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Et s’il était vraiment précoce ?

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Enfant précoce

Et s’il était vraiment précoce ?

Il ne tient pas en place ou s’ennuie en classe. De plus en plus de parents s’interrogent…

Par Valérie Josselin – Photo : ©Getty Images

Comment détecter un enfant précoce et comment l’aider ?

Les jeunes prodiges nous ont toujours fascinés, comme cet enfant mexicain de 6 ans qui fait le tour du monde sur les réseaux sociaux parce qu’il donne des cours à la faculté de médecine. En France, le Dr Olivier Revol, l’un des spécialistes de la précocité intellectuelle, a, lui, vu décoller les ventes de son livre 100 Idées pour accompagner les enfants à haut potentiel. Un succès qui s’accompagne de cet autre constat : les parents sont de plus en plus nombreux à consulter pour leurs enfants qu’ils pensent précoces. Aujourd’hui, on aurait tendance à voir des surdoués partout, surtout que ces capacités hors normes peuvent se révéler au grand jour ou rester cachées, ce qui provoque notamment des troubles de l’apprentissage. Le nombre de jeunes HPI (à haut potentiel intellectuel) serait-il en augmentation ?

Des « surdoués » en échec scolaire ?
Disons-le tout de suite, le chiffre de 2,2 % d’enfants ayant obtenu un score d’au moins 130 sur les échelles d’intelligences de type Wechsler – le quotient intellectuel moyen étant de 100 – reste relativement stable sous toutes les latitudes ! Pour la sociologue Kathleen Tamisier, « l’évolution des connaissances, l’intérêt croissant des parents pour la psychologie et le devenir de leur enfant explique, avant tout, cet emballement ». Aujourd’hui, des travaux scientifiques sur le fonctionnement cérébral des enfants à haut potentiel ont mis en lumière l’existence de deux grands profils d’enfants HPI : les « laminaires », qui constituent la majorité, et les « complexes ». Les premiers sont bien repérables par leurs capacités cognitives, une plus grande rationalité, un raisonnement plus déductif et un comportement mieux adapté à l’environnement. Les seconds sont moins « académiques », plus créatifs, plus intuitifs. Ils réclament plus d’attention en raison d’un grand manque de confiance en eux. Ces enfants se sentent en général différents, ne rentrent pas dans le moule et cherchent souvent à se normaliser. Au lieu de montrer leurs connaissances, ils préfèrent se mettre en retrait, allant jusqu’à brouiller les pistes pour les enseignants, qui commenteront : « Ne fais pas d’efforts en classe », « Ne s’implique pas », « Dans la lune »… Nous sommes nombreux à pouvoir y reconnaître notre progéniture ! « Les psys ont parfois souligné à l’excès les « risques » de la précocité intellectuelle, devenue synonyme de souffrances, de désocialisation et de parcours scolaire chaotique, si bien qu’à la moindre difficulté les parents sont tentés net, est ler de faire le rapprochement », souligne le pédopsychiatre Gabriel Wahl. Pour Kathleen Tamisier, « certains souhaitent tellement que leur enfant soit surdoué qu’ils exacerbent le moindre indice, mais ce n’est pas parce qu’un enfant s’ennuie à l’école qu’il est précoce ! » Pourtant, qu’importe si les parents se trompent… Pour le pédopsychiatre, mieux vaut consulter en cas de doute : « Il me paraît légitime que, dans une société compétitive où la scolarité détermine toute une existence, les parents aillent jusqu’au bout de leurs interrogations, surtout lorsqu’ils sont confrontés à des difficultés scolaires, comportementales ou relationnelles. »

Des tests toujours utiles
D’autant que les projections excessives concernent en fin de compte une minorité de parents. Par exemple, le père de Lise, 14 ans, a dû, lui, résister à l’idée de faire sauter une classe à sa fille. « Lise a toujours été très éveillée, raconte-t-il. Elle a appris à lire avant 6 ans et on nous conseillait de la faire passer directement de la dernière année de maternelle au CE1. Nous n’étions pas d’accord. On lui a fait passer un test qui a finalement révélé qu’elle n’était pas à haut potentiel. Aujourd’hui, Lise est restée une très bonne élève, bien dans ses baskets, qui poursuit une scolarité normale dans le public. » Le plus souvent, c’est l’inquiétude qui pousse les familles à s’interroger. Cela a été le cas de Laura, mère d’un petit garçon de 4 ans. « Tous les matins, avant d’aller à l’école, Tom pleurait ou s’énervait, relate-t-elle. Il me disait qu’il n’apprenait rien à l’école, qu’il passait son temps à faire du découpage et du coloriage. Il ne voulait pas rester l’après-midi, car il voulait « profiter de sa journée ». Cela nous a mis la puce à l’oreille… » Il s’est en effet avéré que Tom était à haut potentiel. Pour le Dr Gabriel Wahl, ce sont justement des enfants comme lui qu’il faut repérer en urgence. « Il est toujours utile de vérifier la précocité d’un enfant en particulier quand il se trouve en difficulté dans sa vie sociale, familiale ou scolaire. Cela permettra de rassurer les parents en donnant du sens à certains de ses comportements et d’adapter sa scolarité, car un trop grand décalage avec les autres élèves peut générer beaucoup de souffrance. » Et si le résultat n’est pas celui attendu ? Muriel, mère de Léonard, 7 ans, le dit avec soulagement : « S’interroger sur l’éventuelle précocité de mon fils a permis de poser le diagnostic d’hyperactivité et de pouvoir enfin l’aider. »

Les parents se trompent rarement
Pour en avoir le cœur net, il n’y a qu’un seul moyen : faire passer un test de QI de type Wechsler, « le seul baromètre vraiment fiable de la précocité », assure le Dr Gabriel Wahl. Ce test est même possible à partir de 2 ans et demi pour des enfants qui, dès la naissance, ont montré des signes précurseurs. Ils ont été des nourrissons très éveillés, au regard scrutateur, qui dormaient peu, percevant avec acuité les attentes et les émotions de leurs proches. Puis ils ont parlé et/ou marché très tôt. Pourtant, certains enfants à haut potentiel peuvent présenter des retards dans ces domaines… Toute la difficulté sera là, car la précocité, c’est bien plus qu’un QI. « L’enfant à haut potentiel pourra aimer disserter sur l’origine du monde, mais ne s’endormira pas sans un bisou et son doudou », résume le Dr Wahl, qui convient que, là encore, il n’est pas facile pour les proches de s’y retrouver… Mais le pédopsychiatre l’observe : « Les parents ont très souvent un discernement et une objectivité remarquables. » Des études avancent qu’à peine 50 % des enfants identifiés comme surdoués par un enseignant se révèlent l’être après vérification. Mais le taux grimpe à 80 % quand ce sont les parents qui demandent le test. « Je me souviens d’un petit garçon de 3 ans que j’ai reçu en consultation. Quand je lui ai donné un conseil pour avancer son siège, il m’a remercié d’un « C’est une bonne technique ». Je suis resté bouche bée. Sa mère, elle, s’est amusée de mon étonnement. Elle avait une longueur d’avance sur moi. »

publié le 26 janvier 2017

Mini-stages en entreprise pendant les vacances scolaires

CCI de France, http://www.cci.fr/web/orientation-professionnelle/decouvrir-l-entreprise-et-ses-metiers/-/article/Le+mini-stage+de+d%C3%A9couverte+professionnelle/les-mini-stages-de-decouverte-professionnelle

Les mini-stages de découverte professionnelle

Explorer un métier pour bien s’orienter !

choisir son métierQue voudrais-tu faire comme métier ?
Face à la multitude de choix possible… il n’est pas si facile de répondre à cette question primordiale.
Pour tous les jeunes qui hésitent sur leur orientation, le mini-stage de découverte professionnelle est la solution.
Le mini stage, c’est l’occasion de :

  • Découvrir l’entreprise et ses différents métiers
  • Choisir sa filière et concrétiser son projet professionnel
  • Se familiariser et vivre au quotidien la réalité des professions
  • Se faire connaître d’un futur employeur pour éventuellement signer un contrat d’apprentissage par la suite

 

Le mini-stage, c’est quoi ?

 

• Quelle durée ?

• Pour qui ?

• Quand ?

• Dans quelle structure ?

1 à 5 jours en entreprise par stage

Les collégiens (4ème et 3ème) et les lycéens (quel que soit leur âge)

Pendant les vacances scolaires, y compris les grandes vacances d’été

Dans tous les types d’entreprise (publique ou privée), les associations, les professions libérales, etc.

 

 

Le mini-stage, c’est No limit !

Tu peux faire autant de stage que tu le souhaites.
Tu peux découvrir deux professions dans la même entreprise ou la même profession dans des entreprises différentes.
Dans tous les cas, il te faudra une convention pour chaque stage.

Pour en savoir plus,
Contactez le conseiller Orientation – Apprentissage (Point A)
de la CCI la plus proche.

 

Alexandre, surdoué: « La vivacité est essentielle pour s’épanouir en couple »

L’express, Par Leslie Rezzoug, publié le 27/02/2017

Etre surdoué, n'est pas forcément la garantie d'une vie sentimentale épanouie. Photo d'illustration.

Etre surdoué, n’est pas forcément la garantie d’une vie sentimentale épanouie. Photo d’illustration.

Getty Images

Il y a un peu plus d’un an, Alexandre a été diagnostiqué surdoué. Un bouleversement qui s’accompagne aujourd’hui d’une réflexion profonde sur sa vie sentimentale parfois mouvementée. Il nous raconte ici sa vision de l’amour et du couple.

D’aussi loin que je me souvienne, on a toujours loué mon intelligence. Pourtant, je n’ai été diagnostiqué « surdoué » qu’à 42 ans. C’est un psy rencontré dans mon milieu professionnel qui m’a conseillé de passer les tests. J’ai un QI de 149. Après cette rencontre, j’ai lu le livre Trop intelligent pour être heureux (éd. Odile Jacob) de la psychologue Jeanne Siaud-Facchin. A l’aune de ce texte, j’ai repensé mes échecs amicaux, professionnels et amoureux. Tout s’est éclairé. J’ai compris pourquoi certaines personnes me trouvaient fantasque, vif mais aussi parfois un peu effrayant.

« Je n’avais pas les clés pour comprendre »

Sentimentalement, j’ai eu l’impression de rouler de nuit en portant des lunettes de soleil pendant 40 ans. Je n’avais pas les clés pour comprendre ce qui m’arrivait, pour dénouer les fils de mes relations. J’oscillais en permanence entre l’impression d’être génial et celle d’être une imposture totale. Avec le diagnostic est arrivé une forme d’apaisement. Enfin j’ai pris la mesure de qui j’étais. J’ai réalisé que cette extravagance que certains voyaient en moi n’en était pas vraiment une. J’ai compris pourquoi je me lassais si vite.

Lorsque l’on est surdoué, la rencontre amoureuse est souvent biaisée par une forme de « prescience ». On comprend très rapidement à qui l’on a à faire, si la relation peut marcher ou non. Il m’est déjà arrivé de proposer le mariage à un homme que je connaissais depuis à peine une heure. A l’inverse, j’ai déjà vécu des histoires tout en sachant que cela ne fonctionnerait jamais. La lutte contre l’ennui est une composante essentielle de la vie des personnes surdouées.

LIRE AUSSI>> Adultes surdoués: comment les reconnaître?

« Mon rêve serait d’être très beau »

S’il m’est souvent arrivé de ne pas rappeler après un rendez-vous amoureux, c’est que j’avais déjà l’impression d’avoir fait le tour de la personne que j’avais en face de moi. La séduction passe par une méthode que je déroule selon un scénario très écrit. Quand je cherche à plaire à quelqu’un, j’ai souvent l’impression de jouer aux échecs.

Si faire l’amour est aussi important pour moi, c’est justement parce qu’il s’agit du seul moment où je laisse mon cerveau en veille. Le sensoriel met la pensée au repos. Le monde organique se substitue au monde intellectuel.

Au fond, je trouve très triste d’être aimé pour son cerveau. Pour moi, ce n’est qu’un outil. Mon rêve serait d’être très beau, un véritable Apollon, et de plaire uniquement grâce à mon physique. On pense souvent que les surdoués ont une très haute opinion d’eux-mêmes. C’est faux. Dans ma vie sentimentale, j’ai très souvent ressenti un sentiment d’infériorité.

« Tout était motif à réflexion »

J’ai accumulé les rencontres, les rendez-vous et les histoires sans lendemain mais je méprisais souvent les hommes qui étaient attirés par moi. J’étais presque agressif. Comme avec Louis. Tout de suite, il m’a collé l’étiquette de surdoué, alors que j’étais bien loin de m’imaginer qu’il pouvait avoir raison. Cela m’a particulièrement irrité. Je ne pouvais pas supporter qu’il ait l’impression de lire en moi comme dans un livre ouvert, comme si j’étais un numéro.

J’ai néanmoins passé 12 ans en couple avec Gauthier, lui aussi surdoué. Nous nous sommes probablement reconnus. Notre relation était très forte, fusionnelle. Quand on est surdoué, on a besoin d’avoir une base de repli extrêmement solide, de trouver en l’autre un abri face à un monde extérieur perçu comme hostile.

Nos problèmes relationnels ont commencé car nous étions tous les deux persuadés d’avoir raison sur à peu près tout. Nous étions aussi très souvent dans la « sur-analyse » de tout ce que l’autre faisait. Tout était motif à réflexion, à examen, des idées les plus hautes aux petits tracas du quotidien. C’était épuisant, pour lui comme pour moi. Pourtant, je ne dirais pas que notre histoire a pris fin à cause de ce surdouement partagé. L’usure a simplement fait son oeuvre, comme cela arrive souvent.

LIRE AUSSI >> Adultes surdoués: comment gérer la différence?

« L’intelligence c’est quand même particulièrement sexy »

Le fait d’être surdoué peut évidemment faire fuir certaines personnes. Ce n’est absolument pas la garantie d’une vie sentimentale réussie. J’ai connu des échecs comme tout le monde. Un homme avec lequel je suis sorti quelques temps m’a même dit que je prenais le fait d’être surdoué comme une excuse pour être insupportable. Le chemin de la compréhension de soi passe par cette réflexion où l’on cherche sa place en propre, sans se laisser définir par autrui.

Personnellement, je considère que quand on est surdoué, il est essentiel d’essayer d’être la meilleure personne possible, d’être bon, juste, d’avoir de l’empathie. Gauthier par exemple est un véritable humaniste selon moi. Je suis tombé amoureux de ses qualités morales, de sa bienveillance constante envers les autres. Quand on est surdoué, on se doit de mettre son intelligence au service de quelque chose de plus grand que son petit nombril.

Même si j’estime qu’une certaine rectitude morale est capitale, j’ai également besoin d’admirer mon conjoint. Je trouve que l’intelligence c’est quand même particulièrement sexy. Cela porte d’ailleurs un nom: être sapiophile! Il suffit de prendre l’exemple de Serge Gainsbourg qui a eu des relations avec Brigitte Bardot, Jane Birkin.

De mon côté, j’ai séduit certains de mes compagnons en deux phrases. L’humour, la vivacité sont essentiels pour s’épanouir dans un couple. Aujourd’hui, je suis célibataire. Mais j’ai tout de même envie d’y croire à nouveau. Après tout, chez les surdoués comme chez les autres, ce ne sont pas deux cerveaux qui se rencontrent mais deux personnes, à part entière.

Trait de caractère particulier, trouble ou pathologie: vous vivez une différence au quotidien, constitutive de votre personnalité? Si vous avez envie de me raconter votre histoire, n’hésitez pas à m’écrire à lrezzoug@lexpress.fr pour livrer votre témoignage sur le site de L’Express Styles.

Clément, lycéen et surdoué : « Ma différence est une force »

 // © Olivier GUERRIN pour L'Étudiant
// © Olivier GUERRIN pour L’Étudiant

Clément a été diagnostiqué à haut potentiel intellectuel à 6 ans. Avec un an d’avance, et après un an passé dans un dispositif spécialisé au collège, il poursuit ses études, à 14 ans, en seconde au lycée Édouard-Branly, à Lyon, comme les autres. La seule différence ? Il va parfois plus vite… ou plus lentement !

« Il faut que je vous dise ce que j’ai. Cela nécessite une mise au point. J’en ai marre de lire des trucs du style : ‘Il est surdoué, il a des lunettes, il passe sa vie à lire, il est asocial, etc.’ Cette image de l’adolescent surdoué est un cliché. Les surdoués n’ont pas tous des lunettes, certains vivent cachés, d’autres ont de grosses difficultés parce qu’ils ne sont pas reconnus. Cette image est aussi véhiculée par les séries américaines : elles montrent des jeunes à haut potentiel qui portent des chemises à carreaux, croulent sous les cahiers… Ce n’est pas la vraie vie. On nous voit comme des bêtes de foire, pas comme des êtres normaux. La vraie vie, c’est différent. »

« Nous pensons trop vite, et cela crée une frustration chez les autres »

« Être surdoué, c’est un trouble. Mon cerveau fonctionne autrement. Nous, les surdoués, nous pensons trop vite, nous anticipons, nous sautons des étapes et cela crée une espèce de frustration chez la personne en face. Elle se demande : ‘Pourquoi il ne répond pas à ma question, pourquoi il ne réagit pas ?’ En réalité, elle ne va pas à la même vitesse. Ce décalage crée des difficultés de relation, une impatience, et de l’ennui. En cours, par exemple, le professeur de mathématiques explique un concept. Moi, on m’a donné l’information et ça y est, c’est bon, j’ai compris, je la range dans ma tête. À la limite, je vais m’entraîner avec un ou deux exercices d’application, pas plus. Les autres élèves ont besoin que le professeur leur réexplique et ils devront répéter des exercices. Il m’arrive donc de m’ennuyer. Et quand je m’ennuie, je parle à mes voisins, je me fais remarquer. C’est loin d’être simple. »

« J’ai souffert à l’école. Jusqu’en cinquième, je n’avais pas d’amis »

« Comme j’ai toujours été décalé, j’ai souffert à l’école, surtout en primaire. Et jusqu’en classe de cinquième, je n’avais pas d’amis. Les autres élèves me trouvaient différent, bizarre. Je me sentais rejeté. Et concrètement, j’étais rejeté… puisque personne ne voulait être avec moi. J’étais hypertriste. Cela n’allait pas du tout. Cette situation provoquait des problèmes importants. Le matin, au moment d’aller à l’école, j’avais mal au ventre. J’avais envie de vomir, parfois je vomissais vraiment ! Le soir, cela n’allait pas mieux parce que je commençais à penser au lendemain, moment où, invariablement, je n’aurais pas envie d’aller en cours. Vous imaginez le niveau de stress ? Dans la journée, j’avais des tas de problèmes, des disputes. Les élèves disaient carrément : ‘Ne traîne pas avec nous, reste tout seul !’ C’était compliqué. Non, ce n’était pas compliqué, c’était l’horreur ! »

« Ma vie a été bouleversée quand j’ai changé de collège »

« Une fois le diagnostic de ma précocité intellectuelle établie, ma mère a adhéré à une association pour les enfants surdoués. Elle avait quelques idées sur la question. Elle a trouvé comment me sortir de ce marasme. Et en fin de cinquième, je suis parti dans un collège spécialisé à Lyon. Celui-ci accueille des jeunes intellectuellement précoces et a mis en place un dispositif d’accompagnement pédagogique. Il s’appelle Les Battières. Et là, hourra ! Ma vie a été bouleversée. Je me suis senti mieux. Enfin, j’étais reconnu !

Les professeurs nous donnaient des exercices supplémentaires. Je pouvais prendre un livre, en plein cours. Au moins, je ne faisais pas semblant. Ce sont des détails, mais tellement importants. J’ai commencé l’année de quatrième, et, après un trimestre, en janvier, je suis passé directement en troisième. Je ne m’ennuyais plus du tout, les cours m’intéressaient et j’ai cessé de bavarder. Surtout je n’étais plus la bête curieuse ni celui que le groupe a envie de harceler.

Je voulais prendre le chinois en deuxième langue vivante mais, en troisième, les autres avaient fait trois ans de chinois. Je les ai rattrapés en quelques semaines à raison de 3 cours hebdomadaires de 2 heures. J’aime cette langue, parce que c’est une langue complexe avec des caractères et des traits précis. Si on dévie un petit trait, le mot change de sens, c’est passionnant. »

« Je me sens davantage à ma place avec des gens plus âgés »

« Maintenant, je suis en seconde, dans un lycée classique et public, sans prise en charge particulière. C’est bien parce que les professeurs sont au courant de mon haut potentiel. Nous sommes plusieurs surdoués venant du même collège. Socialement, ça va bien. Je me sens davantage à ma place avec des gens plus âgés, donc plus matures. On parle de choses intéressantes, de sujets politiques, de la société. Je suis curieux et, si un thème suscite mon intérêt, j’achète un journal ou un livre sur la question. Franchement, du côté des relations amicales, c’est vraiment bien. J’ai maintenant plein de copines. Je peux dire que je souffle. »

« J’ai du mal à exprimer ma pensée et mon raisonnement »

« Pour le côté purement scolaire, c’est moins évident. J’ai des difficultés dans certaines matières. En français, par exemple, parce qu’il faut argumenter. J’ai du mal à exprimer ma pensée et mon raisonnement. Quand on me pose une question, je ne réponds pas complètement. Je pense qu’une réponse courte suffira. Je me dis que je n’ai pas besoin de donner toute la démonstration puisque je connais le résultat. Or le professeur a vraiment besoin de savoir comment j’y suis parvenu ! Je dois apprendre à démontrer.

Tous les mardis, je prends un cours au lycée avec la référente des élèves à haut potentiel. On fait des exercices sur l’argumentation. Je dois expliquer pourquoi j’énonce tel point de vue. Je m’entraîne à écrire pas à pas. C’est comme si le professeur était un enfant à qui on doit expliquer une idée. Cela m’énerve parce que je ne suis pas patient ! Mais je ne désespère pas, j’y arrive un peu mieux qu’auparavant. J’apprends également à contrôler mon impatience avec mes amis. »

« J’ai toujours suivi beaucoup d’activités extrascolaires »

« Depuis que je suis tout petit, j’ai besoin de bouger énormément. Jusqu’à récemment, je faisais de la danse de salon en compétition, je m’entraînais 8 heures par semaine. J’ai toujours suivi beaucoup d’activités extrascolaires. C’est fortement conseillé aux surdoués parce qu’ils sont tellement malheureux à l’école qu’on leur recommande de se passionner pour autre chose ! Actuellement, je pratique un sport collectif, le hand, et je suis un cours de théâtre une fois par semaine. Comme je me sens mieux au lycée, c’est suffisant. Et je garde du temps pour pratiquer l’amitié ! »

Précocité : pour en savoir plus

Le diagnostic. Quand un enfant est surdoué, les spécialistes conseillent d’abord de lui faire passer des tests de quotient intellectuel chez un professionnel.
Une scolarité adaptée. Dans chaque académie, un référent est nommé pour aider les élèves surdoués à s’orienter. À la demande des parents, il se charge de placer ceux dont la précocité entraîne un mal-être ou des troubles de l’apprentissage dans des établissements où l’équipe pédagogique est sensibilisée à leurs problèmes. Au collège Georges-Brassens à Paris, par exemple, ces élèves suivent la même scolarité que leurs camarades du même âge, mais ils se retrouvent entre eux pour certaines activités. Dans l’enseignement public, les parents peuvent prendre contact avec le chef d’établissement pour demander que leur enfant saute une classe.
Des établissements spécifiques de la primaire au lycée. Vous pouvez également vous tourner vers l’enseignement privé. Le plus connu est le lycée privé Michelet à Nice (06), où rien n’empêche un élève de quatrième de suivre un cours de terminale s’il a le niveau. Les collégiens peuvent y effectuer leur cursus en 2 ans au lieu de 4. Citons également Le Bon Sauveur, au Vésinet (78), qui propose des filières spécifiques de la sixième à la troisième.
Sites d’informations et d’accompagnements pour les surdoués et leurs parents :
Ministère de l’Éducation nationale pour les élèves intellectuellement précoces.
Association française pour les enfants précoces.
Association Zebra destinée aux enfants et adolescents intellectuellement précoces.
Prekos, association nationale d’établissements privés.

Les MOOC, concurrents des masters ?

Mieux reconnus aujourd’hui, certains cours en ligne valident des crédits universitaires.

LE MONDE | 26.01.2017 à 18h44, Par Sophie Blitman

Des Moocs certifiants existent désormais.

Qu’il s’agisse d’améliorer son anglais, de plonger dans la physique quantique ou de découvrir l’économie collaborative, les cours en ligne – communément désignés par l’acronyme MOOC, de l’anglais massive online open courses – permettent de se former aux ­domaines les plus divers.

Gratuits et ouverts à tous, ces derniers se sont largement développés depuis cinq ans. Offrant l’avantage de la flexibilité, ­puisqu’ils peuvent être suivis n’importe où et n’importe quand, les MOOC apparaissent à certains comme des concurrents potentiels des masters. Mais ­encore faut-il se motiver pour suivre la formation jusqu’au bout, ce qui n’est pas évident quand on se trouve seul face à son ordinateur…

Le fort taux d’abandons en ­témoigne : moins de 10 % des inscrits achèvent la formation, la plupart se contentant de grappiller des connaissances pour ­enrichir leur culture générale. D’où l’intérêt de valoriser l’investissement de ceux qui suivent le parcours jusqu’au bout.

De plus en plus de MOOC proposent désormais des attestations de suivi, le plus souvent gratuites. Quelques-uns vont plus loin en délivrant des certifications, payantes cette fois, attestant des compétences acquises au cours du MOOC.

La validation va du simple quiz à l’évaluation en salle d’examen, en passant par des travaux à rendre plus ou moins conséquents. Dès lors, « les certificats sont très hétérogènes », prévient Matthieu Cisel, jeune chercheur et auteur, en 2016, d’une thèse sur les MOOC.

En effet, chaque organisme de formation est libre de délivrer son attestation, contrairement aux masters, dont l’appellation est protégée et l’accréditation ­validée au niveau national.

Une reconnaissance peu formalisée

Quelques MOOC permettent d’obtenir des crédits ECTS (système d’équivalence européen). C’est le cas, par exemple, du cours sur la gestion de projet animé par Rémi Bachelet, enseignant-chercheur à l’Ecole centrale de Lille. Une dizaine de masters, à Strasbourg, à l’université Pierre-et-Marie-Curie, à ­Paris, ou Lille-I, ont noué un partenariat avec le MOOC qu’ils ­intègrent dans leur formation. Une pratique cependant assez rare aujourd’hui.

D’une manière générale, la ­reconnaissance académique des MOOC est peu formalisée. « Un certificat atteste avant tout d’une appétence pour un domaine », ­estime Matthieu Cisel. A moins de les accumuler, de manière à se construire un véritable parcours de formation. Mais avec un coût de production avoisinant les 50 000 euros, les MOOC doivent attirer un large public, et donc être relativement accessibles à tous. Conséquence : « 70 % des MOOC sont des cours introductifs », estime Matthieu Cisel. Difficile, dans ces conditions, de bâtir un cursus de ­master entier.

C’est toutefois ce que commencent à faire les plates-formes américaines en organisant « des séquences d’une dizaine de MOOC, combinés à des exercices et des évaluations, observe le chercheur. Leur coût, autour de 5 000 euros, est élevé mais pour les étudiants américains, cela permet de diviser par trois ou quatre le prix d’une formation ».

En France, la plate-forme OpenClassrooms propose également des parcours pour obtenir un titre ­reconnu au Répertoire national des certifications professionnelles (RNCP). Après avoir expérimenté les niveaux bac + 2 à bac + 4, la start-up se lance sur le terrain du bac + 5 en ouvrant fin janvier 2017 une formation en partenariat avec le groupe privé Eductive pour ­devenir expert en ingénierie ­informatique. Trois autres ­devraient ­suivre en ressources humaines et marketing.

Au-delà du coût plus élevé qu’à l’université (entre 300 et 400 euros par mois), ces formations professionnalisantes n’entendent pas rivaliser avec les masters dont l’adossement à la ­recherche reste une dimension fondamentale.

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/campus/article/2017/01/26/les-mooc-concurrents-des-masters_5069719_4401467.html#R8Jy6EGhiQr6HXr3.99

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/campus/article/2017/01/26/les-mooc-concurrents-des-masters_5069719_4401467.html#R8Jy6EGhiQr6HXr3.99

Une société avec moins de travail… mais plus de formation ?

27 janvier 2017; Le Monde.fr,

Forum Grande école du numérique - 29 septembre 2016 © Edfab

Nous dirigeons-nous vers une société avec moins de travail ? La question a agité, mercredi soir, le second débat de la primaire de gauche entre Benoît Hamon et Manuel Valls. Certes, nombre d’emplois vont certainement être détruits du fait de l’informatisation et de la robotisation. Parallèlement, d’autres devraient cependant être créés, si l’on en croit la théorie de la destruction créatrice de Schumpeter, maintes fois évoquées dans ce genre de situation. Dans tous les cas, une chose est sûre : la transformation numérique bouleverse profondément la nature des emplois.

Les entreprises du digital en ordre de marche

Face à ce changement, les universités et écoles tentent de s’adapter, en proposant de nouvelles formations, notamment autour du big data ou de la cybersécurité.
Les entreprises ne sont pas en reste, et il est significatif de relever que le pôle de compétitivité francilien Cap Digital, qui compte 1.000 adhérents dont 850 PME, a mis sur pied une structure dédiée à l’éducation : située à la Maison des sciences de l’homme Paris-Nord, à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), en face du futur campus Condorcet, EdFab vise à « promouvoir l’innovation dans le domaine de la formation aux métiers du numérique et à fédérer les acteurs de cet écosystème, de la phase d’orientation jusqu’à l’emploi », explique son directeur Benjamin Gans.

Soutenue par la région Ile-de-France, qui lui assure un tiers de ses financements, et la Caisse des dépôts, EdFab rassemble 170 membres, principalement des entreprises et des start-up EdTech comme OpenClassrooms, mais aussi des écoles de codeurs (Simplon.co, 3W Academie, Wild code School) et du web comme la StreetSchool (journalisme digital) ou encore la plateforme de cours en ligne Ionis X, émanation du groupe privé d’enseignement supérieur Ionis.

Le pôle de compétitivité francilien Cap Digital a mis sur pied une structure dédiée à l’éducation

Vers une réelle formation tout au long de la vie ?

Après avoir notamment organisé le forum de la Grande école du numérique et accueillie une rencontre européenne sur les espaces d’apprentissage du futur, EdFab lance, au premier semestre 2017, une série d’événements sur le thème des métiers de demain, autour des fablabs et des makers, du e-sport, des drones, de l’Internet des objets…

A moyen terme, il s’agit aussi de construire des parcours de formation autour, par exemple, du machine learning (apprentissage automatique) ou de la datavisualisation, en valorisant les ressources pédagogiques que les membres d’Edfab ont déjà pu développer en interne, puisque certains salariés interviennent dans des écoles et universités ou donnent des conférences sur leur spécialité. Objectif de ces différentes initiatives : acculturer les salariés aux métiers de demain et les former à de nouvelles compétences numériques.

Une manière de marcher sur les platebandes de l’enseignement supérieur ? Edfab assure ne pas vouloir être en concurrence avec les universités et grandes écoles : « historiquement, nous avons de bonnes relations avec des établissements comme le Cnam ou l’UPMC », rappelle Benjamin Gans qui explique s’être « d’abord focalisé sur les entreprises. Mais l’enseignement supérieur constitue un chantier important sur lequel nous voulons travailler ».

Reste à identifier les besoins du secteur académique et la manière de collaborer. Pour faire en sorte que la formation tout au long de la vie, dont on nous rebat les oreilles depuis plusieurs années, devienne enfin une réalité.

APB : « Les conseils d’orientation donnés aux élèves varient selon leur milieu »

Le Monde.fr, 19/01/2017, Propos recueillis par Séverin Graveleau

La sociologue Agnès van Zanten analyse l’impact des lycées sur les vœux d’admission des élèves post-bac.

Ce vendredi 20 janvier marque l’ouverture des inscriptions sur le portail Admission post-bac (APB 2017), qui permet chaque année à quelque 800 000 élèves et étudiants en réorientation de faire leurs vœux d’études dans le supérieur. Quelles informations reçoivent les élèves au moment de faire leur choix d’orientation ? C’est la question que se pose depuis 2013 la sociologue Agnès van Zanten dans le cadre de plusieurs travaux sur les politiques d’orientation scolaire, les prescripteurs et les lieux d’orientation. Selon elle, les conseils donnés par les équipes éducatives au moment où les élèves doivent faire ce choix diffèrent du tout au tout, selon que l’on soit dans un lycée favorisé ou non. Un biais qui vient accentuer les inégalités sociales et scolaires. Entretien.

Au mois de janvier sont souvent organisées, dans les lycées, des réunions d’information sur Admission post-bac. Comment le paysage de l’enseignement supérieur y est-il présenté ?

Agnès van Zanten : Il est intéressant de constater que si tous les établissements s’appuient sur le même schéma de l’Onisep, très complet, pour présenter l’enseignement supérieur aux parents et aux élèves, chacun se focalise sur une partie bien précise de celui-ci. Dans les réunions des établissements très favorisés, le discours tourne quasi exclusivement autour des classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE), et un peu sur les filières sélectives de l’université (droit, médecine, etc.). Comme si l’espace de l’enseignement supérieur se résumait à ces filières. L’analyse des affiches ou des brochures des formations du supérieur présentes dans les établissements montre le même phénomène.

Alors que dans les lycées défavorisés, on parle surtout des sections de brevet de technicien supérieur (qui préparent au BTS) et des filières non sélectives de l’université. On évoque quelquefois seulement des prépas, lorsque le lycée est inscrit dans un dispositif d’égalité des chances de type « Cordées de la réussite ». Selon les milieux, les élèves baignent donc dans des environnements qui « canalisent » leur orientation. Et les jeunes qui font des choix différents sont, de fait, placés dans une position de marginalité.

Quels types de conseils sont donnés aux élèves dans ces différents lycées ?

Plus on est dans un établissement favorisé et plus les conseils arrivent tôt dans la scolarité – parfois dès la classe de seconde –, plus ils sont personnalisés et stratégiques. In fine, les élèves de ces lycées sont incités à faire des choix ambitieux, et surtout à optimiser leurs chances de les avoir sur l’outil APB. Ce sont des conseils du type : « Si tu veux faire ce genre d’études, voilà la meilleure formation dans le domaine. Mais elle est très sélective, alors tu dois la mettre en premier vœu, suivie de telle autre un peu moins sélective, etc. »

La situation est bien différente dans les lycées plus défavorisés, où les consignes données sont majoritairement d’ordre procédural : « Rappelez-vous que vous devez saisir vos vœux sur APB avant le 20 mars, que vous devez y entrer au moins un vœu, etc. » Ces rappels sont nécessaires, car les élèves des milieux populaires sont bien moins accompagnés par leur famille dans leur orientation, mais la démarche en devient presque bureaucratique. Pour les équipes pédagogiques, ce peut être une manière de répondre aux injonctions contradictoires. De participer à l’objectif national d’une augmentation du nombre de jeunes accédant au supérieur, sans prendre le risque d’orienter les élèves vers des filières inadéquates.

Sur qui s’appuient les élèves au moment de choisir leur orientation ?

Il y a d’abord, bien entendu, la famille. Mais une étude que nous avons réalisée auprès de 3 000 jeunes montre que les élèves issus des catégories socioprofessionnelles supérieures sont 60 % à discuter régulièrement de leur orientation avec leurs parents, alors que ce n’est le cas que de 20 % des jeunes de milieux populaires. De même, les élèves des milieux favorisés discutent plus que les autres de leur orientation avec leurs camarades de classe. En découle un peer effect (influence des pairs) qui conduit à une homogénéité des vœux au sein de l’établissement. Alors que les élèves des milieux défavorisés ont tendance à demander conseil auprès d’amis qui ne sont pas nécessairement scolarisés.

Au sein même de l’établissement, le nombre d’adultes qui se penchent sur l’orientation du jeune est plus important dans les lycées favorisés. Pour la raison simple que les conseillers principaux d’éducation, étant moins mobilisés sur les problèmes de discipline, moins nombreux, sont disponibles pour donner des conseils. Il en est de même pour les équipes de direction. Dans le lycée très favorisé que nous avons étudié, le chef d’établissement validait lui-même la liste et l’ordre des vœux des jeunes. Alors que dans les lycées moins favorisés, l’orientation est moins un sujet prioritaire pour les personnels, qui sont mobilisés avant tout sur la réussite au bac, la lutte contre le décrochage, etc.

Quelle place pour les conseillers d’orientation et les enseignants dans l’orientation ?

Depuis les années 2000, le choix politique a été fait de ne pas renouveler numériquement les conseillers d’orientation psychologues (COP). Ces derniers ne sont donc pas assez nombreux sur le terrain, travaillent sur plusieurs établissements et ont très peu de temps à accorder aux élèves.

La mission d’orientation finit souvent par retomber sur des enseignants qui n’y sont pas préparés. Trop occupés à essayer de « boucler le programme », ils résistent fortement à cette mission qui n’est pas leur cœur de métier, et qui est très peu valorisée. Et les lycées n’utilisent pas tous le temps d’accompagnement personnalisé, institué depuis 2010, de la même façon : ils décident soit de le consacrer au soutien scolaire des élèves, soit à l’orientation.

Il reste les salons d’orientation…

Ces salons étudiants sont une présentation du « marché » de l’enseignement supérieur. Et logiquement, les acteurs privés marchands du secteur y sont surreprésentés par rapport à la réalité. Contrairement aux universités, qui le sont très peu. Une fois encore, cela revient à « cadrer » l’image que les visiteurs s’y font de l’enseignement supérieur. Selon nos premières analyses, les élèves qui viennent dans les salons sont plutôt issus des classes moyennes. Ce qui explique que le privé puisse être une option pour eux.

Certains lycées populaires amènent aussi leurs élèves dans ces salons. C’est une manière, encore une fois, de déléguer une mission d’orientation qu’ils n’ont pas les moyens de mettre en place. Sauf que dans ces salons, marketing oblige, on est beaucoup plus dans le registre expressif : « L’ambiance est cool chez nous », « Avec ton diplôme, tu peux tout faire ». Décrypter ce marché pour connaître la valeur réelle de ce qui est présenté de manière attractive, cela demande un accompagnement.

Quels sont, alors, les leviers pour améliorer l’orientation des élèves ?

Que ce soit avec leur famille, dans les établissements au jour le jour ou sur ces salons, il faut réduire ces inégalités concernant le paysage scolaire présenté, ambitieux ou non. Mais aussi les différences de temps accordé à l’orientation scolaire dans les établissements, aux conseils et à la stratégie.

Cela suppose des ressources supplémentaires pour les acteurs, de réelles incitations, du temps en plus, de la formation, et pas seulement des discours ambitieux en la matière. On ne pourra pas réduire totalement les inégalités sociales et scolaires qui précèdent le moment de l’orientation. Mais l’institution peut aller vers une égalisation des conditions d’accompagnement de cette orientation.

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/campus/article/2017/01/20/les-conseils-d-orientation-donnes-aux-eleves-varient-selon-leur-milieu_5065719_4401467.html#0rBovgAWYkQ0VaYx.99

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