Nos enfants sont-ils trop exposés aux écrans ?

France Inter le 6 juin 2017

Pour écouter le podcast : https://www.franceinter.fr/emissions/le-telephone-sonne/le-telephone-sonne-06-juin-2017#xtor=EPR-5-%5BMeilleur07062017%5D

Dans une tribune au « Monde », des médecins alertent sur les graves troubles du comportement et de l’attention qu’ils observent de plus en plus chez les tous petits.

Omniprésence des écrans, quelles conséquences sur le développement de l'enfant ?
Omniprésence des écrans, quelles conséquences sur le développement de l’enfant ? © Getty / Rebecca Nelson

Si vs êtes fumeur vous avez forcément vu cette image au dos de votre paquet de cigarettes : un bébé « clope aux lèvres ». À quand la même image mais avec un smartphone ou une tablette ?

La question a lieu d’être car les dangers de la surexposition des jeunes enfants aux écrans sont bien réels et de mieux en mieux connus. Des enfants qui à trois ans ne recherchent plus les autres, passant de l’apathie à la surexcitation. Retard de langage et de développement, troubles de l’attention, du sommeil… La liste est longue.

Une semaine sans écran

Un auditrice, Véronique, témoigne au téléphone. Elle est institutrice avec des enfants en maternelle :

À la moindre occasion, quand il faut attendre, les enfants ont soit le téléphone soit la tablette. […] Les écrans hypnotisent. Du coup les enfants parlent moins ; ça leur boycotte en quelque sorte la parole qu’ils pourraient avoir avec leurs parents.

Anne-Lise Ducanda, médecin de PMI, n’est pas surprise : « L’écran, c’est l’outil que les parents ont trouvé pour calmer l’enfant, l’occuper. C’est important d’apprendre aux enfants à attendre, s’ennuyer. »

Or l’enfant a besoin, pour apprendre à parler, que si quelqu’un le regarde et s’adresse à lui, de quelque chose qui le concerne. Par exemple, quand on lui met ses chaussures, lui dire « Je mets tes chaussures »

Ecrans et troubles de l’attention

Anne-Lise Ducanda : « On a des enfants qui en 5 minutes retournent un bureau. Ils touchent à tout, prennent tout, jettent tout. Ils sont très agités ».

Carole Vanhoutte est également médecin en PMI ; elle évoque même les cas, rencontrés en cabinets d’orthophonie, d’enfants devant les écrans de 6 à 7 heures d’exposition par jour, dès la naissance – enfants dont les écrans sont l’ultime stimulation. Pourtant, même si les estimations varient selon les pays, les académies américaine et canadiennes estiment par exemple que le temps d’exposition passive (la télé allumée dans le salon par exemple) est d’une heure par jour, au maximum deux heures.

De l’importance du jeu pour le développement de l’enfant

Carole Vanhoutte : « Quand on demande aux parents, soit de diminuer, soit de supprimer complètement les écrans, on s’aperçoit que l’enfant redémarre. Le simple fait d’arrêter les écrans permet aux familles de repartir en interaction ; c’est un argument de poids qu’il faut faire passer aux familles. »

L’ensemble des connexions des neurones se fait entre 0 et 3 ans. Carole Vanhoutte explique que « plus l’enfant va être en interaction – avec les parents, les autres, mais aussi les objets ». Le jeu est fondamental parce qu’il permet à toutes ces interactions-là de se faire. Les écrans détournent le regard de l’enfant. Pour être vraiment dans le langage, il faut un parent attentionné.

Il y a une augmentation exponentielle d’enfants qui sont diagnostiqués appartenant au trouble du spectre autistique (difficulté d’échanges, regard fixe…). Ils sont envoyés dans des centres, mais une fois qu’on diminue ces accès aux écrans, les enfants ne présentent plus ces troubles.

Les « mains-papillons »

Anne-Lise Ducanda rapporte à l’antenne le témoignage d’une enseignante, qui a constaté depuis quelques années ce qu’elle appelle des « mains papillons » : une grande partie de ses élèves n’arrivent pas à fermer leurs doigts, ni à se servir d’un crayon, ni à laisser une trace sur le papier parce que leurs mains sont comme des petits papillons sans force. Car pour utiliser la tablette, il est nécessaire d’ouvrir la main et de frôler l’écran…

Une absence de campagnes de préventions ?

Marie a deux enfants, elle témoigne au téléphone : « On ne voit pas d’affiche de prévention, comme sur d’autres risques ».

Les professionnels de la santé petite enfance tentent de se faire entendre auprès des experts mais pour l’instant sans succès. Il y a très peu en effet d’affiches alertant les parents sur les méfaits des écrans sur les jeunes enfants.

Néanmoins, il existe des campagnes,

celle de Serge Tisseron : celle des « 3-6-9-12 »

  • 3 : Pas d’écran avant 3 ans, ou tout au moins les éviter le plus possible
  • 6 : Pas de console de jeu portable avant 6 ans
  • 9 : Pas d’Internet avant 9 ans, et Internet accompagné jusqu’à l’entrée en collège
  • 12 : Internet seul à partir de 12 ans, avec prudence

La stricte application de celle-ci semble insuffisante aujourd’hui pour les deux médecins invités dans l’émission ; elles estiment que la gestion des écrans font doit être familiale. Elles lui préfèrent « les 4 « pas » de la psychologue Sabine Duflot, qui a repris les recommandations de l’académie américaine de pédiatrie : les quatre « pas »

  • pas d’écrans le matin
  • pas d’écrans durant les repas
  • pas d’écrans avant de s’endormir
  • pas d’écrans dans la chambre de l’enfant

Les écrans : une drogue

« On constate tous les jours l’effet addictif des écrans » souligne Anne-Lise Ducanda « Si l’enfant en fait une demi-heure puis va jouer aux petits soldats il n’y a pas de problème… Mais l’enfant délaisse ses jouets, même s’il a des jouets super-adapté pour son âge : ce qu’il veut c’est les écrans. Il pleure, il hurle, il casse tout. »

ça a l’effet d’une drogue, c’est impressionnant.

Carole Vanhoutte rappelle que les parents ont du bon sens. Mais les arguments marketing sont souvent pédagogiques. Elle interroge : « est-ce qu’un enfant qui regarde une application qui lui apprend les couleurs en anglais, en a besoin ? »

Nous sommes dans une société de la performance, où on doit apprendre les choses plus vite, mais attention, arrêtons-nous sur ce qu’est un enfant et ce dont il a besoin

Sanctuariser l’école maternelle sans écrans ?

Anne-Lise Ducanda rappelle, un article du New York Times de 2014 :

Tous les cadres des sociétés high-tech de la silion Valley (Google, Youtube, Apple, Facebook, HP…) payent des fortunes (jusq’à 18000€/an) pour mettre leurs enfants dans des écoles complètement dépourvues d’écrans et d’ordinateur !

En France, pourtant, en France, le gouvernement demande que le numérique rentre dans les programmes dès 3 ans. Et dans les programmes, il est écrit que l’enfant doit savoir utiliser l’ordinateur, la tablette et la souris.

L’enfant a besoin de l’être humain et d’un autre que soit pour se construire

Les technologies de l’information ont transformées nos sociétés. Un vrai déluge d’infos qui provoque un stress voire du burn-out

France Inter,

L’hyperconnexion

Homme pris dans la toile de l'hyperconnexion

Homme pris dans la toile de l’hyperconnexion © Getty / Dan Sipple

L’hyperconnexion rend possible la multiplication d’activités simultanées, gomment les distances avec les proches, nous donnent accès à une infinité d’informations, changent nos repères et le rapport au temps, à l’espace à la connaissance. Mais attention à la fatigue…On parle désormais de fatigue chronique, d’addiction digitale, perte de concentration, d’épuisement mental et de burn -out… Comment notre cerveau réagit face à ce flux d’informations quotidien? Que se passe-t-il dans notre cerveau quand on traite plusieurs choses en même temps ? Quel est l’impact du multitâche sur notre attention ?Comment survivre au stress numérique ?

Laurence Serfaty est réalisatrice de documentaire « Hyper connectés, le cerveau en surcharge » qui sort en DVD au ZEDTIIONS Sciences. Dans son documentaire, petit tour d’horizon des risques de l’hyper connexion et des remèdes possibles.

Une autre utilisation des outils numériques est possible, cela dans une logique de mieux être. Un plan d’action pour se déconnecter durablement ? c’est la détox digitale proposée par Catherine Lejealle, ingénieur télécom et Docteur en sociologie. Spécialiste du digital, elle analyse nos usages des nouvelles technologies. Elle est l’auteur de  » J’arrête d’être hyper connecté !, Réussissez votre détox digitale ! » Ed Eyrolles

Nous pouvons résister à l’appel des sirènes numériques et apprendre à maîtriser notre attention avec Jean-Philippe Lachaux, neuroscientifique, Directeur de recherche Inserm en neurosciences cognitives à Lyon, auteur de l’ouvrage « Les Petites bulles de l’attention » Ed Odile Jacob

L’autisme : une différence plus qu’une maladie ?

France culture

06.06.2017
L’autisme : une différence plus qu’une maladie ?

Quelles questions pose l’autisme ? L’autisme pose trois grandes catégories de questions : premièrement, qu’est-ce que l’autisme ; deuxièmement, quelles sont les causes de l’autisme ; et troisièmement, quels sont les meilleurs moyens pour prendre en charge les personnes autistes. Ce sont là des questions purement scientifiques.

Qu’est-ce que l’autisme ?

Les classifications des maladies sont athéoriques, et ont des limites ; d’abord le fait qu’il y ait un continuum entre la normalité et la pathologie (…) ainsi la notion de maladie ou de pathologie est purement statistique. Il n’y a pas de seuil magique qui sépare les gens en bonne santé des gens malades, il n’y a rien qui caractérise qualitativement les gens qualifiés de malades ou qui ont un trouble. Il ne faut pas croire que les autistes ont des stéréotypies et que les non-autistes n’en ont pas. Les stéréotypies des personnes non autistes passent simplement pour naturelles, sont mieux acceptées socialement.

Une conférence enregistrée en 2014.

Franck Ramus, Directeur de recherches, CNRS/ENS.

Guide des « troubles dys » publié par la Fédération des APAJH

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La Fédération des APAJH édite le guide « Les troubles Dys », un livret destiné aux parents, enseignants et professionnels de santé. Il propose des solutions concrètes pour favoriser l’apprentissage en milieu scolaire.

 

 

Il a été présenté en avant-première le 8 septembre dernier à l’occasion d’une visite de l’ULIS du collège Pierre Corneille de Tours.

Un ouvrage pratique pour un accompagnement éclairé et adapté

Très simple d’utilisation, le livret est composé de quatre onglets :

–       Connaître : définition, origines, chiffres, focus sur la diversité des troubles et sur leurs conséquences…

–       Comprendre : mécanismes en jeu et clés pour détecter chacun des troubles – dysphasies, dyscalculies…

–       Être accompagné : démarches à accomplir après un dépistage ou un diagnostic, ressources à actionner dans le milieu scolaire, outils pour les enseignants au service du repérage, présentation des différents types de bilans et des aides existantes ….

–       Accompagner les troubles dys : propositions d’aménagements très concrets pour les différents troubles, pour favoriser l’apprentissage de la lecture, de l’écrit, ou encore des maths, et pour adapter ses méthodes d’évaluation et d’organisation…

 

Jean-Emile Gombert, professeur émérite en psychologie cognitive des apprentissages, et Marie-Anne Barthez, Neuro-pédiatre responsable du Centre Référence du Langage et Troubles des Apprentissages du CHRU de Tours, ont préfacé ce guide. Cette dernière estime que celui-ci est « utile à toutes les personnes concernées par le problème, parents, personnels de l’Education Nationale et également professionnels de santé ».

Retrouvez le livret en cliquant ici.

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