Archives pour la catégorie asperger

ETRE ASPERGER AU COLLEGE

Association des Asperger du Nord Pas de Calais

Approche du syndrome d’Asperger 

►Le syndrome d’Asperger est  un Trouble Envahissant du Développement. Le terme « envahissant » fait ici référence au fait que ces troubles touchent tous les aspects du développement de l’enfant, par opposition aux troubles spécifiques que sont par exemple les troubles des apprentissages comme la dyslexie, la dyspraxie, la dysphasie etc. Parmi ces troubles envahissants du développement, on trouve l’ensemble des troubles autistiques, dont le syndrome d’Asperger, que l’on peut schématiser en disant qu’il s’agit d’une forme d’autisme sans déficience intellectuelle.

►Les principales perturbations des sujets atteints d’autisme de «haut-niveau » ou du SA touchent la vie sociale, la compréhension et la communication.
Leurs troubles du comportement, par leurs rites, leur résistance au changement et leurs angoisses qui peuvent en découler, leur préoccupation circonscrite à un ou plusieurs centres d’intérêts, leur langage le plus souvent recherché et riche en vocabulaire, leur mémoire …tout ceci déconcerte …

►Ces troubles sont la conséquence d’une anomalie de fonctionnement des centres cérébraux dont la fonction est de rassembler les informations de l’environnement, de les décoder et de réagir de façon adaptée. Le sens des mots, la compréhension et la communication sont affectés. Le sujet a des difficultés à décoder les messages qui lui arrivent (il paraît submergé par la «cacophonie » de l’environnement), et à adresser clairement ses propres messages à ceux qui l’entourent.
Il est dispersé dans l’espace, déphasé dans le temps, dépassé par les échanges. Pour être moins dispersé, il se concentre sur les détails ; pour être moins déphasé, il se complaît dans les routines.
Manifestations et difficultés spécifiques d’un enfant/ado Asperger au collège

1/ Manifestations générales

Troubles de la communication
– Difficulté dans la perception de la communication non verbale
– Tendance à tout prendre au pied de la lettre (peu de capacité d’abstraction)
– Décodage des émotions
– Difficulté à exprimer ses émotions (il ne dira pas qu’il ne comprend pas, mais il s’agitera, s’énervera  …), et à les canaliser (colères,  problèmes comportementaux)

 

 

Troubles de la socialisation
– Difficulté dans les rapports avec les autres
– Difficulté à demander de l’aide

Troubles de la compréhension
– Difficulté à comprendre une consigne globale comprenant plusieurs consignes
= nécessité de décomposer les tâches demandées
– Difficulté dans les jeux qui demandent de comprendre et/ou d’anticiper les réactions et les attentes des autres (jeux de sports collectifs …)

2/ Difficultés spécifiques liées aux apprentissages et à la vie en collectivité

Troubles de l’imagination
→ Difficulté en expression écrite libre, rédaction.

Maladresse motrice, troubles praxiques
→ Motricité globale (course, jeu de balles, natation etc)
→ Motricité fine : dysgraphie, difficulté d’utilisation des crayons et autres outils (compas, équerre, ciseaux …)
→ Lenteur en découlant (surtout quand elle est associée à une attention fluctuante : l’enfant, perdu dans ses pensées, ne sait plus ce qu’il doit faire, et attend)

Difficulté d’organisation
→ Difficultés d’organisation et d’anticipation (gestion des cahiers, de l’agenda, des affaires de sport etc -importance de l’AVS pour l’aider, sans l’assister, dans ces tâches-)
= Paraît étourdi car impossibilité de gérer et mener à bien plusieurs choses en même temps
→ Capacité d’attention et de concentration très fluctuante, (recadrage fréquent nécessaire pour le reconcentrer quand son attention s’envole)

Vulnérabilité émotionnelle
Et hypersensibilité sensorielle
= Attention, enfant fragile !
Quelques pistes pour aider un enfant/ado Asperger au collège

– Structurer l’espace et le temps (l’enfant Asperger se perd facilement dans l’espace et n’a pas la notion du temps)
– Diminuer l’imprévisibilité pour canaliser l’anxiété
– Eviter les stimuli extérieurs pour l’aider à se concentrer en classe
– L’aider  dans la gestion du cartable et des devoirs (AVS)
– Recours à l’ordinateur au besoin, et/ou assistance de l’AVS pour la copie
– Décortiquer les tâches demandées, et dire très clairement ce qui est attendu de l’élève
– S’adresser aussi directement à lui en plus d’une consigne pour la classe (qu’il ne prendra pas forcément pour lui)
– L’encourager !

 

L’ASS des AS’

Bâtiment Paul Boulanger

1 Boulevard du Professeur Jules Leclercq

59000 Lille.

E-mail : ass.des.as@gmail.com

Site : http://assdesas.fr/

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[VIDÉO] Autisme Asperger : un cabinet unique en France (France 3, novembre 2016)

[VIDÉO] Autisme Asperger : un cabinet unique en France (France 3, novembre 2016)France 3 Pays basque a consacré un court reportage à un cabinet thérapeutique pour aider les autistes Asperger :!:

Le sujet, intitulé “Autisme Asperger : un cabinet unique en France“, nous est malheureusement présenté via un article écrit qui, dès le départ, lance les mots qui fâchent  :down:

Une association a créé à Bayonne le premier cabinet de thérapeutes dédié aux autistes Asperger. Tout y est fait pour accompagner ces personnes dans leur maladie mais aussi pour les aider à s’insérer dans le monde du travail.

NON, le syndrome d’Asperger n’est pas une maladie  o.O

C’est un trouble développemental. On naît avec cette particularité, & on la garde toute sa vie durant.

Le reportage, même s’il n’est pas très clair quant à qui a crée quoi (2 associations sont citées) met en avant le travail de l’association “Actions pour l’Autisme Asperger:)

Et notamment la création de ce fameux Cabinet Spécialisé Asperger & Autisme de Haut Niveau, qui se trouve à Bayonne (10 Place André Emlinger / Téléphone : 05 24 33 64 94)

Marie-Françoise Péré-Gaudio, mère d’une jeune femme aspie d’une 20aine d’années & membre de l’association, y est interviewée.

Le reportage signé Sabrina Corrieri, Emmanuel Galerne & Rémi Poissonnier cite aussi le travail d’accompagnement réalisé par l’association “A l’Emploi Autisme Asperger“, dont Jean-Marc Abadie est membre :

L’AUTISME ASPERGER
La maladie est difficile à diagnostiquer. La majorité de ces personnes ne sont donc pas prises en charge de manière adaptée. Pourtant en France une personne sur cent serait atteinte du syndrome selon l’Association Actions pour l’Autisme Asperger.

La différence entre une personne autiste et une personne présentant un syndrome d’Asperger est l’absence chez ces dernières d’une déficience intellectuelle. Elle a même souvent des compétences supérieures à la moyenne.

Les difficultés rencontrées par les personnes atteintes d’autisme Asperger sont des difficultés de communication et de socialisation, des atteintes neuro-sensorielles (gestes souvent maladroits, tics moteurs etc).

LA PRISE EN CHARGE DANS UN CABINET SPÉCIALISÉ
Dans ce cabinet installé à Bayonne tout est fait pour comprendre et accompagner les autistes Asperger. On y a apprend par exemple à des enfants à écouter sans se disperser.
Ici les personnes sont prises en charge de manière psycho-éducative (apprentissage de comportements sociaux adaptatifs). Il y existe également des ateliers d’art thérapie et d’expression corporelle pour “l’amélioration des possibilités psychomotrices, une meilleure autonomie, la revalorisation de la personne”. Et enfin on y trouve aussi des stages pour une meilleure adaptation et intégration dans la vie en société.

L’INSERTION PROFESSIONNELLE
Elle est essentielle. Les personnes souffrant d’autisme Asperger sont trop souvent exclues par manque de connaissance et de compréhension de la maladie. C’est la raison pour laquelle l’Association “A l’Emploi Autisme Asperger” les aide dans cette démarche d’insertion professionnelle. Ainsi une quinzaines de jeunes du pays basque ont pu se faire une place au sein d’une entreprise. L’association les accompagne dans leur démarche, vérifie que leur poste de travail est adapté, trouve un tuteur au sein de l’entreprise.

 

POUR OUVRIR la PAGE du SUJET  :finger: c’est ici !

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Comprendre comment les autistes perçoivent le monde : mon but pour mieux les aider

(Le Plus de L’Obs, octobre 2016), blog « Les tribulations d’une Aspergirl »

Comprendre comment les autistes perçoivent le monde : mon but pour mieux les aider (Le Plus de L’Obs, octobre 2016)

Je vous avais souvent parlé de cette lyonnaise doctorante en neurosciences au cours de l’année 2015 : Laurie-Anne Sapey-Triomphe  :)

Par exemple par ici, ou encore par là…  :up:

Aujourd’hui, je partage un article qu’elle a écrit pour Le Plus de L’Obs à propos de ses recherches concernant ce handicap invisible qu’est le syndrome d’Asperger ;)

Mais aussi à propos de la récompense qu’elle a obtenue de la fondation L’Oréal, en partenariat avec l’Unesco & l’Académie des sciences : une bourse de 20 000 €uros pour conduire ses recherches :round:

Elle témoigne, en cette semaine consacrée à la fête de la science.

L’autisme, j’en avais entendu parler comme tout le monde, et n’en avais pas une connaissance particulière, quand j’ai commencé mes études. Je voulais à cette époque m’engager dans la voie des neurosciences pour comprendre comment le cerveau nous permet d’interagir, de décrypter des émotions, mais également comment des dysfonctionnements peuvent tout d’un coup déstabiliser cet équilibre. Je m’intéressais à la fois au côté totalement fascinant du cerveau et à la manière dont de petites modifications peuvent bouleverser la vie d’une personne.

J’ai été fascinée par les patients avec autisme

La première fois que je me suis réellement intéressée à ce trouble, j’étais en master : mon professeur m’avait alors demandé de réaliser un dossier sur l’autisme. Au fil de mes lectures, cela m’a fascinée. J’ai ensuite eu l’occasion de rencontrer des personnes avec une certaine forme d’autisme, nommée syndrome d’Asperger, lors de mon stage dans un laboratoire – où je travaille actuellement – qui travaillait sur ce trouble. J’ai discuté avec plusieurs patients venant participer à des expériences, et j’ai été impressionnée par leur manière de percevoir le monde, bien différente de la nôtre.

POUR LIRE la SUITE  :finger: c’est ici !

Et voilà une vidéo de Laurie-Anne Sapey-Triomphe à l’occasion du colloque GYPSY 2015 :

 

[VIDÉO] Au cœur du cerveau autiste

blog « Les tribulations d’une Aspergirl« , Publié le

[VIDÉO] Au cœur du cerveau autiste

« Je voudrais partager ce matin un très beau reportage suisse, que je ne connaissais pas jusqu’à présent :!:

Je l’ai découvert par l’intermédiaire de l’un de ses auteurs, Christophe Ungar :)

Il s’agit d’un sujet réalisé il y a 6 ans par Christophe Ungar & Ventura Samarra, pour l’émission 36.9°, magazine santé présenté par Isabelle Moncada : Au cœur du cerveau autiste   :round:

Ce documentaire a été diffusé sur RTS le 15 septembre 2010…

Steven nous révèle en un clin d’oeil le jour de la semaine pour toutes les dates depuis 1752. Laurianne s’est construit un univers imaginaire pour se protéger du monde réel qu’elle juge trop agressif. Anthony lui souffre d’un autisme sévère. Impossible de communiquer par la parole. Que se passe-t-il dans leur cerveau? Les neurosciences apportent de nouvelles réponses : pour certains chercheurs le cerveau autiste est un “supercerveau”, une cerveau hyperconnecté dont les fusibles cèdent plus rapidement que dans le nôtre.

Laurianne,  Katia et  Matthias ont le syndrome d’Asperger: une forme particulière d’autisme qui leur permet de partager leur monde intérieur. Mais tous les autistes n’ont pas cette faculté. Pour beaucoup, un véritable mur se dresse entre eux et leur environnement.

Il existe autant de formes d’autisme que d’individus touchés par le syndrome, soit une multitude de mondes différents, en apparence très éloignés les uns des autres. La science commence tout juste à comprendre ce qui les relie entre eux. Aujourd’hui, preuve est faite que l’autisme a une forte composante génétique. Plusieurs dizaines de gênes de l’autisme ont déjà été identifiés. Ceux-ci construisent un cerveau différent du nôtre…

[VIDÉO] Au cœur du cerveau autisteCette nouvelle vision de l’autisme a une première conséquence: elle bouleverse le dépistage. Si la maladie n’est plus un problème d’éducation, le diagnostique doit pouvoir être dressé beaucoup plus tôt. C’est dans ce but qu’une nouvelle structure d’accueil vient d’ouvrir ses portes à Genève.

Au Centre de consultation spécialisée en autisme de l’Office médico-pédagogique de Genève, la psychologue Hillary Wood recherche chez les enfants les signes de la triade autistique: trois symptômes que présentent tous les autistes. Le premier renvoie à des anomalies dans la communication verbale: l’enfant emploie des phrases répétées, comme un écho qui parasite la conversation. Les psychologues ont aussi décelé le symptôme du «centre d’intérêt restreint». Le troisième élément de la triade autistique concerne, quant à lui, des difficultés dans les interactions sociales.

[VIDÉO] Au cœur du cerveau autisteDans le cerveau autiste, non seulement c’est un chantier permanent, mais le trafic y est plus dense et les embouteillages plus fréquents. En clair, plus proche d’un carrefour en ville que d’un croisement à la campagne. C’est la théorie du monde intense. Pour permettre au cortex des enfants autistes de se développer correctement, il doit donc être mieux protégé des aléas du quotidien.

Et si la clé thérapeutique passait par le fait de rendre l’environnement prévisible? Bien sûr, ce n’est encore qu’une hypothèse…

 

Ce reportage s’est vu décerner le prix Médias de La Fondation Eben-Hézer :up:

Sa déclinaison sous forme de chronique dans l’émission Impatience sur RSR La 1ère (“Autistes, pourquoi sont-ils autant ?“, qui n’est malheureusement plus disponible en podcast 6 ans plus tard :( ) a également été primée. Le 5ème Prix Médias de la Fondation Eben-Hézer était dévolu cette année au thème “Intégration et handicap mental“.

Ce reportage tord le cou aux idées reçues en présentant les résultats d’études pointues les plus récentes menées sur le sujet.

Et voici le documentaire :

Cliquez sur le lien suivant:

http://www.rts.ch/emissions/36-9/2469825-au-coeur-du-cerveau-autiste.html

POUR VISITER la PAGE de l’ÉMISSION  :finger: c’est ici !

Pour aller plus loin sur le syndrome d’Asperger, voici quelques livres incontournables à mes yeux parmi les bouquins de spécialistes :like:  :

– “Le guide complet du syndrome d’Asperger” de Tony Atwood
– “L’autisme, une autre intelligence” du Dr Laurent Mottron

        
Cliquez pour ouvrir            Cliquez pour ouvrir

Parmi les ouvrages écrits par des aspies :

– “Je suis né un jour bleu” de Daniel Tammet
– “Dans le cerveau des autistes” du Dr Temple Grandin

       
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– “L’asperger au féminin” de Rudy Simone
– “Je suis à l’Est !” de Josef Schovanec

       
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Pour celles & ceux qui voudraient un livre simple pour découvrir ce qu’est le continuum autistique, je conseille : “Comprendre l’autisme pour les Nuls:)


Cliquez sur la couverture pour ouvrir les
détails de Comprendre l’autisme pour les Nuls

Ma critique de ce livre est à retrouver de ce côté :roll:

Et enfin, un roman, magnifique & bourré d’humour : “Le Théorème du homard. Ou comment trouver la femme idéale” de Graeme Simsion (ma critique par là)


Cliquez sur la couverture pour ouvrir
les détails du “Théorème du homard”

EIP, HP, APIE… et dys EIP et dys

Dysmoi, Valérie Duband

Les EIP (Enfant Intellectuellement Précoce), les HP (Haut Potentiel), les APIE (Atypique Personne dans l’Intellect et l’Emotion), ces enfants qui ne rentrent pas forcément dans le moule attendu par l’Education Nationale, ces enfants peuvent aussi se retrouver en échec scolaire.

Les troubles d’apprentissage chez eux sont bien souvent moins visibles, moins flagrants. Ils constituent pourtant une population à surveiller plus particulièrement car leur potentiel intellectuel leur permet de compenser leur situation de handicap. Les dyslexies, dyspraxies, dys… et TDAH sont alors diagnostiqués tardivement avec des conséquences lourdes notamment en termes d’estime de soi.

 

Qui sont-ils ?

 Ce sont des enfants dont les capacités intellectuelles sont au dessus de leur classe d’âge. Ce potentiel est mesuré, grâce à un test psychométrique étalonné, le test du QI.

Leur QI est supérieur à 125 (test de Wechsler). Ils représentent 2% de la population.

On les appelle les Enfants Intellectuellement Précoces, les EIP, les HP (Haut Potentiel), les surdoués, les APIE (Atypique Personne dans l’Intellect et l’Emotion)… Quelque que soit leur appellation, ils existent bien.

On se les représente bien souvent le nez plongé dans les bouquins, parlant de racines carrées à l’âge où les autres enfants butent sur les divisions, premier de la classe, tout sourire, avec une vie sociale très épanouie… par méconnaissance, par stéréotype ?

Un EIP peut être un enfant studieux, adorant l’école, très scolaire, calme et posé. Tout comme il peut être colérique, irrespectueux, insolent, exigent. Il peut être tout ça à la fois et c’est ce qui questionne.

 Ces EIP sont avant tout des enfants, avec leur émotion d’enfant, avec leur développement affectif d’enfant…

C’est pourquoi je ne ferai pas une sacro sainte liste qui permettrait de les « détecter » comme on en trouve énormément (lisent avant le CP, passionnés par la préhistoire…). Certes, les EIP ont des points communs mais un essentiel, ils ont tous un potentiel intellectuel hors norme. C’est ce potentiel intellectuel qui les rend différent dans leur envie, leur découverte, leur interaction sociale. Et non pas, le fait qu’un enfant sache lire avant son entrée en CP.

 

 Un test du QI hétérogène.

Un EIP n’a pas non plus forcément un test du QI homogène (homogène = pas d’écarts importants ≠ hétérogène). On parle alors de dyssynchronie. Il convient généralement d’aller creuser pour savoir si son hétérogénéité ne cache pas un dysquelquechose, un TDA/H …

 

 Pourquoi ?

 Parce que ces enfants particuliers peuvent parfaitement camoufler leur « dysfficulté » en mettant en place, grâce à leur potentiel intellectuel, des stratégies de contournement, des stratégies d’évitement, et/ou des stratégies de compensation.

Le retard de diagnostic est fréquent chez les EIP. Les conséquences sont alors désastreuses : échec scolaire, perte de confiance en soi, perte de l’estime de soi, dégoût de l’école… sans que personne ne comprenne réellement pourquoi cet enfant doué se retrouve dans une telle situation.

 Parce qu’un enfant peut être EIP et dyslexique

Parce qu’un enfant peut être EIP et dyspraxique

Parce qu’un enfant peut être EIP et TDA/H…

 

Des idées reçues et beaucoup de préjugés.

 S’il était surdoué, il serait premier de la classe

Avoir un enfant surdoué, c’est un effet de mode

Les parents veulent tous avoir un enfant surdoué…

 Des préjugés et des stéréotypes qui ont la vie dure malgré un progrès, au niveau de l’information, notable ces dernières années.

 

La problématique de l’association « dys » et EIP

Elle tient au fait qu’en règle générale, un EIP présentant un dys, ne correspondra pas vraiment au tableau des EIP, ni complètement au tableau d’un dyslexique, d’un dyspraxique…

 Un EIP dyslexique

Un EIP dyspraxique

Un EIP TDAH…

Correspondant rarement à l’idée que l’on se fait d’un EIP, d’un dyslexique, d’un dyspraxique, d’un TDAH… et les difficultés pour les reconnaitre sont encore plus importantes quand l’enfant EIP présentent un multi-dys !

Le test du QI note une fort dyssynchronie, le QIT (QI Total) n’est alors pas calculable car il n’est pas représentatif du réel potentiel de l’enfant. Dans une partie des cas, les psychologues (testeurs) ne parlent pas précocité, par prudence, alors que certains items forts bien réussis la laissent présager.

Il est important de prendre en compte les deux aspects de l’enfant : son coté EIP et son coté « dys ». Ces deux parties étant indissociables l’enfant est alors EIP et dyslexique par exemple mais il n’est pas que l’un ou l’autre.

 

 Des bilans difficiles.

Avoir un enfant EIP avec un dys, c’est aussi trouvé les bons professionnels (orthophoniste, psychomotricien, ergothérapeute, orthoptiste…) qui connaissent également les enfants intellectuellement précoces et les enfants « dys ».

Les bilans, grâce à leur potentiel intellectuel, leur facilité de compensation, peuvent revenir faussés. Ils ne marquent alors rien de pathologique, juste une faiblesse à travailler alors que le handicap est bien là.

On voit alors des dyslexiques qui ne seront jamais diagnostiqués avant la 5ème, certains même en 1èreparce qu’ils auront mis en place des stratégies (compensation, évitement…).

Ils peuvent également être lecteur précoce, ce qui reste surprenant pour un dyslexique.

L’orthographe reste alors le point visible car récurrent de leur difficulté. Le bilan ne marque pas une vraie dyslexie, la lecture s’étant mise en place… et c’est bien souvent parce que l’orthophoniste connait le versant EIP qu’il ira « gratter » un peu plus loin pour finalement voire clairement la dyslexie.

Il en va de même pour les autres dys. Bon nombre d’EIP dyspraxique arrive à faire certaines choses comme nager, faire du vélo, du roller, utiliser une règle… dans un âge tout à fait acceptable (voir même certaines fois de manière avancée). La dyspraxie est alors écartée dans un premier temps. Seule, la réalisation de bilans avec des professionnels formés aux EIP permettra de mettre en évidence le dys de l’enfant.

 

Mais s’il y arrive : est-il vraiment « dys » ?

La compensation ne dure qu’un temps. A un moment donné, le château s’écoule, les stratégies ne fonctionnent plus car elles ne suffisent plus. L’enfant fatigue, ses efforts sont constants, s’en suivent des problèmes d’angoisse, de comportement.

Alors oui, même si quelquefois en tant que parents on peut se poser la question : il est vraiment EIP ? Il est vraiment dyspraxique ? Il est vraiment TDAH ?

Il y a de quoi s’y perdre parce que cet enfant ne rentre véritablement dans aucun des tableaux, on s’interroge alors encore et encore…

Il faut alors au contraire admettre les particularités de cet enfant en prenant en compte les différents versants sans en écarter un pour favoriser l’autre mais au contraire en les gérant conjointement.

Il faut aussi admettre que les enseignants s’interrogent aussi et c’est bien en leur donnant un maximum d’information que l’on évitera des « remises en cause » de diagnostic. Je n’entends pas par là qu’un enseignant à le droit de remettre en cause un diagnostic, loin de là, ce n’est bien entendu pas de sa compétence mais j’entends par là qu’il peut, lui aussi, comme le font certains parents, s’interroger sur cet enfant dont on lui annonce des éléments que lui ne voit pas forcément. Il s’agit bien souvent d’un manque d’informations, de connaissances.

L’écoute et le dialogue comme je le disais dans mon article « Parents, enseignants, instaurez le dialogue » restent le meilleure moyen pour faire avancer les choses.
 

 

Parce que la précocité est une chance qui ne doit pas être vécue comme un handicap.