ou chez leurs copains. Ce travail collectif ôte la sensation de culpabilité que peut ressentir un enfant si on lui dit régulièrement ‘tu n’écoutes pas’. »

Atole/JP Lachaux
Autre exemple de pictogramme affiché dans les classes.

Enfants en progrès

D’après l’expérience de cette enseignante, la méthode semble payante. « J’ai beaucoup d’enfants en progrès depuis que j’ai mis ces petits jeux en place. Des élèves en difficulté en début d’année, parce qu’ils bougent beaucoup, qu’ils brassent du vent, arrivent à se recentrer. Ils savent que leur attention doit être soutenue s’ils veulent réussir tel ou tel exercice. Ils ont les clés pour se donner toutes les chances d’y arriver. J’ai aussi l’exemple d’un enfant très angoissé dès qu’une nouvelle activité était proposée. Il a réussi cette année à être autonome dans ses activités. Sa mère était très étonnée de ce changement. »

Stéphanie Leautier-Massire a remarqué que le fait de décomposer les tâches leur était le plus utile. « Je les mets dans des situations du quotidien, ça les aide à se repérer. Par exemple, leur mère leur dit de se laver, mais sur le chemin, il y a un jouet. Et bien, par eux-mêmes, ils ont appris à ne pas s’arrêter en route. »

Préférer se laver plutôt que jouer… À ce stade, ce n’est plus de l’apprentissage, c’est de la magie.

 

Attention ou Concentration?

Pour faire la différence voici un extrait du livre:

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Développer l’attention et la concentration

7juin.JPG’ L’attention et la concentration sont fondamentales pour bien apprendre mais répondent à un fonctionnement neurophysiologique précis. Elles sont traitées par deux zones différentes du cerveau, et antagonistes, et ne peuvent dès lors pas être activées en même temps. L’enjeu est de favoriser le passage de l’une à l’autre facilement en fonction des besoins. Mais pour commencer, il ne faut pas confondre attention et concentration.

L’ attention, c’est la capacité que nous avons à nous ouvrir à la réalité. Grâce à elle, nous captons, par nos cinq sens, les différentes informations en provenance soit de notre environnement, soit de notre ressenti émotionnel ou physiologique. L’ attention est un mouvement cérébral qui va nous permettre d’orienter notre action en fonction d’un objectif, d’un centre d’intérêt, etc.

Nous n’avons pas toujours le plein contrôle de notre attention . En effet, elle peut aussi être attirée, malgré nous, par des sollicitations extérieures inattendues (le voisin de classe qui fait tomber sa trousse, une mouche qui pète, oups!). Mais notre attention peut aussi être sélective.

Nous avons alors le pouvoir de la diriger à notre guise pour satisfaire notre projet d’apprentissage. Si le mouvement d’ attention ouvre notre esprit, il existe un autre mouvement, complémentaire, celui de la concentration qui isole notre conscience de toutes les distractions inutiles à la tâche que nous devons entreprendre.

La concentration favorise une bonne mobilisation de la mémoire de travail pour attraper les informations, les enregistrer et les traiter.

Le contrôle de ces deux mouvements est particulièrement utile en situation d’apprentissage.

L’ attention et la concentration sont deux grandes consommatrices d’énergie. C’est pourquoi, lorsque votre enfant vous dit qu’il est fatigué, ne pensez pas tout de suite qu’il essaye de vous manipuler pour en faire le moins possible. Il est vraiment fatigué, surtout si la tâche est nouvelle, complexe et/ou longue. Proposez-lui régulièrement une pause. Pour cela, vous pouvez utiliser la méthode des cœurs (voir page 72) que nous aimons bien et qui a fait ses preuves.

Nous entendons souvent en consultation des parents dire que leur enfant a un problème de concentration et n’écoute pas ce que dit l’enseignant. Or, la plupart du temps, il ne s’agit pas d’un problème, à savoir une défaillance neurophysiologique, mais bel et bien d’une mauvaise identification de la fonction à mobiliser: attention ou concentration ?

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Cet ouvrage propose des exercices et entraînements quotidien dans le chapitre   » Découvrons maintenant quelques bons trucs et bonnes astuces pour favoriser l’attention et la concentration »

 

 

 

 

Test: comment apprenez-vous?

Comprendre les mécanismes de l’attention des enfants pour la renforcer en classe

Blog « Apprendre,Réviser, Mémoriser »
by Caroline, 20 November 2016 ·

Une vidéo du module 4 du MOOC Bâtisseurs de possibles :
Pour voir la vidéo copiez collez le lien suivant:

Comment renforcer l’attention des élèves ?

Les 3 réseaux attentionnels
1.Le réseau d’alerte

C’est la forme primitive de l’attention
2.Le réseau d’orientation

Il permet de traiter plusieurs informations parmi plusieurs en excluant les autres.

3.Le contrôle exécutif

Il permet de planifier et de prendre des décisions quand plusieurs tâches sont en concurrence. Le contrôle exécutif requiert beaucoup d’efforts et de ressources attentionnelles.

Des pistes pour entraîner l’attention des enfants en classe

Acquérir des automatismes via l’entrainement et la répétition: c’est l’entrainement qui va permettre d’automatiser certaines tâches qui sollicitent le contrôle exécutif. L’acquisition des automatismes permet d’économiser de l’énergie mentale et de dégager des ressources pour d’autres activités

Proposer des ressources attrayantes mais non distrayantes

Éviter de proposer simultanément deux tâches qui ne sont pas encore automatisées (risque de surcharge cognitive et d’échec)

Développer capacité d’attention grâce à des exercices de pleine conscience

Des ressources :
Pleine conscience et apprentissage font bon ménage : 4 propositions au fil de la journée en classe
3 livres pour initier les enfants à la pleine conscience du primaire au lycée (et plus)

Donner des éléments de connaissances sur le fonctionnement du cerveau et de la mémoire

Des ressources :
Comprendre le fonctionnement de la mémoire pour aider les enfants présentant des difficultés de mémorisation ou d’apprentissage
Les neurosciences à l’école : 5 recommandations pour mieux apprendre

La méthode Vittoz pour aider les ados à se concentrer

La méthode Vittoz  permet d’aider à mieux se concentrer via une rééducation psychologique basée sur la réceptivité psychosensorielle (visualisation, sensation, mouvement).Cette méthode comporte des séries d’exercices  à pratiquer 2 à 3 fois par jour pendant 3 à 4 jours.

Chaque série doit être maîtrisée avant de passer à la suivante.

Série 1

Exercice 1

Les yeux fermés, imaginez une double rangée d’arbres de chaque côté d’une route. Regardez les arbres les plus proches de vous et suivez du regard ces 2 rangées jusqu’à ce qu’elles semblent se fondre en un seul point à l’infini. Vous pouvez faire le même exercice en imaginant 2 rails ou 2 rangées de poteaux électriques.

Exercice 2

Les yeux fermés, imaginez un enfant sur une balançoire. Suivez le mouvement de la balançoire qui devient de plus en plus lent jusqu’à l’arrêt complet.

Exercice 3

Les yeux fermés, imaginez un train à l’arrêt. Sur la plate-forme arrière du dernier wagon il y a un grand panneau sur lequel est écrit un i. Le train démarre: le i devient de plus en plus petit jusqu’à n’être plus qu’un point qui disparaît à l’horizon.

Série 2

Exercice 1

Les yeux ouverts, tracez dans l’espace le signe de l’infini.

Faites ensuite le même geste avec votre main gauche.

Refaites la même chose les yeux fermés.

Enfin, toujours les yeux fermés, tracez ce signe mentalement sans bouger les mains.

Exercice 2

Les yeux ouverts, avec vos deux mains, tracez dans l’espace deux spirales en partant du centre.

D’abord dans le sens de l’aiguille d’une montre.

Ensuite dans le sens inverse de l’aiguille d’une montre.

Puis chacun dans un sens (avec la main gauche dans le sens d’une aiguille d’une montre et avec la main droite dans le sens inverse).

Puis inversez le sens des deux mains.

Recommencez ces exercices avec les yeux ferme, puis refaites-les mentalement sans bouger les mains.

Exercice 3

Les yeux fermés, imaginez une fleur en bouton. Vous la voyez s’ouvrir et s’épanouir complètement dans un mouvement lent et régulier.

En même temps, détendez-vous et sentez-vous vous épanouir comme la fleur.

Série 3

Exercice 1

Posez sur une table 4 ou 5 objets divers.

Enlevez-les successivement en commençant par le dernier objet posé.

Refaites ensuite ce même exercice mentalement.

Fermez les yeux, imaginez les objets sur la table.

Eliminez-les un par un.

Exercice 2

Les yeux fermés, imaginez-vous écrivant sur un tableau le chiffre 1 puis le chiffre 2 puis le chiffre 3.

Quand vous les voyez bien tous les 3, effacez mentalement le 3, puis le 2 et enfin le 1.

Exercice 3

Les yeux fermés, imaginez-vous écrivant sur un tableau le mot NEW YORK.

Dès que vous le voyez bien, effacez le K, le R, le O, le Y, le W, le E et le N.

4eme série

Exercice 1

Détendez-vous, fermez les yeux et imaginez l’air qui pénètre dans votre corps quand vous respirez. Concentrez-vous sur le parcours de l’air, en pleine conscience, pendant 10 respirations.

Exercice 2

Fermez les yeux. Respirez lentement. Comptez 1 à la première inspiration, 2 à la première expiration, 3 à la deuxième inspiration, 4 à la deuxième expiration, …jusqu’à 20.

Exercice 3

En fermant les yeux, respirez lentement une dizaine de fois, en vous concentrant uniquement sur le va-et-vient de l’air.

Source : « Comment se concentrer comme Einstein » de Remy Roulier

Ce qu’on ne peut pas ne pas savoir sur le cerveau de l’enfant (enseignants, parents, professionnels de l’éducation)

Pour Stanislas Dehaene, psychologue cognitiviste et neuroscientifique, les adultes (et en particulier les enseignants) doivent maîtriser un bon modèle informatif et explicatif sur le fonctionnement du cerveau des enfants. Dans ses nombreux livres et conférences, il vise à donner aux enseignants un bagage de principes fondamentaux sur la plasticité cérébrale et les mécanismes de l’apprentissage humain. En revanche, il refuse de conseiller tel ou tel manuel, telle ou telle méthode :  ces principes sont compatibles avec une grande liberté liberté pédagogique. Dans son idée, l’enseignant est un expérimentateur.

Pour Stanislas Dehaene, les connaissances autour du cerveau de l’enfant s’articulent autour de trois grands axes :

1. Ses compétences précoces : vision, langage, nombres, géométrie…

2.Ses programmes biologiques et ses algorithmes d’apprentissage 

3.Le rôle du sommeil

1. Les compétences précoces

La nature du cerveau humain

Stanislas Dehaene rejoint les travaux d’Alison Gopnik (chercheuse en psychologie du développement). Pour eux, dès la naissance, le cerveau est organisé . Il contient des connaissances innées, mais aussi des algorithmes sophistiqués d’apprentissage.

Les bébés disposent à la naissance de beaucoup plus que de simples réflexes de base. Les chercheurs en psychologie du développement savent désormais que les plus jeunes bébés disposent de représentations du monde sous formes de symboles rappelant ceux des programmes informatiques. Ils reçoivent des « intrants » ou stimui du monde extérieur (les ondes sonores et lumineuses) et les transforment selon certaines règles en diverses représentations. Ces dernières conduisent aux extrants : les expressions du visage, les gestes et actions des bébés.

Ainsi, les bébés traduisent les informations reçues par les yeux et les oreilles en un monde plein de gens aux visages expressifs et aux voix captivantes.

Ces représentations conduisent les bébés à interpréter ce qui leur arrive d’une certaine façon (en faisant attention à certaines choses et en en négligeant d’autres). Elles permettent même au bébé de formuler des attentes et de faire des prévisions.

Ainsi, l’enfant dispose dispose d’intuitions non‐conscientes sur lesquelles l’enseignant peut et doit s’appuyer. L’apprentissage consiste en effet en une reprogrammation active et continue des programmes initiaux.

Implications pour un apprentissage efficace de la lecture

Stanislas Dehaene a déduit des données d’imagerie cérébrale effectuées sur les enfants que l’apprentissage de la lecture spécialise certaines aires du cortex visuel pour la reconnaissance des chaînes de lettres, et les relie aux codes des sons du langage.

Ce lien (le principe alphabétique) ne va pas de soi pour l’enfant. Un enseignement explicite des correspondances graphèmes/ phonèmes (lettres/sons) semble être la manière la plus rapide d’acquérir la lecture et la compréhension.

Une fois ces correspondances établies, un auto‐enseignement se produit: l’enfant déchiffre les mots, les reconnait dans son lexique oral et accède au sens – entraînant ainsi une seconde voie de lecture.

2. Les algorithmes d’apprentissage

Les enfants comme des “scientifique au berceau”

Dehaene cite Gopnik :  l’enfant se comporte comme “un scientifique au berceau”.

Les bébés traduisent les informations reçues par les yeux et les oreilles en un monde plein de gens aux visages expressifs et aux voix captivantes.

Les représentations des bébés sont :

  • riches,
  • complexes,
  • abstraites.

Les bébés se servent de ces représentations selon certaines règles.

Les représentations des bébés touchent au fait que leur propre visage ressemble à celui des autres humains, à la façon dont les objets bougent et à comment séparer les différents sons d’un langage.

 Les bébés voient déjà l’âme sous la peau, ils entendent les sentiments derrière les mots. – Gopnik

 

Le cerveau dispose, d’emblée, d’un jeu d’hypothèses hiérarchiques, qu’il projette sur le monde extérieur, et dont certaines sont très abstraites (exemples: « le monde est constitué d’objets rigides »; « principe de causalité » ).

Il sélectionne ces hypothèses ou schémas mentaux en fonction de leur plausibilité au vu des expériences qu’il fait ou des entrées qu’il reçoit.

Nos expériences interagissent avec ce que nous savons déjà, augmentant ainsi nos connaissances, ce qui à son tour nous permet de faire de nouvelles expériences et de formuler et de tester de nouvelles prédictions, ce qui augmente notre savoir et ainsi de suite.

Dans chaque cas, ce que pensent déjà les bébés influence l’étape suivante de leur développement, déterminant ce qui va les intéresser, les problèmes auxquels ils vont s’attaquer, les expériences qu’ils vont mener, et même les mots qu’ils vont écouter. – Gopnik

L’attention, la récompense, l’erreur, la curiosité, le sommeil sont des éléments importants de cet algorithme encore imparfaitement compris.

Les 4 piliers de l’apprentissage

piliers de l'apprentissage

Je détaille ces quatre piliers dans cet article : Les 4 piliers de l’apprentissage d’après les neurosciences (ou comprendre comment nous apprenons)

Ici, je me concentre sur les implications de chacun de ces piliers pour l’enseignement :

  • L’attention

Peut‐être le plus grand talent d’un enseignant consiste à canaliser et captiver, à chaque instant, l’attention de l’enfant.

L’enseignant doit créer des matériaux attrayants mais qui ne distraient pas l’enfant de sa tâche primaire.

Nous ne pouvons pas réaliser deux choses en même temps : la « double tâche » est un obstacle aux apprentissages,  encore plus pour les enfants « dys » ou en difficulté.

La méditation, l’entraînement au contrôle moteur via des activités de motricité fine comme en pédagogie Montessori ou d’activité de motricité globale, la pratique d’un instrument de musique peuvent avoir des effets sur la capacité à  rester concentré en présence d’une distraction distraction, à résister à un conflit cognitif.

Les conflits cognitifs sont liée à l’inhibition cérébrale. L’inhibition cérébrale est la capacité à contrôler ou bloquer nos intuitions, nos habitudes ou nos stratégies spontanées. L’inhibition est un processus qui se déroule dans le cerveau quand des groupes de neurones relâchent des hormones inhibitrices qui nuisent à l’activation d’autres neurones. la région en question a plus de mal à s’activer ou ne s’activera pas du tout.

L’inhibition est surtout en lien avec les apprentissages difficiles. L’apprentissage ne se fait pas de manière linéaire (on passe d’un niveau 1 à un niveau 2 puis à un niveau 3) car certaines erreurs sont persistantes et il est nécessaire de développer l’inhibition cérébrale chez les apprenants pour que ces erreurs persistantes n’émergent pas à nouveau.

Même les scientifiques doivent faire preuve d’inhibition (dont ils n’ont pas conscience) pour contrôler leur intuition que leur cerveau sait être fausse. Quand on apprend, une conception antérieure ne disparaîtrait jamais vraiment et c’est l’inhibition cérébrale qui prend le relais pour que la conception apprise puisse émerger face à la croyance.

Si apprendre, c’est aussi apprendre à inhiber des connaissances antérieures, on comprend mieux l’importance de « muscler » l’inhibition cérébrale pour dépasser les erreurs persistantes.

Steeve Masson, neuroscientifique spécialisé en éducation, propose quelques recommandations pédagogiques pour développer et renforcer l’inhibition cérébrale :

  • il existerait un lien entre activité physique et inhibition.
  • les personnes qui parlent deux langues (ou plus) couramment ont une capacité d’inhibition supérieure à la moyenne. Cet état de fait soutient l’idée d’un apprentissage précoce d’une langue étrangère.
  • jouer à des jeux de contrôle permettrait de développer les mécanismes d’inhibition cérébrale (Jacques a dit, jeu des chaises musicales, jeu de la statue quand la musique s’arrête, 1 2 3 soleil…).
  • prévenir les apprenants de l’existence de pièges et leur apprendre à les reconnaître favorise l’inhibition cérébrale.
  • au delà de demander aux élèves de trouver les réponses justes, il serait pertinent de leur apprendre à identifier et trier les réponses pièges.
  • comme les croyances fausses ne disparaissent jamais vraiment, les apprenants gagneraient à confronter leurs croyances et les connaissances apprises pas seulement au début d’une séquence d’enseignement mais à différents moments de l’apprentissage.

 

  • L’engagement actif

Un organisme passif n’apprend pas. L’apprentissage est optimal lorsque l’enfant alterne apprentissage et test répété de ses connaissances. Cela permet à l’enfant d’apprendre à savoir quand il ne sait pas (métacognition).

Gopnik explique justement l’apprentissage dont sont capables les bébés par leur faculté à agir. Pour les bébés, il ne s’agit pas seulement d’apprendre passivement ce qui se passe dans le monde mais bel et bien d’y prendre une part active.

Les chercheurs en psychologie du développement rejettent l’idée selon laquelle l’évolution des humains serait exclusivement biologique (à l’image de la chenille qui devient papillon) ou culturelle (où les adultes ont les pleins pouvoirs dans l’influence du développement des enfants).

C’est le nombre d’auto évaluations et de tests des connaissances qui comptent dans la mémorisation à long terme, pas le temps d’étude.

Selon Steeve Masson, les stratégies les plus efficaces d’apprentissage et de révision consiste à poser et répondre à des questions, à placer l’élève en situation d’enseignement et d’interaction (c’est lui qui explique une notion à d’autres élèves qui lui posent des questions en retour).

La manière la plus efficace de récupérer des informations en mémoire serait de se poser des questions à soi-même.

 

  • Le retour d’information

On a vu que notre cerveau utilise des programmes internes afin de générer des prédictions sur le monde extérieur. L’apprentissage se déclenche lorsqu’un signal d’erreur montre que cette prédiction n’est pas parfaite. On comprend qu’il n’y a pas d’apprentissage si tout est parfaitement prévisible.

Le signal d’erreur peut venir d’une correction explicite (enseignant) ou de la détection endogène d’un décalage entre prédiction et observation (surprise). Les signaux d’erreur se propagent dans le cerveau, sans que nous en ayons nécessairement conscience, et ajustent sans cesse nos modèles mentaux. – Dehaene

Dehaene en tire des conclusions pour les enseignants :

  • L’erreur ou l’incertitude sont normales – elles sont même indispensables.
  • Les erreurs ne doivent impliquer ni sanction ni punition. Les punitions ne font qu’augmenter la peur, le stress, et le sentiment d’impuissance.
  • La motivation positive, le regard bienveillant et encourageant et la récompense intrinsèque (conscience de progresser, joie de comprendre)sont des leviers efficaces de l’apprentissage.

 

  • La consolidation

Le point culminant d’un apprentissage est le” transfert de l’explicite vers l’implicite” : c’est l’automatisation des connaissances et procédures. Cette automatisation passe par la répétition et l’entrainement. Elle permet de libérer de l’espace dans le cortex préfrontal afin d’absorber de nouveaux apprentissages.

Les neurones doivent s’activer à de nombreuses reprises pour se connecter et renforcer leur connexion. La répétition est nécessaire, pas seulement au moment de l’apprentissage en question mais tout au long de l’année. Le cerveau oublie vite les éléments appris s’ils ne sont pas remobilisés régulièrement. Si les neurones s’activent à plusieurs reprises, ils peuvent consolider leurs inter-relations et favoriser l’acquisition de l’apprentissage.

Il est essentiel de répéter une connaissance nouvellement acquise :

  • pour mémoriser une information, notre cerveau a besoin de trois passages au minimum,
  • pour intégrer une nouvelle habitude, il a besoin de 21 jours.

Il est nécessaire de distribuer l’apprentissage tous les jours !

 

3.L’importance du sommeil

Le sommeil fait partie intégrante de notre algorithme d’apprentissage.

Rosa Jové, pédopsychiatre spécialiste du sommeil des enfants, explique que l’humain naît avec un cerveau immature et, en parallèle, un appétit pour comprendre et apprendre qui va justement permettre au cerveau de maturer.

Le sommeil paradoxal aide à réorganiser le cerveau (la mémoire et les processus d’apprentissage). On a même remarqué que le sommeil des bébés entre 0 et 3 mois débute directement en phase paradoxale : les cycles courts de sommeil permettent d’atteindre les objectifs de maturation du cerveau efficacement chez les nourrissons.

L’amélioration du sommeil peut être une intervention très efficace, notamment pour les enfants avec troubles de l’attention.

 

Conclusion

En conclusion, on peut dire comparer le cerveau des bébés et des enfants à un ordinateur mais beaucoup plus puissant et d’une nature évolutive, dont le moteur est émotionnel. Alison Gopnik parle de “ordinateurs biologiques”.

L’école doit fournir à ces « supers‐ordinateurs » un environnement enrichi et un enseignement structuré et exigeant (tout en étant accueillant, bienveillant, et tolérant à l’erreur).

Les ordinateurs biologiques que sont les bébés et les enfants sont conçus pour fonctionner comme éléments d’un réseau social complexe. La quantité et la qualité des interactions sont primordiales (enfants/enfants et adultes/enfants).

L’interaction entre enfants et adultes est aussi naturelle et profondément enracinée que nos autres composantes. – Gopnik

Il est important de garder en tête que les choix pédagogiques effectués par les enseignants et leur manière d’être (montrer le bon exemple dans le cadre de l’imitation sociale, créer un climat générateur d’émotions positives) peuvent avoir un impact sur les modifications structurelles du cerveau.

Les orgasmes sont la garantie que nous continuerons à avoir des relations sexuelles, et notre joie à comprendre est la garantie que nous continuerons à essayer de bâtir des théories plus justes. En matière d’évolution, comprendre le monde, comme avoir des rapports sexuels, nous donne un avantage sur le long terme. Les désirs et motivations transforment cet avantage lointain en motivations immédiates.  – Gopnik

Les bébés et les enfants sont conçus pour prendre un plaisir intense à la compréhension. Il s’agit pour les enseignants d’accompagner ce plaisir de comprendre, d’en favoriser l’émergence et de ne surtout pas l’étouffer ou le faire disparaître (via des punitions, des récompenses extrinsèques type gommettes ou bons points, des classements ou comparaisons…).

Du fait de la plasticité neuronale (la capacité à se réorganiser et à créer de nouveaux programmes), le cerveau change au cours de l’apprentissage et l’enseignant peut influencer les effets de l’apprentissage sur l’architecture du cerveau .

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Sources :

Les grands principes de l’apprentissage de Stanislas Dehaene

Comment pensent les bébés de Alison Gopnik

Mieux connaître le cerveau pour mieux enseigner (4/5) – inhibition cérébrale et apprentissage des sciences  de Steeve Masson

Le sommeil des enfants de 0 à 3 mois de Rosa Jové