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À la rentrée 2017, les élèves suivront des « cours d’attention » grâce au programme Atole

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22 juin 2017

« Nous voulons offrir aux enfants les moyens de ressentir le plaisir d’être vraiment connectés à ce qu’ils font. »

Getty Images
De la grande section de maternelle jusqu’en cinquième, les élèves décortiqueront le système attentionnel.

ÉDUCATION – Les écoliers vont être gâtés à la rentrée. De la grande section de maternelle à la 5e, ils auront droit à des « cours d’attention ». Parlons plutôt de moments dédiés pendant lesquels leurs professeurs raconteront ce qu’est l’attention et surtout, comment la garder.

Le programme s’appelle Atole pour « Attentif à l’école ». Il a été mis en place par Jean-Philippe Lachaux, chercheur en neurosciences de l’attention au Centre de recherche de Lyon, rencontré à l’édition 2017 de l’Échappée volée.

« On amène d’abord les enfants à comprendre comment leur attention fonctionne de l’intérieur, explique le scientifique au HuffPost. C’est un phénomène biologique soumis à des lois. On leur apprend à reconnaître ce qui les distrait et à réagir pour se concentrer à nouveau. »

« Nous sommes dans une gloutonnerie attentionnelle »

« Le but de l’attention est de faire la sélection entre tout ce qui nous arrive, de nos pensées à la jungle de choses qui nous entoure, précise-t-il. Nous en prenons une partie pour la traiter en profondeur. Mais plus il y a de choses, plus il est difficile de rester attentif. »

« Le cerveau filtre ce qui lui semble important. L’attention est une mesure de la valeur que l’on accorde aux choses, aux autres. La distraction provient d’un problème d’alignement des priorités. Nous sommes aujourd’hui dans une gloutonnerie attentionnelle. Jusqu’à l’écœurement. Notre attention est distraite, séparée, tirée entre plusieurs objets. Nous devons organiser une forme de résistance et offrir aux enfants les moyens de ressentir le plaisir d’être vraiment connectés à ce qu’ils font. »

« Les enseignants avaient repéré ce problème chez de nombreux élèves, assure Sylvie Coustier, conseillère pédagogique adjointe de l’inspecteur de l’Éducation nationale dans l’agglomération lyonnaise. Ils se plaignaient de voir que l’attention était de plus en plus fugitive. Maintenir la concentration de 25 à 30 enfants toute une journée, c’est un vrai défi dans notre métier ».

Arte
Jean-Philippe Lachaux, dans une classe, pour expliquer l’attention.

Maintenir l’attention des élèves, un vrai défi

Lesdits enseignants font remonter l’information aux inspecteurs académiques lyonnais. Lesquels sont ravis quand Jean-Philippe Lachaux leur demande s’il peut effectuer des tests de l’attention auprès des élèves directement dans les classes. Pendant plus de six ans, le chercheur s’immerge dans des classes de tous âges. Il fait le constat qu’il y a un vrai besoin de mobilisation de l’attention.

Ensuite, le chercheur repère ce que les enfants sont en capacité de comprendre et de réinterpréter et écoute studieusement les remarques des professeurs. Résultat, Atole est le produit de six ans d’aller-retours avec les enseignants et inspecteurs pédagogiques. Le programme compte déjà plus de 1200 participants, dans une quarantaine de classes.

JP Lachaux

Une première française

« Il n’existe pas d’étude scientifique qui ait mesuré l’attention des Français, explique Jean-Philippe Lachaux. Nous ne pouvons pas dire de manière exacte que l’attention des enfants a décru ces dernières années. Seul le constat des professeurs prévaut dans la mise en place d’Atole. En revanche, nous avons mené une étude à partir de 2011 sur une population de 1200 enfants, en classe. »

Elle sera publiée sous peu. Elle permet d’estimer le niveau d’attention de cette population et de créer des moyennes et des niveaux. « Dans dix ans, il faudra refaire les mêmes tests sur d’autres enfants du même âge et là, nous aurons un indicateur fiable de l’attention », avance le neuro-scientifique.

En revanche, une chose est sûre et prouvée scientifiquement: les troubles de déficit de l’attention dits TDAH sont en augmentation dans les pays développés depuis une dizaine d’années. Ils ont fait un bond de 43% chez les enfants et adolescents aux Etats-Unis entre 2003 et 2011. Dans le monde, ces troubles affectent 5 à 9% des enfants de 6 à 12 ans. En France, une étude de 2013 a démontré qu’ils concernaient 3,5% des enfants de cette tranche d’âge.

Sur l’ensemble du territoire

À la rentrée, Jean-Philippe Lachaux estime qu’Atole sera disponible sur l’ensemble du territoire national, en fonction de l’intérêt des enseignants et des académies. Ceux qui n’auront pas la chance de voir le chercheur intégrer une de leurs classes pourront se procurer les dix fiches qu’il a rédigées à destination des professeurs. Jean-Philippe Lachaux songe aussi à créer un site web à destination du grand public pour donner un plus large accès au programme.

À l’automne, l’Académie du Rhône mettra en place un module de formation numérique pour les enseignants volontaires, en partenariat avec l’Inserm.

« Il faut concevoir Atole comme un nouvel outil dans la palette pédagogique du professeur, précise le chercheur. Pour que chacun ressente à quel point c’est agréable de n’avoir qu’une chose à faire, sans se poser de question. »

En quoi consistent les exercices?

Il y a d’abord « la poutre ». Elle sert à mesurer la difficulté d’une tâche. Si l’élève la qualifie de large et courte, c’est qu’il perçoit que la tâche sera facile. S’il la voit comme longue et étroite, ce sera une autre paire de manches. Quand il sent que son attention se dilue, il dit « Ah je suis tombé de ma poutre ». Cette phrase lui permet de remonter dessus.

Il y a ensuite « le mode marionnette ». La plupart des gestes que font les enfants en période d’inattention sont comme pilotés de l’extérieur. « On leur explique qu’ils sont alors comme des marionnettes et qu’ils peuvent devenir les pilotes de leurs actions et décisions.

Dans le même ordre d’idée, Jean-Philippe Lachaux a remarqué que le mot « contact » était plus efficace que la formule « écoutez-moi ». Les enfants comprendraient que l’attention les met en contact avec un élément important, un objet ou une personne. « Dès que le mot est prononcé, ils lèvent la tête. »

JP Lachaux/Atole
Pictogramme affiché sur les murs de la classe pour se souvenir que l’on peut prendre des décisions seuls si l’on reste attentif.

Pour traduire une consigne en tâche, il y a les personnages de « Maxi moi » et « Mini moi ». Le premier va comprendre la directive entière et définir les tâches successives à effectuer. Il va déléguer ces tâches aux Minis mois. Pour un exercice niveau CE2, « Trouver les verbes dans un texte », Maxi moi comprend l’ensemble. Un premier Mini moi lit le texte, le second Mini moi trouve le premier verbe, un troisième l’inscrit dans le cahier, et ainsi de suite. »

JP Lachaux/Atole

Cette enseignante a fait d’Atole une aide quotidienne. « J’utilise le jeu des trois ‘A’, raconte Stéphanie Leautier-Massire. Un rouge, un orange, un vert. Quand je veux vraiment leur attention, je leur montre l’une des trois lettres et ils choisissent le degré d’attention dont ils vont avoir besoin pour accomplir l’exercice que je leur donne. »

Avec sa classe de CE2, elle leur a fait repérer les signes de la perte d’attention. « J’ai joué la personne inattentive. Les enfants me racontaient une histoire et je regardais ailleurs. Ils m’ont tout de suite dit ‘là, tu n ‘es plus attentive’. Aujourd’hui, ils le repèrent chez eux directement ou chez leurs copains. Ce travail collectif ôte la sensation de culpabilité que peut ressentir un enfant si on lui dit régulièrement ‘tu n’écoutes pas’. »

Atole/JP Lachaux
Autre exemple de pictogramme affiché dans les classes.

Enfants en progrès

D’après l’expérience de cette enseignante, la méthode semble payante. « J’ai beaucoup d’enfants en progrès depuis que j’ai mis ces petits jeux en place. Des élèves en difficulté en début d’année, parce qu’ils bougent beaucoup, qu’ils brassent du vent, arrivent à se recentrer. Ils savent que leur attention doit être soutenue s’ils veulent réussir tel ou tel exercice. Ils ont les clés pour se donner toutes les chances d’y arriver. J’ai aussi l’exemple d’un enfant très angoissé dès qu’une nouvelle activité était proposée. Il a réussi cette année à être autonome dans ses activités. Sa mère était très étonnée de ce changement. »

Stéphanie Leautier-Massire a remarqué que le fait de décomposer les tâches leur était le plus utile. « Je les mets dans des situations du quotidien, ça les aide à se repérer. Par exemple, leur mère leur dit de se laver, mais sur le chemin, il y a un jouet. Et bien, par eux-mêmes, ils ont appris à ne pas s’arrêter en route. »

Préférer se laver plutôt que jouer… À ce stade, ce n’est plus de l’apprentissage, c’est de la magie.

 

Et s’il était vraiment précoce ?

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Enfant précoce

Et s’il était vraiment précoce ?

Il ne tient pas en place ou s’ennuie en classe. De plus en plus de parents s’interrogent…

Par Valérie Josselin – Photo : ©Getty Images

Comment détecter un enfant précoce et comment l’aider ?

Les jeunes prodiges nous ont toujours fascinés, comme cet enfant mexicain de 6 ans qui fait le tour du monde sur les réseaux sociaux parce qu’il donne des cours à la faculté de médecine. En France, le Dr Olivier Revol, l’un des spécialistes de la précocité intellectuelle, a, lui, vu décoller les ventes de son livre 100 Idées pour accompagner les enfants à haut potentiel. Un succès qui s’accompagne de cet autre constat : les parents sont de plus en plus nombreux à consulter pour leurs enfants qu’ils pensent précoces. Aujourd’hui, on aurait tendance à voir des surdoués partout, surtout que ces capacités hors normes peuvent se révéler au grand jour ou rester cachées, ce qui provoque notamment des troubles de l’apprentissage. Le nombre de jeunes HPI (à haut potentiel intellectuel) serait-il en augmentation ?

Des « surdoués » en échec scolaire ?
Disons-le tout de suite, le chiffre de 2,2 % d’enfants ayant obtenu un score d’au moins 130 sur les échelles d’intelligences de type Wechsler – le quotient intellectuel moyen étant de 100 – reste relativement stable sous toutes les latitudes ! Pour la sociologue Kathleen Tamisier, « l’évolution des connaissances, l’intérêt croissant des parents pour la psychologie et le devenir de leur enfant explique, avant tout, cet emballement ». Aujourd’hui, des travaux scientifiques sur le fonctionnement cérébral des enfants à haut potentiel ont mis en lumière l’existence de deux grands profils d’enfants HPI : les « laminaires », qui constituent la majorité, et les « complexes ». Les premiers sont bien repérables par leurs capacités cognitives, une plus grande rationalité, un raisonnement plus déductif et un comportement mieux adapté à l’environnement. Les seconds sont moins « académiques », plus créatifs, plus intuitifs. Ils réclament plus d’attention en raison d’un grand manque de confiance en eux. Ces enfants se sentent en général différents, ne rentrent pas dans le moule et cherchent souvent à se normaliser. Au lieu de montrer leurs connaissances, ils préfèrent se mettre en retrait, allant jusqu’à brouiller les pistes pour les enseignants, qui commenteront : « Ne fais pas d’efforts en classe », « Ne s’implique pas », « Dans la lune »… Nous sommes nombreux à pouvoir y reconnaître notre progéniture ! « Les psys ont parfois souligné à l’excès les « risques » de la précocité intellectuelle, devenue synonyme de souffrances, de désocialisation et de parcours scolaire chaotique, si bien qu’à la moindre difficulté les parents sont tentés net, est ler de faire le rapprochement », souligne le pédopsychiatre Gabriel Wahl. Pour Kathleen Tamisier, « certains souhaitent tellement que leur enfant soit surdoué qu’ils exacerbent le moindre indice, mais ce n’est pas parce qu’un enfant s’ennuie à l’école qu’il est précoce ! » Pourtant, qu’importe si les parents se trompent… Pour le pédopsychiatre, mieux vaut consulter en cas de doute : « Il me paraît légitime que, dans une société compétitive où la scolarité détermine toute une existence, les parents aillent jusqu’au bout de leurs interrogations, surtout lorsqu’ils sont confrontés à des difficultés scolaires, comportementales ou relationnelles. »

Des tests toujours utiles
D’autant que les projections excessives concernent en fin de compte une minorité de parents. Par exemple, le père de Lise, 14 ans, a dû, lui, résister à l’idée de faire sauter une classe à sa fille. « Lise a toujours été très éveillée, raconte-t-il. Elle a appris à lire avant 6 ans et on nous conseillait de la faire passer directement de la dernière année de maternelle au CE1. Nous n’étions pas d’accord. On lui a fait passer un test qui a finalement révélé qu’elle n’était pas à haut potentiel. Aujourd’hui, Lise est restée une très bonne élève, bien dans ses baskets, qui poursuit une scolarité normale dans le public. » Le plus souvent, c’est l’inquiétude qui pousse les familles à s’interroger. Cela a été le cas de Laura, mère d’un petit garçon de 4 ans. « Tous les matins, avant d’aller à l’école, Tom pleurait ou s’énervait, relate-t-elle. Il me disait qu’il n’apprenait rien à l’école, qu’il passait son temps à faire du découpage et du coloriage. Il ne voulait pas rester l’après-midi, car il voulait « profiter de sa journée ». Cela nous a mis la puce à l’oreille… » Il s’est en effet avéré que Tom était à haut potentiel. Pour le Dr Gabriel Wahl, ce sont justement des enfants comme lui qu’il faut repérer en urgence. « Il est toujours utile de vérifier la précocité d’un enfant en particulier quand il se trouve en difficulté dans sa vie sociale, familiale ou scolaire. Cela permettra de rassurer les parents en donnant du sens à certains de ses comportements et d’adapter sa scolarité, car un trop grand décalage avec les autres élèves peut générer beaucoup de souffrance. » Et si le résultat n’est pas celui attendu ? Muriel, mère de Léonard, 7 ans, le dit avec soulagement : « S’interroger sur l’éventuelle précocité de mon fils a permis de poser le diagnostic d’hyperactivité et de pouvoir enfin l’aider. »

Les parents se trompent rarement
Pour en avoir le cœur net, il n’y a qu’un seul moyen : faire passer un test de QI de type Wechsler, « le seul baromètre vraiment fiable de la précocité », assure le Dr Gabriel Wahl. Ce test est même possible à partir de 2 ans et demi pour des enfants qui, dès la naissance, ont montré des signes précurseurs. Ils ont été des nourrissons très éveillés, au regard scrutateur, qui dormaient peu, percevant avec acuité les attentes et les émotions de leurs proches. Puis ils ont parlé et/ou marché très tôt. Pourtant, certains enfants à haut potentiel peuvent présenter des retards dans ces domaines… Toute la difficulté sera là, car la précocité, c’est bien plus qu’un QI. « L’enfant à haut potentiel pourra aimer disserter sur l’origine du monde, mais ne s’endormira pas sans un bisou et son doudou », résume le Dr Wahl, qui convient que, là encore, il n’est pas facile pour les proches de s’y retrouver… Mais le pédopsychiatre l’observe : « Les parents ont très souvent un discernement et une objectivité remarquables. » Des études avancent qu’à peine 50 % des enfants identifiés comme surdoués par un enseignant se révèlent l’être après vérification. Mais le taux grimpe à 80 % quand ce sont les parents qui demandent le test. « Je me souviens d’un petit garçon de 3 ans que j’ai reçu en consultation. Quand je lui ai donné un conseil pour avancer son siège, il m’a remercié d’un « C’est une bonne technique ». Je suis resté bouche bée. Sa mère, elle, s’est amusée de mon étonnement. Elle avait une longueur d’avance sur moi. »

publié le 26 janvier 2017

Mini-stages en entreprise pendant les vacances scolaires

CCI de France, http://www.cci.fr/web/orientation-professionnelle/decouvrir-l-entreprise-et-ses-metiers/-/article/Le+mini-stage+de+d%C3%A9couverte+professionnelle/les-mini-stages-de-decouverte-professionnelle

Les mini-stages de découverte professionnelle

Explorer un métier pour bien s’orienter !

choisir son métierQue voudrais-tu faire comme métier ?
Face à la multitude de choix possible… il n’est pas si facile de répondre à cette question primordiale.
Pour tous les jeunes qui hésitent sur leur orientation, le mini-stage de découverte professionnelle est la solution.
Le mini stage, c’est l’occasion de :

  • Découvrir l’entreprise et ses différents métiers
  • Choisir sa filière et concrétiser son projet professionnel
  • Se familiariser et vivre au quotidien la réalité des professions
  • Se faire connaître d’un futur employeur pour éventuellement signer un contrat d’apprentissage par la suite

 

Le mini-stage, c’est quoi ?

 

• Quelle durée ?

• Pour qui ?

• Quand ?

• Dans quelle structure ?

1 à 5 jours en entreprise par stage

Les collégiens (4ème et 3ème) et les lycéens (quel que soit leur âge)

Pendant les vacances scolaires, y compris les grandes vacances d’été

Dans tous les types d’entreprise (publique ou privée), les associations, les professions libérales, etc.

 

 

Le mini-stage, c’est No limit !

Tu peux faire autant de stage que tu le souhaites.
Tu peux découvrir deux professions dans la même entreprise ou la même profession dans des entreprises différentes.
Dans tous les cas, il te faudra une convention pour chaque stage.

Pour en savoir plus,
Contactez le conseiller Orientation – Apprentissage (Point A)
de la CCI la plus proche.

 

Alexandre, surdoué: « La vivacité est essentielle pour s’épanouir en couple »

L’express, Par Leslie Rezzoug, publié le 27/02/2017

Etre surdoué, n'est pas forcément la garantie d'une vie sentimentale épanouie. Photo d'illustration.

Etre surdoué, n’est pas forcément la garantie d’une vie sentimentale épanouie. Photo d’illustration.

Getty Images

Il y a un peu plus d’un an, Alexandre a été diagnostiqué surdoué. Un bouleversement qui s’accompagne aujourd’hui d’une réflexion profonde sur sa vie sentimentale parfois mouvementée. Il nous raconte ici sa vision de l’amour et du couple.

D’aussi loin que je me souvienne, on a toujours loué mon intelligence. Pourtant, je n’ai été diagnostiqué « surdoué » qu’à 42 ans. C’est un psy rencontré dans mon milieu professionnel qui m’a conseillé de passer les tests. J’ai un QI de 149. Après cette rencontre, j’ai lu le livre Trop intelligent pour être heureux (éd. Odile Jacob) de la psychologue Jeanne Siaud-Facchin. A l’aune de ce texte, j’ai repensé mes échecs amicaux, professionnels et amoureux. Tout s’est éclairé. J’ai compris pourquoi certaines personnes me trouvaient fantasque, vif mais aussi parfois un peu effrayant.

« Je n’avais pas les clés pour comprendre »

Sentimentalement, j’ai eu l’impression de rouler de nuit en portant des lunettes de soleil pendant 40 ans. Je n’avais pas les clés pour comprendre ce qui m’arrivait, pour dénouer les fils de mes relations. J’oscillais en permanence entre l’impression d’être génial et celle d’être une imposture totale. Avec le diagnostic est arrivé une forme d’apaisement. Enfin j’ai pris la mesure de qui j’étais. J’ai réalisé que cette extravagance que certains voyaient en moi n’en était pas vraiment une. J’ai compris pourquoi je me lassais si vite.

Lorsque l’on est surdoué, la rencontre amoureuse est souvent biaisée par une forme de « prescience ». On comprend très rapidement à qui l’on a à faire, si la relation peut marcher ou non. Il m’est déjà arrivé de proposer le mariage à un homme que je connaissais depuis à peine une heure. A l’inverse, j’ai déjà vécu des histoires tout en sachant que cela ne fonctionnerait jamais. La lutte contre l’ennui est une composante essentielle de la vie des personnes surdouées.

LIRE AUSSI>> Adultes surdoués: comment les reconnaître?

« Mon rêve serait d’être très beau »

S’il m’est souvent arrivé de ne pas rappeler après un rendez-vous amoureux, c’est que j’avais déjà l’impression d’avoir fait le tour de la personne que j’avais en face de moi. La séduction passe par une méthode que je déroule selon un scénario très écrit. Quand je cherche à plaire à quelqu’un, j’ai souvent l’impression de jouer aux échecs.

Si faire l’amour est aussi important pour moi, c’est justement parce qu’il s’agit du seul moment où je laisse mon cerveau en veille. Le sensoriel met la pensée au repos. Le monde organique se substitue au monde intellectuel.

Au fond, je trouve très triste d’être aimé pour son cerveau. Pour moi, ce n’est qu’un outil. Mon rêve serait d’être très beau, un véritable Apollon, et de plaire uniquement grâce à mon physique. On pense souvent que les surdoués ont une très haute opinion d’eux-mêmes. C’est faux. Dans ma vie sentimentale, j’ai très souvent ressenti un sentiment d’infériorité.

« Tout était motif à réflexion »

J’ai accumulé les rencontres, les rendez-vous et les histoires sans lendemain mais je méprisais souvent les hommes qui étaient attirés par moi. J’étais presque agressif. Comme avec Louis. Tout de suite, il m’a collé l’étiquette de surdoué, alors que j’étais bien loin de m’imaginer qu’il pouvait avoir raison. Cela m’a particulièrement irrité. Je ne pouvais pas supporter qu’il ait l’impression de lire en moi comme dans un livre ouvert, comme si j’étais un numéro.

J’ai néanmoins passé 12 ans en couple avec Gauthier, lui aussi surdoué. Nous nous sommes probablement reconnus. Notre relation était très forte, fusionnelle. Quand on est surdoué, on a besoin d’avoir une base de repli extrêmement solide, de trouver en l’autre un abri face à un monde extérieur perçu comme hostile.

Nos problèmes relationnels ont commencé car nous étions tous les deux persuadés d’avoir raison sur à peu près tout. Nous étions aussi très souvent dans la « sur-analyse » de tout ce que l’autre faisait. Tout était motif à réflexion, à examen, des idées les plus hautes aux petits tracas du quotidien. C’était épuisant, pour lui comme pour moi. Pourtant, je ne dirais pas que notre histoire a pris fin à cause de ce surdouement partagé. L’usure a simplement fait son oeuvre, comme cela arrive souvent.

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« L’intelligence c’est quand même particulièrement sexy »

Le fait d’être surdoué peut évidemment faire fuir certaines personnes. Ce n’est absolument pas la garantie d’une vie sentimentale réussie. J’ai connu des échecs comme tout le monde. Un homme avec lequel je suis sorti quelques temps m’a même dit que je prenais le fait d’être surdoué comme une excuse pour être insupportable. Le chemin de la compréhension de soi passe par cette réflexion où l’on cherche sa place en propre, sans se laisser définir par autrui.

Personnellement, je considère que quand on est surdoué, il est essentiel d’essayer d’être la meilleure personne possible, d’être bon, juste, d’avoir de l’empathie. Gauthier par exemple est un véritable humaniste selon moi. Je suis tombé amoureux de ses qualités morales, de sa bienveillance constante envers les autres. Quand on est surdoué, on se doit de mettre son intelligence au service de quelque chose de plus grand que son petit nombril.

Même si j’estime qu’une certaine rectitude morale est capitale, j’ai également besoin d’admirer mon conjoint. Je trouve que l’intelligence c’est quand même particulièrement sexy. Cela porte d’ailleurs un nom: être sapiophile! Il suffit de prendre l’exemple de Serge Gainsbourg qui a eu des relations avec Brigitte Bardot, Jane Birkin.

De mon côté, j’ai séduit certains de mes compagnons en deux phrases. L’humour, la vivacité sont essentiels pour s’épanouir dans un couple. Aujourd’hui, je suis célibataire. Mais j’ai tout de même envie d’y croire à nouveau. Après tout, chez les surdoués comme chez les autres, ce ne sont pas deux cerveaux qui se rencontrent mais deux personnes, à part entière.

Trait de caractère particulier, trouble ou pathologie: vous vivez une différence au quotidien, constitutive de votre personnalité? Si vous avez envie de me raconter votre histoire, n’hésitez pas à m’écrire à lrezzoug@lexpress.fr pour livrer votre témoignage sur le site de L’Express Styles.

Clément, lycéen et surdoué : « Ma différence est une force »

 // © Olivier GUERRIN pour L'Étudiant
// © Olivier GUERRIN pour L’Étudiant

Clément a été diagnostiqué à haut potentiel intellectuel à 6 ans. Avec un an d’avance, et après un an passé dans un dispositif spécialisé au collège, il poursuit ses études, à 14 ans, en seconde au lycée Édouard-Branly, à Lyon, comme les autres. La seule différence ? Il va parfois plus vite… ou plus lentement !

« Il faut que je vous dise ce que j’ai. Cela nécessite une mise au point. J’en ai marre de lire des trucs du style : ‘Il est surdoué, il a des lunettes, il passe sa vie à lire, il est asocial, etc.’ Cette image de l’adolescent surdoué est un cliché. Les surdoués n’ont pas tous des lunettes, certains vivent cachés, d’autres ont de grosses difficultés parce qu’ils ne sont pas reconnus. Cette image est aussi véhiculée par les séries américaines : elles montrent des jeunes à haut potentiel qui portent des chemises à carreaux, croulent sous les cahiers… Ce n’est pas la vraie vie. On nous voit comme des bêtes de foire, pas comme des êtres normaux. La vraie vie, c’est différent. »

« Nous pensons trop vite, et cela crée une frustration chez les autres »

« Être surdoué, c’est un trouble. Mon cerveau fonctionne autrement. Nous, les surdoués, nous pensons trop vite, nous anticipons, nous sautons des étapes et cela crée une espèce de frustration chez la personne en face. Elle se demande : ‘Pourquoi il ne répond pas à ma question, pourquoi il ne réagit pas ?’ En réalité, elle ne va pas à la même vitesse. Ce décalage crée des difficultés de relation, une impatience, et de l’ennui. En cours, par exemple, le professeur de mathématiques explique un concept. Moi, on m’a donné l’information et ça y est, c’est bon, j’ai compris, je la range dans ma tête. À la limite, je vais m’entraîner avec un ou deux exercices d’application, pas plus. Les autres élèves ont besoin que le professeur leur réexplique et ils devront répéter des exercices. Il m’arrive donc de m’ennuyer. Et quand je m’ennuie, je parle à mes voisins, je me fais remarquer. C’est loin d’être simple. »

« J’ai souffert à l’école. Jusqu’en cinquième, je n’avais pas d’amis »

« Comme j’ai toujours été décalé, j’ai souffert à l’école, surtout en primaire. Et jusqu’en classe de cinquième, je n’avais pas d’amis. Les autres élèves me trouvaient différent, bizarre. Je me sentais rejeté. Et concrètement, j’étais rejeté… puisque personne ne voulait être avec moi. J’étais hypertriste. Cela n’allait pas du tout. Cette situation provoquait des problèmes importants. Le matin, au moment d’aller à l’école, j’avais mal au ventre. J’avais envie de vomir, parfois je vomissais vraiment ! Le soir, cela n’allait pas mieux parce que je commençais à penser au lendemain, moment où, invariablement, je n’aurais pas envie d’aller en cours. Vous imaginez le niveau de stress ? Dans la journée, j’avais des tas de problèmes, des disputes. Les élèves disaient carrément : ‘Ne traîne pas avec nous, reste tout seul !’ C’était compliqué. Non, ce n’était pas compliqué, c’était l’horreur ! »

« Ma vie a été bouleversée quand j’ai changé de collège »

« Une fois le diagnostic de ma précocité intellectuelle établie, ma mère a adhéré à une association pour les enfants surdoués. Elle avait quelques idées sur la question. Elle a trouvé comment me sortir de ce marasme. Et en fin de cinquième, je suis parti dans un collège spécialisé à Lyon. Celui-ci accueille des jeunes intellectuellement précoces et a mis en place un dispositif d’accompagnement pédagogique. Il s’appelle Les Battières. Et là, hourra ! Ma vie a été bouleversée. Je me suis senti mieux. Enfin, j’étais reconnu !

Les professeurs nous donnaient des exercices supplémentaires. Je pouvais prendre un livre, en plein cours. Au moins, je ne faisais pas semblant. Ce sont des détails, mais tellement importants. J’ai commencé l’année de quatrième, et, après un trimestre, en janvier, je suis passé directement en troisième. Je ne m’ennuyais plus du tout, les cours m’intéressaient et j’ai cessé de bavarder. Surtout je n’étais plus la bête curieuse ni celui que le groupe a envie de harceler.

Je voulais prendre le chinois en deuxième langue vivante mais, en troisième, les autres avaient fait trois ans de chinois. Je les ai rattrapés en quelques semaines à raison de 3 cours hebdomadaires de 2 heures. J’aime cette langue, parce que c’est une langue complexe avec des caractères et des traits précis. Si on dévie un petit trait, le mot change de sens, c’est passionnant. »

« Je me sens davantage à ma place avec des gens plus âgés »

« Maintenant, je suis en seconde, dans un lycée classique et public, sans prise en charge particulière. C’est bien parce que les professeurs sont au courant de mon haut potentiel. Nous sommes plusieurs surdoués venant du même collège. Socialement, ça va bien. Je me sens davantage à ma place avec des gens plus âgés, donc plus matures. On parle de choses intéressantes, de sujets politiques, de la société. Je suis curieux et, si un thème suscite mon intérêt, j’achète un journal ou un livre sur la question. Franchement, du côté des relations amicales, c’est vraiment bien. J’ai maintenant plein de copines. Je peux dire que je souffle. »

« J’ai du mal à exprimer ma pensée et mon raisonnement »

« Pour le côté purement scolaire, c’est moins évident. J’ai des difficultés dans certaines matières. En français, par exemple, parce qu’il faut argumenter. J’ai du mal à exprimer ma pensée et mon raisonnement. Quand on me pose une question, je ne réponds pas complètement. Je pense qu’une réponse courte suffira. Je me dis que je n’ai pas besoin de donner toute la démonstration puisque je connais le résultat. Or le professeur a vraiment besoin de savoir comment j’y suis parvenu ! Je dois apprendre à démontrer.

Tous les mardis, je prends un cours au lycée avec la référente des élèves à haut potentiel. On fait des exercices sur l’argumentation. Je dois expliquer pourquoi j’énonce tel point de vue. Je m’entraîne à écrire pas à pas. C’est comme si le professeur était un enfant à qui on doit expliquer une idée. Cela m’énerve parce que je ne suis pas patient ! Mais je ne désespère pas, j’y arrive un peu mieux qu’auparavant. J’apprends également à contrôler mon impatience avec mes amis. »

« J’ai toujours suivi beaucoup d’activités extrascolaires »

« Depuis que je suis tout petit, j’ai besoin de bouger énormément. Jusqu’à récemment, je faisais de la danse de salon en compétition, je m’entraînais 8 heures par semaine. J’ai toujours suivi beaucoup d’activités extrascolaires. C’est fortement conseillé aux surdoués parce qu’ils sont tellement malheureux à l’école qu’on leur recommande de se passionner pour autre chose ! Actuellement, je pratique un sport collectif, le hand, et je suis un cours de théâtre une fois par semaine. Comme je me sens mieux au lycée, c’est suffisant. Et je garde du temps pour pratiquer l’amitié ! »

Précocité : pour en savoir plus

Le diagnostic. Quand un enfant est surdoué, les spécialistes conseillent d’abord de lui faire passer des tests de quotient intellectuel chez un professionnel.
Une scolarité adaptée. Dans chaque académie, un référent est nommé pour aider les élèves surdoués à s’orienter. À la demande des parents, il se charge de placer ceux dont la précocité entraîne un mal-être ou des troubles de l’apprentissage dans des établissements où l’équipe pédagogique est sensibilisée à leurs problèmes. Au collège Georges-Brassens à Paris, par exemple, ces élèves suivent la même scolarité que leurs camarades du même âge, mais ils se retrouvent entre eux pour certaines activités. Dans l’enseignement public, les parents peuvent prendre contact avec le chef d’établissement pour demander que leur enfant saute une classe.
Des établissements spécifiques de la primaire au lycée. Vous pouvez également vous tourner vers l’enseignement privé. Le plus connu est le lycée privé Michelet à Nice (06), où rien n’empêche un élève de quatrième de suivre un cours de terminale s’il a le niveau. Les collégiens peuvent y effectuer leur cursus en 2 ans au lieu de 4. Citons également Le Bon Sauveur, au Vésinet (78), qui propose des filières spécifiques de la sixième à la troisième.
Sites d’informations et d’accompagnements pour les surdoués et leurs parents :
Ministère de l’Éducation nationale pour les élèves intellectuellement précoces.
Association française pour les enfants précoces.
Association Zebra destinée aux enfants et adolescents intellectuellement précoces.
Prekos, association nationale d’établissements privés.

Les MOOC, concurrents des masters ?

Mieux reconnus aujourd’hui, certains cours en ligne valident des crédits universitaires.

LE MONDE | 26.01.2017 à 18h44, Par Sophie Blitman

Des Moocs certifiants existent désormais.

Qu’il s’agisse d’améliorer son anglais, de plonger dans la physique quantique ou de découvrir l’économie collaborative, les cours en ligne – communément désignés par l’acronyme MOOC, de l’anglais massive online open courses – permettent de se former aux ­domaines les plus divers.

Gratuits et ouverts à tous, ces derniers se sont largement développés depuis cinq ans. Offrant l’avantage de la flexibilité, ­puisqu’ils peuvent être suivis n’importe où et n’importe quand, les MOOC apparaissent à certains comme des concurrents potentiels des masters. Mais ­encore faut-il se motiver pour suivre la formation jusqu’au bout, ce qui n’est pas évident quand on se trouve seul face à son ordinateur…

Le fort taux d’abandons en ­témoigne : moins de 10 % des inscrits achèvent la formation, la plupart se contentant de grappiller des connaissances pour ­enrichir leur culture générale. D’où l’intérêt de valoriser l’investissement de ceux qui suivent le parcours jusqu’au bout.

De plus en plus de MOOC proposent désormais des attestations de suivi, le plus souvent gratuites. Quelques-uns vont plus loin en délivrant des certifications, payantes cette fois, attestant des compétences acquises au cours du MOOC.

La validation va du simple quiz à l’évaluation en salle d’examen, en passant par des travaux à rendre plus ou moins conséquents. Dès lors, « les certificats sont très hétérogènes », prévient Matthieu Cisel, jeune chercheur et auteur, en 2016, d’une thèse sur les MOOC.

En effet, chaque organisme de formation est libre de délivrer son attestation, contrairement aux masters, dont l’appellation est protégée et l’accréditation ­validée au niveau national.

Une reconnaissance peu formalisée

Quelques MOOC permettent d’obtenir des crédits ECTS (système d’équivalence européen). C’est le cas, par exemple, du cours sur la gestion de projet animé par Rémi Bachelet, enseignant-chercheur à l’Ecole centrale de Lille. Une dizaine de masters, à Strasbourg, à l’université Pierre-et-Marie-Curie, à ­Paris, ou Lille-I, ont noué un partenariat avec le MOOC qu’ils ­intègrent dans leur formation. Une pratique cependant assez rare aujourd’hui.

D’une manière générale, la ­reconnaissance académique des MOOC est peu formalisée. « Un certificat atteste avant tout d’une appétence pour un domaine », ­estime Matthieu Cisel. A moins de les accumuler, de manière à se construire un véritable parcours de formation. Mais avec un coût de production avoisinant les 50 000 euros, les MOOC doivent attirer un large public, et donc être relativement accessibles à tous. Conséquence : « 70 % des MOOC sont des cours introductifs », estime Matthieu Cisel. Difficile, dans ces conditions, de bâtir un cursus de ­master entier.

C’est toutefois ce que commencent à faire les plates-formes américaines en organisant « des séquences d’une dizaine de MOOC, combinés à des exercices et des évaluations, observe le chercheur. Leur coût, autour de 5 000 euros, est élevé mais pour les étudiants américains, cela permet de diviser par trois ou quatre le prix d’une formation ».

En France, la plate-forme OpenClassrooms propose également des parcours pour obtenir un titre ­reconnu au Répertoire national des certifications professionnelles (RNCP). Après avoir expérimenté les niveaux bac + 2 à bac + 4, la start-up se lance sur le terrain du bac + 5 en ouvrant fin janvier 2017 une formation en partenariat avec le groupe privé Eductive pour ­devenir expert en ingénierie ­informatique. Trois autres ­devraient ­suivre en ressources humaines et marketing.

Au-delà du coût plus élevé qu’à l’université (entre 300 et 400 euros par mois), ces formations professionnalisantes n’entendent pas rivaliser avec les masters dont l’adossement à la ­recherche reste une dimension fondamentale.

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/campus/article/2017/01/26/les-mooc-concurrents-des-masters_5069719_4401467.html#R8Jy6EGhiQr6HXr3.99

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/campus/article/2017/01/26/les-mooc-concurrents-des-masters_5069719_4401467.html#R8Jy6EGhiQr6HXr3.99

Une société avec moins de travail… mais plus de formation ?

27 janvier 2017; Le Monde.fr,

Forum Grande école du numérique - 29 septembre 2016 © Edfab

Nous dirigeons-nous vers une société avec moins de travail ? La question a agité, mercredi soir, le second débat de la primaire de gauche entre Benoît Hamon et Manuel Valls. Certes, nombre d’emplois vont certainement être détruits du fait de l’informatisation et de la robotisation. Parallèlement, d’autres devraient cependant être créés, si l’on en croit la théorie de la destruction créatrice de Schumpeter, maintes fois évoquées dans ce genre de situation. Dans tous les cas, une chose est sûre : la transformation numérique bouleverse profondément la nature des emplois.

Les entreprises du digital en ordre de marche

Face à ce changement, les universités et écoles tentent de s’adapter, en proposant de nouvelles formations, notamment autour du big data ou de la cybersécurité.
Les entreprises ne sont pas en reste, et il est significatif de relever que le pôle de compétitivité francilien Cap Digital, qui compte 1.000 adhérents dont 850 PME, a mis sur pied une structure dédiée à l’éducation : située à la Maison des sciences de l’homme Paris-Nord, à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), en face du futur campus Condorcet, EdFab vise à « promouvoir l’innovation dans le domaine de la formation aux métiers du numérique et à fédérer les acteurs de cet écosystème, de la phase d’orientation jusqu’à l’emploi », explique son directeur Benjamin Gans.

Soutenue par la région Ile-de-France, qui lui assure un tiers de ses financements, et la Caisse des dépôts, EdFab rassemble 170 membres, principalement des entreprises et des start-up EdTech comme OpenClassrooms, mais aussi des écoles de codeurs (Simplon.co, 3W Academie, Wild code School) et du web comme la StreetSchool (journalisme digital) ou encore la plateforme de cours en ligne Ionis X, émanation du groupe privé d’enseignement supérieur Ionis.

Le pôle de compétitivité francilien Cap Digital a mis sur pied une structure dédiée à l’éducation

Vers une réelle formation tout au long de la vie ?

Après avoir notamment organisé le forum de la Grande école du numérique et accueillie une rencontre européenne sur les espaces d’apprentissage du futur, EdFab lance, au premier semestre 2017, une série d’événements sur le thème des métiers de demain, autour des fablabs et des makers, du e-sport, des drones, de l’Internet des objets…

A moyen terme, il s’agit aussi de construire des parcours de formation autour, par exemple, du machine learning (apprentissage automatique) ou de la datavisualisation, en valorisant les ressources pédagogiques que les membres d’Edfab ont déjà pu développer en interne, puisque certains salariés interviennent dans des écoles et universités ou donnent des conférences sur leur spécialité. Objectif de ces différentes initiatives : acculturer les salariés aux métiers de demain et les former à de nouvelles compétences numériques.

Une manière de marcher sur les platebandes de l’enseignement supérieur ? Edfab assure ne pas vouloir être en concurrence avec les universités et grandes écoles : « historiquement, nous avons de bonnes relations avec des établissements comme le Cnam ou l’UPMC », rappelle Benjamin Gans qui explique s’être « d’abord focalisé sur les entreprises. Mais l’enseignement supérieur constitue un chantier important sur lequel nous voulons travailler ».

Reste à identifier les besoins du secteur académique et la manière de collaborer. Pour faire en sorte que la formation tout au long de la vie, dont on nous rebat les oreilles depuis plusieurs années, devienne enfin une réalité.