Archives pour la catégorie TDAH

Dossier complet: Le TDAH

Le portail aidersonenfant.com a  mis en ligne un dossier complet sur le TDAH

On se concentre sur l’attention

Il arrive à tous les enfants d’être parfois lunatiques ou surexcités. Mais qu’en est-il quand ces caractéristiques sont présentes au quotidien et compliquent la vie de l’enfant? Votre famille est-elle confrontée au TDA/H?

Pour accédez au dossier cliquez sur le lien suivant:

https://aidersonenfant.com/dossier/tdah/

Enfant haut-potentiel – TDAH – Olivier Revol donne des conseils aux parents

 

Anne-Sophie Secondi

Emission réalisée par Anne-Sophie Secondi sur Lyon 1ère sur les enfants haut potentiel et TDAH avec Olivier Revol (pédopsychiatre à Lyon) et Dominique Sappey-Marinier (Cermep Lyon), qui expliquent et donnent des conseils aux parents, suite à l’étude réalisée par IRM sur les enfants précoces.

Comment aider les enfants à effectuer les transitions ?

Comment aider les enfants à effectuer les transitions ?

S’ils sont bien soutenus, les enfants peuvent apprendre à changer de sujet sans plaintes ni crises de colère.

Katherine Martinelli

 

De nombreux enfants éprouvent des difficultés avec les transitions, causes fréquentes de comportements perturbants (gémissements, décrochage), voire dérangeants (colères et crises).

Il existe plusieurs façons dont les parents et les enseignants peuvent aider les enfants à éprouver moins de difficultés dans les moments de transition – et être capables de mieux se comporter –, mais un peu d’expérimentation est parfois nécessaire avant de découvrir ce qui fonctionne avec chaque enfant en particulier.

Ces outils peuvent aider tous les enfants à effectuer les transitions ; cependant, ils sont plus particulièrement utiles pour les enfants atteints de TDAH, d’anxiété, d’ autisme ou de problèmes de traitement sensoriel. Ils peuvent être déterminants d’une bonne ou d’une mauvaise journée. Au fil du temps, ils pourront aider à tracer la voie de la réussite.

 

Créer des routines : si un enfant « ne veut pas effectuer de transitions parce qu’il aime la continuité, la routine et la structure », dit Michael Rosenthal, neuropsychologue clinique, « commencez par établir de la continuité, des routines et de la structure dans le processus de transition lui-même. »

 

Mettre en place une structure prévisible peut être rassurant et bénéfique, même pour les enfants plus âgés

Pour les transitions qui ont lieu chaque jour, comme le fait d’éteindre le téléphone avant d’aller dormir, il peut se révéler très avantageux d’établir des habitudes régulières. Une routine du coucher, par exemple, peut sembler adaptée uniquement aux bébés ; pourtant, mettre en place une structure prévisible peut être rassurant et bénéfique, même pour les enfants plus âgés (et les adultes aussi !).

Prévoir et chronométrer : outre les routines, les prévisions et les comptes à rebours sont essentiels. Le matin, vous pouvez exposer le déroulement de la journée. Le Dr. Rosenthal suggère de jouer à un jeu de rôle dans lequel vous vous entraineriez au passage d’une activité à l’autre, afin que « [les enfants] s’engagent dans le processus ».

De plus, avant chaque transition, donnez un délai et une description de ce qui va se passer, avec un compte à rebours (dans 20 minutes, puis 10, puis 5, il sera l’heure de finir le petit-déjeuner et d’aller à l’école). Ceci « permet [aux enfants] de se préparer émotionnellement à un événement », explique le Dr. Rosenthal.

Ajouter une musique : en particulier auprès des plus jeunes enfants, les chansons peuvent constituer un outil efficace pour aider à asseoir les routines et faciliter les transitions. Ce n’est pas en vain qu’il existe des « chansons du rangement », par exemple, que l’on peut écouter dans les écoles. Il y a de nombreuses autres chansons que l’on peut trouver (ou créer !) pour accompagner une série de situations, qu’il s’agisse de nouer ses lacets ou de se brosser les dents.

Penser à des supports visuels : certains enfants sont plus aidés par des supports visuels. Pouvoir se référer à un tableau avec des dessins qui montrent ce à quoi il faut s’attendre dans une transition particulière ou qui présente les étapes qui la constituent se révèle très utile pour certaines personnes. De tels tableaux sont courants dans les classes des plus jeunes enfants, mais peuvent aussi être adaptés à la maison.

Capter l’attention des enfants : selon Matthew Rose, psychologue clinique au ADHD and Disruptive Behavior Disorders Center (centre du TDAH et des troubles du comportement perturbateur) du Child Mind Institute, il est important d’établir une connexion avec l’enfant – surtout s’il souffre de TDAH – pour s’assurer que l’on a son attention et que l’information est comprise. Ceci peut signifier établir un contact visuel avec lui, s’asseoir près de lui, poser une main sur son épaule, ou lui demander de répéter ce que l’on vient de dire. Lui parler à voix forte depuis l’autre côté de la pièce et penser que le message est passé ne fonctionne pas et provoque de la frustration chez les deux personnes.

Récompenser : Rouse fait remarquer que des récompenses peuvent être un outil efficace pour tous les types d’enfants et tous les genres de problèmes. Il peut s’agir de stickers, de snacks, ou encore d’un système de points à échanger contre de petits « cadeaux ». Les écoles comme les parents peuvent instaurer un tel système ; ensuite, une fois que l’enfant prend l’habitude d’effectuer les transitions sans heurts, vous pouvez peu à peu arrêter de lui offrir des récompenses.

Réagir de manière approprié : si une transition ne se passe pas bien, le Dr. David Anderson, directeur général du ADHD and Disruptive Behavior Disorders Center du Child Mind Institute, recommande d’y prêter moins d’attention plutôt que d’aggraver la situation.

« Ignorez le problème, si l’enfant fait l’effort d’effectuer la transition, au moins approximativement », dit-il. « S’il se comporte vraiment mal, ayez recours à la conséquence appropriée à son comportement et faites comprendre à l’enfant qu’il dépasse les limites. »

Féliciter l’enfant pour les bonnes transitions : enfin, le Dr. Rouse enjoint les parents à reconnaître quand les transitions se passent bien. « Pour toutes les fois où elles ne se sont pas bien déroulées », dit-il, « il y en a probablement eu beaucoup plus où elles se sont bien passées. Ne manquez pas l’occasion de montrer votre enthousiasme et de dire, par exemple : « C’était très bien ; tu as bien agi ; j’ai vraiment apprécié la façon dont tu as déposé l’iPad immédiatement pour te brosser les dents ; maintenant, on a plus de temps pour lire. » »

Soyez précis dans vos félicitations et faites-les suivre d’une récompense, lorsque cela vous semble approprié. Avec un bon soutien, les enfants peuvent apprendre à changer de sujet sans plaintes ni crises de colère.

 

Source :

Martinelli Katherine, « How Can We Help Kids With Transitions? », sur Child Mind Institute : https://childmind.org

Remédiation cognitive des troubles attentionnels : des aspects théoriques aux applications cliniques Anne-Marie TONINATO

Publié le 16 février 2013, mis a jour le 4 mars 2016 , par Anne-Marie Toninato

Anne-Marie TONINATO

Neuropsychologue clinicienne

La remédiation n’est pas un élément indépendant et isolé, mais s’insère dans une globalité de traitement et de compréhension d’autrui.

Un TDAH a des répercussions tout au long de la vie et dans tous les espaces de la vie du sujet : scolaire, familial et social. Pendant l’enfance, la répercussion est évidente dans le cadre scolaire, et ce dès l’école maternelle : isolement, marginalisation. La répercussion est également familiale. Elle devient rapidement psychique et émotionnelle : démotivation, faible estime de soi. Au moment de l’adolescence, la symptomatologie évolue et impacte plus sévèrement le projet scolaire et social ; elle est associée à des comportements transgressifs et surtout à une tendance à la mise en danger. Pour les adultes, au trouble déficit de l’attention, aux troubles de la concentration et de l’investissement dans les tâches s’ajoutent des comportements d’évitement quand les activités sont jugées trop longues et des déficits exécutifs.

Il existe une corrélation entre le projet possible, l’amélioration possible du patient en fonction du niveau du facteur G, c’est-à-dire la capacité de la personne à conceptualiser son trouble, en prendre conscience et pouvoir développer une anticipation et une maîtrise de ses difficultés. Un autre facteur prédictif très important est la stimulation adaptée de l’environnement, d’où la nécessité de travailler de façon collective avec les professionnels de l’école et les familles. La stabilité affective est également un facteur important. Enfin, l’évolution du trouble est différente selon qu’il est isolé ou associé à un trouble de l’apprentissage autre.

Une prise en charge pluridisciplinaire permet d’intégrer tous les aspects du déficit. J’ai travaillé depuis plusieurs années d’abord en institution, puis dans le cadre d’un exercice fédéral, à un programme qui inclut d’emblée plusieurs types de prise en charge et une collaboration pluridisciplinaire, écologique et scolaire autour de l’enfant.

Ma proposition associe l’ensemble des axes d’intervention pour permettre un renforcement de l’étayage dans tous les espaces publics et développer une rééducation globale. Il s’agit de proposer aux enfants qui présentent un trouble de l’attention, avec ou sans hyperactivité, une remédiation cognitive structurée en Phases distinctes . La première est constituée de séances individuelles hebdomadaires dans lesquelles il convient d’associer d’emblée les parents, dont l’engagement est nécessaire pour soutenir le travail effectué en séance. La deuxième période est une prise en charge groupale.

Les séances individuelles sont constituées de dix à quinze séances en fonction de la gravité du trouble, de l’âge de l’enfant et de sa capacité à prendre conscience de l’impact de ses difficultés. Un enfant très performant sur le plan conceptuel et capable de comprendre cet impact dans le cadre scolaire pourra démarrer immédiatement une remédiation cognitive » ; ce n’est pas tout à fait le cas pour un enfant plus jeune qui subit ses difficultés.

Les première séances servent à expliquer le fonctionnement cérébral à l’enfant en présence de l’un des parents. Je m’appuie beaucoup sur les travaux de Pierre-Paul GAGNE sur la présentation d’un abord séquentiel des choses, qui permet à l’enfant de se repérer dans des structures cognitives qu’on lui présente immédiatement. Les séances sont centrées sur des exercices spécifiques qui visent une modalité attentionnelle spécifique en fonction du niveau et de l’âge de l’enfant – chaque enfant nécessite un certain type d’exercice, à un certain rythme, en fonction de ses difficultés et éventuellement d’un trouble cognitif particulier. Un bilan neuropsychologique complet est donc indispensable, de même que des bilans spécifiques cognitifs pour construire les séances en fonction du point de départ de l’enfant. A la fin de chaque séance, je reçois les parents, transmets la grille de contenu et demande aux parents de répéter le même type d’exercice deux à trois minutes par jour avec la dimension métacognitive associée : il faut expliquer à l’enfant les raisons de ce qu’on va faire, quelles sont les difficultés et pourquoi il a réussi. L’objectif est de le rendre autonome dans la gestion de son trouble attentionnel. L’objectif central est de développer les capacités d’adaptation et de conceptualisation de l’enfant.

L’introduction de chaque séance doit déclencher la disponibilité attentionnelle : on inhibe les distracteurs en proposant des exercices d’attention sélective. On inhibe l’impulsivité en rappelant d’emblée l’organisation de la séance, le but et le rôle de chacun. On modère l’instabilité en veillant à une installation qui contienne l’enfant : chaises avec un accoudoir, tables peu élevées et bien dégagées, etc. L’enfant peut ainsi se mettre au travail et prendre conscience des difficultés à engager l’attention conjointe.

La deuxième étape vise à favoriser la flexibilité mentale en s’appuyant sur le contrôle attentionnel, par exemple des jeux de fluence, de go/no go, de labyrinthe ou de réflexe, en fonction des progrès de l’enfant : une fois l’attention déclenchée, on apprend à l’enfant à inhiber les distracteurs. La deuxième phase de cette deuxième séance vise à introduire des tâches qui associent un raisonnement déductif ou une stratégie. A la fin de chaque série de tâches on explicite l’apprentissage et les modalités attentionnelle mobilisées : qu’a-t-on fait ? Pourquoi cela a-t-il fonctionné ? Pourquoi cela n’a-t-il pas fonctionné ? Que reste-t-il à faire ? On fixe les objectifs de la séance suivante et associe les parents.

La troisième partie vise à développer l’élaboration des mécanismes de planification. On s’appuie beaucoup sur le programme de Pierre-Paul GAGNE : on séquence le travail et on développe le raisonnement de stratégie par des jeux de rôle, des jeux de déduction et des énigmes, pour rendre l’enfant autonome. En fin de séance, on généralise l’apprentissage de la séance en proposant une tâche de longue durée : on se rapproche d’une situation écologique, qui est celle que l’enfant vit tous les jours à l’école.

Enfin, en fin de séance, on met l’accent sur l’apprentissage visé explicitement. Je reçois les parents et leur montre ce que nous avons fait. Je leur fais une proposition de travail pour la séance suivante, en mettant en avant progrès et difficultés. J’adapte le niveau en fonction des troubles associés.
Au terme de ces séances, on n’a pas réglé le problème, mais l’on a fait le tour des domaines de compétence et des domaines encore déficitaires. On propose alors quinze séances groupales où l’enfant est placé dans une situation plus écologique : la présence des autres est un distracteur en soi. On tente de construire un « lobe frontal » à plusieurs enfants : on distribue des rôles et permet de construire des projets d’une séance à l’autre.