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Qu’y a-t-il à l’intérieur du cerveau des surdoués ?

Sciences et Vie

IRM du cerveau, montrant la matière grise en vert.

Les enfants surdoués ont un cerveau qui se développe de manière un peu différente des autres : le cortex s’épaissit plus longtemps, la matière blanche aussi, au niveau du corps calleux. Résultat : ils apprennent davantage et réfléchissent plus vite.

Le génie ne se repère pas seulement au travers d’une œuvre ou de théories, il se voit aussi à l’IRM. Les techniques d’imagerie cérébrale ont ainsi révélé que le cerveau de jeunes individus doués d’une intelligence supérieure, mesuré par un Q.I. supérieur à 120, se distinguait par l’épaisseur de son cortex.

Chez les enfants surdoués, cette couche externe du cerveau constituée de matière grise, où naissent le raisonnement et l’intuition, évolue différemment en fonction de l’âge et de l’intelligence : alors que le cortex des enfants d’intelligence normale à élevée (Q.I. entre 83 et 120) atteint son épaisseur maximale vers l’âge de 7 ans, puis s’amincit jusqu’à 19 ans, celui des surdoués est plus mince avant 7 ans mais continue de s’épaissir jusqu’à 11 ans, avant de s’affiner plus rapidement.

Or, l’épaisseur du cortex dépend non seulement du nombre de neurones et de synapses qui les relient, mais aussi de la quantité de cellules gliales (les cellules de soutien des neurones), ou encore de la présence de la gaine de myéline entourant les axones – les prolongements des neurones – et assurant la transmission de l’information. Vers 7 ans, le cortex des enfants d’intelligence standard s’amincit en éliminant des connexions inutiles entre neurones au profit de l’apprentissage : l’enfant accumule des connaissances et, pour cela, son cerveau renforce des voies de traitement de l’information (calcul, écriture, langage).

Le cerveau des surdoués : plus de place, plus de vitesse, plus de synergie

Chez les surdoués, non seulement les neurones et leurs connexions se développent encore passé l’âge de 7 ans, ce qui leur permet d’assimiler plus de connaissances que les autres enfants, mais en plus, un plus grand nombre de neurones sont enrobés de myéline, ce qui accélère le traitement de l’information. Résultat : les surdoués jouissent de capacités cognitives plus grandes et d’une analyse plus rapide.

Seconde différence physiologique : les voies de communication entre les différentes parties du cerveau sont plus denses et plus robustes. Les faisceaux de fibres nerveuses sont plus développés dans le corps calleux, qui relie les deux hémisphères, et dans le faisceau longitudinal, qui assure la liaison entre la partie avant et la partie arrière du cerveau. Ce qui conférerait aux surdoués une synergie optimale entre différentes zones du cerveau, par exemple l’attention et la mémoire pour résoudre un problème de maths.

Finalement, le cerveau des génies a beau être le même que celui du commun des mortels, il semble formaté pour fonctionner de manière optimale et c’est cela qui fait la différence.

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Un dispositif pour mieux accompagner les enfants précoces au collège à Bourg-de-Péage

Par Nathalie Rodrigues, France Bleu Drôme-Ardèche et France Bleu lundi 23 octobre 2017 à 6:42

Le collège de l'Europe à Bourg-de-Péage (Drôme)
Le collège de l’Europe à Bourg-de-Péage (Drôme) © Radio France – Nathalie Rodrigues

Un dispositif a été mis en place à la rentrée au collège de l’Europe à Bourg-de-Péage (Drôme) pour mieux accompagner les enfants à haut potentiel, faire en sorte qu’ils ne s’ennuient pas et donc ne décrochent pas en classe. « Une première dans la Drôme » explique l’établissement.

L’Education Nationale n’a pas généralisé les dispositifs pour mieux accompagner les élèves intellectuellement précoces. C’est au bon vouloir des établissements.

Au collège de l’Europe à Bourg-de-Péage, une enseignante d’anglais, Florence Gonguet-Rey, était sensible à la question. Elle même a un enfant précoce. Elle a suivi des conférences, une formation, et elle a suggéré l’idée d’un accompagnement spécifique à l’établissement. L’équipe s’est inspirée de ce qui se faisait au collège des Battières à Lyon et espère inspirer à son tour d’autres établissements.

Des aménagements au cas par cas

Les enfants précoces ont été listés. Ils seraient potentiellement une cinquantaine sur 767 élèves. Mais pour l’instant, six adolescents sont vraiment inscrits dans le dispositif. Ils peuvent choisir un tuteur avec qui ils parlent une fois par semaine de leurs difficultés; le tuteur fera le lien avec les professeurs.

Florence Gonguet-Rey, professeur référente du dispositif élèves précoces

Les enseignants du collège ont tous été sensibilisés à la rentrée. Ils ont accès à une fiche où sont indiqués les besoins particuliers de tel ou tel enfant précoce : l’un sera autorisé à aller au CDI ou à ouvrir un livre s’il finit son exercice plus tôt que les autres ; un autre sera invité à aider ses camarades ; un autre encore ira suivre une partie des cours dans le niveau supérieur, dans une classe de 4ème si il est en 5ème par exemple. Il n’y a pas de schéma type, les aménagements se font au cas par cas, selon le profil de chaque élève.

Eviter que les enfants ne s’ennuient et décrochent

On pourrait se dire que l’école est facile pour ces élèves intellectuellement précoces. Mais il faut cultiver chez eux le goût de l’effort et faire en sorte qu’ils ne décrochent pas en cours.

Françoise Rasser, principale adjointe au collège de l’Europe de Bourg-de-Péage

Et faire sauter des classes n’est pas toujours la solution. Le fils de Karine, aujourd’hui en 4ème, a déjà zappé le CM1 pour passer au CM2. Aujourd’hui, elle ne souhaiterait pas qu’il saute un niveau à nouveau.

Karine, maman d’un adolescent intellectuellement précoce

Le dispositif d’accompagnement mis en place au collège de l’Europe ne coûte pas cher, simplement une reconnaissance pour les professeurs impliqués explique la principale adjointe.

Surdoué, douance ou haut potentiel, quelle différence ?

MonPsychologie

On les dit surdoués, précoces, ou encore  hauts potentiels. Ces terminologies sont aujourd’hui employées indifféremment pour parler de certains enfants ou adultes aux capacités exceptionnelles. Pourtant, elles ne sont pas synonymes. Chacune renvoie à une façon spécifique de considérer ces talents à part et d’aider ceux qui les possèdent à en tirer parti.

par Valérie Pennequin, professeur en psychologie du développement et psychologie cognitive et Elodie Tricard, doctorante en psychologie, à l’Université François-Rabelais de Tours, publié initialement sur The Conversation

 The Conversation

Surdoué, douance ou haut potentiel ?

Sommaire



Il peut être réconfortant, dans nos sociétés modernes valorisant l’intelligence, de se considérer comme surdoué. Dans l’esprit de la plupart de nos concitoyens, ce mot évoque des personnes « trop intelligentes pour être heureuses », pour reprendre  le titre du premier best seller en France sur le sujet, écrit par la psychologue Jeanne Siaud-Facchin. Selon cette auteure, une intelligence supérieure à la moyenne pourrait entraîner des problèmes d’adaptation scolaire, émotionnelle et sociale. Ainsi la «  douance » peut constituer une explication valorisante à qui se vit en situation d’échec sur ces différents plans.

Si je me suis ennuyé à l’école, si j’ai eu de mauvais bulletins scolaires, si j’ai un penchant pour la solitude ou que je suis souvent à fleur de peau, se pourrait-il que je sois un surdoué non détecté ? Face à ce questionnement, la tentation est grande de se précipiter sur un test de quotient intellectuel (QI) disponible sur Internet. Or il mérite une réflexion bien plus approfondie, si l’on veut véritablement en retirer un bénéfice.

Le talent comme un « don »

Le terme de surdoué – le plus courant – renvoie au fait de posséder un don. Ce dernier peut être vu, selon la grille de lecture du monde propre à chacun, comme un cadeau de l’hérédité, du hasard ou encore de Dieu. L’image qui vient est celle des bonnes fées se penchant sur le berceau de l’enfant, comme dans le conte de la Belle au Bois Dormant, dotée dès la naissance de la beauté, de la grâce ou de l’esprit. Le surdouement est considéré comme un « surplus » de capacités, comparées à celles des autres. Il y a, dans cette conception, un certain déterminisme, sous entendant que l’individu n’a pas de contrôle sur le talent qu’il a reçu.

La notion de précocité, elle, renvoie à un point de vue différent, celui du développement de l’individu au cours de sa vie. Le psychologue Todd Lubart, professeur à l’université Paris Descartes, l’explique plus en détail  dans l’ouvrage collectif qu’il a coordonné en 2006. Ce terme correspond à une conception linéaire du développement des capacités intellectuelles de l’individu, de sa naissance à l’âge adulte, théorisée par le psychologue suisse  Jean Piaget au milieu des années 1960.

Ainsi les précoces le seraient essentiellement dans leur scolarité, considérés comme « en avance » sur la majorité des élèves du même âge. Le système scolaire leur propose d’ailleurs parfois de « sauter » une classe. Cette conception a cependant été remise en question par les recherches plus récentes en psychologie. De nombreux travaux ont montré que le développement intellectuel subissait des accélérations importantes à certaines périodes, mais aussi des régressions à d’autres. On peut par exemple observer chez l’adulte des erreurs grossières de raisonnement logique, alors que le bébé, lui, se montre bien plus logique qu’on ne croyait, comme l’a montré  le psychologue français Olivier Houdé en 1995. La notion de précocité s’avère donc bien plus complexe qu’envisagé initialement.

La compétence peut être visible, ou pas

Le terme de haut potentiel, lui, est plus subtil et sans doute plus utile. Il fait référence à la différence entre la compétence d’une personne et sa performance. En effet, ce qu’elle me montre – sa performance – ne correspond pas toujours à ce qu’elle est réellement capable de faire – sa compétence. Cette différence existe chez tout un chacun, y compris chez les hauts potentiels.

Le haut-potentiel, donc, aurait un potentiel particulier, autrement dit des facilités dans un domaine précis. Et celui-ci pourrait ou non être exploité selon l’environnement dans lequel la personne évolue, comme l’explique le psychologue américain  Joseph Renzulli dans son article  paru en 2006 dans le Bulletin de psychologie. Ainsi on peut être haut potentiel et ne pas montrer de « talent », mot qui se réfère à la performance observable.

Pour mieux saisir ce paradoxe, on peut faire le parallèle avec un potentiel de nature physique. Un enfant hyperlaxe, par exemple, possède une très grande élasticité de certains muscles, tendons et ligaments ; il a donc un potentiel élevé au niveau de sa souplesse. Si l’enfant est né dans le milieu du cirque, il est possible qu’il devienne contorsionniste. Dans le cas contraire, il se peut qu’il n’exprime jamais comme talent ce potentiel de souplesse, et que celui-ci demeure caché. Ainsi, on peut se demander si Mozart serait devenu le grand compositeur qu’il fût, s’il était né dans une famille ne pratiquant pas du tout de musique.

Un potentiel dans le sport ou la musique

Les personnes à haut potentiel sont donc plus nombreuses que les personnes talentueuses, puisque tous les hauts potentiels n’auront pas eu les conditions favorisant l’expression de cette potentialité.

Il est important de préciser qu’on peut être haut potentiel dans des domaines non intellectuels. On le comprend mieux en se penchant sur le modèle des intelligences multiples, développé par le psychologue américain  Howard Gardner en 2004. Si cette théorie est trop peu vérifiée scientifiquement pour être utilisée en recherche, elle a le mérite d’attirer l’attention sur des domaines peu valorisés à l’école comme le sport, la musique, le dessin, la capacité à l’introspection ou encore le charisme. En effet, son auteur plaide en faveur de l’existence de huit formes d’intelligence distinctes, indépendantes les unes des autres. Certaines sont celles que nous rangeons habituellement derrière la notion d’intelligence, comme l’intelligence verbale et logico-mathématique. D’autres sont plus atypiques, comme l’intelligence musicale-rythmique ou corporelle.

On pense trop souvent que le haut potentiel est uniquement une question de quotient intellectuel (QI). La mesure du QI est effectuée par les psychologues à l’aide de tests psychométriques (qui permettent de mesurer une aptitude et de la comparer à une norme), notamment pour les enfants le WISC IV et depuis moins d’un an le  WISC V, et pour les adultes le  WAIS IV. Cependant, deux chercheurs en psychologie sont venus montrer que le QI élevé était une condition nécessaire, mais pas suffisante pour identifier une personne à haut potentiel.

Des qualités nécessaires d’enthousiasme et de persévérance

Le psychologue Joseph Renzulli, d’abord. Dans  son modèle élaboré en 2002, il estime que l’expression d’un haut potentiel nécessite la réunion de plusieurs facteurs. Il cite, en particulier, des aptitudes intellectuelles élevées (qui peuvent être mesurées par le QI) ; de la créativité (capacités à produire des réponses originales) mais aussi un engagement élevé, c’est-à-dire une motivation personnelle forte impliquant l’intérêt, l’enthousiasme, la curiosité, la persévérance, l’endurance, la confiance en soi et le besoin d’accomplissement.

Dans cette théorie, le haut potentiel peut tout à fait être vu au départ comme un « don ». Cependant celui-ci doit d’abord être identifié, puis investi par la personne elle-même et son entourage, qui mettront tout en oeuvre pour l’exprimer en talent.

De son côté, le  psychologue canadien Françoys Gagné a publié  son modèle en 2004. Selon lui, il existe trois types de catalyseurs permettant l’expression d’un haut potentiel. Le premier relève de facteurs personnels, par exemple des capacités mentales et physiques exceptionnelles, certains traits de personnalité comme l’ouverture d’esprit ou la conscience professionnelle, une motivation importante. Le second est lié à l’environnement, par exemple un milieu socio-culturel favorisant ce potentiel, des personnes bienveillantes (famille, amis, éducateurs). Le troisième catalyseur est constitué par des événements de vie, positifs ou non, comme un déménagement, le décès d’un proche ou une naissance.

Françoys Gagné met en avant un quatrième catalyseur, le hasard, qui correspond à la bonne rencontre au bon moment. Par exemple, le jeune acteur en herbe rencontre le réalisateur qui lui fera tourner son premier film à succès.

Au final, tous ces catalyseurs agiraient de concert, entraînant l’expression des capacités naturelles (le don) de la personne. Ce modèle insiste sur l’intérêt d’un milieu bienveillant, favorisant l’expression des potentialités d’une personne (enfant ou adulte), que ce soit à la maison, au travail ou dans le cadre des loisirs.

Que faire, alors, si l’on s’interroge sur ses propres potentialités, ou celles de son enfant ? La démarche doit passer par un psychologue capable de proposer un bilan complet. En plus d’un test de QI, il enquêtera sur les différents domaines dans lesquels une haute potentialité peut s’exprimer, en s’aidant d’outils d’évaluation reconnus que seuls des professionnels formés savent utiliser. Il sera amené à solliciter d’autres sources d’informations comme la famille, les amis, les enseignants ou les éducateurs.

Un tel bilan permet d’affirmer, avec une faible probabilité d’erreur, que vous êtes, ou pas, à haut potentiel. Toutefois, « l’étiquette » de haut potentiel n’a pas, en elle-même, grand intérêt. Le plus précieux est de pouvoir dresser le tableau de vos points forts et de vos points faibles, vous permettant de mieux vous connaître et de vous réaliser.

Pour aller plus loin : 

==>  « Les adultes surdoués souffrent d’un sentiment de décalage »

Etre surdoué : un atout ou une faiblesse ? Un grand nombre d’adultes surdoués souffrent de leurs aptitudes pourtant exceptionnelles, qu’ils vivent parfois même comme un handicap. Monique de Kermadec, psychanalyste, accompagne depuis des années ces personnes hors normes. Et les aide à faire de leur différence une véritable richesse en leur apprenant à mieux se connaître. Entretien.


 

Ecole : Faut-il arrêter d’apprendre à écrire à la main?

Faut-il arrêter d'apprendre à écrire à la main?

Alors que les Etats-Unis envisagent d’abandonner l’enseignement de l’écriture cursive au profit du clavier, les neuroscientifiques s’interrogent: quelles conséquences aura cette nouvelle pratique de l’écrit sur notre cerveau?

« Nous assistons à une profonde mutation de l’écriture dont nul ne connaît les conséquences sur notre système cognitif », s’inquiète Jean-Luc Velay, chercheur au CNRS. Il se passe quelque chose! Mais quoi?

La question fait déjà débat aux États-Unis où, entre 2010 et 2014, l’enseignement de l’écriture cursive, remplacée par un apprentissage sur clavier, est devenu facultatif dans les écoles de plusieurs États.

Apprendre à écrire sur un clavier diminue la capacité à lire!

Ce changement dans la pratique a en effet un pendant cérébral. L’apprentissage de l’écriture construit un circuit neuronal complexe liant les zones du langage et de la pensée avec celles de la motricité fine de la main. Ce qui expliquerait que l’écriture devienne automatique… Et aussi que ce geste cognitif aide à la lecture.

Mais avec un clavier la main dominante disparaît (on utilise les deux), et la fonction de motricité fine n’est plus sollicitée (on tape sur une touche). Surtout, le lien entre lettre et geste est découplé: le mouvement devient le même, quelle que soit la lettre. « Cette modification dans l’apprentissage, précise Jean-Luc Velay, change des représentations mentales ou cérébrales de la langue, des aptitudes à la lecture, voire des aptitudes cognitives plus générales. »

Lire sur écran empêche de bien saisir les abstractions

En effet, plusieurs études portant sur des enfants et des adultes ont montré que l’apprentissage sur un clavier diminue presque toujours la capacité à reconnaître les lettres durant la lecture! Et la rend donc plus lente et plus énergivore pour le cerveau.

Plus impressionnant encore: une récente expérience américaine menée sur la compréhension d’un texte, a montré que les lecteurs sur écran intégraient mieux que les lecteurs sur papier l’aspect concret d’un texte, mais moins bien ses enjeux abstraits… Est-ce à dire que la nouvelle écriture-lecture numérique est un risque pour le système cognitif d’Homo sapiens?…

Cet extrait d’article vous a plu? Découvrez la suite dans notre dossier « L’écriture – Comment elle a changé le monde »

À la rentrée 2017, les élèves suivront des « cours d’attention » grâce au programme Atole

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22 juin 2017

« Nous voulons offrir aux enfants les moyens de ressentir le plaisir d’être vraiment connectés à ce qu’ils font. »

Getty Images
De la grande section de maternelle jusqu’en cinquième, les élèves décortiqueront le système attentionnel.

ÉDUCATION – Les écoliers vont être gâtés à la rentrée. De la grande section de maternelle à la 5e, ils auront droit à des « cours d’attention ». Parlons plutôt de moments dédiés pendant lesquels leurs professeurs raconteront ce qu’est l’attention et surtout, comment la garder.

Le programme s’appelle Atole pour « Attentif à l’école ». Il a été mis en place par Jean-Philippe Lachaux, chercheur en neurosciences de l’attention au Centre de recherche de Lyon, rencontré à l’édition 2017 de l’Échappée volée.

« On amène d’abord les enfants à comprendre comment leur attention fonctionne de l’intérieur, explique le scientifique au HuffPost. C’est un phénomène biologique soumis à des lois. On leur apprend à reconnaître ce qui les distrait et à réagir pour se concentrer à nouveau. »

« Nous sommes dans une gloutonnerie attentionnelle »

« Le but de l’attention est de faire la sélection entre tout ce qui nous arrive, de nos pensées à la jungle de choses qui nous entoure, précise-t-il. Nous en prenons une partie pour la traiter en profondeur. Mais plus il y a de choses, plus il est difficile de rester attentif. »

« Le cerveau filtre ce qui lui semble important. L’attention est une mesure de la valeur que l’on accorde aux choses, aux autres. La distraction provient d’un problème d’alignement des priorités. Nous sommes aujourd’hui dans une gloutonnerie attentionnelle. Jusqu’à l’écœurement. Notre attention est distraite, séparée, tirée entre plusieurs objets. Nous devons organiser une forme de résistance et offrir aux enfants les moyens de ressentir le plaisir d’être vraiment connectés à ce qu’ils font. »

« Les enseignants avaient repéré ce problème chez de nombreux élèves, assure Sylvie Coustier, conseillère pédagogique adjointe de l’inspecteur de l’Éducation nationale dans l’agglomération lyonnaise. Ils se plaignaient de voir que l’attention était de plus en plus fugitive. Maintenir la concentration de 25 à 30 enfants toute une journée, c’est un vrai défi dans notre métier ».

Arte
Jean-Philippe Lachaux, dans une classe, pour expliquer l’attention.

Maintenir l’attention des élèves, un vrai défi

Lesdits enseignants font remonter l’information aux inspecteurs académiques lyonnais. Lesquels sont ravis quand Jean-Philippe Lachaux leur demande s’il peut effectuer des tests de l’attention auprès des élèves directement dans les classes. Pendant plus de six ans, le chercheur s’immerge dans des classes de tous âges. Il fait le constat qu’il y a un vrai besoin de mobilisation de l’attention.

Ensuite, le chercheur repère ce que les enfants sont en capacité de comprendre et de réinterpréter et écoute studieusement les remarques des professeurs. Résultat, Atole est le produit de six ans d’aller-retours avec les enseignants et inspecteurs pédagogiques. Le programme compte déjà plus de 1200 participants, dans une quarantaine de classes.

JP Lachaux

Une première française

« Il n’existe pas d’étude scientifique qui ait mesuré l’attention des Français, explique Jean-Philippe Lachaux. Nous ne pouvons pas dire de manière exacte que l’attention des enfants a décru ces dernières années. Seul le constat des professeurs prévaut dans la mise en place d’Atole. En revanche, nous avons mené une étude à partir de 2011 sur une population de 1200 enfants, en classe. »

Elle sera publiée sous peu. Elle permet d’estimer le niveau d’attention de cette population et de créer des moyennes et des niveaux. « Dans dix ans, il faudra refaire les mêmes tests sur d’autres enfants du même âge et là, nous aurons un indicateur fiable de l’attention », avance le neuro-scientifique.

En revanche, une chose est sûre et prouvée scientifiquement: les troubles de déficit de l’attention dits TDAH sont en augmentation dans les pays développés depuis une dizaine d’années. Ils ont fait un bond de 43% chez les enfants et adolescents aux Etats-Unis entre 2003 et 2011. Dans le monde, ces troubles affectent 5 à 9% des enfants de 6 à 12 ans. En France, une étude de 2013 a démontré qu’ils concernaient 3,5% des enfants de cette tranche d’âge.

Sur l’ensemble du territoire

À la rentrée, Jean-Philippe Lachaux estime qu’Atole sera disponible sur l’ensemble du territoire national, en fonction de l’intérêt des enseignants et des académies. Ceux qui n’auront pas la chance de voir le chercheur intégrer une de leurs classes pourront se procurer les dix fiches qu’il a rédigées à destination des professeurs. Jean-Philippe Lachaux songe aussi à créer un site web à destination du grand public pour donner un plus large accès au programme.

À l’automne, l’Académie du Rhône mettra en place un module de formation numérique pour les enseignants volontaires, en partenariat avec l’Inserm.

« Il faut concevoir Atole comme un nouvel outil dans la palette pédagogique du professeur, précise le chercheur. Pour que chacun ressente à quel point c’est agréable de n’avoir qu’une chose à faire, sans se poser de question. »

En quoi consistent les exercices?

Il y a d’abord « la poutre ». Elle sert à mesurer la difficulté d’une tâche. Si l’élève la qualifie de large et courte, c’est qu’il perçoit que la tâche sera facile. S’il la voit comme longue et étroite, ce sera une autre paire de manches. Quand il sent que son attention se dilue, il dit « Ah je suis tombé de ma poutre ». Cette phrase lui permet de remonter dessus.

Il y a ensuite « le mode marionnette ». La plupart des gestes que font les enfants en période d’inattention sont comme pilotés de l’extérieur. « On leur explique qu’ils sont alors comme des marionnettes et qu’ils peuvent devenir les pilotes de leurs actions et décisions.

Dans le même ordre d’idée, Jean-Philippe Lachaux a remarqué que le mot « contact » était plus efficace que la formule « écoutez-moi ». Les enfants comprendraient que l’attention les met en contact avec un élément important, un objet ou une personne. « Dès que le mot est prononcé, ils lèvent la tête. »

JP Lachaux/Atole
Pictogramme affiché sur les murs de la classe pour se souvenir que l’on peut prendre des décisions seuls si l’on reste attentif.

Pour traduire une consigne en tâche, il y a les personnages de « Maxi moi » et « Mini moi ». Le premier va comprendre la directive entière et définir les tâches successives à effectuer. Il va déléguer ces tâches aux Minis mois. Pour un exercice niveau CE2, « Trouver les verbes dans un texte », Maxi moi comprend l’ensemble. Un premier Mini moi lit le texte, le second Mini moi trouve le premier verbe, un troisième l’inscrit dans le cahier, et ainsi de suite. »

JP Lachaux/Atole

Cette enseignante a fait d’Atole une aide quotidienne. « J’utilise le jeu des trois ‘A’, raconte Stéphanie Leautier-Massire. Un rouge, un orange, un vert. Quand je veux vraiment leur attention, je leur montre l’une des trois lettres et ils choisissent le degré d’attention dont ils vont avoir besoin pour accomplir l’exercice que je leur donne. »

Avec sa classe de CE2, elle leur a fait repérer les signes de la perte d’attention. « J’ai joué la personne inattentive. Les enfants me racontaient une histoire et je regardais ailleurs. Ils m’ont tout de suite dit ‘là, tu n ‘es plus attentive’. Aujourd’hui, ils le repèrent chez eux directement ou chez leurs copains. Ce travail collectif ôte la sensation de culpabilité que peut ressentir un enfant si on lui dit régulièrement ‘tu n’écoutes pas’. »

Atole/JP Lachaux
Autre exemple de pictogramme affiché dans les classes.

Enfants en progrès

D’après l’expérience de cette enseignante, la méthode semble payante. « J’ai beaucoup d’enfants en progrès depuis que j’ai mis ces petits jeux en place. Des élèves en difficulté en début d’année, parce qu’ils bougent beaucoup, qu’ils brassent du vent, arrivent à se recentrer. Ils savent que leur attention doit être soutenue s’ils veulent réussir tel ou tel exercice. Ils ont les clés pour se donner toutes les chances d’y arriver. J’ai aussi l’exemple d’un enfant très angoissé dès qu’une nouvelle activité était proposée. Il a réussi cette année à être autonome dans ses activités. Sa mère était très étonnée de ce changement. »

Stéphanie Leautier-Massire a remarqué que le fait de décomposer les tâches leur était le plus utile. « Je les mets dans des situations du quotidien, ça les aide à se repérer. Par exemple, leur mère leur dit de se laver, mais sur le chemin, il y a un jouet. Et bien, par eux-mêmes, ils ont appris à ne pas s’arrêter en route. »

Préférer se laver plutôt que jouer… À ce stade, ce n’est plus de l’apprentissage, c’est de la magie.

 

Et s’il était vraiment précoce ?

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Enfant précoce

Et s’il était vraiment précoce ?

Il ne tient pas en place ou s’ennuie en classe. De plus en plus de parents s’interrogent…

Par Valérie Josselin – Photo : ©Getty Images

Comment détecter un enfant précoce et comment l’aider ?

Les jeunes prodiges nous ont toujours fascinés, comme cet enfant mexicain de 6 ans qui fait le tour du monde sur les réseaux sociaux parce qu’il donne des cours à la faculté de médecine. En France, le Dr Olivier Revol, l’un des spécialistes de la précocité intellectuelle, a, lui, vu décoller les ventes de son livre 100 Idées pour accompagner les enfants à haut potentiel. Un succès qui s’accompagne de cet autre constat : les parents sont de plus en plus nombreux à consulter pour leurs enfants qu’ils pensent précoces. Aujourd’hui, on aurait tendance à voir des surdoués partout, surtout que ces capacités hors normes peuvent se révéler au grand jour ou rester cachées, ce qui provoque notamment des troubles de l’apprentissage. Le nombre de jeunes HPI (à haut potentiel intellectuel) serait-il en augmentation ?

Des « surdoués » en échec scolaire ?
Disons-le tout de suite, le chiffre de 2,2 % d’enfants ayant obtenu un score d’au moins 130 sur les échelles d’intelligences de type Wechsler – le quotient intellectuel moyen étant de 100 – reste relativement stable sous toutes les latitudes ! Pour la sociologue Kathleen Tamisier, « l’évolution des connaissances, l’intérêt croissant des parents pour la psychologie et le devenir de leur enfant explique, avant tout, cet emballement ». Aujourd’hui, des travaux scientifiques sur le fonctionnement cérébral des enfants à haut potentiel ont mis en lumière l’existence de deux grands profils d’enfants HPI : les « laminaires », qui constituent la majorité, et les « complexes ». Les premiers sont bien repérables par leurs capacités cognitives, une plus grande rationalité, un raisonnement plus déductif et un comportement mieux adapté à l’environnement. Les seconds sont moins « académiques », plus créatifs, plus intuitifs. Ils réclament plus d’attention en raison d’un grand manque de confiance en eux. Ces enfants se sentent en général différents, ne rentrent pas dans le moule et cherchent souvent à se normaliser. Au lieu de montrer leurs connaissances, ils préfèrent se mettre en retrait, allant jusqu’à brouiller les pistes pour les enseignants, qui commenteront : « Ne fais pas d’efforts en classe », « Ne s’implique pas », « Dans la lune »… Nous sommes nombreux à pouvoir y reconnaître notre progéniture ! « Les psys ont parfois souligné à l’excès les « risques » de la précocité intellectuelle, devenue synonyme de souffrances, de désocialisation et de parcours scolaire chaotique, si bien qu’à la moindre difficulté les parents sont tentés net, est ler de faire le rapprochement », souligne le pédopsychiatre Gabriel Wahl. Pour Kathleen Tamisier, « certains souhaitent tellement que leur enfant soit surdoué qu’ils exacerbent le moindre indice, mais ce n’est pas parce qu’un enfant s’ennuie à l’école qu’il est précoce ! » Pourtant, qu’importe si les parents se trompent… Pour le pédopsychiatre, mieux vaut consulter en cas de doute : « Il me paraît légitime que, dans une société compétitive où la scolarité détermine toute une existence, les parents aillent jusqu’au bout de leurs interrogations, surtout lorsqu’ils sont confrontés à des difficultés scolaires, comportementales ou relationnelles. »

Des tests toujours utiles
D’autant que les projections excessives concernent en fin de compte une minorité de parents. Par exemple, le père de Lise, 14 ans, a dû, lui, résister à l’idée de faire sauter une classe à sa fille. « Lise a toujours été très éveillée, raconte-t-il. Elle a appris à lire avant 6 ans et on nous conseillait de la faire passer directement de la dernière année de maternelle au CE1. Nous n’étions pas d’accord. On lui a fait passer un test qui a finalement révélé qu’elle n’était pas à haut potentiel. Aujourd’hui, Lise est restée une très bonne élève, bien dans ses baskets, qui poursuit une scolarité normale dans le public. » Le plus souvent, c’est l’inquiétude qui pousse les familles à s’interroger. Cela a été le cas de Laura, mère d’un petit garçon de 4 ans. « Tous les matins, avant d’aller à l’école, Tom pleurait ou s’énervait, relate-t-elle. Il me disait qu’il n’apprenait rien à l’école, qu’il passait son temps à faire du découpage et du coloriage. Il ne voulait pas rester l’après-midi, car il voulait « profiter de sa journée ». Cela nous a mis la puce à l’oreille… » Il s’est en effet avéré que Tom était à haut potentiel. Pour le Dr Gabriel Wahl, ce sont justement des enfants comme lui qu’il faut repérer en urgence. « Il est toujours utile de vérifier la précocité d’un enfant en particulier quand il se trouve en difficulté dans sa vie sociale, familiale ou scolaire. Cela permettra de rassurer les parents en donnant du sens à certains de ses comportements et d’adapter sa scolarité, car un trop grand décalage avec les autres élèves peut générer beaucoup de souffrance. » Et si le résultat n’est pas celui attendu ? Muriel, mère de Léonard, 7 ans, le dit avec soulagement : « S’interroger sur l’éventuelle précocité de mon fils a permis de poser le diagnostic d’hyperactivité et de pouvoir enfin l’aider. »

Les parents se trompent rarement
Pour en avoir le cœur net, il n’y a qu’un seul moyen : faire passer un test de QI de type Wechsler, « le seul baromètre vraiment fiable de la précocité », assure le Dr Gabriel Wahl. Ce test est même possible à partir de 2 ans et demi pour des enfants qui, dès la naissance, ont montré des signes précurseurs. Ils ont été des nourrissons très éveillés, au regard scrutateur, qui dormaient peu, percevant avec acuité les attentes et les émotions de leurs proches. Puis ils ont parlé et/ou marché très tôt. Pourtant, certains enfants à haut potentiel peuvent présenter des retards dans ces domaines… Toute la difficulté sera là, car la précocité, c’est bien plus qu’un QI. « L’enfant à haut potentiel pourra aimer disserter sur l’origine du monde, mais ne s’endormira pas sans un bisou et son doudou », résume le Dr Wahl, qui convient que, là encore, il n’est pas facile pour les proches de s’y retrouver… Mais le pédopsychiatre l’observe : « Les parents ont très souvent un discernement et une objectivité remarquables. » Des études avancent qu’à peine 50 % des enfants identifiés comme surdoués par un enseignant se révèlent l’être après vérification. Mais le taux grimpe à 80 % quand ce sont les parents qui demandent le test. « Je me souviens d’un petit garçon de 3 ans que j’ai reçu en consultation. Quand je lui ai donné un conseil pour avancer son siège, il m’a remercié d’un « C’est une bonne technique ». Je suis resté bouche bée. Sa mère, elle, s’est amusée de mon étonnement. Elle avait une longueur d’avance sur moi. »

publié le 26 janvier 2017

Mini-stages en entreprise pendant les vacances scolaires

CCI de France, http://www.cci.fr/web/orientation-professionnelle/decouvrir-l-entreprise-et-ses-metiers/-/article/Le+mini-stage+de+d%C3%A9couverte+professionnelle/les-mini-stages-de-decouverte-professionnelle

Les mini-stages de découverte professionnelle

Explorer un métier pour bien s’orienter !

choisir son métierQue voudrais-tu faire comme métier ?
Face à la multitude de choix possible… il n’est pas si facile de répondre à cette question primordiale.
Pour tous les jeunes qui hésitent sur leur orientation, le mini-stage de découverte professionnelle est la solution.
Le mini stage, c’est l’occasion de :

  • Découvrir l’entreprise et ses différents métiers
  • Choisir sa filière et concrétiser son projet professionnel
  • Se familiariser et vivre au quotidien la réalité des professions
  • Se faire connaître d’un futur employeur pour éventuellement signer un contrat d’apprentissage par la suite

 

Le mini-stage, c’est quoi ?

 

• Quelle durée ?

• Pour qui ?

• Quand ?

• Dans quelle structure ?

1 à 5 jours en entreprise par stage

Les collégiens (4ème et 3ème) et les lycéens (quel que soit leur âge)

Pendant les vacances scolaires, y compris les grandes vacances d’été

Dans tous les types d’entreprise (publique ou privée), les associations, les professions libérales, etc.

 

 

Le mini-stage, c’est No limit !

Tu peux faire autant de stage que tu le souhaites.
Tu peux découvrir deux professions dans la même entreprise ou la même profession dans des entreprises différentes.
Dans tous les cas, il te faudra une convention pour chaque stage.

Pour en savoir plus,
Contactez le conseiller Orientation – Apprentissage (Point A)
de la CCI la plus proche.