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9 outils pour faciliter le quotidien d’un enfant dyspraxique

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La dyspraxie est un trouble du geste qui affecte le développement des habiletés motrices. Les personnes dyspraxiques ont des difficultés à planifier et réaliser des gestes du quotidien. Cela peut varier en fonction des tâches a priori simples à réaliser comme « dire au revoir » à des tâches plus complexes comme le brossage de dents. Cependant une personne atteinte de dyspraxie peut apprendre à fonctionner de façon indépendante grâce à la mise en place de méthodes d’apprentissage adaptées et à la pratique répétée de tâches de base. Il se peut également qu’il soit nécessaire de mettre en place une thérapie occupationnelle, physique ou de la parole. La dyspraxie est un trouble permanent, sa gravité et les symptômes peuvent varier d’une personne à l’autre et peut affecter les personnes différemment à différents stades de la vie.

Ci-dessous, découvrez les outils pour faciliter le quotidien des enfants dyspraxiques.

1 -Les repérages visuels de la vie quotidienne

Afin de l’accompagner quotidiennement dans les tâches les plus simples de la vie courante, le Time Timer plus est un outil idéal pour la prise de conscience du temps. Il permet à l’enfant de « matérialiser » le temps grâce à son système unique de représentation visuelle. Nouveautés 2015/2016, découvrez le Time Timer Mod avec des coques colorées de protection !

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2- Les aides à l’écriture

Pour l’aider dans la préhension des outils d’écriture, il existe des outils adaptés pour aider votre enfant dyspraxique dans son apprentissage de l’écriture. Le combi-pack de manchons permet, avec la diversité de manchons proposés, de trouver le manchon le mieux adapté à votre enfant et ainsi lui permettre une meilleure prise en main des stylos et crayons. On adore aussi, les manchons Bumpy Grip et les manchons lestés.

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3 – Les aides au découpage

Pour les personnes dyspraxiques, le découpage peut vite devenir très compliqué… Heureusement des outils adaptés tels que les ciseaux easy-grip (droitiers ou gauchers) sont parfaits pour palier au défaut de motricité fine. Pour accéder à la gamme complète de ciseaux adaptés Hop’Toys, cliquez ici.

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4 – Les aides au graphisme

Pour aider votre enfant dans le processus du dessin ou de l’écriture, découvrez toute une gamme de stylos et crayons ergonomiques adaptés pour les droitiers ou les gauchers. En photo, les crayons de couleurs easy, version droitier.

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5 – Les aides pour la posture

Le coussin Dynair rond ou premium offrent une surface d’assise stabilisée et plus droite grâce à sa surface ergonomique.

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6 -Les aides pour s’habiller

Les lacets Xtenex, sont particulièrement utiles aux personnes ayant des troubles de la motricité fine comme les enfants dyspraxiques, ne pouvant nouer leurs lacets quotidiennement.

Les lacets Xtenex enfant

7- Les aides pour le protéger du bruit

Léger et très résistant, les casques anti-bruit permettent une réduction sonore de 22 dB. Idéal pour favoriser la concentration.

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8- Le protéger des distractions

La barrière pop-up  permet de créer instantanément un espace de travail délimité, facilitant ainsi la capacité de concentration en éliminant du champ de vision les stimuli « parasites ».

La barrière pop-up

9 – L’aider dans l’apprentissage de la parole

Les cartes Vocabular constitue un excellent support pour le développement du champ lexical, la narration et l’évocation de votre enfant.

Le vocabular shull

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Des outils contre la dyspraxie

Université Paris Saclay

Publié le 16 mars 2018

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Enfant qui dessine

A l’occasion de la semaine du cerveau, zoom sur une maladie peu connue, la dyspraxie, et les outils mis en place pour faciliter la scolarité des enfants touchés.

Connaissez-vous la dyspraxie ? Cette perturbation de la coordination des gestes chez les enfants est aussi fréquente que la dyslexie, mais bien moins connue. Les enfants touchés sont maladroits dans des tâches qui nous semblent simples, comme s’habiller, couper sa viande, ou se laver les dents. La dyspraxie est particulièrement gênante à l’école, car l’écriture manuscrite est un geste complexe, qui demande une bonne coordination.

Une maladie méconnue

Pourtant, on ne comprend pas encore bien la dyspraxie. « On sait qu’il existe un dysfonctionnement au niveau du cerveau, indique Caroline Huron, chercheuse au Laboratoire de neuro-imagerie cognitive, membre de l’université Paris-Saclay. La neuroimagerie montre des différences anatomiques et des différences d’activation dans le cerveau entre les enfants sains et les enfants dyspraxiques. Mais  on ne sait pas quelles régions sont concernées, la caractérisation des troubles manque de finesse, et on ne sait pas l’origine de ce trouble. On n’a même pas de données épidémiologiques (combien de personnes touchées…) en France. »

Les chercheurs progressent néanmoins sur le fonctionnement cognitif de ces enfants. Ainsi, Caroline Huron et son équipe viennent récemment de publier une étude sur le sens des nombres chez les enfants dyspraxiques. « Ils ont du mal à évaluer les quantités, par exemple à placer avec précision un nombre sur une échelle de 0 à 100, mais ils comprennent bien les concepts mathématiques sous-jacents, observe la chercheuse. Cela nous ouvre des pistes pour proposer des stratégies d’apprentissage en mathématiques adaptées à leur situation »

Faciliter la scolarité

La dyspraxie cause des souffrances majeures au quotidien, notamment à l’école. On ne peut pas attendre de tout comprendre de la maladie pour aider ces enfants ! C’est pourquoi, en parallèle des études scientifiques, Caroline Huron préside une association, Le Cartable Fantastique, destinée à faciliter la scolarité des enfants en situation de handicap, notamment dyspraxiques. Cette association est soutenue par des fondations et travaille en partenariat avec le ministère de l’Education nationale.  « Elle vise à croiser les regards de chercheurs et d’enseignants en partant du besoin des élèves », précise la chercheuse.

Le Cartable Fantastique développe notamment des outils pour que les enfants dyspraxiques apprennent à l’école sans être empêchés par leurs troubles du geste. Par exemple, ils ont du mal à pointer du doigt ou à entourer des objets dessinés, mais sont bien plus à l’aise pour cliquer dessus sur ordinateur car ce geste est plus simple. L’association conçoit donc des exercices numériques dans lesquels les élèves peuvent répondre en cliquant. Avec l’espoir que le handicap n’exclue plus scolairement.

 

Dyspraxie Visuo-Spatiale (DVS)

Valérie DUBAND, Coach, formatrice et consultante, Lyon

La dyspraxie visuo-spatiale (DVS)

Elle est la plus courante.

Au problème de geste de la « main » vient s’associer, dans le cas d’une dyspraxie visuo-spatiale,

– un problème dans le geste des « yeux ».

– un problème d’organisation de l’espace.

 

 Geste de « yeux »

Au départ, on suit avec son doigt puis rapidement ce sont nos yeux qui suivent, on apprend donc à automatiser l’utilisation de nos yeux.

Les enfants dyspraxiques visuo-spatiaux ont du mal à organiser leur regard (manque de stratégie du regard), ils ont des difficultés à fixer quelque chose, à balayer une ligne, ont des difficultés pour réaliser des saccades oculaires efficaces.

Le dyspraxique n’automatise pas ce geste là non plus. On retrouve ses difficultés :

–         en lecture : leur yeux ne se posent pas là où il faut.

–         En dénombrement et en mathématiques de manière plus générale. Quand un dyspraxique dénombre avec ses yeux, la quantité varie. S’il y a une collection de 5 objets, il va en compte 4 ou 6 et par chance 5. Il a donc du mal à comprendre que le nombre est une quantité fixe, stable puisque pour lui elle varie. On retrouve généralement ce genre de problème de manière plus large en mathématiques et encore plus en géométrie qui nécessite en plus l’utilisation d’outil (geste des mains (utiliser des outils comme une règle, une équerre, un compas….) + geste de yeux). Exemple : poser une addition. L’enfant a parfaitement compris le système mais ne pose pas les chiffres en respectant les colonnes.

 

Développons un peu ces gestes des yeux.

Troubles neurovisuels et praxiques : un élément déterminant du pronostic à long terme

Médecine thérapeutique / Pédiatrie. Volume 3, Numéro 4, 273-80, Juillet – Août 2000, Revue : Séquelles neurologiques et sensorielles de la grande prématurité

Auteur Michèle Mazeau.

 

On parle en fait de troubles neurovisuels. Ils peuvent être deux ordres

* Les troubles de l’oculomotricité, troubles très courant qui perturbent la saisie visuelle, l’exploration de la scène visuelle et la construction de certaines notions spatiales ;
* les autres (en bleu), moins fréquents (de type agnosie visuelle).

 

 

 

 

Les troubles optomoteurs :

Les troubles optomoteurs (ou oculomoteurs) concernent la planification des mouvements des globes oculaires qui permettent d’explorer une scène visuelle, d’y sélectionner et de saisir une information précise, fonction du projet de regard du sujet.

Les troubles de la programmation des mouvements oculaires, de la stratégie d’exploration visuelle et du calibrage des saccades, infiniment plus lourds de conséquences développementales, vont induire des perturbations en cascade dans des apprentissages précoces implicites, distorsions méconnues dont les symptômes émergents, vers 4-7 ans, seront alors rarement reliés à leurs causes initiales.

 

Se constituent en particulier des troubles de la structuration de certaines notions spatiales. Leur caractéristique réside en ce qu’il ne s’agit pas, comme c’est si banal chez l’enfant, de retard dans l’acquisition des notions spatiales, mais bien de dissociations avec acquisition normale (ou quasi-normale) de certains secteurs de la spatialisation (notions concernant l’espace à 3 dimensions, vocabulaire spatial, connaissances concernant l’espace corporel) contrastant avec une impossibilité à structurer l’espace à deux dimensions, espace du plan, de la page, de la feuille, du tableau, de l’écran, c’est-à-dire l’espace où s’inscrit l’essentiel des acquisitions scolaires. Dans cet espace, en effet, les informations topologiques (celles qui disent où est situé un élément par rapport à un autre) sont entièrement dépendantes des informations extraites de l’analyse des mouvements des globes oculaires.

Concrètement, cela se traduit par des difficultés dont l’association est très évocatrice.

La saisie précise d’une information précise dans une scène visuelle complexe est compromise. Ainsi, la copie est non seulement inutile mais particulièrement nocive (l’enfant désapprend ce qu’il a compris et appris verbalement, ou par raisonnement logique), et ce, qu’il s’agisse de copie de textes (Il n’en tire aucune information pertinente) ou de dessins (impossibilité de prendre des repères dans des systèmes de quadrillages, de points, d’ordonnées). De même, la recherche d’informations dans un texte (tâche qui oblige à des mouvements précis de recherche oculaire), est très déficitaire, alors même que l’enfant lit relativement bien ; ceci peut conduire à des interprétations erronées en terme de mauvaise compréhension en lecture.

Dans l’ensemble, les difficultés de l’enfant sont majorées dans un environnement visuel trop riche : typographies attrayantes mais surchargées, multiples informations réparties sur les murs de la classe, mot ou chiffre à retrouver dans des tableaux fournis, etc. Les effets de présentation sont alors nets : dans un environnement visuel dépouillé ou dans une présentation typographique simple (mot ou phrase isolé), les performances de l’enfant s’améliorent nettement, confirmant qu’il ne s’agit pas de difficultés d’accès conceptuel, mais bien d’un trouble « instrumental » lié à la saisie de l’information.

La dyscalculie spatiale est précoce, quasi-constante, sévère et tenace. Elle est la conséquence directe des 2 lignées de troubles : les troubles de la stratégie du regard, qui induisent un trouble du dénombrement et le déficit de structuration des relations topologiques, qui compromet l’accès à la numération écrite (numération arabe, de position).

Le dénombrement, qui suppose une excellente coordination entre la récitation de la comptine numérique (dire la suite des mots-nombres) et la désignation (du doigt, du regard) de chaque élément de la collection, est perturbé par des oublis (éléments non vus, qui n’ont pas été balayés du regard) et des doubles ou triples comptages. En effet, du fait de son absence de stratégie oculomotrice lors des activités de comptage d’une collection, les yeux de l’enfant vont se poser de façon non contrôlée plusieurs fois sur le même élément, alors que d’autres n’auront pas été vus. Comme ceci est aléatoire, les essais successifs vont aboutir à des résultats différents pour la même collection. Aussi, plus l’enfant dénombre, plus il détruit sa confiance dans l’invariance du nombre. L’expérience répétée qu’à une même collection peuvent correspondre des cardinaux différents altère les racines mêmes de la construction du concept de nombre chez l’enfant.

Ensuite, à partir du cours élémentaire, l’enfant est confronté à la pose et la résolution des opérations, ce qui, en numération arabe, requiert l’acquisition et l’automatisation d’algorithmes spatiaux (aligner unités/dizaines/centaines à partir de la droite vers la gauche, mettre les retenues en haut de la colonne immédiatement à gauche de celle sur laquelle on vient de travailler).

 

Cette dyscalculie spatiale, sans atteinte des fonctions logiques (intactes), nécessite une prise en charge spécifique et qui peut sembler contre-intuitive (pas de manipulation manuelle d’objets réels, pas d’expérimentation concrète, pas de recours au figuratif), avec, au contraire, recours souvent perçu comme paradoxal au verbal, au mnésique, au formel, à la logique.

Enfin, on signale des contre-performances dans toutes les matières surchargées en facteur spatial alors que, verbalement, l’enfant a d’excellentes connaissances générales : la géométrie (réclamant à la fois des capacités graphiques, praxiques et spatiales), la géographie (repérage sur une carte, orientation dans l’espace du plan), toutes les courbes, graphes, schémas ou tableaux à double entrées utilisés aussi bien en histoire, en physique qu’en biologie, leur posent des problèmes.

Cette difficulté à se représenter l’espace à deux dimensions et à y inscrire une action, s’ajoute à la dyspraxie (mauvaise planification des gestes) pour constituer une association très péjorative : la dyspraxie visuo-spatiale. Maladroit pour tracer ses lettres, plier, coller, découper, gommer, l’enfant se trouve en outre en difficulté pour s’orienter dans l’espace-page : ses cahiers sont sales et brouillons, les titres et textes se télescopent, des blancs inappropriés succèdent à des passages où les mots sont griffonnés les uns sur les autres et lorsqu’il s’agit de souligner ou d’entourer, il biffe ou rature ; il est inapte au rangement de la trousse ou du cartable ; l’ensemble est généralement interprété comme l’expression d’un manque d’autonomie, d’application et de motivation de l’enfant.

La dissociation, très souvent signalée par les enseignants, entre de bonnes performances orales (langage, connaissances générales raisonnement logique), et des performances extrêmement décevantes à l’écrit, est très évocatrice du diagnostic de dyspraxie visuo-spatiale. Finalement, les difficultés scolaires peuvent être résumées ainsi.
 

Il y a donc un problème de coordination œil-main.

 

 

 

Ce qu’en disent les parents :

 

Les signes qui pourraient alerter :

 

– lecture fluide qui a du mal à se mettre en place. L’acquisition de la lecture elle-même n’est pas une vraie problématique, le syllabique se met en place même avec facilité, la lecture d’un mot isolé se fait aussi rapidement… La problématique pour eux est alors au niveau visuel : mot côte à côte, phrase, ligne, paragraphe, page… Pour prendre conscience du problème, il faut s’imaginer que quand un enfant atteint d’une DVS prend un livre avec deux pages côte à cîôte, c’est comme si on faisait une photocopie d’une page sur l’autre. L’image est forte mais je pense qu’elle est très parlante. On comprend mieux alors pourquoi la remédiation neuro-visuelle est cruciale.

 

– saut de ligne, de mots (copie, lecture). Il ne copie pas mais se dicte les mots.

 

– copie réalisée en phonétique et non pas en regardant le mot, saut de mot lors de la copie, saut de ligne, saut de lettre ou syllabes au milieu d’un mot (et/ou)

 

– Pb de calcul mental, pb dans les liens mathématiques
– Orthographe phonétique bonne, puis difficulté d’orthographe mais mots sus au niveau verbal.
– Ecriture qui ne suit pas la ligne comme s’il ne voyait pas la ligne, écrit dans les interlignes… La ou les premières lignes sont au peu près correctes, puis devient difficilement lisible et/ou n’est carrément plus dans les lignes après. En ce1 ou en fin de CP selon les écoles, le passage sur les petites lignes amplifie encore le problème.

 

– Lenteur dans l’écriture, quand il y a écriture, elle est lente, laborieuse, difficile ; lenteur dans le quotidien : habillage, repas…

 

– Confond les p/q, b/d… , au du mal avec certains sons plus complexes : ill, ail,ien/ien…

 

– Connaît les conjugaisons mais à du mal à se situer dans le temps. Du style, mettre au présent et met au futur… en sachant très bien intellectuellement parlant que le futur c’est après.

 

– A du mal ou a eu du mal petit à se repérer dans une semaine (pas à apprendre les jours de la semaine), une année, voir les saisons…

 

– Fait des erreurs dans les jeux de labyrinthes, dans les jeux des 7 différences,

 

– Se trompe ou se trompait petit en dénombrant des objets (pour 5 cubes, il pouvait n’y en avoir que 4) tout en connaissant bien ce que le nombre voulait dire
– Enfant qui donne quelquefois l’impression qu’il ne nous regarde pas quand on lui parle, surtout si son regard est attiré par quelque chose (télé, élément en mouvement…)

 

– Malhabile, maladroit, style « Gaston Lagaffe »

 

– Donne l’impression de ne pas se concentrer, zappe, décroche…

 

– Enfant qui a un très bon langage, parle bien et a un très bon vocabulaire. On le trouve même « beau parleur ».

 

 

Conclusion :

 

La dyspraxie visuo-spatiale combine :

–         un trouble du geste, de la praxie

–         un trouble des yeux : problème oculomoteurs qui entraîne des problèmes de stratégie du regard. L’exploration visuelle n’est pas correcte, voire complètement anarchique. Les répercussions sur les apprentissages scolaires seront nombreux : écriture, lecture, mathématiques mais aussi géographie, histoire, SVT dès lors que ces 3 derniers impliqueront des tableaux, des schémas, des cartes…

–         un trouble de l’organisation spatiale : induit par le problème de manque de stratégie du regard ; l’enfant ne sachant pas « placé » ses yeux correctement n’arrive pas à organiser l’espace environnant.

 

Il est important de ne pas assimiler niveau « praxique » et maturité de l’enfant et encore moins maturité intellectuelle.

Dyspraxie et notions mathématiques

Dysmoi, Valérie Duband, 13 octobre 2016

Que voit-on sur le terrain ?

Les élèves dyspraxiques se retrouvent fréquemment en difficulté face aux mathématiques et en même temps, ces difficultés ne sont en rien automatiques si certaines choses sont mises en place.

 

En géométrie :

En géométrie en premier lieu, parce que tracer est un geste, parce qu’utiliser correctement une règle, un compas, une équerre demande de la précision. Or, l’une des caractéristiques de leur trouble est d’être en difficulté dans les tâches de psychomotricité fine. Autrement dit, le trait tracé n’est pas droit, l’ange droit n’est pas tout à fait droit, le segment de 2,5 cm demandé ne fait pas 2,5 cm, mais 2,6 ou 2,4 et c’est toute la figure qui devient fausse. Ils construisent donc des représentations erronées et faussent leur représentation mentale.

 

Avoir des représentations mentales justes :

Lorsqu’on leur demande de tracer dans leur tête, tout devient juste, ils sont capables avec de l’entraînement d’avoir des représentations mentales en géométrie justes. Ils sont donc, après cet entraînement, en capacité de mettre en lien ce qu’ils apprennent et la représentation de la figure.

Il est donc important de leur permettre de créer leurs représentations mentales (autrement dit de voir dans leur tête une figure). Pour cela, il est inutile de leur demander d’utiliser les outils classiques : équerre, compas, règle… , mais de leur faire utiliser des logiciels comme Trousse géo Tracer (en téléchargement gratuit)

 

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Ce logiciel permet l’accès à 5 outils : un compas, une équerre, un rapporteur, une règle et un crayon.

 

Le docteur Alain Pouhet dit « En imposant l’écriture manuelle, on impose de fait la double tâche et on aggrave la fatigue, la lenteur, on organise le déficit d’apprentissage ».

 

Je pourrai dire qu’il en va de même pour la géométrie avec les dyspraxiques : en imposant l’utilisation des outils « mathématiques », on force  des représentations mentales faussées et on impose de futures difficultés dans ce domaine.

 

En effet, même si la géométrie demeure toujours une difficulté plus ou moins importante pour les dyspraxiques (liée à leurs troubles spatiaux), il n’est en rien obligé qu’elle soit une difficulté majeure. Je vois donc des jeunes parfaitement capables d’appréhender ces notions dans leur cursus scolaire pour un peu qu’on leur ait donné les moyens et le temps d’acquérir correctement les bonnes notions.

 

 

L’algèbre

 

L’algèbre est la partie des mathématiques qui permet de faire des calculs avec des quantités. Dans cette notion, deux éléments sont importants :

 

La notion de quantité.

 

Chez les enfants dyspraxiques, les troubles des traitements spatiaux et/ou leurs troubles neurovisuels viennent fréquemment gêner la mise en place de l’invariance du nombre.

Pour que la notion de nombre se mette correctement et entièrement en place, il faut

  • Une forme visuelle
  • Une forme verbale
  • Une représentation de la grandeur (quantité)

⇒ (« le triple code » – Stanislas Deheane)

 

nombre

 

Selon Piaget, le dénombrement  demande, en autre, le pointage terme à terme de chaque élément d’un ensemble considéré une seule fois et une fois seulement.

 

Le dénombrement est le socle permettra par la suite de réaliser  des activités mathématiques. En premier lieu, les enfants apprennent une comptine numérique. Mais attention, l’acquisition de cette comptine numérique ne veut pas dire savoir utiliser les nombres.

Dénombrer veut donc dire associer sans se tromper chaque mot nombre à chaque objet, autrement dit sans en oublier un ou sans compter deux fois le même objet. Le dernier nombre dit correspondra donc bien à la quantité (cardinalisation).

 

calcul

 

Or, les troubles neurovisuels et/ou la dyspraxie viennent altérer l’efficacité de ce dénombrement. Le geste des yeux ou le geste des mains n’est pas suffisant précis pour obtenir un comptage fiable. Lors du comptage d’une collection de 5 éléments, l’élève peut alors compter 6 (éléments doublés), mais même 3 ou 7. De temps en temps, il arrivera à compter 5. La quantité n’est donc pas fixée. 5 n’a donc pas une représentation quantitative fiable, mais variable. Autrement dit, si la représentation verbale et visuelle (représentation visuelle des nombres arabes) est juste, il manque cette notion de grandeur.

 

« Résultat : les enfants dyspraxiques, qui ont un déficit de coordination motrice, estiment les nombres de manière moins précise que ceux du groupe témoin ; […]  Il existe donc chez les enfants dyspraxiques une imprécision de la perception des quantités numériques […]»

Oui, les enfants dyspraxiques utilisent les concepts mathématiques ! – Article INSERM 4/10/2016

 

 

Ce dénombrement est la pierre fondatrice des mathématiques. Si la procédure technique des opérations en elle-même ne pose pas de difficultés majeures (une fois les gabarits d’opération mis en place), le calcul mental, le choix des opérations, les fractions… seront, quant à eux, bien plus problématiques.

 

L’urgence est alors de donner des représentations mentales de grandeur justes

 

Exemples d’exercices demandant une bonne stratégie du regard : 

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Le choix de l’opération.

En effet, si le dénombrement n’est pas mis en place de manière efficace, comment faire, par la suite, pour choisir la bonne opération ?

Quand le nombre n’a pas de quantité fiable, il devient alors compliqué de le manipuler.

 

Conséquences (liste non exhaustive) :

  • Le passage à la dizaine est souvent compliqué.
  • La soustraction ne peut être vue comme la réversibilité de l’addition (5+2 = 7/ 5 + … = 7 / 5 = 7 – 2
  • La multiplication n’est pas vue comme la simplification d’une addition ( 2+2+2+2 = 4*2 = 8 ), mais comme une série de nombres à savoir par cœur.

 

Parce que pour calculer, il faut activer le dénombrement.

Comme ces enfants sont intelligents, ils vont essayer de passer outre ces représentations mentales et tenter de mettre du sens ou de palier par un apprentissage par cœur.

Et quand arrivent les situations de problème, ils ne savent plus quelles opérations choisir.

Et par la suite comme leur faire comprendre/admettre que x devient un nombre et leur faire manipuler les notions abstraites ?

 

Attention, ils n’ont pas de difficultés dans les techniques opératoires elles-mêmes (une fois qu’elles ont été adaptées).

Exemple d’adaptation de technique opératoire (addition) :

 

gabarit

 

 

Pour ne pas s’y tromper

 

“Le sens du nombre est perturbé chez les enfants dyspraxiques, mais pas leur compréhension des concepts” affirme Caroline Huron (chercheuse à l’Inserm, maman d’une jeune dyspraxique et fondatrice du “Cartable fantastique

 

 

Les dyspraxiques sont tout à fait capables de comprendre les concepts mathématiques. Je vois d’ailleurs des jeunes réussir brillamment dans des filières scientifiques. C’est pourquoi il est important que cette notion de nombre soit mise en place correctement et précocement

 

Les schémas du mathématicien, comme ceux du peintre ou du poète, doivent être beaux. Les idées, comme les couleurs ou les mots, doivent associées de manière harmonieuse. La beauté est le premier test ; il n’y a pas de place durable dans le monde pour des mathématiques laides ! “.

G.H Hardi, mathématicien britannique (A Mathematician’s Apology – 1940)

 

La suite … Que faut-il faire pour les aider ?

 

 

La dyspraxie : le handicap fantôme!

Mamanpourlavie.com

Les enfants atteints de dyspraxie semblent généralement « normaux ». Ils ont l’air de bien fonctionner, mais en sont souvent incapables de façon parfaitement autonome. Levons le voile sur la dyspraxie!

La dyspraxie est probablement le handicap invisible le plus subtil de tous les handicaps physiques.

Mais qu’est-ce que la dyspraxie?

La dyspraxie est une atteinte neurologique, présente chez environ 6 % des enfants, se traduisant par un trouble, plus ou moins sévère, de la planification et de la coordination des mouvements nécessaires à l’exécution d’une action volontaire. Cela se traduit par une difficulté à penser et à organiser une action dans sa tête et à rendre cette action de plus en plus automatique de façon à l’exécuter sans y repenser.

La dyspraxie n’est pas
  • Une déficience intellectuelle
  • Une paralysie cérébrale
  • Un trouble du comportement
  • De la paresse ou du désintérêt
  • De la dysphasie ou de la dyslexie
Le drame du handicap invisible

Les enfants atteints de dyspraxie semblent généralement « normaux ». Ils ont l’air de bien fonctionner, mais en sont souvent incapables de façon parfaitement autonome. Ils possèdent souvent de bonnes habiletés de langage, certains parlent même beaucoup et ont un bon vocabulaire. Tout de même, dans la généralité des cas, ils sont incapables de bien exprimer leurs pensées et leurs émotions.

Pour ces raisons, il survient d’énormes malentendus. En fait, l’invisibilité de ce handicap provoque beaucoup de méprises. Les enfants dyspraxiques doivent constamment avoir une famille pour les introduire dans la société et à l’école. De cette invisibilité du handicap naît la difficulté pour les parents à le faire reconnaître.

S’il est si difficile de percevoir la dyspraxie pour les gens qui côtoient ces enfants à l’occasion, il est très évident pour les parents que quelque chose « cloche » dès la période préscolaire.

Comment reconnaître les symptômes. Mon enfant …
  • est souvent maladroit. Il renverse, casse, échappe, et souille ce qu’il touche.
  • n’arrive pas à s’habiller, se laver, s’essuyer correctement.
  • mange gauchement et n’arrive pas à couper ses aliments.
  • égare et oublie ses effets personnels et n’arrive pas à les ranger et à les organiser.
  • n’aime pas les jeux de stratégies, de construction et les casse-tête.
  • a beaucoup de mal à écrire et ses dessins sont très pauvres et inadéquats pour son âge. Ce problème demeure permanent malgré tous les efforts.
  • ne peut se servir de ciseaux correctement.
  • oublie les instructions et consignes, pour toutes les tâches scolaires.
  • a du mal à envoyer et à attraper un ballon et il lui est difficile de pédaler à vélo.

En tant que maman d’un enfant dyspraxique, avant de pouvoir observer tous ces symptômes qui arrivent souvent vers l’âge de 2 ou 3 ans, j’ai pu observer que mon enfant avait parlé tardivement et difficilement. Nous avons, donc, suivi un programme offert aux parents pour aider leurs enfants à développer ses habiletés de langage. Il s’agit de la méthode Hanen qui est souvent dispensée par les CLSC et dans les Centres de réadaptation, et est donné par les orthophonistes. Ma fille a également rampé et marché à quatre pattes beaucoup plus longtemps que les standards de normalité. Avec le recul – sachant que la dyspraxie est un trouble moteur -, c’était déjà là les premiers symptômes de la dyspraxie.

Bien entendu, tous les enfants qui parlent et marchent tardivement ne sont pas atteints de dyspraxie, mais sachez que nous avons un instinct de maman qui dépasse parfois les technicalités de spécialistes. C’est pourquoi il ne faut pas hésiter à consulter un neuropédiatre plutôt qu’un médecin de famille lorsqu’on a de forts doutes que notre enfant puisse être atteint de dyspraxie. Plus le diagnostic sera fait tôt, plus votre enfant pourra aller en réadaptation rapidement. Idéalement, le diagnostic doit être posé avant l’entrée à l’école.

Concrètement…
  • L’enfant dyspraxique a une mémoire incroyable, surtout pour ce qu’il apprend avec son cœur… ou par cœur! Par contre, sa mémoire est divisée par boîtes qui n’ont aucun lien entre elles. Il y a plein de connaissances qui s’empilent et s’emmêlent à travers un capharnaüm incroyable.
  • Il n’y a pas de fil d’Ariane… qui permet une classification et une organisation de ces connaissances par catégorie. C’est souvent les derniers apprentissages ou les sujets traités récemment qui ressurgissent au moment d’un questionnement chez ces enfants. Par exemple, l’enfant a lu l’histoire d’une jeune fille qui pratiquait avec passion le patin artistique. Si on lui demande quel est son sport préféré, il est probable qu’il vous affirme que c’est le patin. Il se sert des dernières informations reçues pour les intégrer dans sa propre vie.
  • L’enfant dyspraxique n’a pas ce qu’il faut pour gérer les informations de façon à les interrelier de façon cohérente. Il peut connaître l’histoire d’un livre par cœur et être incapable de la raconter par séquences logiques.
  • Lorsqu’il écrit, son histoire est dans sa tête en un bloc, mais il s’y perd pour la mettre sur papier.
  • Cet enfant vous demandera d’être patient lorsqu’il vous explique quelque chose; les idées sortiront de façon décousue et sans aucun lien entre elles. Il vous faudra faire du ménage à travers tout cela et retourner questionner l’enfant pour établir le fil d’Ariane…
  • Au plan socio-affectif, il sera très craintif et déstabilisé devant la nouveauté et aura une faible tolérance à la frustration. On remarquera aussi de la maladresse en relation avec les autres. Il manquera de censure verbale ou physique et agira de façon parfois inadéquate pour le moment vécu.

La dyspraxie est diagnostiquée par un médecin, le plus souvent par un neuropédiatre. De plus, des évaluations en ergothérapie et en neuropsychologie servent souvent à confirmer le diagnostic et à orienter la prise en charge en réadaptation.

Par Sylvie Breton, vice présidente de l’Association québécoise pour les enfants dyspraxiques et co-auteure de Mon cerveau ne m’écoute pas – comprendre et aider l’enfant dyspraxique

Enfants dys : comment les aider ?, La Maison des Maternelles, 4 janvier 2017

Maximilien, 8 ans, est dyspraxique et présente un trouble de l’attention. Au quotidien, ses parents l’aident à surmonter cette situation avec plein d’astuces ingénieuses pour lui faciliter la vie.

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Dyslexique, dyspraxique, dyscalculique, dysphasique… A l’école, dans chaque classe entre un et deux élèves est touché par l’un de ces troubles des apprentissages.
Un problème neurologique, difficile à déceler mais qui peut empêcher un enfant d’apprendre à lire, à écrire ou coordonner ses mouvements.