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Dyspraxie et notions mathématiques

Dysmoi, Valérie Duband, 13 octobre 2016

Que voit-on sur le terrain ?

Les élèves dyspraxiques se retrouvent fréquemment en difficulté face aux mathématiques et en même temps, ces difficultés ne sont en rien automatiques si certaines choses sont mises en place.

 

En géométrie :

En géométrie en premier lieu, parce que tracer est un geste, parce qu’utiliser correctement une règle, un compas, une équerre demande de la précision. Or, l’une des caractéristiques de leur trouble est d’être en difficulté dans les tâches de psychomotricité fine. Autrement dit, le trait tracé n’est pas droit, l’ange droit n’est pas tout à fait droit, le segment de 2,5 cm demandé ne fait pas 2,5 cm, mais 2,6 ou 2,4 et c’est toute la figure qui devient fausse. Ils construisent donc des représentations erronées et faussent leur représentation mentale.

 

Avoir des représentations mentales justes :

Lorsqu’on leur demande de tracer dans leur tête, tout devient juste, ils sont capables avec de l’entraînement d’avoir des représentations mentales en géométrie justes. Ils sont donc, après cet entraînement, en capacité de mettre en lien ce qu’ils apprennent et la représentation de la figure.

Il est donc important de leur permettre de créer leurs représentations mentales (autrement dit de voir dans leur tête une figure). Pour cela, il est inutile de leur demander d’utiliser les outils classiques : équerre, compas, règle… , mais de leur faire utiliser des logiciels comme Trousse géo Tracer (en téléchargement gratuit)

 

trace

 

Ce logiciel permet l’accès à 5 outils : un compas, une équerre, un rapporteur, une règle et un crayon.

 

Le docteur Alain Pouhet dit « En imposant l’écriture manuelle, on impose de fait la double tâche et on aggrave la fatigue, la lenteur, on organise le déficit d’apprentissage ».

 

Je pourrai dire qu’il en va de même pour la géométrie avec les dyspraxiques : en imposant l’utilisation des outils « mathématiques », on force  des représentations mentales faussées et on impose de futures difficultés dans ce domaine.

 

En effet, même si la géométrie demeure toujours une difficulté plus ou moins importante pour les dyspraxiques (liée à leurs troubles spatiaux), il n’est en rien obligé qu’elle soit une difficulté majeure. Je vois donc des jeunes parfaitement capables d’appréhender ces notions dans leur cursus scolaire pour un peu qu’on leur ait donné les moyens et le temps d’acquérir correctement les bonnes notions.

 

 

L’algèbre

 

L’algèbre est la partie des mathématiques qui permet de faire des calculs avec des quantités. Dans cette notion, deux éléments sont importants :

 

La notion de quantité.

 

Chez les enfants dyspraxiques, les troubles des traitements spatiaux et/ou leurs troubles neurovisuels viennent fréquemment gêner la mise en place de l’invariance du nombre.

Pour que la notion de nombre se mette correctement et entièrement en place, il faut

  • Une forme visuelle
  • Une forme verbale
  • Une représentation de la grandeur (quantité)

⇒ (« le triple code » – Stanislas Deheane)

 

nombre

 

Selon Piaget, le dénombrement  demande, en autre, le pointage terme à terme de chaque élément d’un ensemble considéré une seule fois et une fois seulement.

 

Le dénombrement est le socle permettra par la suite de réaliser  des activités mathématiques. En premier lieu, les enfants apprennent une comptine numérique. Mais attention, l’acquisition de cette comptine numérique ne veut pas dire savoir utiliser les nombres.

Dénombrer veut donc dire associer sans se tromper chaque mot nombre à chaque objet, autrement dit sans en oublier un ou sans compter deux fois le même objet. Le dernier nombre dit correspondra donc bien à la quantité (cardinalisation).

 

calcul

 

Or, les troubles neurovisuels et/ou la dyspraxie viennent altérer l’efficacité de ce dénombrement. Le geste des yeux ou le geste des mains n’est pas suffisant précis pour obtenir un comptage fiable. Lors du comptage d’une collection de 5 éléments, l’élève peut alors compter 6 (éléments doublés), mais même 3 ou 7. De temps en temps, il arrivera à compter 5. La quantité n’est donc pas fixée. 5 n’a donc pas une représentation quantitative fiable, mais variable. Autrement dit, si la représentation verbale et visuelle (représentation visuelle des nombres arabes) est juste, il manque cette notion de grandeur.

 

« Résultat : les enfants dyspraxiques, qui ont un déficit de coordination motrice, estiment les nombres de manière moins précise que ceux du groupe témoin ; […]  Il existe donc chez les enfants dyspraxiques une imprécision de la perception des quantités numériques […]»

Oui, les enfants dyspraxiques utilisent les concepts mathématiques ! – Article INSERM 4/10/2016

 

 

Ce dénombrement est la pierre fondatrice des mathématiques. Si la procédure technique des opérations en elle-même ne pose pas de difficultés majeures (une fois les gabarits d’opération mis en place), le calcul mental, le choix des opérations, les fractions… seront, quant à eux, bien plus problématiques.

 

L’urgence est alors de donner des représentations mentales de grandeur justes

 

Exemples d’exercices demandant une bonne stratégie du regard : 

exo-math

 

 

Le choix de l’opération.

En effet, si le dénombrement n’est pas mis en place de manière efficace, comment faire, par la suite, pour choisir la bonne opération ?

Quand le nombre n’a pas de quantité fiable, il devient alors compliqué de le manipuler.

 

Conséquences (liste non exhaustive) :

  • Le passage à la dizaine est souvent compliqué.
  • La soustraction ne peut être vue comme la réversibilité de l’addition (5+2 = 7/ 5 + … = 7 / 5 = 7 – 2
  • La multiplication n’est pas vue comme la simplification d’une addition ( 2+2+2+2 = 4*2 = 8 ), mais comme une série de nombres à savoir par cœur.

 

Parce que pour calculer, il faut activer le dénombrement.

Comme ces enfants sont intelligents, ils vont essayer de passer outre ces représentations mentales et tenter de mettre du sens ou de palier par un apprentissage par cœur.

Et quand arrivent les situations de problème, ils ne savent plus quelles opérations choisir.

Et par la suite comme leur faire comprendre/admettre que x devient un nombre et leur faire manipuler les notions abstraites ?

 

Attention, ils n’ont pas de difficultés dans les techniques opératoires elles-mêmes (une fois qu’elles ont été adaptées).

Exemple d’adaptation de technique opératoire (addition) :

 

gabarit

 

 

Pour ne pas s’y tromper

 

“Le sens du nombre est perturbé chez les enfants dyspraxiques, mais pas leur compréhension des concepts” affirme Caroline Huron (chercheuse à l’Inserm, maman d’une jeune dyspraxique et fondatrice du “Cartable fantastique

 

 

Les dyspraxiques sont tout à fait capables de comprendre les concepts mathématiques. Je vois d’ailleurs des jeunes réussir brillamment dans des filières scientifiques. C’est pourquoi il est important que cette notion de nombre soit mise en place correctement et précocement

 

Les schémas du mathématicien, comme ceux du peintre ou du poète, doivent être beaux. Les idées, comme les couleurs ou les mots, doivent associées de manière harmonieuse. La beauté est le premier test ; il n’y a pas de place durable dans le monde pour des mathématiques laides ! “.

G.H Hardi, mathématicien britannique (A Mathematician’s Apology – 1940)

 

La suite … Que faut-il faire pour les aider ?

 

 

La dyspraxie : le handicap fantôme!

Mamanpourlavie.com

Les enfants atteints de dyspraxie semblent généralement « normaux ». Ils ont l’air de bien fonctionner, mais en sont souvent incapables de façon parfaitement autonome. Levons le voile sur la dyspraxie!

La dyspraxie est probablement le handicap invisible le plus subtil de tous les handicaps physiques.

Mais qu’est-ce que la dyspraxie?

La dyspraxie est une atteinte neurologique, présente chez environ 6 % des enfants, se traduisant par un trouble, plus ou moins sévère, de la planification et de la coordination des mouvements nécessaires à l’exécution d’une action volontaire. Cela se traduit par une difficulté à penser et à organiser une action dans sa tête et à rendre cette action de plus en plus automatique de façon à l’exécuter sans y repenser.

La dyspraxie n’est pas
  • Une déficience intellectuelle
  • Une paralysie cérébrale
  • Un trouble du comportement
  • De la paresse ou du désintérêt
  • De la dysphasie ou de la dyslexie
Le drame du handicap invisible

Les enfants atteints de dyspraxie semblent généralement « normaux ». Ils ont l’air de bien fonctionner, mais en sont souvent incapables de façon parfaitement autonome. Ils possèdent souvent de bonnes habiletés de langage, certains parlent même beaucoup et ont un bon vocabulaire. Tout de même, dans la généralité des cas, ils sont incapables de bien exprimer leurs pensées et leurs émotions.

Pour ces raisons, il survient d’énormes malentendus. En fait, l’invisibilité de ce handicap provoque beaucoup de méprises. Les enfants dyspraxiques doivent constamment avoir une famille pour les introduire dans la société et à l’école. De cette invisibilité du handicap naît la difficulté pour les parents à le faire reconnaître.

S’il est si difficile de percevoir la dyspraxie pour les gens qui côtoient ces enfants à l’occasion, il est très évident pour les parents que quelque chose « cloche » dès la période préscolaire.

Comment reconnaître les symptômes. Mon enfant …
  • est souvent maladroit. Il renverse, casse, échappe, et souille ce qu’il touche.
  • n’arrive pas à s’habiller, se laver, s’essuyer correctement.
  • mange gauchement et n’arrive pas à couper ses aliments.
  • égare et oublie ses effets personnels et n’arrive pas à les ranger et à les organiser.
  • n’aime pas les jeux de stratégies, de construction et les casse-tête.
  • a beaucoup de mal à écrire et ses dessins sont très pauvres et inadéquats pour son âge. Ce problème demeure permanent malgré tous les efforts.
  • ne peut se servir de ciseaux correctement.
  • oublie les instructions et consignes, pour toutes les tâches scolaires.
  • a du mal à envoyer et à attraper un ballon et il lui est difficile de pédaler à vélo.

En tant que maman d’un enfant dyspraxique, avant de pouvoir observer tous ces symptômes qui arrivent souvent vers l’âge de 2 ou 3 ans, j’ai pu observer que mon enfant avait parlé tardivement et difficilement. Nous avons, donc, suivi un programme offert aux parents pour aider leurs enfants à développer ses habiletés de langage. Il s’agit de la méthode Hanen qui est souvent dispensée par les CLSC et dans les Centres de réadaptation, et est donné par les orthophonistes. Ma fille a également rampé et marché à quatre pattes beaucoup plus longtemps que les standards de normalité. Avec le recul – sachant que la dyspraxie est un trouble moteur -, c’était déjà là les premiers symptômes de la dyspraxie.

Bien entendu, tous les enfants qui parlent et marchent tardivement ne sont pas atteints de dyspraxie, mais sachez que nous avons un instinct de maman qui dépasse parfois les technicalités de spécialistes. C’est pourquoi il ne faut pas hésiter à consulter un neuropédiatre plutôt qu’un médecin de famille lorsqu’on a de forts doutes que notre enfant puisse être atteint de dyspraxie. Plus le diagnostic sera fait tôt, plus votre enfant pourra aller en réadaptation rapidement. Idéalement, le diagnostic doit être posé avant l’entrée à l’école.

Concrètement…
  • L’enfant dyspraxique a une mémoire incroyable, surtout pour ce qu’il apprend avec son cœur… ou par cœur! Par contre, sa mémoire est divisée par boîtes qui n’ont aucun lien entre elles. Il y a plein de connaissances qui s’empilent et s’emmêlent à travers un capharnaüm incroyable.
  • Il n’y a pas de fil d’Ariane… qui permet une classification et une organisation de ces connaissances par catégorie. C’est souvent les derniers apprentissages ou les sujets traités récemment qui ressurgissent au moment d’un questionnement chez ces enfants. Par exemple, l’enfant a lu l’histoire d’une jeune fille qui pratiquait avec passion le patin artistique. Si on lui demande quel est son sport préféré, il est probable qu’il vous affirme que c’est le patin. Il se sert des dernières informations reçues pour les intégrer dans sa propre vie.
  • L’enfant dyspraxique n’a pas ce qu’il faut pour gérer les informations de façon à les interrelier de façon cohérente. Il peut connaître l’histoire d’un livre par cœur et être incapable de la raconter par séquences logiques.
  • Lorsqu’il écrit, son histoire est dans sa tête en un bloc, mais il s’y perd pour la mettre sur papier.
  • Cet enfant vous demandera d’être patient lorsqu’il vous explique quelque chose; les idées sortiront de façon décousue et sans aucun lien entre elles. Il vous faudra faire du ménage à travers tout cela et retourner questionner l’enfant pour établir le fil d’Ariane…
  • Au plan socio-affectif, il sera très craintif et déstabilisé devant la nouveauté et aura une faible tolérance à la frustration. On remarquera aussi de la maladresse en relation avec les autres. Il manquera de censure verbale ou physique et agira de façon parfois inadéquate pour le moment vécu.

La dyspraxie est diagnostiquée par un médecin, le plus souvent par un neuropédiatre. De plus, des évaluations en ergothérapie et en neuropsychologie servent souvent à confirmer le diagnostic et à orienter la prise en charge en réadaptation.

Par Sylvie Breton, vice présidente de l’Association québécoise pour les enfants dyspraxiques et co-auteure de Mon cerveau ne m’écoute pas – comprendre et aider l’enfant dyspraxique

Enfants dys : comment les aider ?, La Maison des Maternelles, 4 janvier 2017

Maximilien, 8 ans, est dyspraxique et présente un trouble de l’attention. Au quotidien, ses parents l’aident à surmonter cette situation avec plein d’astuces ingénieuses pour lui faciliter la vie.

Voir notre émission du jour sur les enfants « dys »

Dyslexique, dyspraxique, dyscalculique, dysphasique… A l’école, dans chaque classe entre un et deux élèves est touché par l’un de ces troubles des apprentissages.
Un problème neurologique, difficile à déceler mais qui peut empêcher un enfant d’apprendre à lire, à écrire ou coordonner ses mouvements.

Une présentation simple et complète de la dyspraxie chez les enfants (par le Dr Alain Pouhet)

PAR · 7 NOVEMBRE 2016; Apprendre à éduquer

Le Dr Alain Pouhet est est médecin de rééducation fonctionnelle au CHU de Poitiers (Médecine Physique et Réadaptation). Il a créé un site consacré aux troubles de l’apprentissage et il est auteur de plusieurs ouvrages sur les troubles dys chez les enfants

Gaston et la dyspraxie : un court métrage psyadom.com.

La dyspraxie ou trouble de l’automatisation et de la coordination des gestes fins dirigés vers un but affecte environ 5 % des enfants en âge scolaire.

La dyspraxie se manifeste au quotidien par :

  • dyspraxie d’habillage : difficultés à faire ses lacets, ses boutons …
  • dysgraphie : écriture lente et laborieuse, peu lisible,
  • difficultés à utiliser certains outils : compas, règle, équerre …
  • troubles visuo-spatiaux : difficultés à acquérir les notions de l’espace, à se représenter les distances, les volumes.  Cela peut se manifester par des difficultés en géographie, en géométrie, par des difficultés pour se repérer dans un plan …

 

Ces élèves sont souvent en double tâche, notamment à l’école où le travail passe essentiellement par l’écrit.  Aussi, quand ils doivent copier un cours, leur attention est mobilisée sur les informations à copier / comprendre / mémoriser ET sur le geste graphique qui est mal automatisé !  Alors que pour les autres, progressivement, l’écriture devient automatique, pour l’élève dyspraxique, c’est un peu comme s’il apprenait à former les lettres pour la première fois.  Cette tâche est mal automatisée et mobilise beaucoup d’attention et d’énergie au quotidien.  Par conséquent, ces élèves sont moins disponibles pour apprendre et se fatiguent plus vite que les autres au fur à mesure de la journée.

C’est pourquoi il est essentiel de repérer ce trouble et d’accompagner ces jeunes.  Des aménagements scolaires peuvent être discutés avec le directeur d’établissement et avec les enseignants.  Des stratégies d’apprentissages adaptées peuvent être proposées.

Nos psychopédagogues proposent des stratégies alternatives et veillent aussi à soutenir la confiance en soi de ces élèves ainsi que leur motivation qui est parfois mise à mal par la confrontation répétée à des résultats bien souvent très en dessous des efforts et du travail fourni.

Article rédigé par Camille Benoit.  

Vidéo réalisée par Charles Eric de Benoît (benoit.charleseric@gmail.com).

Crédit image : Icon made by Freepik from www.flaticon.com.

Dyspraxie: les signes d’appel en classe

Boucle d’encre6 août 2016

La dyspraxie fait partie de ces troubles dits TSLA : “troubles spécifiques du langage et des apprentissages”. Elle peut  se repérer dès la maternelle en observant l’enfant en classe.  Le repérage fait partie des missions de tout enseignant mais celui-ci se trouve souvent bien dépourvu d’outils pour cela. Pour l’aider, voici une grille d’observations proposée par la Direction Académique des Services Départementaux de l’Éducation Nationale des Landes selon un document réalisé par Marie-Neige Dubarry (psychomotricienne) et Claudine Gay (enseignante spécialisée), Centre référent de Tarbes. Ce repérage n’est en rien un outil de diagnostic mais il permettra à l’enseignant de cibler les difficultés de l’élève afin de pouvoir l’aider.

 

Grille d'aide à l'observation d'un élève dyspraxique.jpg

 

A télécharger:Grille d’aide à l’observation d’un élève dyspraxique