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Comment vivre lorsqu’on est surdoué ? – Emission « Mille et une vies »

 

Dans la famille de Patrick et Delphine, tout le monde est surdoué. Sophie, elle, a appris sa précocité sur le tard. A quoi ressemblent leurs vies ? Cette singularité est-elle synonyme de bonheur ou malheur ?

Avec Jeanne Siaud Facchin

Replay de l’émission « Mille et une vies » diffusée le 23/02/2017 à 14h sur France 2. Retrouvez plus d’informations sur http://www.france2.fr/emissions/mille…

Enfants surdoués harcelés : « les parents sont souvent seuls »

l'emag de l'education

Dans un livre, A. Reynaud raconte le parcours chaotique de son fils surdoué. Des difficultés face à certains profs, en passant par le harcèlement et la déscolarisation.

Les Tribulations d'un Petit Zèbre - Alexandra Reynaud / Eyrolles

Alexandra Reynaud, mère d’un enfant surdoué, raconte son quotidien et le parcours scolaire de son fils dans « Les tribulations d’un petit zèbre » – qui reprend la plupart des écrits de son blog, référence sur le sujet du « surdouement ».

Comment en êtes vous venue à écrire votre livre ?

En 2008, Elijah, mon fils de 4 ans a été détecté à haut potentiel intellectuel (HPI). Le bilan qui a permis de valider sa précocité a été réalisé par une psychologue sur l’initiative de ma mère, qui était enseignante, et qui avait remarqué qu’il n’était pas vraiment dans la norme : il savait déjà lire, faisait des puzzles très complexes, trouvait les journées à l’école très longues…

Après ce bilan, j’ai cherché des réponses dans les livres… J’ai aussi regardé sur Internet : c’était un désert d’information. J’ai alors décidé de créer un blog pour permettre aux autres parents d’enfants HPI de trouver des informations mises à jour et des ressources – avec des témoignages très concrets.

Depuis 7 ans, je tiens donc mon blog, ”Les Tribulations d’un Petit Zèbre”. Au fil des années, beaucoup de gens m’ont demandé pourquoi je n’écrivais pas un livre : je voulais écrire quelque chose apportant une valeur ajoutée, à l’image du blog, avec un mélange d’expériences personnelles et des infos sur le HPI. J’ai alors décidé de condenser sur papier tout ce que j’avais pu écrire sur mon blog au fil des années.

A quelles difficultés votre fils a-t-il été confronté à l’école primaire ?

Sur le plan scolaire, il n’a rencontré absolument aucune difficulté. Le problème venait des enseignants, avec qui c’était la roulette russe : on peut avoir la chance de tomber sur un professeur fantastique, bienveillant, humain, qui comprend les besoins spécifiques d’un élève HIP ; puis sur d’autres avec qui cela va être beaucoup plus difficile.

Ce fut le cas pour mon fils l’année de grande section, son enseignante ayant décidé de ne pas s’adapter à son rythme. Mais heureusement, l’année suivante, dans une nouvelle école, en CP, une autre instit s’est révélée différente : elle a compris sa douance, et a demandé à lui faire sauter une classe, pour aller en CE1. C’était une véritable bouffée d’oxygène pour Elijah, qui se sentait davantage reconnu par sa prof, et qui ne s’ennuyait plus en cours ! Avant de sauter le CP, cela n’avait pas de sens pour lui d’apprendre la lecture, alors qu’il lisait déjà parfaitement depuis 2 ans. Encadré par des enseignants bienveillants, il a encore sauté une classe (le CM1), puis est entré au collège épanoui.

Alexandra Reynaud, mère d'un enfant surdoué, raconte son quotidien et le parcours de son fils sur son blog, et maintenant dans un livre.

Les difficultés ont pourtant continué au collège, sous une toute autre forme…

A l’école primaire, tout allait bien. Elijah était isolé l’année de grande section, car il lisait des livres sur les insectes alors que ses camarades ne savaient pas lire. Mais après ses sauts de classe, l’écart s’est réduit. Il était très bien intégré.

Les difficultés relationnelles ont éclaté à partir de l’entrée en 6e, au collège, où les effectifs étaient plus nombreux, avec une mentalité différente chez les enfants devenus adolescents. Pour Elijah, ce fut une année de harcèlement moral et physique.

Ce fut très compliqué, surtout du fait d’un entourage scolaire clairement défaillant – avec un CPE et certains enseignants qui ne calmaient pas les tensions mais ne faisaient que les envenimer, en fermant les yeux et en ignorant nos alertes. On sentait que l’idée, c’était qu’on le lâchait dans la fosse aux lions, et tant pis s’il se faisait manger : il devait s’en sortir par lui-même…

L’année de 6e a été un gros choc pour mon fils, au point que nous avons dû changer de collège, suite à des agressions physiques. En 5e, il n’y a pas eu de problème particulier, mais Elijah demeurait dans une solitude extrême – il n’arrivait pas à créer de lien avec les autres, car il existait déjà des clans, hermétiquement fermés.

Pourquoi avoir déscolarisé votre fils, à un moment donné ?

En 6e, un enfant de sa classe a dit à tout le monde, dès le premier jour, qu’il avait 2 ans d’avance – ce qui a clairement joué dans sa stigmatisation. Il a été pris pour tête de turc, parce qu’il avait sauté deux classes. On le traitait “d’intello”.

L’année de la 5e, comme il avait vécu un enfer et qu’il ne voulait pas revivre cela, il a caché ses deux années d’avance pendant plusieurs mois. Il n’y avait pas de problème avec les autres élèves, mais il n’arrivait juste pas à se fondre dans des groupes déjà constitués, avec des enfants qui n’avaient pas du tout les mêmes centres d’intérêt.

Puis une nouvelle agression s’est produite, et pour Elijah, ce fut le trop-plein : il s’est enlisé dans des pensées suicidaires, et n’allait plus du tout bien moralement, jusqu’à se détourner des apprentissages. En classe, au collège, c’est mal vu de bien travailler, d’être attentif au cours – il était mis dans la case de “l’intello”, différent des autres. En fin de 5e, il avait toujours de bons résultats, mais cela ne l’intéressait plus du tout. Scolairement parlant, il n’y avait pas de problème, mais sur le plan de la reconnaissance des particularités et du relationnel, oui.

La plupart des enseignants n’ont pas remarqué le mal-être d’Elijah… En définitive, sans vrai soutien de leur part ni de l’établissement, j’ai rencontré le référent précocité de l’académie, pour trouver une solution provisoire de déscolarisation. Je voyais bien qu’il n’en pouvait plus. Je craignais un passage à l’acte. A la fin de la 5e, nous sommes donc passés par le CNED, pour qu’il puisse suivre des cours à la maison.

Les Tribulations d'un Petit Zèbre - Alexandra Reynaud / Eyrolles

Hélas, les parents sont souvent seuls face à ce genre de situation. Ce qui ressort de mes discussions avec d’autres familles d’élèves surdoués, c’est l’inertie des enseignants. Je sais très bien qu’ils ne sont pas là pour régler tous les problèmes, mais j’ai toujours été étonnée du peu de suivi de leur part.

Aujourd’hui, où en est Elijah ?

Elijah a sauté sa 4e, car il avançait au ralenti et demeurait en avance, et a donc suivi une année de scolarité à la maison. La déscolarisation était une nécessité, car il allait très mal et il fallait le protéger. Il était entré dans une véritable phobie scolaire.

Aujourd’hui, il est au lycée, en Seconde. Il a désiré reprendre le chemin de l’école, de lui-même : il voulait être dans la vie normale, être inséré classiquement comme tous les élèves. Désormais, tout se passe bien… même s’il a trois ans d’avance, et qu’il a 12 ans.

Le problème n’est jamais, à mon avis, le fait de sauter des classes : si Elijah a eu des problèmes au collège, c’est surtout parce que la mentalité au collège est extrêmement ancrée dans des notions de valeur, avec une notion de groupe importante, un rejet des différences, et notamment une stigmatisation des élèves “intellos”… alors qu’au lycée, chacun a le droit d’exister, avec des élèves qui ont une mentalité différente. Les lycéens n’ont plus aussi honte de se montrer travailleurs et intéressés par les sphères intellectuelles.

Finalement, trouvez vous que l’école est adaptée aux élèves surdoués ?

Bien sûr que non ! En fait, l’école “classique” n’est pas adaptée pour tous les enfants qui diffèrent de la norme, des surdoués aux dys, en passant par les élèves TDAH ou autistes – car elle n’est pas faite pour supporter les rythmes différents de ces jeunes. Un enfant parfaitement dans la norme bénéficiera d’une école qui suivra son rythme, au niveau du rabachage, du passement de classes chaque année… Alors que pour un élève qui va plus vite, la seule vraie solution proposée aujourd’hui en France, reste le saut de classe.

Les décloisonnements n’ont pas vraiment d’intérêt, car l’enfant lui-même ne sait pas où est sa place… et à la fin de l’année, le problème reste le même : cela ne sert à rien de décloisonner l’enfant dans une matière particulière si l’on fonctionne par niveaux, car au final, il finira par s’ennuyer de la même manière, au pied du mur de l’année suivante.

Il y a encore du chemin à faire, mais il y a des progrès, malgré tout : certains enseignants s’ouvrent aux enfants HPI, des conférences sont organisées par des académies, on en parle de plus en plus. Il est aujourd’hui possible de se faire entendre : les référents précocité académiques sont très bénéfiques pour rétablir le dialogue entre l’école et les parents, et pour faire respecter les droits des enfants à besoins particuliers par les enseignants. Ceux-ci sont des fois perdus, ne sachant pas quoi faire concrètement dans une situation qu’ils n’ont jamais connue… et les référents précocité peuvent les aider à comprendre le HPI et à savoir comment agir face à un élève surdoué.

L’emploi du temps (de ministre) de nos DYS

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blog « Etoile 10 (pour DYS) »

Dans ma vie professionnelle, j’ai parfois eu comme responsable ces directeurs (-trices) débordés, dont l’agenda était booké des semaines à l’avance à la demi-heure près, et quand vous aviez besoin de leur faire un point d’avancement de 10 minutes sur un sujet, ils nous renvoyaient vers leur « assistante » pour caler un creneau.

 

Vous avez aussi certainement de la même manière vécu cela quand vous cherchez à avoir un rendez-vous médical en urgence, par exemple pour des problèmes oculaires, et la secrétaire de l’ophtalmogue le plus diligent pouvait vous dégager un creneau d’un quart d’heure trois semaines plus tard.

 

Aujourd’hui, j’ai parfois l’impression d’être devenue cette assistante qui gère l’agenda de ma fille…

 

Fort heureusement pour elle, elle a beaucoup d’énergie, elle serait même demandeuse d’un peu plus de sport. Mais elle a fini par comprendre que rajouter encore une activité régulière allait la priver d’activités ponctuelles comme d’aller au cinéma, d’inviter des copines, ou simplement se reposer (euh….à quoi ça sert, au fait, de se reposer?)

 

Alors, par quoi commencer… Deux secondes, je regarde son agenda…

La liste de ses activités scolaires

 

Ma fille est scolarisée normalement. Elle a donc cours du lundi au vendredi, comme tout le monde dans sa ville.

 

Comme tout le monde, et bien que cela soit interdit, elle a aussi des « devoirs ». Personnellement, je trouve cela très bien, car elle ne mémorise pas grand chose de ce qu’elle a fait à l’école. Je la soupçonne même d’observer avec curiosité et un détachement certain tous ces élèves attentifs et cet enseignant très sérieux raconter des choses très ésotériques pour elle. Car le soir, elle sait qu’elle a fait par exemple maths ou géographie, mais elle est généralement bien incapable de me donner le sujet de la leçon. Sauf si elle a dû dessiner, colorier ou construire. Preuve en est (si j’avais encore des doutes) que l’apprentissage ne passe pour elle ni par l’oral, ni par l’écrit.

 

Donc les devoirs et les leçons à la maison, je suis pour, bien évidemment car c’est à ce moment-là qu’elle apprend. Dans mon organisation rêvée, j’aimerais l’envoyer à l’école pour le sport, les récrés et la cantine, parce qu’elle aime bien. Et la récupérer pour les temps d’apprentissages purement « scolaires ». Qui ne s’élèveraient pas à six heures par jour. Je crois que 3 suffiraient largement…

 

En attendant, comme vous l’avez compris, je subis un système insatisfaisant. Je dois donc intégrer le temps des devoirs dans son agenda de ministre. Ce qui est particulièrement difficile  à quantifier car totalement imprévisible! En fonction de la quantité donnée, mais aussi du sujet abordé, de son état émotionnel et de sa motivation, on peut y passer 15 minutes… ou beaucoup plus. Les devoirs méritent un article à part entière tellement c’est un sujet sensible, et qui met en oeuvre des compétences multiples et que je ne soupçonnait pas chez moi.

 

 

 

La liste de ses rendez-vous avec ses « thérapeutes »

 

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Comme l’éducation nationale ne peut pas s’adapter aux modes d’apprentissages de ma fille, ma fille doit suivre un certain nombre de séances pour s’adapter à elle. Certes, tout n’est pas inutile… Pour les (heureux ) non-initiés, récapitulons brièvement ses séances hebdomadaires et à quoi elles lui servent:

 

l’orthophoniste pour le langage oral: en tant que dysphasique, il y a du boulot. C’est sa plus vieillediscipline (7 ans d’entrainement à l’âge de 10 ans!). Aussi étonnant que cela puisse paraitre, il n’est pas si fréquent que cela de trouver une orthophoniste qui s’y connaisse en dysphasie. Certaines disent clairement préférer prendre d’autres enfants plus simples à gérer (je les appelle les « enfants qui zozotent »), c’est tout aussi rémunérateur et  moins impactant. Parce que l’enfant qui zozote, si vous lui dites, il finira par arrêter. Et s’il n’arrête pas, il sera au pire un adulte qui zozote et c’est tout. J’ai fait le compte récemment et je suis arrivée à sept. 7 quoi? 7 orthophonistes  que ma fille a usées. La « pire » étant celle qui a déclaré qu’elle n’avait « aucune appétence pour la communication« . Ceci dit, certaines sont très bien (oui, vraiment!) ce doit juste être ma fille qui est particulièrement … hum hum.. On va dire : sélective? Aujourd’hui, elle a repris les séances avec une nouvelle, et je dois vous avouer que je ne l’ai même encore jamais vu (c’est son père qui s’y colle).

 

l’orthophoniste logico-mathématique: ah celle-là! Elle est extraordinaire! Et on voit les progrès! Ma fille entre peu à peu dans l’univers très énigmatique des nombres. Elle additionne, soustrait, tout ceci par le jeu et la manipulation. Une gymnastique intellectuelle se met en place dans ce domaine. Ce n’est pas encore le futur Nobel de maths (ah non, il n’y en a pas, zut), mais sa neuropédiatre a évalué son niveau en maths à celui de CE2 (elle est en CM1).

 

l’orthoptiste: avant d’avoir ma fille, je pensais que l’orthoptiste était cet « oeillologue » qui nous faisait loucher sur un crayon pour muscler nos yeux et donc améliorer notre vue. Il semblerait que ce métier soit un peu plus varié que cela. Ayant un « trouble persistant de l’exploration visuelle » (autrement dit: aucune stratégie oculaire), les séances lui ont permis d’être capable de balayer correctement une feuille de papier (avec le regard, et sans aspirateur, voyons!), ce qui permet en gros…. et bien: de lire!

 

l’ergotherapeute: c’est le « petit dernier », et, autre particularité, c’est un homme! Incroyable, certains mâles s’interessent donc aux enfants qui dysfonctionnent! Je n’ai pas encore assez de recul pour parler de son travail et de son efficacité, mais sa tâche consiste tout simplement àregarder ce dont ma fille a besoin et de lui apporter l’aide sur ces sujets. La commande de la neuropédiatre en nous envoyant le voir était d’apprendre à ma fille à utiliser le clavier, et éventuellement retravailler le graphisme. Il l’aidera aussi à s’organiser, reprérer les consignes, travailler avec méthode… Bref, y a qu’à demander! A condition bien-sûr que ma fille accepte de coopérer. Et déjà, elle a refusé le clavier. Voilà, voilà…..

 

l’art-thérapeute: ma fille grandissant, elle a aussi besoin d’un espace d’expression (non verbal, si possible) pour libérer son anxiété, ses complexes, ses freins… ce qu’elle veut. Sans le regard de personne. Elle a débuté l’art-thérapie depuis quelques mois et c’est elle qui a voulu poursuivre. So…. Elle y va deux fois par mois.

 

Ponctuellement, elle est également suivie par une neuropédiatre et effectue des bilans chez une neuropsy ou autres disciplines variées. Elle a par exemple passé une nuit dans un service du sommeil, couverte d’électrodes pour vérifier qu’elle ne faisait pas d’apnée du sommeil. Résultats: pas d’apnées. Elle ronfle juste… (pas besoin d’electrodes pour le deviner). On nous incite fortement à lui faire passer un IRM. Après, ce sera des bilans génétiques… On ne s’ennuie jamais avec une petite DYS…

 

– Je vous vois venir, vous allez me dire: et la psychomotricienne alors? Pourquoi elle ne fait pas partie de la liste? Et oui, vous avez raison! En plus c’est ludique, elle a un trampoline dans son bureau! Oui, mais non, on a dû faire des choix et ce fut la perdante au jeu des chaises musicales… (mais elle a quand même pratiqué la discipline pendant 4 ans)

 

 

 

La liste de ses activités extra-scolaires

 

Je souhaite pour ma fille une vie ordinaire, même si, de fait, vous avez vu que ce n’est pas le cas. Elle m’a demandé récemment si elle n’aurait pas eu tout ces problèmes si elle avait eu un autre prénom, la pauvre bichette. Du coup, j’ai mis un point d’honneur à ce qu’elle s’épanouisse dans des activités sportives, pour lesquelles elle n’a aucun souci, et en plus qui lui permettent de travailler la coordination de façon plus performante que lors de la séance de psychomotricité.

 

Elle fait donc du hip-hop, danse hyper tonique et scandée, qui correspond tout à fait à son caractère. Cela lui permet d’apprendre à respecter le rythme (comprenez pour elle: ralentir). Sinon, elle se fait remarquer et l’ensemble est fichu! Elle apprend aussi à s’ouvrir aux autres dans groupe, et même à surmonter son anxiété en dansant sur scène!

 

Elle pratique également l’équitation, où la coordination est importante aussi: elle doit être en phase avec son cheval.Et bien-sûr, le contact animal est très riche.

 

Elle aimerait bien trouver le temps de faire du badminton, mais c’est moi qui est posé mon véto.Pourquoi? Parce que même les canards ont des limites.

 

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Bon et bien voilà! Finalement, ce n’est pas si compliqué que ça! Pas de quoi en faire tout un plat, allez hop! Que je reprenne mon activité professionnelle à temps plein et sans ronchonner! De toute façon, je n’ai pas besoin de dormir 8 heures par jour…

Mon fils n’est pas un sale gosse, il est atteint de TDA/H … (Récit de maman)

Blog « Allo Maman Dodo

Un blog de maman qui dit tout haut ce qu’on pense tout bas! »

Cette semaine, c’est la semaine des TDAH.

Qu’est ce que c’est?

Le Trouble Déficit de l’Attention Hyperactivité (TDAH) est l’un des troubles les plus fréquents en psychopathologie de l’enfant et de l’adolescent. Sa prévalence en population française a récemment été estimée entre 3% et 5% chez l’enfant d’âge scolaire. Il est établi que ce trouble retentit de façon significative sur le fonctionnement scolaire, relationnel et familial de l’enfant. Le TDAH persiste à l’adolescence et à l’âge adulte dans près de 65% des cas (source)

Ce sujet me tient extrêmement à coeur, car dans ma vie, mon quotidien, j’ai un petit TDAH dans mon coeur… Je connais les moments difficiles qu’on du vivre ses parents. Je connais le regard des autres sur lui. Je connais la façon négative qu’il a de se voir. Je connais les difficultés qu’il a pour se faire des amis. Pour être accepté. Pour ne pas être sans cesse critiqué. Au fond de lui, il est bon, il est gentil, mais ce n’est pas ce qui ressort en premier. Il a envie de tout contrôler, ne s’arrête jamais (jamais, c’est jamais, même la nuit), il se pass plein de choses dans sa tête et il ne peut pas tout gérer… Alors, il bouge, sans cesse, il n’écoute pas forcément, il peut avoir un comportement bizarre. Mais une fois que sa particularité est acceptée, tout se passe bien.

Je t’aime fort K ❤

 

Bref, parenthèse terminée…

Je vous livre le récit de Christelle, maman de Doux, lui aussi atteint de TDA/H.

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Doux est ne en septembre 2005, c’etait un bébé gentil, en grandissant il est devenu dur et colérique, nerveux.
En moyenne section de maternelle son institutrice nous indique que Doux a des difficultés d’apprentissage et nous conseille d’aller voir un orthophoniste

Il commence donc des seances d’orthophoniste, il a environ 4 ans.

Il rentre a 6 ans en CP, ne connait pas son alphabet et de très grandes difficultés pour les apprentissages, le langage et l’écriture, en fin de CP il ne sait pas lire et ne connait toujours pas son alphabet par contre il est à l’aise avec les chiffres.
Comportement différent entre l’école et la maison où il prend plaisir a créer des tensions, elle nous propose comme aide la DVIS ou le CMP ainsi qu’un bilan auprès du CLAP ( http://clap.chu-nancy.fr/ ).

Nous changeons d’orthophoniste en décembre 2014 car cela ne va plus, Doux pleure pour y aller et ne progresse plus ( il fait une séance de 30 min par semaine depuis la MS de maternelle ) .

Avec la nouvelle orthophoniste tout se passe bien, elle fait un bilan qui nous informe que Doux a un trouble du langage écrit et oral, dyslexie et dysorthographie.

Vu le retard de Doux nous demandons le redoublement du CP = refusé, il rentre au CE1.

En CE1 ( meme institutrice qu’en CP car nous habitons la campagne et il est dans une classe a plusieurs niveaux ) me dit que Doux a de grosses difficultés, manque d’attention, manque de concentration, bouge beaucoup, ect … elle me demande l’autorisation de faire venir la psychologue scolaire, elle vient, fait faire des tests à Doux en novembre 2014, la conclusion : Doux ne sait toujours pas lire, ne peut pas soutenir l’effort, il est égocentrique et très immature pour son age.

C’est une catastrophe, nous re demandons le redoublement = refusé, nous sommes complètement perdu avec son papa !

Nous avons sa soeur Mimi qui est au collège, dans un établissement privé, lors d’un rendez-vous pour elle avec le proviseur nous discutons de son frère et des différents soucis et notre sauveur est en face de nous, il nous dit d’inscrire Doux dans son établissement et lui accepte de redoublement, mais, , malheureusement pour nous mais surtout pour lui avec la maitresse cela ne colle pas!

Doux a du caractère, peut etre un peu trop pour elle + les difficultés = année scolaire catastrophique…

C’est terrible, mon coeur de maman saigne, je pleure beaucoup. La maitresse refuse de faire le dossier MDPH, donc je me tourne de nouveau vers le proviseur de ma grande, qui prend sur son temps pour s’ en occuper. Donc premier dossier MDPH fait en 2015 pour une demande d’aide humaine.

(MDPH: maison départementale des personnes handicapées)

Fin de CE2,Doux ré-integre l’école publique qu village pour le CM1, la réponse au dossier MDPH est positive et il a une aide humaine, elle l’aide, l’institutrice aussi et les progrès arrivent mais c’est pas encore ça.

De nouveau rencontre avec la psy scolaire, bilan : résultats au bilan cognitif des defaillances attentionnelles et impulsivité qui pénalisent ses résultats et relations avec les autres, refus de lire. Une orientation en ULIS est conseillée (ULIS : unités localisées pour l’inclusion scolaire)

En Mars 2016 nouveau bilan orthophoniste, bilan : dyslexie, dysorthographie, trouble phonologique et retard de langage…

Nouveau dossier MDPH debut 2016, bilan : refus de l’ULIS, nous faisons appel de la decision, nouveau refus de l’ULIS mais acceptation d’une aide humaine et d’un SSEFS, ( SSEFS: service de soutien à l’education familiale et à la scolarisation) nous re faisons appel de la décision ( en attente de la réponse à ce jour ) je ne connais pas le SSEFS, je téléphone à la MDPH pour avoir de renseignements, la gentille secrétaire me donne un numéro de téléphone pour tout renseignement, je téléphone, c’est dans le 54 et c’est une association, c’est l’institut des sourds de la malgrange. Doux n’est pas sourd mais il faut passer par cette assoc pour certaines aides, pour nous c’est une aide à domicile, mais la dame , très, très gentille au téléphone me répond de lui envoyer tout les comptes rendus en ma possession mais que malheureusement pour cette année c’est mort, trop de demandes et pas asse de moyens.

Je reste comme une conne assise sur ma chaise et me dit que mon fils n’est pas assez different, pas assez handicapé pour avoir de l’aide, l’aide qui lui permettrait d’être mieux en classe,plus serein.

Entre temps l’orthophoniste me parle des troubles TDA/H et me conseille de consulter pour des examens et là cela va assez vite, premier rendez vous en juillet 2016, deuxième rendez vous en septembre 2016 pour des examens: biologie, orl, bila éducatif, EEG, ECG, IRM cérébrale…

Piou… c’est beaucoup, ça me fait peur…

C’est l’inconnu, l’angoisse, je pleure, beaucoup.

Doux est stressé, il pose beaucoup de questions , troisième rendez vous pour les résultats, tout est normal sauf le bilan éducatif, par rapport aux questionnaires de « conners » (je ne suis pas certaine de l’orthographe! ) que les instituteurs, mon mari et moi même avons complété: Notre Doux est atteint de TDA/H !
Des questions, mais pourquoi ? Comment ? En fait il est né comme ça?

C’est plus fréquent chez les garçons et très rare chez les filles.

J’ai peur, il a peur son papa moins que nous et ce que je redoutais d’entendre a été prononcé, « Nous allons mettre votre filssous traitement « …

Je ne voulais pas et je n’ai pas su refuser le traitement. La prise a commencé deux jours avant les vacances, il le prend uniquement les jours d’école, pas le week end, pas pendant les vacances.

Doux et son papa prennent bien la chose mais pas moi, je m’en veux, je pleure, beaucoup…

Toutes ses démarches, toutes ses consultations, tout ses dossiers, tout ses rendez vous, tout ceci est compliqué et lourd, moralement et physiquement. Pour cette année c’est fini, il ni aura pas d’autres démarches car l’année prochaine c’est le collège et qu’il faudra tout recommencer…

Nous avons eu des livrets et fiches lors de la consultation qui nous ont aidé

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Le plus gros problème concernant ce trouble à l’école est la faculté des enseignants à comprendre ce trouble. Et a accepter les élèves différents.

La maitresse de l’ecole privée avait dit à mon mari lors d’un entretien que notre Doux ne faisait rien en classe et qu’il était fainéant, elle l’avait mis au fond de la classe, à la même époque il a aussi consulté une orthoptiste car il avait des soucis, quand il lisait ses yeux n’allaient pas au bout de la ligne, ils revenaient tout seul au début de la ligne mais pas forcément au bon endroit, donc il a fait de la rééducation… (C’est aussi un signe du TDAH, vouloir tout faire trop vite…).

 

Pour cette nouvelle année scolaire qui commence, l’enseignante référente de notre secteur à changé, la maitresse doit lui refaire les dossiers des enfants en difficulté.

Cette année Doux a donc repris l’école avec une aide humaine mutualisée, une AVS pour deux enfants ! Doux a eu beaucoup, beaucoup de mal de partager son AVS avec un autre enfant…

Aujourd’hui, du haut de ses 11 ans a une vie très bien réglée, tout est organisé, nous ne pouvons rien faire à l’improviste, si jamais cela arrive (c’est extrêmement rare car c’est beaucoup de stress pour lui ) nous devons lui expliquer plusieurs fois pourquoi , par exemple une invitation de dernière minute, nous devons lui expliquer plusieurs fois pourquoi c’est au dernier moment , où et chez qui nous allons.

Pour son papa, sa soeur et moi cela fait parti de notre vie, pour le reste de la famile ou pour les ami (e) s c’est plus difficile à comprendre , cela peut créer tes tensions car nous avons souvent des réflexions sur son comportement, mais ceci fait parti des TDA/H..

Ce ne sont pas des monstres, ni des sales gosses!

Toutes les réflexions faites à propos de mon Doux nous font énormément de mal, les gens ne comprennent pas …

Doux est un enfant qui parle beaucoup, il coupe sans arrêt la parole, il est très difficile d’avoir une discussion sans qu’il intervienne même si cela ne le regarde pas. Si nous parlons de ou avec sa soeur il intervient, nous avons dû lui expliquer que nous devons accorder autant de temps à sa soeur qu’a lui, qu’il ne devait pas être jaloux. !

Pour finir mon récit, je vais vous relater une discussion qui sera une belle conclusion:

Lors de la journée d’examens, pour le TDA/H, l’éducatrice spécialisée, m’a expliqué que nous, nous avons un cerveau bien rangé avec des cases et chaque infos étaient dans une case, alors que dans le cerveau de Doux c’etait un tourbillon, rien n’etait rangé en ordre, que quand nous lui posions une question si l’info n’était pas au bon endroit au bon moment il ne pouvait pas répondre mais qu’à partir du moment ou la réponse lui arrivait il la disait peu importe le moment…

 

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REPLAY DE L’EMISSION DES MATERNELLES SUR LE TDAH

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J’aimerai vraiment faire changer le regard des gens sur ce trouble.

Surtout celui des INSTITUTEURS.

Leur présent et leur avenir dépend vraiment de la façon dont le problème va être géré à l’école. Si l’instit comprends, et s’adapte, pas de soucis. L’enfant TDA/H va être considéré autrement. Il pourra aller nettoyer le tableau, ranger les livres, distribuer les feuilles, car l’adulte aura compris qu’être vissé sur une chaise ne fait que le frustrer. Il utilisera sa particularité comme un atout! Un enfant TDA/H est vif, actif, curieux…

Bref, j’espère de tout coeur que cet article pourra faire un peu avancer l’opinion qu’on a des enfants atteint d’un trouble du comportement…

Un enfant diagnostiqué hyperactif n’est PAS un. Ce n’est PAS sa faute…

 

Je finirai sur cette phrase, et avec un énorme câlin pour tous les enfants atteints de troubles de comportement et d’hyperactivité!

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Ton enfant surdoué

Publié le 25 octobre 2016

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« Je suis la maman d’un enfant différent. Pas différent au sens où on l’entend bien souvent. Non, mon fils ne souffre pas de TSA ni même de TDAH. Pourtant, les défis d’éducation auxquels je fais face apportent eux aussi leurs lots d’inconvénients.

Mon enfant est doué. Pas doué comme dans : « Ah, il est doué en dessin! « . Non, mon fils c’est un HP. Un enfant à haut potentiel. Ce genre d’enfant-là.

Mais, qu’est-ce que ça mange en hiver ça? Des connaissances! Plus de connaissances. Toujours. Plus. De. Connaissances.

Au début je ne savais pas. Comme tout parent je trouvais mon fils intelligent, drôle et parfait avec son esprit vif. Un enfant qui dit ses premiers mots à neuf mois, c’est pas conventionnel, disons-le , mais c’est tellement mignon. Un enfant qui fait déjà de courtes phrases à dix-huit mois, sans fautes de diction et sans buter sur aucun mot, c’est plaisant. Un enfant de deux ans qui a le niveau de langage d’un enfant de quatre ans, c’est spécial mettons, mais quand tu n’as pas de comparatif tout ça peut te sembler pas mal normal.

C’est pour ça que je ne me suis pas posé plus de questions quand, à dix mois, mon fils préférait observer ses pairs avant d’embarquer dans le jeu, en comprenant les règles. Ni quand il faisait des casse-têtes pour deux ans et plus à douze mois. Ni quand, à deux ans et demi, ses questions portaient sur la vie après la mort. Après tout, son arrière-grand-père venait de décéder, normal donc qu’il nous questionne, non ? Aucune lumière ne s’est allumée non plus quand mon fils de quatre ans était hypnotisé devant un documentaire sur la formation de l’univers. Bah quoi, ils font pas tous ça, les enfants ? La télé, ça captive hen ? J’étais naïve.

La période des pourquoi a commencé très tôt aussi. Pis pour la discipline, ce n’était pas gagné je t’en passe un papier. Mon fils est passé maître dans la négociation. Tout est sujet à négociation. Absolument tout. Un simple « Non, c’est comme ça parce que je l’ai dit! » sonne inévitablement le début des pourparlers. Je te laisse imaginer comment un enfant de quatre ans avec un langage presque d’adulte et une volonté d’avoir raison dur comme fer peut te tenir en haleine pendant, pis c’est pas des farces, des heures. J’ai heureusement – ou malheureusement – une bonne tête de cochon et ça se terminait souvent en concours à savoir qui allait avoir le dernier mot. Heureusement, j’en ai gagné plusieurs.

Et puis l’école est arrivée. Comme un cheval au trot. Et mon adorable fils s’est transformé en monstre. Une tornade. Non, un ouragan d’émotions, de crises, de pleurs, d’insécurité, d’opposition. Un volcan en éruption de maman-je-veux-pas-aller-à-l’école-c’est-plate-on-apprend-rien.

T’sais, mon fils pensait apprendre la physique quantique – j’exagère à peine – alors qu’il apprenait plutôt à tenir des ciseaux. D’un ennui to-tal pour mon petit intello. Te dire comment, comme mère, je me sentais dépassée et complètement découragée par la situation. Ouf, et j’avais pas fini.

C’est là que j’ai cherché pourquoi, mon petit bonhomme de cinq ans en avait déjà marre de l’école, et c’est en lisant les caractéristiques des enfants à haut potentiel que j’ai compris. J’ai compris que le cerveau de mon fils est comme une Formule 1 qui doit se conformer et suivre la vitesse d’un escargot.

C’est ça, la réalité de mon enfant dans le système scolaire. Il peut ben détester l’école.

Que fait le système d’éducation pour ces enfants-là? Rien… Ils ne sont pas considérés comme des enfants ayant des besoins particuliers.

Ils sont laissés à eux-mêmes et à leurs parents souvent dépassés. Et moi, je dois, tous les jours depuis quatre ans, essayer de motiver mon fils pour aller à l’école et argumenter que c’est pour son bien alors que c’est de moins en moins vrai.

Il nous faut trouver des stratégies au quotidien pour les dix années à venir pour qu’il reste accroché à l’école afin qu’il y développe son plein potentiel.

Mon fils a huit ans. Mon fils commence à perdre sa soif d’apprendre, il « s’éteint ». Il est blasé.

Mon fils souffre de douance. Et rien n’est prévu pour lui.

Anaïs Leclerc-Gignac
ANAÏS LECLERC-GIGNAC

HANDICAP: « NOUS NE PARDONNONS PLUS L’EXCLUSION SOCIALE SUBIE PAR NOS ENFANTS », TÉMOIGNE UNE MÈRE À LA VEILLE DE LA RENTRÉE

France soir, Publié le : Mardi 30 Août 2016

Depuis des années, Laura-Julia Fiquet se bat contre l’exclusion sociale que subit son fils Johan, cinq ans et autiste, à l’école. Créatrice de l’UMEH (Union des Mamans d’Enfants Handicapés), cette jeune mère célibataire raconte à « FranceSoir » sa lutte pour trouver un emploi tout en s’occupant de son enfant et sa détermination à faire respecter le droit à l’éducation des jeunes handicapés.

Laura-Julia Fiquet est la maman de Johan, un enfant de cinq ans diagnostiqué autiste syndromique. Depuis des années, elle lutte tant bien que mal contre l’exclusion sociale que subit son fils, notamment à l’école, qui refuse de le prendre en charge plus d’une heure par jour. Afin de faire valoir ses droits et ceux de son enfant, la jeune femme a créé l’UMEH (Union des Mamans d’Enfants Handicapés) en 2014, qui réunit désormais quelque 2.400 membres sur Facebook, ainsi que « UMEH elles entreprennent » afin d’aider les mères d’enfants handicapés à reprendre une activité professionnelle tout en s’occupant de leur progéniture. Aujourd’hui, forte de son réseau, elle commence peu à peu à faire entendre sa voix dans les médias et vient de a publier une vidéo YouTube dans laquelle elle interpelle directement la ministre de l’Education nationale Najat Vallaud-Belkacem. L’objectif, en finir avec l' »omerta » qui règne dans le milieu du handicap des enfants. FranceSoir a interviewé cette mère courage.

Les médias commencent à s’intéresser à votre cas, est-ce qu’il y a déjà eu des changements?  

« Pour l’instantcela n’a pas beaucoup avancé mais les médias servent au moins à porter mon message ».

Avez-vous pu travailler depuis la naissance de votre fils?

« J’ai cherché du travail mais je n’ai eu que des refus, quand on me demande ce que j’ai fait ces cinq dernières années, soit je dis la vérité, c’est à dire que j’ai un enfant handicapé et là je deviens l’attraction : +ah bon, vous avez un enfant handicapé, comment ça se passe? Comment gérer un enfant handicapé comme il n’y a pas de place pour l’accueillir au bureau?+; soit je me tais. Mais dans ces cas là je suis seulement une mère qui s’occupe de son enfant et je passe pour celle qui n’a pas voulu travailler pendant cinq ans.

« Je savais que j’étais cuite professionnellement à à peine trente ans, et je ne suis pas la seule à vivre ça. Cette exclusion professionnelle dont je suis victime c’est ce qui a motivé ma démarche de création d’entreprise. Je travaille actuellement au lancement de mon site de vente de lingerie, Point sensible, mais je ne préfère ne pas trop en parler dans les médias. Je ne voudrais pas que les gens s’imaginent que je parle de la situation des enfants handicapés dans un but personnel. Quoi qu’il en soit, c’est difficile pour nous, mamans d’enfants handicapés, de parler à nos employeurs de notre vie privée. Pour nous c’est la double peine. Nous sommes coincées, c’est vraiment une situation à part ».

Quel objectif à long terme visez vous avec l’Union des Mamans d’Enfants Handicapés? Qu’attendez vous de la ministre de l’Education nationale, Najat Vallaud-Belkacem, que vous avez invitée à la rentrée des classes de votre enfant, ainsi que les autres ministres que vous interpellez dans votre vidéo?

« Nous voulons nous regrouper pour faire peser nos voix et enfin être entendues. Nous les mamans d’enfants handicapés nous ne pardonnons plus l’exclusion sociale subie par nos enfants. Il y a un moment où on dit +stop+.Nous ne sommes plus impuissantes. Aujourd’hui les parents ont possibilité de s’informer de leurs droits par le biais de mon association. Ils discutent entre eux et se comparent. Ils ne sont plus désinformés et désespérés, ils sont déterminés à faire appliquer la loi pour l’égalité de traitement.

« J’aimerais que Najat Vallaud-Belkacem reconnaisse un dysfonctionnement au sein de l’Education nationale. Je ne reproche rien aux lois de 2005 qui dénoncent l’exclusion scolaire pour les enfants handicapés, elles sont plutôt sont bien faites, mais je dénonce leur mode d’application qui est totalement arbitraire. Tout se fait au bon vouloir des écoles, protégées par des rectorats qui laissent faire. Quand mon fils a été exclu d’une sortie scolaire (Laure-Julia a déposé une plainte, NDLR), c’était soit disant un malentendu mais en réalité c’était volontaire. Ce n’était pas un oubli, c’était une exclusion d’office, en toute inégalité, sans aucun état d’âme….Qu’est ce que j’ai eu comme solution? Les réseaux sociaux. Cela a été porté aussi fort car j’ai un réseau assez puissant maintenant.

« Mais pour l’instant je n’ai eu aucun retour de la part des ministres que j’ai invitées. Je sais qu’il y a très peu de chances qu’elles viennent, en revanche j’espère que ma vidéo permettra d’amorcer un dialogue avec les ministères et les mamans de l’UMEH« .

(Voir ci-dessous le témoignage de Laura-Julia Fiquet): 

 

Lire également notre portrait de Laura-Julia Fiquet: Rentrée 2016: le combat contre l’Education nationale de Laura-Julia, mère d’enfant autiste

 

Auteur : Raphaëlle de Tappie

Vous les dites surdoués, ils sont simplement différents, 40 jeunes à haut potentiel racontent leur quotidien, souvent fait de galères

Sébastien Bossi Croci

Les parents réunis dans la salle ont tous l’air inquiet qu’avaient mes parents. Ils attendent des réponses, et de l’espoir. Surtout de l’espoir. Leur quotidien est difficile. Infernal, même, à leur échelle. Ils ont un enfant à haut potentiel, parfois plusieurs. Des enfants comme les autres, mais pour qui tout est plus compliqué.

Hyper sensibles, hyper matures, hyper immatures, ils détestent l’injustice et la subissent souvent plus que les autres. Ce sont des enfants paradoxaux. Ils connectent plus et plus vite, mais d’une manière trop différente pour réussir et être heureux.

La société les pense surdoués. Eux-mêmes aimeraient le croire. Pourtant, quand on leur demande, ils ne se disent jamais plus intelligents. Ils pensent être des imposteurs et que les tests de QI qu’ils ont passé étaient faux. Ces tests sont souvent la seule manière de faire entendre au personnel éducatif et au grand public une différence que la plupart des spécialistes de santé identifient au premier regard. « Si je suis si intelligent, pourquoi je ne réussis pas ? » « Vous dites qu’on connecte plus que les autres, mais pourquoi on est plus rejetés. »

Cette phrase, une fille de huit ans l’a prononcée. Elle a levé la main, timide. Et d’une petite voix, qui a porté sur toute la longueur de la salle -et c’était une salle de 400 personnes-, elle a demandé : « Pourquoi on est plus rejetés ? »

Samedi 11 juin, à l’initiative de l’Asehp, j’ai passé l’après-midi avec dix ados et une quarantaine de préados, tous à haut potentiel. D’abord, les ados. Au premier abord, rien ne permet de deviner qu’ils sont à haut potentiel. Ils sont timides, petits, minces, gros, grands, bruns, blond et roux. Une jeune fille au milieu se cache derrière ses cheveux. Une autre, tout à droite, a l’air renfrognée. A côté d’elle, il y a le plus grand, pas loin des deux mètres. Le troisième en partant de la gauche porte un tee-shirt à l’effigie du Pérou. Des ados normaux, en somme.

Quand le docteur Revol, un des spécialistes français du sujet, demande aux dix jeunes un mot pour définir leur haut potentiel, aucun ne parle de bonheur. Sept d’entre eux disent avoir souffert d’injustice à l’école, du fait de leur manière d’apprendre ou de restituer des connaissances. La première cause de leur malheur, ce ne sont pas les autres, c’est l’école. Ils n’arrivent pas à s’y adapter.

Le syndrome de l’imposteur

Ils en viennent à douter de leur capacité. Et quand on leur demande de définir le HP, tous disent la même chose, sans se concerter. Ils parlent de la difficulté à gérer toutes leurs émotions, ils parlent de l’incompréhension, de difficultés, de créativité et d’imagination.

Et choisir est une torture. « Pourquoi est-ce si dur ? », demandent-ils. Les HP, dès leur plus jeune âge, ont peur de la mort. Le deuil les angoisse, car il les dépasse. Et choisir, c’est renoncer. Quand on laisse des opportunités de côté, on les met à mort, en quelque sorte. Alors, et c’est parfaitement insconscient, les HP ont du mal à choisir.

Tous ont déjà été traités d’intello. La jeune fille du milieu, qui se cachait derrière ses cheveux, a récupéré une feuille A4 qui traînait. Elle la plie méthodiquement. Ce faisant, elle a ralenti son tapotement du pied. Un trio de garçons à sa gauche a sympathisé. Ils bavardent. La jeune fille renfrognée, tout à droite, s’est ouverte un peu.

Sur ces dix ados, la moitié environ cumule le haut potentiel avec des troubles de l’attention, et hyperactivité. Ils se concentrent moins facilement, ils sont étourdis. Un paradoxe supplémentaire à faire entendre aux enseignants.

Les préados nous rejoignent. Tout change. Quand les ados manquent de confiance en eux, mais sont rodés aux moqueries, aux quolibets, les préados n’ont pas encore la maturité nécessaire pour prendre de la distance et gérer leur hypersensibilité. Mais ils ont l’esprit assez clair pour porter un regard sans concession sur leurs difficultés.

« En classe, ça va. Mais à la récré, je me fais massacrer. » Le jeune à l’origine de cette phrase a douze ans au plus. Je le vois s’agiter sur sa chaise, saisir la moindre occasion pour parler, pour partager. Il crie à l’aide comme il le peut. Il ne va pas bien, et cette heure en compagnie de ses semblables est une bouffée d’air pur.

Tous ont des difficultés. Au fond de la salle, à droite, un jeune lève la main. Il s’est mis au dernier rang, tout près de la sortie, à l’écart. « Quand on a plus de solution dans son pays, est-ce qu’on peut en chercher ailleurs ? Je ne sais pas, tu es en quelle classe ? Aucune idée, ça fait trop longtemps que je ne suis plus allé à l’école. »

Pour participer à ce genre de réunions, je me blinde. J’y suis pour une raison très simple : dire aux jeunes de croire en l’avenir, que le bonheur qu’on leur promet arrive. Mais rien ne prépare à ce qu’un gosse d’une dizaine d’années explique qu’il ne va plus à l’école depuis assez longtemps pour avoir oublié dans quelle classe il est.

Une autre, lucide, à 12 ans : « Dans ma classe, ils sont tous plus vieux que moi, mais parfois, j’ai l’impression d’être la plus mature. » Encore une autre : « Parfois, j’ai l’impression que les gens souffrent autour de moi, alors je préfère être seul. Cela ne me dérange pas de souffrir pour les autres. »

Il y a eu d’énormes progrès depuis quinze ans. Les enseignants sont plus à l’écoute et mieux formés, la science, même, comprend mieux les cerveaux des HP.

Ce reportage de France 3 Rhône Alpes présente les récentes avancées en matière de compréhension du système neuronal des jeunes HP

Réanimer l’espoir

J’essaie de donner un peu d’espoir à des parents en souffrance. Ils n’ont pour y croire que les promesses des médecins. Je rends cela concret. Aux enfants, j’essaie de vanter les vertus de la patience, de leur donner envie de grandir. Ils demandent « comment on fait avec les autres ? ». Il n’y a pas de solution magique. Il faut faire semblant souvent. Se trouver un espace de paix, en attendant d’être soi-même dès que possible, avec ceux aptes à comprendre.

Il y a des sourires dans ces réunions. Ce jeune qui lève la main et demande « J’ai plusieurs choses à dire. Mais la première, quelle heure il est ? » Et cet autre : « A quatre ans, je savais déjà le métier que je voulais faire. Je serai hydrobiologiste ! » Ils veulent tous être archéologue, paléontologue, historien, chercheur. Ils veulent comprendre le monde pour réduire l’inconnu qui les effraie. Ils veulent étudier le climat pour sauver la planète.

L’ado renfrognée et celle qui fabriquait des origamis ont sympathisé. Elles vont se revoir. Quand le jeune garçon qui oublié sa classe a pris la parole, tous ont voulu lui proposer des solutions. Pendant cinq minutes, chacun leur tour, ils ont essayé de l’aider, sans plus penser à leurs problèmes.
Une préado a eu le mot de la fin : « Le HP, en fait, c’est comme le couteau. Soit on étale du beurre avec, soit on peut tuer. Le HP, ça nous rend malheureux parfois, mais on peut aussi être heureux ! »

Dessins de Pecub